Bête du Gévaudan

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Bête du Gévaudan

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« Figure du Monstre qui désole le Gévaudan »
gravure sur cuivre de 1764/1765[N 1]

Créature

Groupe Créature légendaire
Sous-groupe Bête dévorante

Origines

Origine Attaques animales causant entre 88 et 124 morts
Région Pays du Gévaudan (France)
Première mention 30 juin 1764
Dernière mention 19 juin 1767

La Bête du Gévaudan (Bèstia de Gavaudan en occitan) est un animal à l'origine d'une série d'attaques contre des humains survenues entre le 30 juin 1764 et le 19 juin 1767. Ces attaques, le plus souvent mortelles, entre 88 à 124 recensées selon les sources, eurent lieu principalement dans le nord de l'ancien pays du Gévaudan (qui correspond globalement à l'actuel département de la Lozère), région d'élevage. Quelques cas ont été signalés dans le Sud de l'Auvergne, et dans le Nord du Vivarais et du Rouergue.

La « Bête du Gévaudan » dépassa rapidement le stade du fait divers, au point de mobiliser de nombreuses troupes royales et de donner naissance à toutes sortes de rumeurs, tant sur la nature de cette « bête » – vue tour à tour comme un loup, un animal exotique et même un loup-garou, voire un tueur en série à une époque plus récente[N 2] — que sur les raisons qui la poussaient à s'attaquer aux populations — du châtiment divin à la théorie de l'animal dressé pour tuer. Alors qu'une centaine d'attaques équivalentes se sont produites au cours de l'histoire de France dont toutes les régions[N 3] sont peuplés par environ 20 000 loups à cette époque, ce drame intervient opportunément pour la presse en mal de ventes après la guerre de Sept Ans : le Courrier d'Avignon local puis La Gazette de France nationale et les gazettes internationales voient l'occasion de s'emparer de cette affaire pour en faire un véritable feuilleton, publiant des centaines d'articles sur le sujet en quelques mois[1].

Parmi les nombreux animaux abattus au cours de cette période, deux canidés sont soupçonnés d'être la Bête[2]. Le premier est un grand loup tué par François Antoine, porte-arquebuse du roi de France, sur le domaine de l'abbaye royale des Chazes en septembre 1765. Une fois ce loup empaillé à Versailles, les journaux et la Cour se désintéressèrent de cette affaire, bien que d'autres morts aient été déplorées ultérieurement. Jean Chastel, paysan originaire de La Besseyre-Saint-Mary, tua le second fauve, identifié comme un loup ou un grand chien, en juin 1767. Selon la tradition, l'animal tué par Chastel était bien la Bête du Gévaudan car, passé cette date, plus aucune attaque mortelle ne fut signalée dans la province.

De nombreuses recherches d'historiens évoquent l’œuvre d'un tueur en série, comme le comte de Morangiès, bien qu'aucun document sérieux ne corrobore cette hypothèse.

Sommaire

Histoire[modifier | modifier le code]

Premières attaques[modifier | modifier le code]

Avant le Gévaudan ?[modifier | modifier le code]

En 1763, une série d'attaques est recensée du côté du Dauphiné. On parle d'un animal « de la taille d’un très gros loup, couleur de café brûlé un peu clair, ayant une barre un peu noire sur le dos, le ventre d’un blanc sale, la tête fort grosse et [rebondie ?], une espèce de bourre qui forme une houppe sur la tête et à côté des oreilles, la queue couverte de poil comme celle d’un loup ordinaire mais plus longue et la portant retroussée au bout ». Sur la fin du mois d'octobre, la bête traverse un troupeau de moutons pour se jeter sur un petit berger âgé de quatorze ans, qui est délivré par sa camarade[3]. Les attaques et la description de l'animal présentant de nombreux points communs avec la Bête du Gévaudan, certains auteurs tel Jean-Claude Bourret avancent l'hypothèse qu'il s'agit du même animal[4]

Les premiers cas au Gévaudan[modifier | modifier le code]

Au début de l'été 1764, en juin, une vachère habitant tout près de Langogne rentre au village en affirmant avoir été attaquée par une « bête ». Elle ne s'en tire sans autre mal que des habits déchirés après avoir été défendue par ses bœufs. Le 30 du même mois, Jeanne Boulet, jeune fille âgée de quatorze ans, est tuée au village des Hubacs (près de Langogne) dans la paroisse de Saint-Étienne-de-Lugdarès en Vivarais. C'est la première victime officielle de la Bête[5].

« L’an 1764 et le 1er juillet, a été enterrée, Jeane Boulet, sans sacremens, ayant été tuée par la bette féroce, présans Joseph Vigier et Jean Reboul. »

La victime fut enterrée « sans sacrements », n'ayant pu se confesser avant sa mort. On relève toutefois sur la consignation de sa mort que le curé de la paroisse mentionne qu'elle fut victime de la bête féroce, ce qui suggère qu'elle ne fut pas la première victime mais seulement la première déclarée[N 4].

Une deuxième victime est rapportée le 8 août. Âgée de 14 ans, elle habitait au hameau de Masméjean, paroisse de Puy-Laurent[6]. Ces deux victimes ont été tuées dans la vallée de l'Allier. Les suivantes, dès la fin du mois d'août, et au cours du mois de septembre, meurent autour et dans la forêt de Mercoire[7].

Étienne Lafont, syndic du diocèse de Mende, se trouvait à Marvejols en cette fin du mois d'août. C'est depuis cet endroit qu'il envoya des chasseurs de Mende, dirigés par le sieur Mercier, afin de venir en aide aux chasses qui se mettaient peu à peu en place à proximité de Langogne[5]. Cependant, Lafont se rendit vite compte que ces chasses étaient insuffisantes et avertit donc M. de Saint-Priest, intendant du Languedoc, et M. le comte de Montcan, gouverneur de la province, de la situation. C'est ce dernier qui donna l'ordre au capitaine Duhamel, stationné à Langogne avec ses dragons, de conduire les opérations de chasse contre la Bête[8].

Duhamel et les dragons[modifier | modifier le code]

C'est ainsi, qu'à partir du 15 septembre, le capitaine Duhamel et ses dragons débutent la traque[8], armant les paysans prêts à les aider. Il y avait, cette année-là, quatre compagnies de dragons, volontaires de Clermont, stationnées à Langogne ou Pradelles et commandées par Duhamel, capitaine et aide-major[9]. Ces troupes étaient alors présentes dans les régions autour des Cévennes, du fait des conflits avec les Camisards au début du siècle (1702-1715). Durant les multiples battues menées en la forêt de Mercoire, jamais la Bête n'est aperçue. Cependant, c'est sans doute à cause de ces diverses chasses que la Bête quitte rapidement cette zone et atteint les confins de la Margeride et de l'Aubrac en octobre.

En effet, le 7 octobre, une jeune fille est tuée au village d'Apcher, paroisse de Prunières, et sa tête n'aurait été retrouvée que huit jours plus tard. Le lendemain, un garçon vacher est attaqué à proximité de La Fage-Montivernoux. Ce même jour, la Bête attaque un autre vacher entre Prinsuéjols et le château de la Baume, propriété du comte de Peyre. Cependant, le jeune garçon se réfugie parmi ses vaches, qui parviennent à repousser la Bête[10]. Peu de temps après, des chasseurs qui sortent d'un bois avoisinant aperçoivent la Bête qui rode encore autour du garçon[11]. Deux de ces chasseurs tirent et touchent la Bête qui, par deux fois, tombe puis se relève. Personne n'arrive cependant à la rattraper alors qu'elle s'enfuit dans un bois. La battue qui est organisée le lendemain se solde par un échec. Deux paysans affirment avoir vu l'animal sortir, en boitant, durant la nuit. Ainsi, et pour la première fois, la Bête a été blessée[8]. C'est pendant ce mois d'octobre 1764 que la Bête perpétra ses attaques les plus méridionales, notamment celle qui coûte la vie à Marie Solinhac, attaquée au Brouilhet, sur la commune des Hermaux.

Le 2 novembre, Duhamel et ses 57 dragons quittent Langogne pour s'installer à Saint-Chély, chez l'aubergiste Grassal[12]. Ce n'est pourtant que le 11 novembre qu'ils peuvent effectuer leur première chasse, en raison d'importantes chutes de neige[13],[8]. Voyant le manque de résultat des chasses jusqu'à présent, les États du Languedoc se réunissent le 15 décembre, et promettent une prime de 2 000 livres à qui tuerait la Bête[14]. Cinq nouvelles personnes meurent pourtant après une attaque attribuée à la Bête[N 5] durant ce mois de décembre[7].

L'appel aux prières[modifier | modifier le code]

Gravure allemande au moment des événements[N 6].

Le 31 décembre 1764, l'évêque de Mende, monseigneur Gabriel-Florent de Choiseul-Beaupré, également comte de Gévaudan, lance un appel aux prières et à la pénitence. Cet appel est resté dans l'Histoire sous le nom de « mandement de l'évêque de Mende »[N 7]. Tous les prêtres du diocèse ont pour ordre de l'énoncer à leurs fidèles. Dans ce texte, l'évêque qualifie la Bête de fléau envoyé par Dieu pour punir les hommes de leurs pêchés[15]. Il cite saint Augustin pour évoquer la « justice de Dieu », ainsi que la Bible et les menaces énoncées par Dieu à travers la bouche de Moïse : « j'armerai contre eux les dents des bêtes farouches »[16]. À l'issue de ce mandement, il est ordonné que soient respectées quarante heures de prières et de chants, et ce durant trois dimanches consécutifs.

Mais les prières semblent vaines, puisque la Bête continue son massacre en ce début d'année 1765. Au cours des mois de janvier et de février, les chasses de Duhamel et des dragons s'avèrent infructueuses. Les habitants des lieux se plaignent, par ailleurs, de l'attitude des dragons. Ils sont ainsi accusés de ne pas payer les logements ni la nourriture, ou encore de détruire les récoltes[17]. Le conseiller du Roi Louis XV, Clément Charles François de L'Averdy, envoie alors un chasseur normand, le sieur Denneval (ou d'Enneval), pour les suppléer. Il est réputé le meilleur chasseur de loups du royaume, puisque ce louvetier en aurait abattu plus de 1 200[18]. Martin Denneval[N 8] et son fils se rendent donc en Gévaudan au milieu du mois de février.

Le combat de Portefaix[modifier | modifier le code]

Illustration du combat de J. Portefaix et ses compagnons contre la Bête. Bibliothèque nationale, Histoire de France, 1764[19].

Avant l'arrivée des Denneval, le 12 janvier, la Bête s'attaque à sept enfants du Villaret, paroisse de Chanaleilles. Le combat qui l'a opposée aux jeunes bergers et le courage dont ces derniers ont fait preuve sont restés dans les annales. Depuis l'apparition de la Bête, il était recommandé de ne pas envoyer seuls les enfants garder le bétail et les troupeaux sont souvent groupés afin que les jeunes gardent ensemble les animaux.

C'est le cas des sept enfants du Villaret, cinq garçons et deux filles âgés de huit à douze ans. La Bête attaque en tournant autour des enfants regroupés pour se défendre. Elle s'empare d'un des plus jeunes garçons, mais les autres réussissent à piquer la Bête à l'aide de lames fixées sur leurs bâtons et lui font lâcher prise. Elle a cependant le temps de dévorer une partie de la joue droite de sa victime. Elle revient ensuite à la charge, saisissant Joseph Panafieu[20], le plus jeune, par le bras, et l'emportant avec elle. Un des enfants suggère de prendre la fuite pendant qu'elle est occupée, mais un autre, Jacques André Portefaix, les incite à secourir leur compagnon. Tentant de l'atteindre aux yeux, ils parviennent à lui faire lâcher prise et à le tenir à distance. À l'arrivée d'un ou plusieurs hommes, alertés par les cris, la Bête s'enfuit dans un bois voisin[21].

Monsieur de Saint-Priest informe monsieur de l'Averdy de cet affrontement. Pour le récompenser de son courage, le Roi offrit de payer l'éducation de Jacques Portefaix. Ainsi, le 16 avril 1765, Portefaix est admis chez les Frères de la Doctrine Chrétienne[Contradiction avec l'article : Frères de la Doctrine Chrétienne], ou Frères Ignorantins, de Montpellier. Il y reste jusqu'en novembre 1770, date à laquelle il entre à l'école du Corps Royal d'artillerie. Il devient ensuite lieutenant, sous le nom de Jacques Villaret, et meurt le 14 août 1785, à l'âge de 32 ans[22].

L'arrivée des Denneval[modifier | modifier le code]

Gravure parue en 1840 dans le journal des chasseurs illustrant le combat de Jeanne Jouve.
Fontaine à Aumont-Aubrac, où la Bête tient les armes de la ville.

C'est le 17 février 1765 que les Denneval arrivent à Clermont-Ferrand où ils sont présentés à l'intendant d'Auvergne, monsieur de Ballainvilliers. Le lendemain, ils sont à La Chapelle-Laurent et, le surlendemain, à Saint-Flour[23]. C'est au début du mois de mars qu'ils prennent place en Gévaudan.

