Zazen

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Zazen dans la tradition du Zen Rinzaï qui se pratique face à face[1].

Zazen (座禅?) est la posture principale de méditation assise de la pratique du bouddhisme zen, particulièrement des écoles Sōtō et Rinzai qui sont les plus connues en Occident. Elle est présentée comme la posture qu'aurait utilisée Bouddha pendant ses méditations. Zazen est associé à Dhyāna qui, dans le Yoga est le septième membre (aṅga) des Yoga Sūtra de Patañjali.

Le but de zazen est de se concentrer sur la respiration et sur la posture en elle-même afin de la maintenir le plus correctement possible. Cela permettrait de développer la concentration, d'être serein, d'unifier et d'améliorer esprit et corps. La signification du terme japonais shikantaza — « seulement s'asseoir » — est censée résumer à la fois la simplicité et la difficulté de cette pratique.

Pratique[modifier | modifier le code]

Zazen est la pratique centrale du zen. Les longues périodes de zazen sont généralement effectuées dans un dojo qui sert de salle de méditation, en alternance avec des périodes de kinhin, une marche méditative. Le début d'une période de zazen est traditionnellement annoncée en faisant tinter trois fois la cloche (shijosho) et la fin d'un cycle en sonnant une fois (hozensho). Avant et après la séance sur le zafu, un coussin de méditation, le pratiquant effectue un Gassho (salut mains jointes) en s'inclinant devant son zafu, ses collègues pratiquants et le maître.

Les positions communes pour s'asseoir sur le zafu sont :

En outre, en cas de mal de dos, zazen peut être pratiqué assis sur une chaise, avec éventuellement un coussin carré placé derrière le bas du dos pour aider à maintenir la courbe naturelle de la colonne vertébrale.

La posture[modifier | modifier le code]

Assis au centre d'un zafu, les jambes sont croisées en lotus ou en demi-lotus, voire en tailleur, si c'est trop difficile. Les genoux « poussent » le sol. La colonne vertébrale doit être bien droite, ce qui exige un menton rentré et donc une nuque étirée. La main droite est posée sur celle de gauche, les paumes vers le haut, les pouces exercent une légère pression (« tenir une fourmi entre les pouces sans l'écraser et sans la laisser s'échapper ») l'un sur l'autre et forment une ligne droite. Cette position des mains est appelée mudra ou mudra « cosmique ». Les mains ainsi disposées reposent sur les cuisses, en appui sur le bas du ventre, là où se trouverait le kikaï tanden, ou hara (« océan d'énergie »). Les épaules sont détendues. Le regard est posé à environ un mètre de distance sur le sol sans regarder quelque chose de précis. Les yeux doivent simplement être « posés » sur un point et le regard ne doit pas se troubler.

La respiration[modifier | modifier le code]

La respiration consciente zen appelée en sanskrit Anapanasati n'est atteinte que si la posture est correcte. Elle permettrait de rétablir le rythme respiratoire naturel : calme et puissant, basé sur une expiration douce et longue. La consigne est d'inspirer et d'expirer silencieusement par le nez, en laissant la bouche fermée et la langue contre le palais, sans forcer la respiration. À la fin de l'expiration, l'inspiration se fait naturellement. Les maîtres comparent le souffle zen au meuglement de la vache ou à l'expiration du bébé qui crie aussitôt né.

L'attitude de l'esprit[modifier | modifier le code]

Le but est de laisser les images et les pensées surgissant de l'inconscient passer comme « nuages dans le ciel » : sans chercher à les analyser ni à s'en préoccuper. En maintenant un tel état, on arriverait à la « non pensée » (hishiryo), au-delà de toute pensée, vacuité de l'esprit.

Selon les enseignants de cette méthode, un tel état d'esprit résulterait de la profonde concentration sur la posture et la respiration, permettant le contrôle de l'activité mentale résultant de l'amélioration de la circulation cérébrale.

Une analogie est parfois utilisée : « Un bol plein d'une substance ne peut plus contenir autre chose. Un bol vide est disponible pour recevoir n'importe quoi ».[réf. souhaitée].

Effets de la pratique[modifier | modifier le code]

Hors de tout contexte religieux (la méditation comme satori), zazen est présenté comme une pratique bénéfique.

Il a été prouvé que la méditation déclenchait, comme dans un sommeil profond, les ondes cérébrales alpha et thêta, dues à l'afflux de sang dans les couches supérieures du cerveau, qui est alors très bien irrigué. Certains moines et laïcs tentent de faire connaître zazen comme un bon exercice de concentration qui apporterait sérénité, calme et bien-être[2].

Contextes[modifier | modifier le code]

Zazen présente cependant une certaine diversité.

  • Dans le zen Soto, zazen se pratique face aux murs latéraux du zendo, tandis que dans le zen Rinzai il est pratiqué face à l'allée centrale. Le zen Rinzai utilise également la méditation à partir de kōan ainsi que le sussokan.
  • L'emploi du kyosaku, le coup sur l'épaule avec un bâton léger en cas de somnolence, n'est pas systématique.
  • Zazen peut se pratiquer quelques heures ou une journée et l'on parlera de zazenkai. Certaines retraites de méditation sont l'occasion de pratiquer zazen environ dix heures par jour : on parle de sesshin.

À propos de zazen[modifier | modifier le code]

  • Dogen : « Qu'on pense le fond de cette non-pensée. Comment cela ? Sans penser. » et aussi « Penser du tréfonds de la non pensée ».
  • Taisen Deshimaru : « Le Zen, c'est zazen ».
  • Nagaku : « Si vous êtes attaché à la forme de l'assise, vous ne comprenez pas son principe ».
  • Shunryu Suzuki Roshi : « Pratique formelle, esprit informel ».

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dans l'école Sōtō, zazen se pratique face au mur.
  2. Zen et self-control. Yūjirō Ikemi, Taisen Deshimaru. Éd. Albin Michel, 1991 (voir la partie « Self-control et médecine psychosomatique »). (ISBN 9782226051721)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]