Bhakti

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La Bhakti (devanāgarī: भक्ति)[1], l'adoration, l'Amour de Dieu ou piété, la dévotion ou le service de pur amour envers Īśvara (le seigneur suprême en sanskrit), est l'une des composantes essentielles de l'hindouisme.

Le bhakti yoga (la voie de l'Amour de Dieu) représente avec le jnâna yoga (la voie de la connaissance), le karma yoga (la voie de l'action consacrée), le raja yoga (la voie des exercices physiques et spirituels) et le tantra yoga (la voie des rites magiques, la discipline personnelle suivant les ordres du tantra) sont les cinq voies (mārga) traditionnelles du yoga dans l'hindouisme (souvent complémentaires)[2].

Dans l'hindouisme[modifier | modifier le code]

Selon Nârada : « Bhakti est un amour intense pour Dieu. (...) Lorsqu’un homme y atteint, il aime tous les êtres et n’en hait aucun ; ses besoins sont satisfaits à jamais. (...) Cet amour ne peut être ramené à aucun intérêt en ce monde. »[3]

Selon Vivekananda, la prière idéale du bhakta est celle du Vishnu-Purana : « Puisse l’amour impérissable qu’éprouve l’homme sans discrimination pour les objets fugitifs des sens, ne jamais abandonner mon cœur, ce cœur qui Te cherche. »[4]

Dans la Bhagavad-Gītā le Seigneur Krishna, 8e avatar du dieu Vishnu, enseigne entre autres le bhakti yoga ou la voie de la dévotion à Dieu pour atteindre la Délivrance (moksha) du cycle des réincarnations (samsara) ; ainsi Krishna chante à Arjuna :

« (7) Celui qui, voué au yoga, est pur, maître de soi, tient ses sens soumis, pour qui son âme se confond avec l'âme de tous les êtres, même s'il agit, il n'est point souillé. (8) L'adepte du yoga est fondé, en vérité, à estimer qu'il n'agit pas. Qu'il voie, qu'il entende, qu'il touche, qu'il sente, qu'il mange, qu'il marche, qu'il dorme, qu'il respire, (9) qu'il parle, qu'il lâche ou qu'il appréhende, qu'il ouvre ou ferme les yeux : tout cela, ce sont pour lui les sens réagissant au contact des objets sensibles. (10) Celui qui, fondant en Brahman tous les actes, agit en plein détachement, le péché ne s'attache pas à lui pas plus que l'eau à la feuille du lotus. (11) Le corps, le manas (organe central de perception qui se superpose aux cinq sens), l'esprit, les sens mêmes ainsi parfaitement dégagés, les yogins, agissant en dehors de tout attachement, travaillent à la purification intérieure. (12) Celui qui pratique le yoga s'affranchit du fruit des actes et atteint la paix immuable ; celui qui ne la pratique pas, attaché au fruit sous la poussée du désir, demeure lié. »

— Bhagavad Gita, chapitre 5[5].

Dans le sikhisme[modifier | modifier le code]

La voie de la bhakti est la seule reprise par le sikhisme, mais en partie seulement. Les temps d'adoration, et les chants de louanges sont les deux pratiques sikhes. Elles se nomment: bhajan et kirtan. Les sikhs rejettent tout culte des idoles, privilégiant les prières envers un dieu unique appelé Waheguru. L'égalité de tous lors des moments de prière est aussi une position sikhe importante[6]. Pour le croyant avancer vers Dieu afin d'obtenir la libération est primordial; d'ailleurs un dicton sikh dit: « si vous faites un pas vers Dieu, Dieu en fait mille vers vous » [7].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. The Sanskrit Heritage Dictionary de Gérard Huet
  2. Encyclopédie des religions, Gerhard J. Bellinger, éditions Le Livre de Poche.
  3. Nârada Bhakti Sûtras, cité par Swami Vivekananda, Les Yogas pratiques, Albin Michel, 1988, p. 137
  4. Vishnu Purâna, I, XX, 19, cité par Swami Vivekananda, Les Yogas pratiques, Albin Michel, 1988, p. 138
  5. la bhagavad-gîta, texte établi par Emile Sénart, éditions les belles lettres, ISBN9782251799780
  6. Voir Bhakti (appelé aussi Bhagti) dans SikhiWiki l'encyclopédie sikhe en anglais
  7. A Popular dictionnary of Sikhism de W. Owen Cole et Piara Singh Sambhi, édition Curzon, page 51 (ISBN 0700710485)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]