Musique bouddhique

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La musique bouddhique est la musique utilisée lors des rituels bouddhiques. Elle comprend divers aspects en vertu de la multiplicité culturelle et philosophique des variantes du bouddhisme. Elle se manifeste essentiellement sous la forme de récitations de sûtras ou de chants (mantra, psalmodie, chant de gorge, etc.) consistant en la répétition du nom d'Amitabha. Un accompagnement percussif n'est pas rare, de même que l'usage de trompe ou de hautbois. Il existe toutefois une certaine méfiance vis-à-vis de la musique. Dans le Ghitassara Sutta, le Bouddha enseigne :

Bhikkhus, il y a cinq dangers à réciter le Dhamma avec une intonation musicale. Lesquels ?
Les uns s'attachent à l'écoute tandis que d'autres sont agacés disant : “Comme nous chantons, ces fils de Sakyan chantent”, la concentration de ceux qui n'aiment pas ce chant est détruite, et les générations suivante les copies[1].

Theravada[modifier | modifier le code]

Dans les pays ayant adopté le Theravada (Sri Lanka, Thaïlande, Cambodge, Myanmar, Laos), les textes sacrés en pali forment un répertoire universel dont les textes les plus prisés sont[2] :

Le Sri Lanka a par ailleurs une tradition percussive bouddhique sous la forme de l'ensemble hêvesi déployé à l'occasion des célébrations ; appelé aussi sinhârakkâra, il comprend un hautbois et deux tambours et sert autant dans le temple qu'à l'extérieur, lors de processions notamment. L'ensemble kavikâra est depuis 1815 consacré aux rituels bouddhiques, notamment lors de l'exposition de reliques. Composé de chanteurs qui au besoin changent les paroles sacrées par des non-sens ou distordent leurs voix pour garder cette production musicale secrète, cet ensemble joue en même temps que le précédent, dans son ombre, et est formé de percussionnistes héréditaires jouant de deux tambours, de cymbale et de clochette.

Mahayana[modifier | modifier le code]

Dans le Mahayana (Inde, Chine, Corée, Japon, Tibet, Bhoutan, Népal et Mongolie), il existe diverses écoles :

Dans les pays de la Terre pure le chant nianfo, Namu Amida Butsu ou Namo Amituofo (Hommage au Bouddha Amitabha) est récité ; dans des occasions plus formelles des extraits du grand sûtra voir l'Amitabha sûtra en entier peuvent être chantés.

Chine et Tibet[modifier | modifier le code]

Le fanbai est le chant liturgique bouddhiste apparu au IVe siècle et psalmodié en sanskrit par les prêtres chinois à différents moment de la journée. Depuis le XVe siècle, il est parfois accompagné de percussions et est à l'origine du shōmyō japonais.

Au Tibet, les chants liturgiques sous forme de chant de gorge, peuvent être dédiés à la méditation, ou à des cérémonies publiques. Ils sont antiphonaux, alternant les chœurs et les parties instrumentales. Les paroles sont issues du texte sacré bKa'-'gyu (« recueil des paroles du Bouddha »). Il existe une sorte de partition (dbyangs-yig) pour son exécution. Ces chants ont vraisemblablement une origine indienne (certains étant écrit en sanskrit), et usent parfois d'un bourdon. Il y a trois sortes de chants :

Moines népalais.
  • yang, récitatif non mesuré
  • gdang, hymne choral à l'unisson, au tempo lent et à la rythmique ornementée servant de support méditatif et à l'exorcisme.
  • dbyangs ("voyelle"), chant guttural basse correspondant à un chant harmonique (voire diphonique, à la dixième harmonique) nommé aussi "voix de dzo" (du nom d'une variété de yack), notamment au sein de certains monastères de l'ordre dGe-lugs-pa. Ils sont accompagnés par des instruments à vent et à percussion, très sonores, souvent joués en paires.

Dans la tradition Vajrayana, on chante Om Mani Padme Hum pour amener la concentration et la paix.

En Inde (Ladakh et Sikkim), au Népal et au Bhoutan, il y a des poches de musique tibétaine bouddhique.

Corée[modifier | modifier le code]

Rin japonais

Il existe trois types de chants bouddhiques :

  • le sûtra, invocation syllabique accompagnée seulement du gong de bois mokt'ak.
  • le pomp'ae, d'origine chinoise, exécuté sur un rythme libre très lent et scindé en : hossori pomp'ae (respoonsorial) et chissori pomp'ae (homophonique, plus long et plus orné). C'est le chant le plus important du rite bouddhique coréen.
  • le hwach'ong, s'inspire du folklore et est chanté par un soliste qui joue d'un gong et est accompagné d'un tambour puk.

On trouve aussi des danses rituelles bouddhiques (chakpop), accompagnées d'un orchestre d'aérophones et de percussions.

Japon[modifier | modifier le code]

Le shomyo (声明) est un chant bouddhique japonais des sectes Tendai et Shingon apparu au Ve siècle. Il se décline en deux formes et trois langues (dont le sanskrit) :

Komuso japonais
  • ryokyoku, genre difficile ;
  • rikkyoku, plus facile.

La secte de Nichiren use du sûtra Nam Myoho Renge Kyo (« Hommage au sûtra du lotus »). Le sūtra du Cœur Prajñāpāramitā Hridaya et celui du diamant est aussi souvent récité par les membres de Shindon.

Bien plus tardivement apparu (XIIIe siècle), le honkyoku est un répertoire pour la flûte shakuhachi jouée par les moines zen itinérants appelés komusō. Au XVIIIe siècle, Kinko Kurosawa de la secte Fuke collecta 36 pièces en formant le Kinko-Ryu Honkyoku.

Il existe enfin dans le Zen, une tradition de poésies chantées shigin (詩吟) récitées à l'occasion de cérémonies.

Viet Nam[modifier | modifier le code]

Syncrétisme de Theravada et de Mahayana, le bouddhisme vietnamien a une musique vocale très riche née au XIXe siècle, en bénéficiant de l'influence de la musique de Cour. On distingue trois traditions réservées aux rituels :

  • celle du Nord,
  • celle du Centre avec trois styles de prière : la psalmodie tùng, le cantique de louanges tæn, la sollicitation th‹nh ; un ensemble instrumental les accompagne, notamment lors de la cérémonie Khai Kinh (« ouverture des textes sacrés »).
  • celle du Sud.

Références[modifier | modifier le code]

Sources et liens externes[modifier | modifier le code]