Māra

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Māra (sanskrit, pâli), littéralement « mort », est, dans le bouddhisme, l'esprit tentateur qui essaya d'empêcher Siddhartha Gautama d'atteindre l'éveil.

Présentation[modifier | modifier le code]

Il est l'antithèse de Bouddha.

Māra tentant de séduire le Bouddha[modifier | modifier le code]

Bouddha « attestant la terre », XVIIIe siècle, Vat Phra Kèo, Vientiane (Laos)

Alors que Gautama demeurait assis sous l'arbre de la Bodhi jusqu'à atteindre l'illumination, Māra, le malin, le tentateur, envoya ses filles pour le séduire en dansant - mais Gautama n'ouvrit guère les yeux ; les filles disparurent.

Puis Māra dénia l'éveil de Gautama, qui fit le geste connu sous le nom de bhûmisparshamudra, « la prise de la terre à témoin ». La terre trembla, prouvant l'éveil de Gautama et Māra disparut.

Dans le theravāda[modifier | modifier le code]

Dans le bouddhisme theravāda, Māra n'est pas tant un démon extérieur aux êtres qui naviguent dans le samsara, mais plutôt la « personnification des passions et des objets du désir  » [1].

Māra correspond essentiellement aux trois caractéristiques. Une distinction s'opère toutefois entre quatre Māra :

  • Démon des agrégats d'attachement, celui qui meurt, skandhamāra.
    Les constituants de tout individu, skandha, étant affligés de ces caractéristiques, sont Māra : « Le corps est Māra ; en ce qui concerne Māra tu devrais contrôler tes désirs insatiables. La sensation est Māra ; en ce qui concerne Māra tu devrais contrôler tes désirs insatiables. La perception est Māra ; en ce qui concerne Māra tu devrais contrôler tes désirs insatiables. Les formations mentales est Māra ; en ce qui concerne Māra tu devrais contrôler tes désirs insatiables. La conscience est Māra ; en ce qui concerne Māra tu devrais contrôler tes désirs insatiables. » [2]
  • Démon des passions, celui qui fait mourir, kleśmāra.
    Ce sont toutes les passions qui poussent à entretenir des actes, des paroles ou des pensées mauvaises, productrices de karma. La vie sera écourtée.. Ici, māra s'oppose aux actions vertueuses..
  • Démon du seigneur de la mort, mṛtyumāra.
    C'est l'impermanence, anicca : toute vie ne dure, en réalité, qu'un seul et bref instant de conscience. Dans ce contexte, Māra est donc un principe appliqué à tout phénomène.
  • Le démon des fils divins, devaputramāra
    Il s'agit ici de toute autre chose ; la distraction, le fait de ne pas se concentrer sur la seule tâche qui soit à accomplir, mettre un terme au samsara.

Dans le vajrayāna[modifier | modifier le code]

Dans le bouddhisme vajrayāna, les quatre démons sont :

  • Le démon des liens ;
  • Le démon sans lien ;
  • Le démon de la jouissance ;
  • Le démon de l'orgueil.

Dans l'adaptation d'Osamu Tezuka[modifier | modifier le code]

Dans le manga Bouddha d'Osamu Tezuka, Māra est représenté sous l'aspect d'une femme-serpent à quatre bras. Au lieu de tenter Bouddha sous l'arbre de Bodhi, elle rend Ananda invincible pour qu'il aille tuer Bouddha.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Nyanatiloka, cf références
  2. Samyutta Nikaya, Sutta XXIII 35

Article connexe[modifier | modifier le code]

  • Māra est également impliqué dans l'expression Jarāmaraṇa, qui signifie vieillesse et mort.

Lien externe[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Philippe Cornu, Dictionnaire encyclopédique du bouddhisme [détail des éditions]

  • Nyanatiloka, Vocabulaire pâli-français des termes bouddhiques, Adyar