Prakriti

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La Prakṛti (en sanskrit IAST ; devanāgarī : प्रकृति) signifie nature ; ordre naturel; forme primitive, fondement, origine, cause[1]. Dans la philosophie indienne du Sāṃkhya, c'est d'abord la Nature Primordiale (mūlaprakṛti), cause originelle des phénomènes du monde matériel. Mais c'est aussi la Nature Originelle combinant les potentialités de l'Énergie et de la Matière, principe femelle dynamique activé par le contact du principe mâle statique Puruṣa l'Esprit[2]; elle est le point d'équilibre du triguṇa de ses qualités: sattva, rajas et tamas; elle se manifeste par l'évolution pariṇāma des 24 substances tattva dont elle forme la 25e. Ce terme apparaît pour la première fois dans la Śvetāśvatara Upaniṣad au sens de Nature[3].

Nature de Prakṛti[modifier | modifier le code]

La prakṛti est une substance inconsciente mais éternellement active. Nature multiforme, tantôt elle se développe et se différencie en cosmos, produisant en son propre sein tous les êtres matériels, tantôt elle se rétracte, résorbe en elle tous les existants et revient à son état indistinct et subtil originel (mūlaprakṛti). Ce mouvement d'évolution et d'involution (mahākalpa)[4] donnera lieu à la théorie des âges du monde[5] (mahāyuga).

Prakṛti dans le Sāṃkhya[modifier | modifier le code]

Dans la philosophie du Sāṃkhya, Prakṛti est la matière primordiale à l'état manifesté qui sous le reflet de puruṣa engendre les vingt-trois principes de la manisfestation ou de la création tout entière. Ceci étant dû au déséquilibre des trois guṇa que sont sattva, rajas et tamas.

Prakṛti dans le Vedānta[modifier | modifier le code]

Dans le Sāṃkhyakārikābhāṣya attribué à Gauḍapāda[6], Prakṛti a plusieurs synonymes dont celui de māyā[7] qui est un concept important du Vedānta et plus particulièrement de l'Advaita Vedānta.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. The Sanskrit Heritage Dictionary de Gérard Huet
  2. The A to Z of Hinduism par B.M. Sullivan publié par Vision Books, pages 160 et 161, (ISBN 8170945216)
  3. A. E. Esnoul, Les Strophes de Samkhya. Éd. Les Belles Lettres, 1964, Introduction page XVII.
  4. Il faut comprendre ce cycle du point de vue cosmogonique (au sens de création comprenant l'Âme universelle (puruṣa) involuée (Jīva) indissociable de la Nature (Prakṛti) et non seulement cosmologique (L'univers physique ou le cosmos des physiciens).
  5. Ici le vocable « monde » n'a pas le sens d'univers physique ou de cosmos (celui des physiciens) mais se rapporte à l'Homme universel et son univers psychologique et psychique.
  6. The Sankhya káriká, or, Memorial verses on the Sánkhya philosophy, Volume 46. Henry Thomas Colebrooke. Éd. Printed for the Oriental translation fund of Great Britain and Ireland, by S. Collingwood, 1837, préface, page XIII.
  7. The Sankhya káriká, or, Memorial verses on the Sánkhya philosophy, Volume 46. Henry Thomas Colebrooke. Éd. Printed for the Oriental translation fund of Great Britain and Ireland, by S. Collingwood, 1837, page 78.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]