Ce mois de mars est le témoin du combat héroïque de Jeanne Jouve pour sauver ses enfants[24]. Jeanne Chastang, femme de Pierre Jouve, domiciliée au mas de la Vessière (Saint-Alban) est devant sa maison avec trois de ses enfants vers midi en ce 14 mars. Soudain, attirée par un bruit, elle s'aperçoit que sa fille de 9 ans vient d'être saisie par la Bête qui est passée par-dessus la muraille. La fille Jouve tenait, qui plus est, le plus jeune des garçons, âgé de 14 mois environ. Jeanne Jouve se jette alors sur la Bête et parvient à lui faire lâcher prise. Cette dernière revient malgré tout à la charge sur le plus jeune des enfants, mais elle ne peut l'atteindre, car la mère le protège. La Bête se jette alors sur l'autre garçon, Jean-Pierre, âgé de six ans, le saisit par le bras et l'emporte. Jeanne Jouve se jette à nouveau sur la Bête. S'ensuit un long combat où Jeanne Jouve est repoussée au sol, griffée, mordue à plusieurs reprises. Finalement la Bête, qui tient toujours Jean-Pierre, parvient à s'échapper, mais elle se retrouve face aux deux plus grands enfants Jouve, qui se préparaient à emmener le troupeau aux pâtures. Ces derniers parviennent à libérer leur jeune frère et à faire fuir la Bête. Jean-Pierre succomba cependant à ses blessures quelques heures plus tard. En récompense de son acte héroïque, Jeanne Jouve reçut 300 livres de gratification de la part du roi[25].

Les Denneval, eux, s'installent en Gévaudan. Dès leur arrivée, ils veulent l'exclusivité des chasses, et doivent donc éliminer Duhamel. Ils font alors intervenir monsieur de l'Averdy et, le 8 avril, Duhamel et ses dragons doivent quitter le pays pour leur nouvelle affectation de Pont-Saint-Esprit[26]. Cependant, les Denneval tardent à lancer de grandes chasses, la première n'intervenant que le 21 avril. Le but de cette première chasse semblait être de ramener la Bête vers Prunières et les bois appartenant au comte de Morangiès[27]. S'ils purent approcher la Bête, celle-ci parvint à s'échapper sans qu'ils puissent tirer.

En ce mois d'avril 1765, l'histoire de la Bête se répand dans toute l'Europe. Le Courrier d'Avignon relate ainsi que des journalistes anglais tournent en dérision le fait que l'on ne puisse abattre un simple animal[28]. Pendant ce temps, monseigneur l'évêque ainsi que les intendants doivent faire face à un afflux massif de courrier. Des personnes de toute la France proposent des méthodes plus ou moins farfelues pour venir à bout de la Bête[29].

Le 1er mai, la Bête se trouve à proximité du bois de la Rechauve, entre Le Malzieu et Saint-Alban[N 9]. Alors qu'elle s'apprête à attaquer un jeune berger, un homme, l'un des frères Marlet[30] du hameau de La Chaumette, situé au sud-est de Saint-Alban, l'aperçoit depuis la fenêtre de sa maison, située à 200 mètres de là environ. Il prévient alors ses deux frères et tous s'empressent de s'armer et de sortir de la maison. La Bête aurait reçu deux coups de fusil, serait tombée à chaque fois avant de pouvoir se relever. Elle parvient à s'échapper bien que blessée au cou[23]. Le lendemain, Denneval, prévenu entretemps, se rend sur place et poursuit la trace accompagné d'une vingtaine d'hommes. Tous espèrent que la Bête a été blessée à mort. L'annonce qu'une femme a été tuée dans l'après-midi, sur la paroisse de Venteuges, les détrompe finalement.

Le lendemain de cette chasse, le marquis Pierre-Charles de Morangiès écrit au syndic Étienne Lafont pour se plaindre des Denneval : « MM. Denneval arrivèrent et donnèrent comme à l'ordinaire de jactance de l'inutilité la plus désolante. (…) vous qui êtes homme politique êtes obligé de dévoiler aux yeux des puissances l'effronterie de ces normands qui n'ont d'humains que la figure. »[23]. Le 18 mai, Morangiès adresse une nouvelle lettre de plainte auprès de Lafont, alors que les chasses des Denneval sont toujours infructueuses. Le 8 juin, sur ordre du Roi, François Antoine, porte-arquebuse de sa majesté, quitte Paris pour le Gévaudan. Il est accompagné de son plus jeune fils, Robert François Antoine de Beauterne, mais également de huit capitaines de la garde royale, six garde-chasses, un domestique, et deux valets de limiers[23].

Antoine remplace Denneval[modifier | modifier le code]

Sculptures de Philippe Kaeppelin à Auvers (Haute-Loire) du combat de Marie-Jeanne Valet.

C'est le 20 juin que François Antoine, souvent nommé « Monsieur Antoine », arrive à Saint-Flour. Investi du pouvoir du Roi, il ne peut pas échouer dans sa mission. Il s'installe au Malzieu, qu'il atteint le 22 juin[31]. Antoine et ses hommes se joignent alors à Denneval lors de différentes chasses. Cependant, il ne parvient pas à s'accorder avec ce dernier sur la manière dont les chasses doivent être conduites. La cohabitation semblant impossible, les Denneval quittent le pays le 18 juillet sur ordre du Roi[32]. Pour Antoine, la Bête n'est rien d'autre qu'un loup, c'est d'ailleurs ce qu'il écrit dans l'une de ses nombreuses correspondances : les traces relevées n'offrent « aucune différence avec le pied d'un grand loup »[33]. Le porte-arquebuse ne parvient cependant pas immédiatement à débusquer l'animal. Il est mis à mal par la géographie du pays et demande donc de nouveaux chiens en renfort[33]. Il reçoit également le secours du comte de Tournon, gentilhomme d'Auvergne.

Une femme attaquée par la Bête. Portion de la peinture intitulée : « Représentation de la Bête féroce nommée hiene », Bibliothèque nationale. Recueil Magné de Marolles. Sans date.

Le dimanche 11 août, il organise une grande battue. Pourtant, cette date ne reste pas dans l'Histoire pour ce fait, mais pour l'exploit réalisé par « la Pucelle du Gévaudan ». Marie-Jeanne Valet, âgée d'environ 20 ans[34], était la servante du curé de Paulhac. Alors qu'elle emprunte, en compagnie d'autres paysannes, une passerelle[N 10] pour franchir un petit cours d'eau, elles sont attaquées par la Bête. Les filles font quelques pas de recul, mais la Bête se jette sur Marie-Jeanne. Cette dernière arrive alors à lui planter sa lance[N 11] dans le poitrail. La Bête se laisse alors tomber dans la rivière et disparaît dans le bois[35]. L'histoire parvient rapidement à Antoine, qui se rend alors sur les lieux pour constater que la lance est effectivement couverte de sang, et que les traces retrouvées sont similaires à celle de la Bête. C'est dans une lettre au ministre qu'il surnomme Marie-Jeanne Valet la « pucelle du Gévaudan »[36].

Les Chastel emprisonnés[modifier | modifier le code]

Un chasseur de la Bête.

Quelques jours plus tard, le 16 août, se produit un événement qui aurait pu rester dans l'anonymat s'il n'avait pas été lié à la famille Chastel, dont le père est reconnu comme le tueur de la Bête. Ce jour, une chasse générale est organisée dans le bois de Montchauvet. Jean Chastel et ses deux fils, Pierre et Jean-Antoine, y participent. Deux des gardes-chasses de François Antoine, Pélissier et Lachenay, passent à leur côté et demandent leur avis sur le terrain avant de s'engager, à cheval, dans un couloir herbeux entre deux bois[36]. Ils veulent en effet s'assurer qu'il ne s'agit pas là de marécages. Les Chastel les assurant de la sûreté du sol, Pélissier s'engage alors sans crainte, avant que son cheval ne s'embourbe et qu'il soit désarçonné. C'est non sans mal qu'il parvient, avec l'aide de Lachenay, à sortir du marécage, pendant que les Chastel s'amusent de la situation. Trempé, Pelissier empoigne le plus jeune des fils et le menace de le conduire en prison pour cet outrage. Le père et l'aîné le couchent aussitôt en joue avec leurs armes. Lachenay se jette sur Jean Chastel et détourne son fusil. Les gardes battent en retraite et s'en vont faire leur rapport à leur commandant[36].

Sur la base du procès-verbal qu'ils rédigent, François Antoine fait incarcérer les Chastel en la prison de Saugues. «  J'ai l'honneur d'informer (...) du détail et de la hardiesse de ces mauvaises gens d'avoir osé coucher en joue nos dits gardes à brûle-pourpoint. Il est fort heureux qu’ils ne les aient pas tués et ce qu'ils auraient bien mérité en pareille occasion. »[37]. La consigne suivante est donné aux juges et consuls de la ville : « Ne les laissez sortir que quatre jours après notre départ de cette province ! »[38].

Le loup des Chazes[modifier | modifier le code]

François Antoine lors de la chasse des Chazes. Cuivre chez Maillet à Paris, sans date[39].
Présentation de la bête tuée par François Antoine à la cour du Roi Louis XV. Chez Mandare[40].

Vers le 20 septembre, François Antoine est averti qu'un loup de bonne taille, peut-être la Bête, rôde près du bois des dames de l'abbaye des Chazes, près de Saint-Julien-des-Chazes. Même si, jusqu'alors, la Bête ne s'était jamais rendue de ce côté de l'Allier, Antoine décide de s'y porter et y fait cerner le bois de Pommier par quarante tireurs venus de Langeac. C'est lui, François Antoine, qui débusque l'animal à cinquante pas de lui. Il tire, la bête tombe, se relève, et se jette sur lui. Le garde Rinchard, qui se trouve à proximité, tire à son tour et abat l'animal[41]. Selon le procès-verbal dressé par François Antoine, cet animal n'est autre qu'un gros loup d'un poids de 130 livres. Ils le transportent alors à Saugues où il est disséqué par le sieur Boulanger, chirurgien de la ville. Selon ce même procès-verbal, plusieurs témoins confirment qu'il s'agit bien là de la Bête qui les a attaqués. Parmi les témoins cités se trouvent Marie-Jeanne Valet et sa sœur[42].

Presque immédiatement après la rédaction du procès-verbal, Antoine de Beauterne, le fils, charge l'animal sur son cheval et prend la route vers Paris. À Saint-Flour, il le montre à M. de Montluc, puis arrive à Clermont-Ferrand où il le fait naturaliser[42]. Le 27 septembre, Antoine de Beauterne quitte Clermont avec l'animal et arrive à Versailles le 1er octobre. La bête est alors exposée dans les jardins du Roi[42]. Pendant ce temps, François Antoine et ses gardes-chasse sont restés en Auvergne et continuent de chasser dans les bois proches de l'abbaye royale des Chazes, où une louve et ses petits ont été signalés. Le dernier de ces louveteaux est abattu le 19 octobre[43]. François Antoine et ses assistants quittent le pays le 3 novembre.

Officiellement, la Bête du Gévaudan a été tuée par le porte-arquebuse du Roi, François Antoine ; et peu importe les événements qui ont suivi, le loup des Chazes était bien la Bête. Ce caractère officiel a d'ailleurs été confirmé en 1770 lorsque François Antoine s'est vu accorder, par brevet, le droit de porter un loup mourant, symbolisant la Bête, dans ses armes[44],[N 12].

Les nouvelles attaques[modifier | modifier le code]

Gravure de la Bête attaquant une femme[N 13].

Le mois de novembre se déroule sans qu'aucune attaque soit relevée. Le peuple commence à considérer qu'Antoine a bien tué le monstre qui terrorisait le pays. Dans une lettre du 26 novembre, Lafont indique d'ailleurs à l'intendant du Languedoc : « On n'entend plus parler de rien qui ait rapport à la Bête »[45]. Rapidement pourtant, la rumeur commence à relater des attaques qu'aurait commises la Bête vers Saugues et Lorcières. Ces attaques sont épisodiques jusqu'au début de l'année 1766, et le peuple comme Lafont ne savent s'ils doivent attribuer ces méfaits à la Bête ou à des loups. Cependant, le 1er janvier, M. de Montluc, dans une lettre à l'intendant d'Auvergne, semble persuadé que la Bête a bien reparu[46]. Ce dernier alerte le Roi, mais celui-ci ne veut plus entendre parler de cette Bête puisque son porte-arquebuse en est venu à bout. À partir de cet instant, les journaux n'ont d'ailleurs plus relaté les attaques survenues en Gévaudan ou dans le sud de l'Auvergne.

Le 24 mars, les États particuliers du Gévaudan se tiennent en la ville de Marvejols. Étienne Lafont et le jeune marquis d'Apcher préconisent d'empoisonner des cadavres de chiens et de les porter aux passages habituels de la Bête[46]. Les attaques se sont d'ailleurs multipliées durant ce mois de mars, et les gentilshommes du pays se sont aperçus que leur salut ne viendrait pas de la cour du Roi. La Bête, elle, semble ne plus parcourir autant de terrain qu'auparavant. Elle s'est, en effet, fixée dans la région des trois monts : mont Mouchet, mont Grand et mont Chauvet. Ces trois sommets sont distants d'environ 15 kilomètres l'un de l'autre.

