Tonglen

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Tonglen (Tibetain: གཏོང་ལེན, Wylie: gtong len, ou tonglèn[1]), est le terme tibétain pour donner-recevoir (ou envoyer et prendre). Il réfère à une pratique de méditation qu'on trouve dans le bouddhisme tibétain.

Définition[modifier | modifier le code]

S'ouvrir aux autres relève souvent des bonnes intentions : nous avons tous des à priori, des réticences qui nous bloquent au dernier moment. Pourtant, si l'on veut véritablement se transformer en profondeur, il faut surmonter ces obstacles. Le tonglen, pratique de méditation bouddhiste, apprend à absorber ce qui est négatif pour le restituer sous forme positive, permet de dépasser nos peurs et de développer notre capacité d'acceptation des événements extérieurs. Cette grande technique de la bodhicitta peut aussi être décrite comme une égalisation et un échange de soi-même avec autrui : sur l'inspiration du souffle, on prend sur soi avec compassion la souffrance d'autrui, une personne précise ou le monde entier; sur l'expiration, on redonne de la bienveillance et de la paix.

Pratique[modifier | modifier le code]

La pratique du tonglen (le don du bonheur et la prise en charge de la souffrance) consiste à recevoir la souffrance d'un ou plusieurs êtres et à leur renvoyer beaucoup de bonheur. On imagine la souffrance des êtres sous forme symbolique de fumée; en l'inspirant celle-ci disparaît au centre de l'être. Puis lors de l'expiration, une lumière merveilleuse représentant ce qu'il y a de mieux pour chacun est renvoyée. Comme tel, c'est donc un entraînement à l'altruisme dans sa forme la plus extrême. Le but de cette pratique est de :

  • réduire l'attachement égoïste;
  • augmenter le sens de la nekkhamma (renonciation);
  • créer un karma positif en donnant et en aidant;
  • développer la sérénité et la bodhicitta;
  • on réfère aussi aux Six Perfections que sont le don, l'éthique, la patience, l'effort joyeux, la concentration et la sagesse, qui font partie de la pratique d'un vrai Bodhisattva.

Cette pratique est résumée en sept points, qui sont attribués au maître bouddhiste indien Atisha Dipankara Shrijnana, né en 982. Elles furent d'abord mises par écrit par un maître du Kadampa, Langri Thangpa (1054–1123). La pratique devint plus connue grâce au geshé (lama) Chekawa Yeshe Dorje (1101–1175), dans son Sept points de l'entraînement de l'esprit. Cette liste de proverbes (lojong) ou slogans compilée ensuite par Chekawa est souvent appelée Les slogans d'Atisha. Le quatorzième Dalaï-lama, qui pratiquerait le tonglen chaque jour, a dit à propos de cette technique : « Que cette méditation aide vraiment ou non, elle me procure la paix de l'esprit. Je peux alors être plus efficace et le bénéfice est immense ». [1] Sa Sainteté a déjà offert une traduction des huit versets dans un de ces livres.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Asoka Selvarajah. The Tibetan Art Of Tonglen. Mystic Visions. Retrieved 2010-10-21.
  • Transformer son esprit, sur le chemin de la sérénité. Dalaï-lama, Yolande Du Luart (traduction), Essai (poche), 2003.
  • Le Livre tibétain de la vie et de la mort. Sogyal Rinpoché
  • Sur le chemin de la transformation : Le tonglen. Pema Chödrön, Stéphane Bédard (traduction), Pocket, 2006.
  • L'entraînement de l'esprit et l'apprentissage de la bienveillance. Chogyam Trungpa, Points, 2008.
  • Meditation: The Buddhist Art of Tranquility and Insight. Kamalashila, Windhorse Publications, Birmingham, 1996.

Voir aussi[modifier | modifier le code]


Liens externes[modifier | modifier le code]