Âtman

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Ātman (sanskrit IAST ; devanāgarī : आत्मन् ; pali : attā ; « souffle, principe de vie, âme, soi, essence »)[1] est un concept de la philosophie indienne āstika[2]. Ce terme a le sens de pure conscience d'être ou de pur « je suis », et désigne traditionnellement le vrai Soi, par opposition à l'ego (ahaṃkāra). Cependant dans l'hindouisme, il peut avoir aussi d'autres significations[3] comme :

  1. le principe essentiel à partir duquel s'organise tout être vivant (cf. brahman) ;
  2. l'être central au-dessus ou en deçà de la nature extérieure telle que nous pouvons l'appréhender, calme, inaffecté par les mouvements de la nature intérieure du jīva, mais soutenant leur évolution respective, tout en ne s'y mêlant pas ;
  3. le souffle vital (prāṇa et vāyu)[4].

Vedānta[modifier | modifier le code]

En tant que conscience absolue ou conscience pure, l'ātman est aussi le Brahman dans le Vedānta et particulièrement l'Advaita Vedānta. La nature de l'ātman est identique à celle du Brahman à savoir : être absolu et éternel, conscience absolue, pur Je Suis Cela (Cela signifiant l'Âme universelle, le Brahman, qui est le pouvoir qui envahit tout, toute chose et toute créature) et félicité absolue[5].

Celui qui connaît l'ātman est « l'agent de chaque chose (visvakrt), l'agent du Tout (sarvakarta), le monde est à lui et il est ce monde même »[6].

Bouddhisme[modifier | modifier le code]

Le bouddhisme n'admet pas l'existence de l'ātman. Selon la plupart des écoles, il n'existerait aucune entité indépendante et impérissable que l'on puisse appeler le « Soi ». Le terme ātman ne représente qu'une simple désignation dans l'expression d'une vérité conventionnelle (pali : vohāra-vavana) et non quelque chose qui existe réellement. Dans le sens ultime (pali : paramattha), il n'existe que des phénomènes en perpétuelle transformation[7] (cf. skandha).

C'est la non-existence du soi (anātman) , la notion complémentaire de l'ātman, qui est employée pour désigner le non-soi des phénomènes corporels et mentaux (skandha). Le Traité de la porte claire des cent dharmas du mahāyāna (sk: Mahāyāna śatadharma prakāśamukha śāstra; ch: Dàchéng bǎifǎ míngmén lùn 《大乘百法明门论》) de Vasubandhu est destiné à démontrer ce point essentiel dans la philosophie bouddhiste[8].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. The Sanskrit Heritage Dictionary de Gérard Huet
  2. Ce terme sanskrit signifie qui reconnaît l'autorité des Veda.
  3. Jean Herbert et Jean Varenne, Vocabulaire de l'hindouisme, Dervy, 1985, p. 29.
  4. Le yoga et d'autres pratiques de l'hindouisme permettraient de se relier à cette essence.
  5. Dictionnaire de la Sagesse orientale - Collection Bouquins - Éditions Robert Laffont 1989
  6. Brhad-Aranyaka Upanishad, IV, 4, 13
  7. Nyanatiloka, Vocabulaire pali-français des termes bouddhiques, Adyar,‎ 1995, pp. 36 et 195
  8. Le bouddhisme qui ne reconnaît ni le Brahman et ni l'ātman fait partie de la philosophie indienne hétérodoxe ou nastika (qui ne reconnaît pas les Veda)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]