Les mesures prises s'avèrent inefficaces. De petites battues sont bien organisées, mais en vain. La Bête continue ses attaques durant toute cette année 1766. Il semble cependant que son mode opératoire ait légèrement changé, elle serait moins entreprenante, beaucoup plus prudente. C'est en tout cas ce qui est écrit dans les diverses correspondances, comme celles du curé de Lorcières, le chanoine Ollier, à destination du syndic Étienne Lafont[47].

La Bête de Chastel[modifier | modifier le code]

Stèle en l'honneur de Jean Chastel en son village de La Besseyre-Saint-Mary.

Au début de l'année 1767, une légère accalmie des attaques se fait sentir[48]. Mais au printemps, on assiste à une recrudescence des attaques. Le peuple ne sait plus que faire pour en venir à bout, si ce n'est prier. Alors les pèlerinages se multiplient, principalement à Notre-Dame-de-Beaulieu[N 14] et à Notre-Dame-d'Estours[N 15]. L'un d'eux est resté célèbre, au début du mois de juin, puisque la légende veut que Jean Chastel y aurait fait bénir trois balles, fondues à partir des médailles de la Vierge Marie qu'il portait à son chapeau[49].

Le 18 juin, il est rapporté au marquis d'Apcher que, la veille, la Bête avait été vue dans les paroisses de Nozeyrolles et de Desges. Elle aurait tué, dans cette dernière paroisse, Jeanne Bastide, âgée de 19 ans, au village de Lesbinières[7]. Le marquis décide de mener une battue dans cette région, sur le mont Mouchet dans le bois de la Ténazeire, le 19 juin. Il est accompagné de quelques volontaires voisins, dont Jean Chastel, réputé excellent chasseur[48].

Le vieux Chastel a chargé son fusil d'une balle et de 5 chevrotines. Il abat un animal de grande taille, ressemblant à un loup , au lieu-dit la « Sogne d’Auvers » (Auvers)[N 16]. « (Jean Chastel) tomba (la Bête) d’un coup de fusil qui le blessa à l’épaule. Elle ne bougea guère et d’ailleurs fut assaillie de suite d’une troupe de bons chiens de chasse de M. d’Apcher. Dès qu’on la vit hors d’état de pouvoir faire des victimes, elle fut chargée sur un cheval et portée au château de Besque, paroisse de Charraix dans le Gévaudan, près des frontières d’Auvergne ».

Depuis, les attaques cessèrent entièrement. De ce coup de fusil, la légende[40] a conservé le discours romancé de l'abbé Pierre Pourcher qu'il disait tenir de la tradition orale de sa famille : « Quand la Bête lui arriva, Chastel disait des litanies de la Sainte Vierge, il la reconnut fort bien, mais par un sentiment de piété et de confiance envers la Mère de Dieu, il voulut finir ses prières ; après, il ferme son livre, il plie ses lunettes dans sa poche et prend son fusil et à l'instant tue la Bête, qui l'avait attendu. »[50].

Huit jours après la destruction de la Bête par Jean Chastel, le 25 juin, une louve qui, selon plusieurs témoignages, accompagnait la Bête, est tuée par le sieur Jean Terrisse, chasseur de monseigneur de la Tour d'Auvergne[48]. Il reçoit alors 78 livres de gratification[51].

Le destin de la Bête[modifier | modifier le code]

La Bête est alors portée au château de Besque[52], vers Charraix, résidence du marquis d'Apcher. On mande le notaire Marin, qui établit un rapport très précis sur les dimensions de l'animal. Il est accompagné du chirurgien de Saugues, le sieur Boulanger, et de son fils, ainsi que d'Agulhon de la Mothe, médecin[53]. La Bête est ensuite empaillée par Boulanger, et exposée au château de Besque. Le marquis d'Apcher ne rechigne pas à la dépense pour recevoir fastueusement la foule qui s'empresse de venir voir la Bête. De nombreux témoignages de victimes d'attaques viennent alors s'inscrire au rapport Marin. La Bête reste donc un long moment à Besque (une douzaine de jours[48]). Le marquis d'Apcher mande alors un domestique, le dénommé Gilbert, de l'emporter à Versailles pour la montrer au Roi.

La légende veut que Chastel était également du voyage pour présenter la Bête à la Cour, et que Louis XV l'aurait dédaigneusement chassé devant la puanteur dégagée par la charogne empaillée (l’apothicaire s'étant en effet juste contenté de vider les entrailles et de les remplacer par de la paille). Cette histoire est remise en cause par une récente étude sur le témoignage du domestique du marquis d'Apcher, datant de 1809 :

« Gibert arrive enfin à Paris, va séjourner à l’hôtel de M. de la Rochefoucault à qui il remit en même temps une lettre dans laquelle M. d’Apchier priait le seigneur d’informer le roi de la délivrance heureuse du monstre (…) Le roi se trouvait pour lors à Compiègne et, d’après la nouvelle qu’on lui apprenait, il donna ordre à M. de Buffon de visiter et d’examiner cet animal. Ce naturaliste, malgré le délabrement où l’avaient réduit les vers et la chute de tous les poils, suite des chaleurs de la fin de juillet et du commencement d’août, malgré encore la mauvaise odeur qu’il répandait, après un examen sérieux, jugea que ce n’était qu’un gros loup (…) Il trouvait dans des chairs toutes nues une nourriture moins embarrassante et il devint, ainsi, en peu de temps, le fléau des malheureux habitants du Gévaudan. Dès que M. de Buffon eut fait l’examen de cette bête, Gibert se hâta de la faire enterrer à cause de sa grande puanteur et il dit en avoir été tellement incommodé qu’il en fut malade à garder le lit pendant plus de 15 jours à Paris. Il se ressentit de cette maladie plus de 6 ans et il attribua même à cette mauvaise odeur qu’il respira pendant si longtemps la mauvaise santé dont il a toujours joui depuis cette époque ».

Jean Chastel ne s'est jamais rendu à Paris, Louis XV n’a jamais vu la Bête; et Buffon n'a pas laissé de documents à son propos. La Bête n’a pas fini dans les collections du Jardin du Roi, et n’a pas non plus été enterrée à Versailles. L'ancien hôtel de la Rochefoucault (situé rue de Seine) a été démoli en 1825[54],[55],[56].

Réunis le 9 septembre, les États particuliers du Gévaudan octroient à Jean Chastel une modique récompense s'élevant à 72 livres[48],[50].

Compléments historiques[modifier | modifier le code]

Localisation[modifier | modifier le code]

Carte du Gévaudan et alentours.

La Bête a sévi principalement dans le pays du Gévaudan, dont les limites sont sensiblement les mêmes que celles du département de la Lozère. Mais elle s'est rendue également dans le Velay (Haute-Loire), la Haute-Auvergne (Cantal), et le Rouergue (Aveyron). Si l'on considère le découpage administratif des années 2000, la Bête aurait fait plus de 80 victimes[N 17] dans la région Auvergne et plus de 70 dans le Languedoc-Roussillon. Au niveau des départements, c'est la Lozère qui est la plus touchée avec plus de 70 victimes, devant la Haute-Loire qui en déplore plus de 60. Les cantons de Saugues, de Pinols et du Malzieu sont ceux où l'on recense le plus de victimes, avec respectivement 34, 23 et 22 personnes[57].

La Bête a été présente majoritairement dans les montagnes de la Margeride, et en certaines occasions sur les monts de l'Aubrac. Elle sévit d'abord dans l'est du Gévaudan, vers Langogne et la forêt de Mercoire, avant de migrer vers la Margeride et la zone des Trois Monts : mont Chauvet, Montgrand et mont Mouchet.

Au XVIIIe siècle, l'environnement du Gévaudan était constitué de vallées et montagnes très boisées. Il existe alors, en Margeride, de nombreuses tourbières (aussi appelées « sagnes » ou « molières »), rendant difficile tout déplacement. Les villages étaient alors à la fois très dispersés et isolés. En ce qui concerne le climat, il n'était pas rare que l'hiver soit très long, entre les premières neiges pouvant survenir dès septembre et le mois de mai.

Repères chronologiques[modifier | modifier le code]

Date En Gévaudan ou en Auvergne En France
1715 Fin de la guerre des Camisards Mort de Louis XIV
25 octobre 1722 - Fin de la Régence, Louis XV atteint sa majorité
1723 Gabriel-Florent de Choiseul-Beaupré devient évêque de Mende -
1756 - 1763 - Guerre de Sept Ans
avril - mai 1764 Premières attaques d'un animal sauvage -
30 juin 1764 Jeanne Boulet est la première victime officielle de la Bête -
15 septembre 1764 Début des chasses de Duhamel -
2 novembre 1764 Duhamel s'installe à Saint-Chély -
31 décembre 1764 Mandement de l'évêque -
12 janvier 1765 Combat de Portefaix -
mars 1765 Arrivée de Denneval -
8 juin 1765 - François Antoine quitte Paris pour le Gévaudan
22 juin 1765 François Antoine s'installe au Malzieu -
18 juillet 1765 Les Denneval quittent le Gévaudan -
11 août 1765 Combat de Marie-Jeanne Valet -
16 août 1765 Jean, Pierre et Antoine Chastel sont emprisonnés -
21 septembre 1765 Le loup des Chazes est abattu par François Antoine -
1er octobre 1765 - Antoine de Beauterne présente la Bête au Roi
3 novembre 1765 François Antoine quitte le Gévaudan -
20 décembre 1765 - Mort du dauphin Louis-Ferdinand
19 juin 1767 Jean Chastel abat la Bête du Gévaudan à la Sogne d'Auvers -

Le rapport Marin[modifier | modifier le code]

Le 20 juin 1767, lendemain de la mort de l'animal tué par Jean Chastel, le notaire royal Roch Étienne Marin rédige un rapport de son autopsie depuis le château de Besque, propriété du marquis d'Apcher, dans la commune de Charraix (Haute-Loire). Ce rapport a été retrouvé en 1958, et apporte quelques informations sur la nature de cet animal[58]. Voici une partie des dimensions (avec comme repère, un pied faisant 32,4 cm, un pouce faisant 27 mm et une ligne faisant 2,25 mm) :

Élément Taille en pouces/pieds Équivalent actuel
Longueur depuis la racine de la queue jusqu’au sommet de la tête trois pieds 99 cm
Depuis le sommet de la tête jusque entre les deux grands angles des yeux six pouces 16,2 cm
Largeur d’une oreille à l’autre sept pouces 18,9 cm
Ouverture de la gueule sept pouces 18,9 cm
Largeur horizontale du col huit pouces six lignes 23 cm
Largeur des épaules onze pouces 29,7 cm
Largeur à la racine de la queue huit pouces six lignes 23 cm
Longueur de la queue huit pouces 21,6 cm[N 18]
Diamètre de la queue trois pouces six lignes 9,5 cm
Longueur d’oreille quatre pouces six lignes 12,2 cm
Largeur du front au-dessous des oreilles six pouces 16,2 cm
Longueur de l’humérus huit pouces quatre lignes 22,5 cm
Longueur de l’avant bras huit pouces 21,6 cm
Longueur de la mâchoire six pouces 16,2 cm
Largeur du nez un pouce six lignes 4 cm
Longueur de la langue quatorze pouces depuis sa racine 37,9 cm
Largeur des yeux un pouce trois lignes 3,4 cm
Épaisseur de la tête sept pouces 18,9 cm
Jambes de derrière de la première à la seconde articulation sept pouces deux lignes 19,4 cm
De la seconde à la troisième articulation jusqu’aux ongles dix pouces 27 cm
Largeur des pattes quatre pouces six lignes 12,2 cm
De la châtaigne au bout de la patte six pouces 16,2 cm

(la tradition décrit l'animal comme pesant plus de 50 kg[59].)

Par ailleurs, ce rapport nous apprend des détails sur les mâchoires de l'animal. Ainsi, on apprend que la mâchoire supérieure est composée de 20 dents, soit 6 incisives, 2 crochets et 12 molaires. La mâchoire inférieure, elle, comporte 22 dents : 6 incisives, 2 crochets et 14 molaires. Cette formule dentaire est sans équivoque : il s'agit bien d'un canidé. Sont inclus également dans le document plusieurs témoignages de personnes reconnaissant l'animal, ainsi que les blessures et cicatrices qu'il portait.

Statistiques[modifier | modifier le code]

Les statistiques sont assez variables suivant les auteurs et la période de leurs écrits. Elles doivent, de plus, être pondérées pour plusieurs raisons. Tout d'abord rien ne prouve que toutes les victimes qualifiées d'officielles par les actes de décès sont vraiment à attribuer à la Bête. Certaines personnes ont en effet pu faire passer un mort comme étant une victime de la Bête. A contrario, suite au mandement de l'évêque mettant en avant les péchés du peuple, certains actes de sépulture ont pu ne pas signaler qu'il s'agissait là d'un meurtre perpétré par la Bête. De la même façon, après le départ de François Antoine, les sources sont moins fréquentes.

Les sources qualifiées d'officielles font état d'un peu plus de 80 personnes tuées[60],[61]. Il y aurait également eu une trentaine de personnes blessées, et une cinquantaine d'autres attaquées[62].

S'il semble exact que la Bête n'a fait aucun mort chez les hommes adultes, elle ne faisait pas de préférence entre les femmes et les hommes. Elle s'attaquait cependant plus fréquemment aux enfants qu'aux adultes[61]. En effet, c'étaient ces derniers qui étaient chargés de mener les troupeaux en pâture et donc les plus exposés aux attaques.

Caractéristiques de la Bête[modifier | modifier le code]

Gravure du XVIIIe siècle, représentant la Bête dévorant une femme.

Les diverses interrogations à propos de la Bête du Gévaudan elle-même ont contribué à l'intérêt de son histoire.

Au plan de sa morphologie, aucun des animaux tués n'ayant été conservé, il s'agirait d'un canidé, mais d'aspect inhabituel, selon le rapport Marin[63]. Toutefois, de nombreux témoins, accoutumés à la présence de loups dans leur campagne, n’ont pas reconnu dans cet animal un loup et l’ont spontanément appelé bestia, « la bête » en langue d'oc.

Ensuite, de nombreux témoignages font penser à une relative invulnérabilité de cette Bête. Le manque d'efficacité des armes a alimenté la théorie selon laquelle elle aurait pu porter une cuirasse en peau de sanglier, comme en portaient les chiens utilisés à la guerre jusqu'au début du XIXe siècle. De nombreux témoignages relatent le fait que la Bête aurait été touchée par une ou plusieurs balles de fusil, tirées par des chasseurs de bonne réputation, et pourtant elle se serait relevée à chaque fois.

Des témoignages attribuent de l'ubiquité à la Bête qui aurait été aperçue dans un très faible intervalle de temps en des lieux distants de plusieurs kilomètres. Cependant, ces distances restent, dans bien des cas, envisageables pour un seul animal.

Deux des traits les plus singuliers de la Bête sont sa familiarité et son audace. Au moins jusqu'au départ de François Antoine, elle semble ne pas craindre l'homme. Lorsque la bête rencontre une résistance de la part de la victime ou de ses compagnons, elle s'éloigne de « 40 pas », s'assoit parfois sur le train arrière pendant quelques instants et, si elle n'est pas poursuivie, revient à la charge. Puis elle s'éloigne au petit trot ou au pas. Plusieurs fois, les victimes auraient été attaquées en plein village[N 19] et une majeure partie des témoignages concernent des attaques dans la journée[64].

Enfin la Bête est très agressive[65] : cette agressivité se traduit par un acharnement qui ne semble pas toujours dicté par la faim. Elle est de plus très agile, car selon les témoignages, elle avait la capacité de sauter par-dessus des murs qu'un chien n'aurait pu franchir.

Les personnes liées[modifier | modifier le code]

La famille Chastel[modifier | modifier le code]

Article connexe : Jean Chastel.

Les Chastel, originaires du village de La Besseyre-Saint-Mary, sont restés dans l'histoire de la Bête pour plusieurs raisons. Tout d'abord parce que Jean Chastel est considéré comme le tueur du loup de juin 1767 près de la forêt de la Ténazeyre, mais également pour les accusations portées contre cette famille par plusieurs auteurs, dès les années 1930, qui voient en ces paysans des meneurs de loups suspectés d'avoir commis les meurtres par pur sadisme ou justice privée.

Jean Chastel (56 ans au moment des faits) est connu sous le sobriquet de « de la masca », autrement dit « (fils) de la sorcière » en patois. Père de neuf enfants (5 filles et 4 garçons), il est lettré et signe fréquemment les registres paroissiaux ; signatures par lesquelles on identifie son métier, laboureur, brassier, mais également cabaretier[66]. Son frère, Jean-Pierre Chastel, est un condamné à mort en cavale pour le meurtre de son neveu Joseph Pascal[67].

Le nom de deux des fils de Jean Chastel reviennent souvent dans les œuvres sur la Bête : Jean-Antoine (plus communément appelé « Antoine ») et Pierre, gardes-chasses âgés respectivement d'une vingtaine d'années à l'époque. Selon la tradition orale déformée par le travail de certains romanciers comme Abel Chevalley et Henri Pourrat, Antoine, ayant fui très jeune la région, aurait été fait prisonnier des pirates musulmans en Méditerranée. Revenu au pays, ce jeune marginal aurait dressé la Bête à tuer sous les ordres du comte de Morangiès[68]. Mais aucun argument valable n'accrédite ces accusations[66],[69]. Antoine Chastel est comme son père dans la lorgnette de certains auteurs[2] car il était garde chasse de la forêt de la Ténazeyre. Sur le Mont Mouchet, cette forêt était le repère principal de la bête, c'est aussi là que son père, Jean Chastel, l'a abattue.

La famille de Morangiès[modifier | modifier le code]

Blason des Molette de Morangiès.
  • En 1410, Jean de Molette hérite du château et de la seigneurie de Morangiès, voisine de celle de Molette[70]. En 1608, François de Molette de Morangiès épouse Marie de Louet de Calvisson[71], héritière de la seigneurie gentilhommière de Saint-Alban[N 20]. Le 31 décembre 1726, Pierre-Charles de la Molette de Morangiès épouse Louise-Claudine de Guérin de Châteauneuf-Randon de Tournel. Cette union permet aux Morangiès d'acquérir la baronnie du Tournel, et le droit d'entrée aux États du Languedoc. Il s'installe alors au château du Boy dans le Valdonnez, qu'il embellit grandement[72]. En 1741 il rachète pour 20 000 livres[73] une partie de la baronnie de Canilhac, mais également les droits d'entrées aux États du Gévaudan et du Languedoc qui y étaient associés[74]. Il fait alors transférer ce titre à sa terre de Saint-Alban par décision royale[70].
  • Pierre-Charles de Molette se titre ainsi marquis de Morangiès, comte de Saint-Alban, baron et seigneur de maints lieux. En 1745, il se distingue à la bataille de Fontenoy, alors qu'il est maréchal de camp. Ceci lui permet de recevoir la croix de chevalier de Saint-Louis et de devenir lieutenant-général. Il est ensuite fait prisonnier durant la guerre de Sept Ans. Il est aussi atteint par la disgrâce du maréchal de Soubise après la défaite de Rossbach. Il se retire alors dans son hôtel de Paris, avant de revenir à Saint-Alban. En 1765 l'évêque de Mende l'informe que le Roi lui a rendu sa confiance[70]. Il aurait eu deux filles et quatre fils, celui qui est resté dans l'histoire de la Bête du Gévaudan étant Jean-François-Charles.
  • Jean-François-Charles, comte de Morangiès, né le 22 février 1728 au château du Boy. À 14 ans, il devient mousquetaire du Roi. Pendant la guerre de Sept Ans, il devient colonel du premier bataillon du régiment d'infanterie du Languedoc et combat en Allemagne, participant à la bataille de Hastenbeck avec ses frères avant d'être fait prisonnier à Minden jusqu'au début de l'année 1761[75]. Beaucoup d'historiens lui prêtent un titre de gouverneur de l'île de Minorque, mais aucun document historique (comme les archives des états militaires de France) ne corrobore cette information[76]. Après de multiples emprisonnements pour dettes, il meurt assassiné par sa seconde épouse en 1801[77].

La famille d'Apchier[modifier | modifier le code]

Le marquis d'Apchier[N 21].
Article connexe : Jean-Joseph d'Apchier.

La baronnie d'Apchier est l'une des huit baronnies du Gévaudan, donnant droit d'entrée aux États particuliers du Gévaudan, mais également, suivant la roue de tour[N 22] aux États du Languedoc. Cette baronnie se situe, dès le XXe siècle, entre le Bès et la Truyère. Elle gagne en puissance lorsque Garin de Châteauneuf, co-seigneur avec son frère Odilon de la baronnie de Châteaunef-Randon, épouse Alix d'Apchier, héritière de la baronnie[78]. Le château principal de la baronnie se trouve alors au village d'Apcher, désormais commune de Prunières en Lozère. En 1638, l'héritière de la baronnie, Marguerite, épouse François de Crussol, duc d'Uzès. Son petit-fils, Charles de Crussol, vend alors la baronnie pour payer ses dettes[78]. C'est Pierre Bouniol, juge général au « comté d'Apchier », qui rachète la majeure partie de la baronnie. Il la revendra, avec le droit d'entrée aux États du Gévaudan, entre 1717 et 1719 au marquis de Roquelaure, Emmanuel de Besuéjouls[78].

  • En 1764, le marquis d'Apchier est Jean-Joseph. Il est né le 3 juin 1745 au château de Besque. Il est le fils de Joseph de Randon et Henriette de La Rochefoucauld. En 1765 il a 20 ans quand il prend peu à peu la tête des chasses contre la Bête du Gévaudan. C'est d'ailleurs lui qui organise la battue du 19 juin 1767, où Jean Chastel a vaincu la Bête.

Le corps ecclésiastique[modifier | modifier le code]

L'église d'Aumont-Aubrac.
  • Gabriel-Florent de Choiseul-Beaupré était évêque de Mende, et de ce fait comte de Gévaudan depuis 1723, tandis que, pendant son épiscopat, ses cousins, César Gabriel de Choiseul-Praslin et Étienne François de Choiseul, occupaient des postes de haut rang[N 23]. Bien que soucieux du sort des habitants du Gévaudan, il n'hésite pas à critiquer leurs mœurs lors d'un mandement connu pour cette raison. C'est également lui qui décide de retirer saint Sévérien de la liste des évêques de Mende, fait repris par l'abbé Pourcher pour qualifier la Bête de « fléau de Dieu ».
  • L'abbé Trocellier, curé d'Aumont-Aubrac, a organisé de nombreuses battues dans sa paroisse et au-delà. Témoin oculaire de la Bête, il l'a décrite à plusieurs reprises dans sa correspondance. Il écrit ainsi que « … la Bête se redresse sur ses deux jambes de derrière, et, dans cette position elle badine de ses deux pattes de devant, pour lors elle paraît de la hauteur d’un homme de taille médiocre »[79]. Cette bipédie lui suggère l'idée d'un babouin pour présenter la Bête dans une lettre adressée au syndic Lafont. Il consigna ses impressions dans le registre paroissial, y joignant un dessin de la Bête[80].

Le corps administratif[modifier | modifier le code]

Monsieur le comte de Saint-Florentin.
  • Étienne Lafont était avocat au parlement de Toulouse, syndic du diocèse de Mende et, depuis 1749, subdélégué de l'intendant du Languedoc en Gévaudan. Le Gévaudan était en effet l'un des pays d'états qui composaient la province du Languedoc. Il était né à Marvejols le 16 mars 1719[N 24] et est mort en juillet 1767, 18 jours après la Bête tuée par Chastel. Ses frères, Jacques et surtout Trophime, l'ont aidé dans sa traque de la Bête.
  • Pierre de Tassy de Monluc, né à Saint-Flour en 1721 et mort en 1796, était le subdélégué de l'intendant d'Auvergne dans le diocèse de Saint-Flour.
  • Jean-Baptiste Marin, comte de Moncan, était maréchal des armées du Roi et gouverneur militaire du Languedoc. Il fut ensuite lieutenant-général et grand-croix de l'ordre de Saint-Louis, et nommé sénéchal et gouverneur du Rouergue le 1er mars 1767. Il resta en fonction jusqu'à sa mort, en 1779.
  • Marie-Joseph de Guignard de Saint Priest était l'intendant du Languedoc à partir de 1764. Il fut préalablement conseiller à la cour des aides de Montpellier, puis, en 1757, maître des requêtes, avant de devenir intendant[81].
  • Simon Charles Sébastien Bernard de Ballainvilliers était intendant de la province d'Auvergne de 1757 à 1767[82]. Le 19 juin, il relate la fin de la Bête : « Jean Chastel, un enfant du pays, a tué une bête qui parut être un loup, mais un loup extraordinaire et bien différent par sa figure et ses proportions des loups que l'on voit dans ce pays. »
  • Le comte Louis Phélypeaux de Saint-Florentin était un ministre du Roi. Il fut l'un des interlocuteurs privilégiés des correspondances entre les gentilshommes du Gévaudan et la cour du Roi.
  • Comme le comte de Saint-Florentin, Clément de l'Averdy était un ministre du Roi, contrôleur général des finances, et a entretenu une correspondance avec le Gévaudan.

Les chasseurs[modifier | modifier le code]

Interprétation spirituelle d'un malheur naturel[modifier | modifier le code]

L'appel de l'évêque de Mende à la conversion à l'union[modifier | modifier le code]

Le sens symbolique des expressions "vengeance" et "Dieu qui nous frappe", que l'évêque de Mende, Mgr de Choiseul-Beaupré emploie dans son mandement du 31 décembre 1764, ne peut être perçu que dans la continuité de la foi chrétienne, sous peine de tomber dans le contresens anachronique.

Depuis l’Antiquité, l’Église condamne l’idée que Dieu envoie directement des fléaux (évangile Luc 13-1 à 5[84] Jean 9-1 à 7[85] ; le canon 8 du premier concile de Braga condamne même l'idée que les catastrophes naturelles puissent être d'origine diabolique). Pour l'Église, depuis la Genèse, Dieu a laissé la nature à elle-même, il peut donc y avoir des catastrophes mais elles sont naturelles et au plan spirituel, elles sont pour l'Homme autant d'occasions de prise de conscience de la fragilité de la vie et de la nécessité de la conversion (passage de la tour de Siloé dans l'évangile de Luc).

Ainsi dans son mandement, l’évêque demande aux familles touchées par les deuils, de s'interroger sur le souci qu'elles avaient des victimes, dès lors qu’il s’agissait de leur vie morale. Il s'agit là d'un enseignement traditionnel de l'Église : la confrontation à la mort est l'occasion de réfléchir à ce qu'on fait de sa vie. Puis il se déclare certain que Dieu aidera les hommes dans leur chasse à l'animal pourvu qu'ils le lui demandent et changent de vie : "entrons dans le dessein de Dieu qui ne nous frappe que pour nous guérir, si nous cessons de l'offenser.

D’autre part, l’évêque de Mende déclare dans son mandement « que les pasteurs et tous ceux qui sont chargés du sort des âmes s’appliquent à dissiper par de solides instructions ces contes fabuleux dont le peuple grossier aime à se repaître, et à bannir de son esprit tout ce qui ressent l’ignorance et la superstition. Cet animal tout terrible qu’il est, n’est pas plus que les autres animaux à l’épreuve du fer et du feu. Il est sujet aux mêmes accidents et à périr comme eux, il tombera infailliblement sous les coups qu’on lui portera dès que les moments de la miséricorde de Dieu nous seront arrivés… »

L’évêque se réjouit de ce que « Déjà cette miséricorde nous a ouvert une ressource : les États de la province, sensibles aux calamités de ce pays ont accordé une gratification à celui qui l’en délivrera et nous avons lieu d’espérer que plusieurs bras s’armeront pour nous secourir ».

Puis il conclut en appelant à supplier Dieu de « bénir et faire réussir » les moyens mis en œuvre pour abattre l’animal. « Aide-toi et le Ciel t’aidera.» On imagine mal un évêque demandant de prier Dieu pour que soit abattu un fléau que Dieu aurait lui-même envoyé[86].

L'évêque de Mende s'était d'ailleurs déjà illustré dans la lutte contre le merveilleux dans un autre mandement paru l'année précédente, où il appelait à lutter contre l’immixtion « des pieuses légendes » à l'enseignement de l'Église[87]. Dans ce mandement, l’évêque déclarait notamment que l’existence de Saint Sévérien, qui aurait été disciple de Martial de Limoges et était considéré comme l'évangélisateur du Gévaudan, était une pieuse légende et le radiait de la liste des évêques de Mende[88].

En effet, une mauvaise interprétation des textes aurait fait confondre Sévérien de Gabala[N 26], en Syrie, avec un Sévérien du pays des Gabales (peuple gaulois du Gévaudan)[réf. souhaitée].

Pour l'abbé Pierre Pourcher : la vengeance de Dieu pour l'assimilation, par l'évêque de Mende, de saint Sévérien à une pieuse légende[modifier | modifier le code]

Cette radiation arrivant en 1763 juste avant les premières attaques, le curé de Saint-Martin-de-Boubaux l'abbé Pierre Pourcher[89] considéré comme le premier historien de la Bête, déclare en 1889, soit 125 ans après les faits[90], dans un livre publié par lui-même (comme tous ses ouvrages[91]), sans imprimatur ni nihil obstat pour les considérations religieuses, que le fléau a été envoyé par Dieu principalement à cause de cette radiation.

Théories sur la nature de la bête[modifier | modifier le code]

Un hybride du chien et du loup[modifier | modifier le code]

La Bête du Gévaudan était-elle un chien ?
Mâtin espagnol, puissant gardien et chien de guerre connu depuis l'Antiquité.
Charnaigre, race aujourd'hui disparue mais présente à l'époque en Languedoc.

La description de la Bête du Gévaudan correspond, en beaucoup de points, à celle d'un chien de type berger : gueule plate et museau fin, courtes oreilles, poil roux (« fauve » ou « sable ») traversé de bandes noires, marque blanche sur le poitrail (« de l’avis de tous les chasseurs, on n’a jamais vu aux loups de pareilles couleurs »[92] ; « Cet animal ressemblait plus au chien qu'au loup, tant à cause de son pelage que la forme de sa tête »[93]) :

  • la Bête ne peut pas être un loup gris commun. Les français vivaient, à cette époque, avec le loup au quotidien : il y avait encore des loups sur 90 % du territoire au XIXe siècle[94]. Les paysans savaient identifier le loup, les témoins n'ont donc pas pu se tromper sur la nature de cette Bête rousse à la gueule noire. Dans les actes de sépulture, les curés notaient par exemple « Tué par la Bête féroce » et non pas par « le loup »[95] ;
  • l'autopsie de l'animal tué par Jean Chastel (le rapport Marin) correspond à la description donnée par les témoins, mis à part la raie noire sur le dos, qui provenait probablement d'une protection et qui n'est pas, de toute façon, caractéristique d'un loup. La dentition (42 dents) est la même que celle du chien[96] ;
  • le loup est un animal craintif, qui a peur de l'homme[97]. Mis à part les loups enragés ou en meute, les attaques sur l'Homme sont rares dans l'Histoire (contrairement aux grands fauves comme le tigre). Aucune victime de la Bête du Gévaudan n'a présentée les symptômes de la rage (à la différence de celles de la Bête de Sarlat). Les mises en scène macabres (décapitations, victimes déshabillées), montrent l'intervention d'un criminel. Or un loup est très difficile à dresser, y compris pour le cinéma[98],[99].

Michel Louis, directeur du parc zoologique d'Amnéville et auteur d'un livre référence sur le sujet, est le tenant principal de l'hypothèse de l'hybride du chien et du loup[35],[100]. Pour hériter des caractéristiques du loup et du chien, la bête devait donc être le fruit d'un croisement. Les chiens de troupeaux le plus répandu dans ces populations d'éleveurs étaient le mâtin (aujourd'hui appelé mastiff), molosse utilisé aussi comme chien de guerre. Avant les races « officielles » de chiens de type bergers (le premier standard de la race du berger allemand date de 1899)[101], il existait déjà des chiens similaires, à l'apparence « lupoïde ». S'il est aujourd'hui disparu, le charnaigre[102] était présent en Provence, en Languedoc et en Roussillon.

Au XVIIIe et au XIXe siècle, des hybrides de chien et de loup étaient aussi connus en France ; réputés instables et appelés « mulets » ou « métis ». Ce fut, probablement, le cas de la Bête du Gévaudan comme en témoigne certains chasseurs de l'époque (« Il devient nécessaire de combattre ce métis [que l’on aura] plutôt par surprise avec l’arme blanche qu’avec des fusils »[103] ; « Ce devait être un mulet provenant d'un loup avec une chienne ou d'un chien avec une louve »[104]).

Michel Louis pense que la Bête a les traits physiques du molosse, mais le comportement du loup[46] : parfois méfiante, elle emporte ses victimes très discrètement, après une longue période d'observation. D'autres fois, elle se comporte comme un chien « entrainé au mordant » et attaque à découvert. Le Roi et son porte-arquebuse François Antoine ayant décidé que la Bête serait un loup (ou plusieurs loups), il était difficile d'aller à l'encontre de l'explication officielle à l'époque. C'est pourquoi cette hypothèse est restée très ancrée dans les esprits.

Un ou plusieurs loups[modifier | modifier le code]

Un loup.

Pour monsieur de Buffon à propos de l'animal tué par François Antoine, comme de celui de Jean Chastel, tous les animaux tués lors des chasses étaient des loups. L'éventualité d'un individu anthropophage a été évoquée à l'époque, et s'est maintenue par la suite. L'abbé François Fabre évoque une famille de loups, alors qu'à partir des années 1960 on en compte trois. Ces trois loups, selon l'abbé Xavier Pic, auraient été celui tiré par les frères Marlet de la Chaumette[N 27], celui tué par François Antoine et le garde Rinchard, et le troisième tué par Jean Chastel[105]. Jacques Delperrié de Bayac arrive à la même conclusion, même s'il évoque la possibilité d'un quatrième loup[106]. Guy Crouzet[107],[108] et le chanoine Félix Buffière[109] sont beaucoup moins précis sur leur nombre, mais concluent également à la culpabilité des loups. Pour de nombreux spécialistes des fauves qui se sont penchés sur la question, le comportement et le physique de la Bête ne correspondent pas au loup qui était très bien connu - et peu redouté - des paysans de l'époque. L'hypothèse du loup enragé ne peut être retenue car les survivants aux attaques ne contractèrent pas cette maladie qui les aurait tués en quelques mois[110].

Un animal exotique[modifier | modifier le code]

Une hyène.

Une des premières théories, avancée au moment même des événements, voit dans la Bête un animal exotique. Le mandement de l'évêque évoque en effet « une bête féroce, inconnue dans nos climats »[86]. Le capitaine Duhamel, capitaine aide-major des dragons de Clermont-Prince, évoque dans plusieurs lettres un fauve africain comme un léopard ou un lion[111].

L'animal le plus souvent cité est alors la hyène qui aurait pu s'évader de la foire de Beaucaire[112]. Guy Crouzet l'évoque avec prudence, alors que Gérard Ménatory émet l'hypothèse que cette hyène aurait été ramenée d'Afrique par Antoine Chastel[113]. Il associe donc l'animal exotique à l'intervention humaine. Pour corroborer cette hypothèse, est parfois utilisé un petit fascicule paru en 1819, et vendu au Jardin des plantes. Ce fascicule évoque un animal autrefois exposé, une hyène barrée d'Orient : « Ce féroce et indomptable animal est rangé dans la classe du loup cervier ; il habite l’Égypte, il parcourt les tombeaux pour en arracher les cadavres ; le jour, il attaque les hommes, les femmes et les enfants, et les dévore. Il porte une crinière sur son dos, barrée comme le tigre royal ; celle-ci est de la même espèce que celle que l’on voit au cabinet d’Histoire Naturelle, et qui a dévoré, dans le Gévaudan, une grande quantité de personnes »[N 28],[N 29]. Selon Gérard Ménatory, dans son livre La Bête du Gévaudan, celle-ci est la théorie la plus plausible.

Mais bien d'autres animaux ont été cités comme étant la Bête, comme le glouton[114] (ou carcajou) ou bien le tigron[115]. Sont suggérés également : un grand singe[N 30] (comme le babouin) ou même un ours brun[116]. L'auteur Marc Saint Val évoque, dans son essai La Malebête du Gévaudan, un ou plusieurs Thylacine, carnivore marsupial importé en France depuis l'Océanie[113],[117].

En se fondant sur certaines descriptions, des adeptes de la cryptozoologie se sont demandé s'il ne s'agissait pas d'un des derniers survivants des mesonychia, sortes de « loups à sabots » disparus vers la fin de l'éocène[118],[119].

L'intervention humaine[modifier | modifier le code]

Un fou sadique[modifier | modifier le code]

En 1572, l'affaire Gilles Garnier entre dans les annales de la justice française. Ce cannibale a avoué avoir assassiné et dévoré des enfants. Il est condamné au bucher le 18 janvier 1573, reconnu coupable de lycanthropie et de sorcellerie. En 1589, l'allemand Peter Stumpp est condamné à mort pour avoir pratiqué le cannibalisme sur treize enfants et deux femmes enceintes. Il était surnommé « le loup-garou de Bedburg (ou de Cologne) ». La légende raconte qu’il était encore sous sa fourrure de bête (ou ceinture en peau de loup) avant d’être capturé[120].

Cette forme de sadisme est présente dans l'affaire de la Bête du Gévaudan, et sujets à de nombreux débats. Elle peut se reconnaître dans des détails comme des décapitations, ainsi que des mises en scène macabres (des corps retrouvés nus, leurs habits « semés » le long de chemins, ou même « rhabillés »).

Le 7 avril 1765, une fillette disparaît aux environs de Saugues : « (...) lorsque la Bête l'eut mangée en partie, elle arrangea au milieu d'un bourbier si bien ses os, sa tête coupée, qu'elle couvrit de ses habits et son chapeau, que quand on vint la chercher avant qu'il fût nuit, on la crut endormie(...) »[121].

C'est aussi le cas, par exemple, à la lettre de Lafont à M. de Saint-Priest : « La mère, ne la voyant pas revenir, fut à ce pré où elle trouva les sabots de l'enfant sur le chemin. Elle s'en fut avertir son mari qui, avec les gens du village, courut toute la nuit pour faire des recherches et on trouva à la pointe du jour ses habits dans un champ avec un lambeau de la chemise mais on jamais pu découvrir le cadavre. Le 25 au soir, quelques batteurs retrouvèrent le cadavre qui était tout nu (...) »[122] Des agissements similaires sont décrits par Antoine de Beauterne dans son procès-verbal du 9 septembre 1765 : « Une fille de 12 ans fut enlevée hier soir, à la Vachèlerie de Paulhac. […] Nous avons d'abord trouvé une partie de vêtement tout déchiré et, tout auprès, une grande effusion de sang. Plus haut encore, il a été trouvé une partie de jupon tout délabré par les plis. Beaucoup plus haut, dans la bruyère, a été trouvé, tout nu le cadavre de cette fille. »[123]

Le 7 février 1766, Jeanne Delmas, épouse d'un meunier de Lorcières, est attaquée près de son moulin à la tombée de la nuit. Elle survit avec de profondes blessures, dont une ligne sanglante autour du cou « (...) Nous avons trouvé sur ladite femme tout le tour du col un cordon rouge à la jointure, comme si ledit monstre voulait lui couper la tête ». Pour beaucoup, ce procès-verbal souligne prudemment, mais indéniablement, une tentative d'étranglement avec un collet, l'indice le plus convaincant d’une intervention humaine[124],[125].

Aux alentours du 20 mai de la même année, des chasseurs découvrent une mise en scène macabre en cherchant une femme disparue : « Quand le soir, la fille n’arrive pas, on va la chercher mais on ne la trouve pas dans la propriété avec les agneaux. En la cherchant, on entend des pleurs; alors, on se dirige vers ces cris de douleur et on trouve le tronc du cadavre planté contre une muraille, couvert de son manteau (...) ». Le 21 décembre, la petite Agnès Mourgues, 11 ans, « fut égorgée et dévorée (...) on trouva çà et là ses vêtements en pièce et son petit corps nu, comme si elle venait de naître et affreusement mutilé(...)»[126]

Au moins quinze victimes furent décapitées[127], et toutes sans témoins. On parle de tête « coupée », « emportée » ou « séparée du tronc ». Selon Gérard Ménatory[128], des cas d'égorgement d'humain par des animaux existent (très souvent de grands fauves). Mais aucune décapitation n'a été relevée et est très improbable de la part d'un loup dont la mâchoire n'a pas la puissance nécessaire[128]. D'autre part, la décapitation n'est pas un comportement animal. Selon l'auteur Michel Louis, « il est une aberration de croire qu'un animal décapite ses victimes ». D'un point de vue alimentaire, la tête d'un homme ne serait en effet pas une partie intéressante, un carnivore préférant les plus parties plus charnues comme les cuisses ou les viscères. Sylvain Macchi, responsable zootechnique du Parc à loups du Gévaudan, en arrive à la même conclusion[125].

En 1911, le docteur Puech, de l’école de médecine de Montpellier, rédige un mémoire où il accuse des sadiques d'être à l'origine des attaques de la Bête du Gévaudan. C'est la présence de ces mystificateurs recouverts de peaux de loup qui auraient, selon lui, entretenu la responsabilité d'une « bête »[129].

En 1962, Marguerite Aribaud-Farrère publie une plaquette, La Bête du Gévaudan enfin demasquée, dans laquelle elle accuse un sadique d'avoir commis les meurtres en se faisant passer pour un loup-garou. On l'appelait « Messire » et il était originaire « d'une vieille famille puissante du midi de la France ». À l'époque, un de ses descendants « touchait de très peu au pouvoir »[130]. L'Historien Alain Decaux reprendra cette théorie en 1972 pour une émission télévisée et un article paru dans la revue Historia[131],[132].

En se basant sur des cas de zoanthropie, cas de délire au cours duquel un homme croit être devenu un animal (voir les hommes-panthères du Congo), Pierre Cubizolles rédige Loups-Garous en Gévaudan dans lequel il affirme que des membres de la famille Chastel étaient des sadiques déguisés en bêtes[133].

Entre 2009 et 2012, André Aubazac publie trois livres sur la Bête du Gévaudan dans lesquels il accuse l'Homme. Pour lui, il y a plusieurs coupables : des soldats cannibales traumatisés par la guerre de Sept Ans (revenant d’Autriche via les Alpes); des vagabonds attirés par la construction de la route allant à Montpezat-sous-Bauzon; et la famille Chastel lancés dans un règlement de compte familial[134],[135],[136].

Un complot[modifier | modifier le code]

Deux ans avant l'apparition de la Bête en Gévaudan, la famille Rodier est accusée d'avoir utilisé des loups apprivoisés pour détrousser les voyageurs. Les parents sont condamnés à être pendus, tandis que les deux fils (19 et 15 ans) et un complice, Paul Serre du Vivarais, sont envoyés aux galères[137].

Au vu du rapport de l'autopsie de l'animal abattu le 19 juin 1767 par Jean Chastel, la dernière Bête semble être un chien-loup. L'hybridation accréditerait l’hypothèse selon laquelle le fauve aurait été dirigé par un homme. Comment expliquer le fait que la plupart des victimes aient été déshabillées, et leurs vêtements disposés à côté des corps ensanglantés ? Comment expliquer les décapitations ? Bientôt, des soupçons vont se porter sur le clan Chastel, du village de La Besseyre-Saint-Mary, qu'on accuse d'avoir dressé un énorme chien à tuer par justice privée.

Une lettre, adressée à l'Intendant de justice d'Auvergne en juillet 1766, note à propos de l'animal : « On le cherchait dans les bois, et il fallait le trouver dans les maisons. Pour mieux m'expliquer, je crois que ce sont des sorciers qui fourmillent dans le monde ». Cette document suggère, sans trop se prononcer, que la Bête entretient une relation avec l'homme[138]. « Maison » pouvant signifiant à l'époque la demeure d'un seigneur[139]. Plusieurs autres correspondances évoquent la peur des paysans d'un « sorcier déguisé »[140] .

En 1936, dans son roman La Bête du Gévaudan écrit sous les formes d'une chronique d'époque, Abel Chevalley laisse planer de lourds sous-entendus sur la culpabilité de Jean-François-Charles, comte de Morangiès : « J’aurai à revenir sur cet affreux personnage depuis lors tristement célèbre. Mais nous ignorions alors qu’il fût aux abois et déjà vautré dans la crapule de Paris… après les sordides affaires qui l’auraient dû conduire en prison pour le reste de ses jours… » Le nom d'Antoine Chastel, garde-chasse et marginal, fils du paysan Jean Chastel qui libère le pays de la Bête, est également évoqué[141]. L'auteur Henri Pourrat en arrive à la même conclusion[142].

Alain Decaux, Gérard Ménatory ou Jean-Jacques Barloy évoquent également un meurtrier opérant sous le couvert d'une haute protection. En 1988, Raymond-Francis Dubois émet l'hypothèse d'un chien de guerre recouvert d'un gilet (ou cuirasse) comme il en existait au XVIe siècle, en peau de sanglier le protégeant des balles et des couteaux. La raie noire constatée sur le dos de la Bête ne concorde pas avec le pelage du loup, et est, par contre, caractéristique du sanglier. Il relève également que cette particularité n'a pas été constatée sur le cadavre des différents fauves tués. Selon lui, c'est le fils Chastel qui aurait élevé et conduit cet animal suivant les ordres d'un noble du Gévaudan prénommé Charles[143],[144].

C'est l'historien et spécialiste des fauves Michel Louis qui accuse officiellement, en 1992, le comte de Morangiès comme étant complice des attaques de la Bête du Gévaudan; ce dernier ayant eu le fils Chastel comme complice. Louis parle d'un militaire déchu, calculateur et dénoué de scrupules. « A travers la bête, le comte pouvait assouvir à la fois une vengeance et une soif de puissance frustrée. La confusion dramatique engendrée par sa terrible création dut lui procurer un sentiment de puissance fantastique. La revanche d’un sadique mégalomane »[145]. Pour Louis, la raie noire constatée sur le dos de la Bête ne concorde pas avec le pelage du loup, et est, par contre, caractéristique du sanglier. Il relève également que cette particularité n'a pas été constatée sur le cadavre des différents animaux tués. Louis développe de nouveau sa théorie en 2011 lors d'une émission de Franck Ferrand[146].

Cette théorie sera reprise par de nombreux auteurs, comme Léobazel qui évoque le comte de Morangiès comme « un officier des plus médiocres, personnage taré et prodigue, honte de la noblesse locale, désespoir de son père, bourreau de ses frères et sœurs »[147]. Beaucoup d'historiens prêtent à Morangiès un titre de gouverneur de l'île de Minorque où il aurait rencontré Antoine Chastel, prisonnier des pirates musulmans, mais cette information est invalidée par les archives des États Militaires de France. Le comte se trouvait en Allemagne pendant la guerre de Sept Ans, puis est rentré en Gévaudan pour soigner une tuberculose[148]. Les accusations contre le comte de Morangiès ne sont que des suppositions, bien qu'il ait effectivement mené une vie dissolue (dilapidant la fortune familiale, fâché avec ses frères après une succession avant terme, et assigné en justice par des créanciers)[149].

Une autre théorie du « complot » évoque les Grands jours d'Auvergne et du Languedoc, procès établis par Louis XIV pour condamner les abus commis par la noblesse sur les paysans (de 1664 à 1667, soit exactement un siècle avant la Bête). Les coupables étaient exécutés à la roue ou décapités, et beaucoup ont vu leurs biens confisqués ou rasés[150],[151]. Ce fut le cas de la Lamotte-Beaufort-Canillac, illustre baronnie d'Auvergne qui fut la plus touchée par les poursuites avec cinq membres condamnés à mort. La famille Morangiès, liée aux Canillac, rachète leurs terres en 1740 après que le dernier s'est éteint sans descendance[152],[153]. La famille du marquis d'Apcher a également eu au moins un ancêtre qui a été condamné pour meurtres : le comte Christophe d'Apcher[154],[155]. Les partisans de la théorie, comme Roger Oulion[156], pensent que certains nobles se sont servis d'un ou de plusieurs animaux dressés pour venger leurs ancêtres.

En 1777, un assassin déguisé en Bête à Saugues[modifier | modifier le code]

En juillet 1777, dix ans après l'affaire de la Bête du Gévaudan, un homme est condamné à Thoras, canton de Saugues, pour avoir assassiné une femme en se faisant passer pour un animal [157].

Marianne Thomas, la servante du chirurgien de Saugues, est retrouvé grièvement blessée dans la cuisine de son domicile au Cros[158], « assaillie et battue par la Bête », « persuadée que c'était une bête qui lui avait fait le mal ». Elle ne survit pas à ses profondes blessures et meurt dans la nuit du 23 au 24 juillet. Le curé de Saugues et le chirurgien, constatant que le crime ne pouvait être imputé à un animal, alertent aussitôt la justice :

« Il résulte que cette a été assassinée, heure de nuti, dans cette même maison où elle couchait seule; la position où elle fut trouvée, son état de pâmoison, les meurtrissures qui ont parue sur son corps et principalement ce qui résulte du rapport du médecin et d u chirurgien qui ont procédé à l'ouverture du cadavre, constatent assez la nature du délit qui paraît avoir été commis avec force et violence [effraction], puisqu'il a été remarqué qu'il y avait des égratignures fraîchement faites sur les pierres extérieures du montant de la porte de la maison et sur l'accoudoir d'une fenêtre, et que la porte volet fut ouverte lorsque l'on fut au secours de cette fille »[159].

Pour ce « crime capital qui mérite toute la punition des lois », le procureur fiscal ordonne une enquête, qui commence le 28 août. Quatorze témoins sont appelés à témoigner. Un dénommé Jean Chausse, dit Lanterolle, est bientôt soupçonné d'avoir assassiné, et probablement violé, Marianne Thomas en s'étant recouvert d'un peau de bête à laine et de gants pour « aller faire le loup » (le rapport d'autopsie de la victime évoque du sang « suintant par le rectum » [160]). L'homme, cultivateur au Cros, est finalement inculpé de meurtre et conduit aux prisons de Saugues puis à celles du siège présidial de Riom [161].

La Bête dans la culture populaire[modifier | modifier le code]

Sites touristiques[modifier | modifier le code]

Le char de la Bête ouvre chaque année le corso fleuri des grandes fêtes de Mende (août).
Le blason de la commune de Paulhac-en-Margeride, adopté en 2001, présente deux Bête du Gévaudan[N 31].

En Lozère, plus particulièrement en Margeride, de nombreux sites touristiques entretiennent la légende de la Bête avec des musées, des statues et des sentiers pédagogiques.

La Bête est représentée seule à Saint-Privat-d'Allier, à Saugues (sculpture sur bois) et une à Marvejols sculptée par Emmanuel Auricoste (même si la Bête n'est jamais venue jusqu'au territoire de cette commune). Au Malzieu-Ville, deux sculptures existent : une première représentant la lutte d'une villageoise contre la Bête a été inaugurée en 2010[162] et une seconde inaugurée en août 2012 par le comte de Paris[163],[164] qui reprend la théorie du meneur de loups.

Les protagonistes sont aussi mis à l'honneur, ainsi le combat de Marie Jeanne Vallet contre la Bête a été sculpté par Philippe Kaeppelin et installée dans le village d'Auvers. Elle a été inaugurée en 1995, suscitant même une polémique à propos de l'usage touristique d'une Bête ayant commis de tels crimes[165]. Le vainqueur officiel de la Bête, Jean Chastel, est célébré dans son village de La Besseyre-Saint-Mary où une stèle à sa mémoire a été érigée.

Saugues présente le « Musée fantastique de la Bête du Gévaudan ». Il est constitué de vingt-deux dioramas de grande taille, avec des personnages en plâtre et des effets sonores[N 32]. Il fête ses dix ans d'existence en juillet 2009[166].

À cela s'ajoute le musée du Parc à loups du Gévaudan, qui possède quelques documents relatifs à la légende. De plus, de nombreuses entreprises, ou autres clubs sportifs, de Lozère et de Haute-Loire, ont choisi la Bête du Gévaudan comme emblème[167].

Théâtre[modifier | modifier le code]

La Bête du Gévaudan est un mélodrame en trois actes joué pour la première fois à Paris en juillet 1809. La pièce s'éloigne de l'histoire officielle[168].

Une pièce en trois actes de Jacques Audiberti est sortie en 1936 sous le nom de La Bête noire[169]. Elle est présentée en 1948 à la Huchette à Paris, et a été renommée en La Fête noire. Les noms historiques n'ont pas été conservés. La pièce présente une lutte entre paysans et aristocrates locaux[170].

En 2008, une nouvelle pièce est montée sous le nom de La Bête est là..., avec Geneviève et Robert Sicard et une mise en scène de Patricia Capdeveille. Il s'agit d'une adaptation du livre de Laurent Fournier intitulé Petite histoire des grands ravages d'une méchante bête[171].

Cinéma et télévision[modifier | modifier le code]

Plusieurs œuvres cinématographiques et télévisuelles ont pris pour trame de fond l'histoire de la Bête du Gévaudan.

La Bête du Gévaudan (1967)[modifier | modifier le code]

Évocation dramatique réalisée par Yves-André Hubert dans le cadre de l'émission Le Tribunal de l'impossible diffusée en 1967 sur l'ORTF[172].

Ce téléfilm, d'une grande fidélité à l'histoire de la Bête, narre les tragiques échecs des hommes et leur comportement face au fléau qui les accable. Les principaux protagonistes et événements marquants de l'affaire apparaissent à l'écran, comme le combat de Jacques André Portefaix et ses camarades contre la Bête en janvier 1765; les chasses du capitaine Duhamel, du sieur Denneval ou de François Antoine ; ou encore la mort l'animal tiré par Jean Chastel le 19 juin 1767. La Bête n'est que très furtivement montrée au spectateur, renforçant ainsi son aspect mystérieux.

Le Pacte des loups (2001)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Le Pacte des loups.

Film français sorti en 2001 par Christophe Gans, d'après un scénario de Stéphane Cabel et Christophe Gans[173].

En 1766, le naturaliste Grégoire de Fronsac (Samuel Le Bihan) est envoyé dans le Gévaudan pour étudier la Bête et ramener son cadavre au Jardin du roi. Il est accompagné de Mani (Mark Dacascos), un Indien Mohawk rencontré au Canada. Les deux hommes se heurtent au « Pacte », un groupe de fanatiques religieux qui s'oppose aux idées nouvelles des philosophes...

Œuvre romanesque opposant l'obscurantisme et les Lumières, Le Pacte des loups ne s'inspire que très librement du mystère de la Bête. Beaucoup de personnages et de lieux ne correspondent pas à la réalité historique. Le film reprend la théorie du complot popularisée par les auteurs Abel Chevalley, Henri Pourrat et Michel Louis dans leurs livres respectifs. Ainsi, la Bête est un fauve ramené d'Afrique et conditionné à tuer par des mains criminelles, en l’occurrence le comte de Morangiès (Vincent Cassel). Parallèlement, la mort de la Bête tuée par François Antoine est expliquée comme étant une escroquerie ordonnée par Louis XV lui-même.

La Bête du Gévaudan (2003)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : La Bête du Gévaudan (téléfilm).

Téléfilm français réalisé en 2003 par Patrick Volson, d'après un scénario de Daniel Vigne et Brigitte Peskine[174].

Pierre Rampal (Sagamore Stévenin) est un médecin de campagne de passage dans le Gévaudan. Au village de Saugues, l'abbé Pourcher et sa mère, une veuve autoritaire, encouragent les superstitions et accusent un paysan, Jean Chastel (Jean-François Stévenin), de sorcellerie...

La Bête du Gévaudan reprend à la fois les théories du fou sadique et du loup. Le comte de Morangiès est dépeint comme l'auteur des meurtres, revêtu d'une peau de loup et broyant la gorge de ses victimes avec une mâchoire en fer. Des loups enragés viennent ensuite dévorer les corps laissés par l'assassin. Le téléfilm ne correspond pas à la réalité historique : il n'y a jamais eu de Dragons du roi aux ordres d'un capitaine Denneval; le personnage de Jean Chastel n'était pas tisseur et n'avait pas de fille aînée (les fils Chastel, Pierre et Antoine, liés à l'histoire de la Bête, ne sont jamais mentionnés); le porte-arquebuse n'est pas intervenu en 1767 mais en 1765. Le personnage de l'abbé (Guillaume Gallienne) est inspiré de Pierre Pourcher, un curé considéré comme le premier historien de la Bête[175].

Wolfman (2010)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Wolfman (film, 2010).

Dans ce film américain de Joe Johnston qui se situe dans l’Angleterre de l'époque victorienne, le personnage de Talbot (Benicio del Toro) se fait offrir une canne au pommeau en forme de gueule de loup par un mystérieux vieil homme (Max von Sydow). La canne proviendrait du Gévaudan. Cet objet pourrait être lié avec la malédiction du loup-garou, et reprend la thèse selon laquelle la Bête du Gévaudan en aurait été un.

Nicolas Le Floch (2010)[modifier | modifier le code]

Dans Le Grand Veneur, épisode 2 de la troisième saison de Nicolas Le Floch (série télévisée basée sur les romans de Jean-François Parot) le célèbre commissaire au Châtelet enquête sur une série d'attaques par un étrange animal en Aquitaine. Bien que la Bête soit désignée comme étant la Bête de Sarlat (un loup enragé), l'histoire se rapproche plus volontiers de celle du Gévaudan. Dans cet épisode, deux chiens, recouverts de peaux de sangliers, ont été dressés à tuer par de riches notables aux mœurs étranges.

Teen Wolf (2011-2014)[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Teen Wolf (série télévisée).

Cette série américaine suit Scott McCall, un lycéen capable de se transformer en loup-garou. L'épisode 6 de la saison 1 est particulièrement centré sur l'histoire de la Bête du Gévaudan, quand Allison Argent découvre son histoire familiale.

Documentaires et émissions radio[modifier | modifier le code]

Littérature[modifier | modifier le code]

Divers ouvrages sur la Bête du Gévaudan.

La bête du Gévaudan et le nouveau monstre est un texte de 32 pages publié en en 1839[182]. En 1858, Élie Berthet rédige La Bête du Gévaudan, un feuilleton fantastique qui n'a que très peu de rapports avec la véritable affaire[183].

L'écrivain écossais Robert Louis Stevenson a traversé le Gévaudan en 1878, périple qu'il raconte dans son récit Voyage avec un âne dans les Cévennes. Il écrit ainsi à propos de la Bête : « C'était, en effet, le pays de la toujours mémorable Bête, le Napoléon Bonaparte des loups. Quelle destinée que la sienne ! Elle vécut dix mois à quartier libre dans le Gévaudan et le Vivarais, dévorant femmes et enfants et "bergerettes célèbres pour leur beauté" [...] si tous les loups avaient pu ressembler à ce loup-ci, ils eussent changé l'histoire de l'humanité »[184].

En 1936, Abel Chevalley publie La Bête du Gévaudan. Raconté sous forme de chronique d'époque par un protagoniste fictif, le roman brouille habilement les frontières entre imaginaire, tradition orale et réalité. Les accusations contre Antoine Chastel et le comte de Morangiès sont pris au sérieux par des générations d'historiens. Or, il s'agit pourtant bien d'une œuvre de fiction[141].

La Bête est devenue, à partir des années 1970, le personnage central de plusieurs bandes dessinées. Ces premières apparitions sous ce format sont même antérieures, puisque le magazine Héroic dans son numéro 23, du 1er juin 1955, a raconté le « récit véridique de la Bête du Gévaudan »[185]. Entre 1970 et 1990, la Bête apparaît dans les dessins de Comès, de Claude Auclair ou encore du duo Pierre Christin/Enki Bilal[186]. Certains auteurs de bandes dessinées, comme Didier Convard, tentent de s'éloigner légèrement de l'histoire dite officielle, en ne citant aucun nom notamment[187]. Dans les années 2000, le duo Adrien Pouchalsac et Jan Turek sortent une trilogie, La Bestia, qui se veut la plus proche possible de l'histoire[N 33]. Il en est de même pour La Bête du Gévaudan de Jean-Louis Pesch, ou encore Le Secret de Portefaix, l'enfant du Gévaudan de Cyrille Le Faou et Roger Lagrave. Il existe aussi une BD de l'italien James Fantauzzi qui raconte les dernières heures de vie de la « Bestia » : Chastel, le vainqueur du Gévaudan[188]. En 2010, le journaliste Jean-Claude Bourret publie une bande dessinée en deux tomes où il étaye sa thèse personnelle[189],[190].

Des romanciers se sont également inspirés de l'histoire de la Bête comme La Bête du Gévaudan de José Féron Romano [191]; Gévaudan de Philippe Mignaval[N 34]; Le Chien de Dieu de Patrick Bard[N 35]; Le carnaval des loups de Jean-Paul Malaval [192] ou encore le deuxième tome de la série Alpha & Omega de Patricia Briggs[193].

En 2014, Catherine Hermary-Vieille publie La Bête, une fiction qui retrace l'histoire du point de vue de la famille Chastel. Antoine, fils de Jean, y est dépeint comme un sadique et esclave échappé des geôles du dey d'Alger[194].

Jeux et musique[modifier | modifier le code]

L'histoire de la Bête du Gévaudan a également servi de trame pour un jeu vidéo sorti en 1985. Ce jeu vidéo a été développé et édité par CIL (Compagnie informatique ludique)[195]. Se présentant sous la forme d'un jeu d'aventure textuelle, il est sorti sur les micro-ordinateurs Apple II. L'histoire reprend l'hypothèse selon laquelle la Bête était un loup-garou. Le joueur incarne cette Bête et doit trouver un moyen de soigner son mal[196].

Un jeu de société sur la Bête du Gévaudan est sorti en 1990, distribué par Riviera Quest. Il s'agit d'un jeu de plateau où le but est d'enquêter sur la Bête, en évitant de se faire dévorer par cette dernière[197].

La bête du Gévaudan est aussi un personnage qu'on peut choisir dans le jeu Atmosfear, mais elle s'appelle « Gévaudan le lycanthrope »[198].

Par ailleurs, le rappeur français MC Solaar fait un clin d'œil à la Bête du Gévaudan dans la chanson Cash money, sur l'album Mach 6. Dans cette chanson qui évoque une femme superficielle et matérialiste, il lui dit en ces propos que : « Si t'aimes la F1, et ben on dormira dedans ; T'auras le collier en argent de la bête du Gévaudan ».

Au début des années 1980, le groupe de musique Los del Sauveterre a mis en scène une version théâtrale et musicale basée sur l'histoire de la Bête du Gévaudan.

En 2013, un trio de musiciens (Gaël Hemery, Emmanuelle Aymès, Pascal Jaussaud), issus de la maison de production Ventadis, publie un disque intitulé La bestia que manjava lo monde[199]. Un autre disque sort la même année, œuvre collective en Français et Occitan, intitulé La bête du Gévaudan en 13 chansons et poèmes[200].

En 2014 le groupe "L'Epaisseur du Trait" a sorti une chanson avec un clip très rigolo sur la Bête du Gévaudan[201]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Cette gravure est a priori antérieure à janvier 1765, date à laquelle le roi Louis XV promet une récompense de 6 000 livres à qui tuera la Bête, portant ainsi le total des récompenses à 9 000 livres. La légende complète est la suivante : « Figure du Monstre qui désole le Gévaudan. Cette Bête est de la taille d'un jeune Taureau elle attaque de préférence les Femmes, et les Enfans, elle boit leur Sang, leur coupe la Tête et l'emporte. Il est promis 2 700lt (livres tournois) à qui tuerait cet animal »
  2. L'hypothèse de l'intervention humaine dont les crimes seraient masqués par la Bête est apparue en 1910 avec les publications du docteur Puech. Cette version a été reprise dans plusieurs livres ou fiction dans les années 1990 et 2000, comme dans le film Le Pacte des loups.
  3. À l'exception de la Corse.
  4. Acte visible sur le site des AD07, commune de Saint-Étienne-de-Lugdares, types d'acte : baptêmes, mariages et sépultures datés de 1757 à 1780, page 113 ((fr) [1])
  5. Exemple avec [image] l'extrait du registre paroissial de Rieutort-de-Randon, et l'acte d'inhumation de Jeanne Bonnet le 26 décembre 1764
  6. Une version existe avec comme légende : « Représentation véritable de la Bête sauvage, une hyène qui se manifeste, présentement, depuis le mois de septembre 1764, en France, dans le Gévaudan, province du Languedoc et qu'on nomme aussi la grande dévoreuse ». [image] Autre version de la gravure
  7. (fr) [image] Exemple de couverture d'une impression du mandement
  8. Ses prénoms exacts sont : Jean Charles Marc Antoine, cependant le prénom de Martin lui est souvent attribué
  9. La commune n'a pris le nom de Saint-Alban-sur-Limagnole qu'en 1847. La ville se nommait alors simplement Saint-Alban.
  10. [image] Photo de la passerelle
  11. [image] Photo de la lance
  12. [image] Blason des Beauterne avec l'adjonction du loup mourant
  13. L'original non colorisé date de 1764, Bibliothèque nationale, Histoire de France, titre original : Figure de la Bête féroce que l'on croit être une hyène
  14. Commune de Paulhac-en-Margeride, Lozère
  15. Commune de Monistrol-d'Allier, Haute-Loire
  16. [image] Photo de la sogne d'Auvers
  17. Le terme « victime » regroupe ici les personnes tuées, blessées ou simplement attaquées par la Bête. Les données sont approximatives et proviennent des compléments apportés par Jean Richard au livre de François Fabre.
  18. Cette valeur est anormalement faible pour la queue d’un grand canidé. Cela pourrait éventuellement correspondre à une queue amputée, mais cependant d’autres sources indiquent une longueur de un pied et huit pouces (soit environ 54,6 cm), ce qui serait plus en accord avec la taille de la Bête. Étant donné que le rapport Marin a été produit en quatre exemplaires copiés à la main, il est possible que, sur le seul exemplaire disponible, une erreur de copie se soit produite et que « un pied » ait put être oublié pour la longueur de la queue. [PDF] la « Gazette de la Bête » numéro 12, décembre 2011, voir « La queue de la bête » en page 2
  19. Selon Michel Louis, 22 % des victimes ont été agressées en plein village
  20. Le Gévaudan était composée de huit baronnies qui avait chacune une entrée aux États particuliers du Gévaudan. À cela, venaient s'ajouter douze seigneuries gentilhommières, qui avait aussi un droit d'entrée. Saint-Alban faisait partie de ces douze seigneuries.
  21. Il s'agit d'une peinture à l'huile de 1,45 m par 1,10 m, qui a dû être exécutée avant 1789. Il existe deux versions de ce tableau, un original et une copie.
  22. Chaque année, à tour de rôle, l'une des baronnies peut envoyer un représentant
  23. Lieutenant général, secrétaire d'État…
  24. [image] Acte de naissance
  25. Sur certaines gravures ou peinture, on retrouve également la graphie Rinhard
  26. La graphie Gabalis peut également se trouver
  27. L'animal blessé n'a pas été retrouvé.
  28. Ce petit fascicule est toujours consultable à la Bibliothèque centrale du Muséum national d’histoire naturelle, 38 rue Geoffroy-Saint-Hilaire Paris 5 où il est archivé sous la cote : 8° Rés. 48.
  29. (fr) Numérisation du fascicule
  30. C'est l'abbé Trocellier qui évoque cette hypothèse dans sa correspondance avec Étienne Lafont
  31. Le blasonnement exact est : d'argent aux deux bêtes du Gévaudan affrontées de sable, allumées et armées de gueules, sur un mont de sinople, surmontées d'une croisette de Malte aussi de gueules.
  32. (fr) Présentation du musée
  33. (fr) Plus d'information sur la trilogie, la Bestia
  34. Roman sorti en 2006 aux éditions du Pré aux Clercs.
  35. Roman sorti en avril 2008, aux éditions du Seuil.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Marc Moriceau, Histoire du méchant loup, 3 000 attaques sur l'homme en France XVe ‑ XXe siècle, Fayard,‎ 2007, p. 124
  2. a et b Michel Louis, La Bête du Gévaudan ou l'innocence des loups, 1992
  3. Alain Bonnet La Bête du Gévaudan, Chronologie et documentation raisonnées, p. 14-16
  4. Voir les deux tomes de Jean-Claude Bourret et Julien Grycan, Le Secret de la bête du Gévaudan, éditions du Signe,‎ 2010, 128 p.
  5. a et b Michel Louis, La Bête du Gévaudan, Tempus,‎ 2006, partie I, chapitre 2
  6. François Fabre, La bête du Gévaudan, édition complétée par Jean Richard, édition De Borée,‎ 2006, Chapitre premier, p. 1
  7. a, b et c François Fabre, La bête du Gévaudan, édition complétée par Jean Richard, édition De Borée,‎ 2006, Annexes : tableau des victimes de la Bête
  8. a, b, c et d Michel Louis, La Bête du Gévaudan, Tempus,‎ 2006, partie I, chapitre 3
  9. Félix Buffière, Ce tant rude Gévaudan [détail des éditions], tome II, p. 1142
  10. Xavier Pic, La Bête qui mangeait le monde, p. 35
  11. Pourcher, chap. 4
  12. Pourcher, chap. 7
  13. Jean-Louis Pesch, La Bête du Gévaudan, p. 12
  14. Pourcher, chap. 9
  15. Pourcher, chap. 10
  16. Bible de Saci traduit du vulgate, Deutéronome, chap. XXXII, verset 24
  17. François Fabre, La bête du Gévaudan, édition complétée par Jean Richard, édition De Borée, 2006, Chapitre cinq p. 37.
  18. Jean-Louis Pesch, La Bête du Gévaudan, p. 23
  19. François Fabre, La bête du Gévaudan, édition complétée par Jean Richard, édition De Borée, 2006, table des illustrations
  20. Marie-Pascale Vincent, Les Grandes Affaires criminelles de la Lozère, p. 57
  21. (fr) Récit de l'histoire
  22. (fr) Récapitulatif des faits
  23. a, b, c et d Michel Louis, La Bête du Gévaudan, édition 2006, partie I, chapitre 5
  24. (fr) Récit complet du combat de Jeanne Jouve
  25. Pourcher, chap. 21
  26. Félix Buffière, Ce tant rude Gévaudan [détail des éditions], tome II, p. 1151
  27. François Fabre, La Bête du Gévaudan, édition complétée par Jean Richard, édition De Borée, 2006, chapitre septième, p. 52
  28. François Fabre, La Bête du Gévaudan, édition complétée par Jean Richard, édition De Borée, 2006, Chapitre septième, p. 55
  29. Pourcher, chap. 17
  30. Félix Buffière, Ce tant rude Gévaudan [détail des éditions], tome II, p. 1413
  31. François Fabre, La bête du Gévaudan, édition complétée par Jean Richard, édition De Borée, 2006, Chapitre neuvième p. 69
  32. Jean-Louis Pesch, La Bête du Gévaudan, p. 55
  33. a et b Félix Buffière, Ce tant rude Gévaudan [détail des éditions], tome II, p. 1162
  34. (fr) Plus d'informations sur Marie-Jeanne Valet et son combat avec la Bête
  35. a et b Michel Louis, La Bête du Gévaudan, édition 2006, partie I, chapitre 6
  36. a, b et c Félix Buffière, Ce tant rude Gévaudan [détail des éditions], tome II, p. 1163
  37. Lettre d'ordre d'incarcération des Chastel par F. Antoine (21/08/1765)
  38. Félix Buffière, Ce tant rude Gévaudan [détail des éditions], tome II, p. 1164
  39. Éric Mazel, Pierre-Yves Garcin, La Bête du Gévaudan à travers 250 ans d'images, p. 48-49
  40. a et b Éric Mazel, Pierre-Yves Garcin, La Bête du Gévaudan à travers 250 ans d'images, p. 65
  41. a et b François Fabre, La bête du Gévaudan, édition complétée par Jean Richard, édition De Borée, 2006, chapitre XII
  42. a, b et c Michel Louis, La Bête du Gévaudan, édition 2006, partie I, chapitre 7
  43. François Fabre, La bête du Gévaudan, édition complétée par Jean Richard, édition De Borée, 2006, chapitre XIV
  44. Éric Mazel, Pierre-Yves Garcin, La Bête du Gévaudan à travers 250 ans d'images, p. 132
  45. Félix Buffière, Ce tant rude Gévaudan [détail des éditions], tome II, p. 1167
  46. a, b et c Michel Louis, La Bête du Gévaudan, édition 2006, partie I, chapitre 8
  47. François Fabre, La Bête du Gévaudan, édition complétée par Jean Richard, édition De Borée, 2006, chapitre XVII
  48. a, b, c, d et e François Fabre, La Bête du Gévaudan, édition complétée par Jean Richard, édition De Borée, 2006, chapitre XX
  49. Félix Buffière, Ce tant rude Gévaudan [détail des éditions], tome II, p. 1169
  50. a et b Pourcher, chap. 53
  51. Pierre Cubizolles, Loups-garous en Gévaudan : le martyre des innocents, 1995, p. 101
  52. Besque ou Besques
  53. Félix Buffière, Ce tant rude Gévaudan [détail des éditions], tome II, p. 1172.
  54. a, b et c Chronologie et documentation raisonnées (2008 - Alain Bonnet)
  55. La Gazette de la Bête - Numéro 11 (2010)
  56. Massif Central Magazine, numéro 98, avril-mai-juin 2011 p. 26
  57. François Fabre, La Bête du Gévaudan, édition complétée par Jean Richard, édition De Borée, 2006, Annexes complétées
  58. (fr) Transcription du rapport Marin
  59. (fr) [PDF] La deuxième mort de la Bête du Gévaudan, Franz Julien, p. 3
  60. François Fabre, La Bête du Gévaudan, édition complétée par Jean Richard, édition De Borée, 2006, Annexes : personnes tuées par la Bête
  61. a et b (fr) Études statistiques par Phil Barnson, d'après Alain Bonet
  62. François Fabre, La bête du Gévaudan, édition complétée par Jean Richard, édition De Borée, 2006, Annexes : Les personnes blessées ou attaquées
  63. Michel Louis, La Bête du Gévaudan, édition 2006, partie II, chapitre 4
  64. Michel Louis, La Bête du Gévaudan, édition 2006, partie II, chapitre 2 : Une Bête bien familière
  65. Éric Mazel, Pierre-Yves Garcin, La Bête du Gévaudan à travers 250 ans d'images, p. 76
  66. a et b (fr) Famille Chastel sur labetedugevaudan.com
  67. Alain Bonnet La Bête du Gévaudan, Index des personnesp. 8
  68. La Bête du Gévaudan – Michel Louis (1992, Perrin 2003)
  69. Félix Buffière, Ce tant rude Gévaudan [détail des éditions], tome II, p. 1181-1183
  70. a, b et c (fr) [PDF] En marge de la Bête du Gévaudan, défense et illustration du comte de Morangiès, étude menée par Serge Colin
  71. Félix Buffière, Ce tant rude Gévaudan [détail des éditions], tome I, p. 398
  72. Félix Buffière, Ce tant rude Gévaudan [détail des éditions], tome I, p. 366
  73. X. Salomon, Les barons de Canilhac, Païs, janvier-mai 1960
  74. Félix Buffière, Ce tant rude Gévaudan [détail des éditions], tome I, p. 391
  75. Archives des États militaires de France, Les Armées de l'Histoire, la Maison du Roi, 1643-1792
  76. Le Régiment du Languedoc, Histoire de l'infanterie Française Tome 4.
  77. Les Grandes Affaires criminelles de la Lozère - Marie-Pascale Vincent (2006)
  78. a, b et c Félix Buffière, Ce tant rude Gévaudan [détail des éditions], tome I, p. 385
  79. (fr) [PDF] Note sur « La Bête du Gévaudan » de Pascal Cazottes
  80. Félix Buffière, Ce tant rude Gévaudan [détail des éditions], tome I, p. 259
  81. Dictionnaire de la noblesse, contenant les généalogies, l'histoire & la chronologie des familles nobles de la France, l'explication de leurs armes, & l'état des grandes terres du royaume, par François-Alexandre Aubert de la Chesnaye des Bois, p. 543, (fr) disponible sur Google Books
  82. Les derniers maîtres des requêtes de l'Ancien Régime (1771-1789), Sylvie Nicolas, p. 96, (fr) disponible sur Google Books
  83. Les Porte-Arquebuses du roi, Histoire de Versailles et de Seine-et-Oise - 1924
  84. http://www.aelf.org/bible-liturgie/Lc/chapitre/chapitre/13
  85. http://www.aelf.org/bible-liturgie/Jn/Evangile+de+J%C3%A9sus-Christ+selon+saint+Jean/chapitre/9
  86. a et b http://books.google.fr/books?id=nbggnN4WCkAC&pg=PA13&lpg=PA13&dq=mandement+choiseul+beaupr%C3%A9&source=bl&ots=laJ32oKcAC&sig=2xhQfZnu3OL2J652PG3XIIQJrX4&hl=fr&sa=X&ei=iFQPU_3wFIXV0QWdo4C4Bg&ved=0CDcQ6AEwAg#v=onepage&q=mandement%20choiseul%20beaupr%C3%A9&f=false
  87. http://books.google.fr/books?id=4O2k6ec0WsIC&pg=PP2&lpg=PP2&dq=mandement+choiseul+beaupr%C3%A9&source=bl&ots=wWxRcvkuVp&sig=nzYwa_j6QqLh_EDSRBgQSAePAvk&hl=fr&sa=X&ei=iFQPU_3wFIXV0QWdo4C4Bg&ved=0CDoQ6AEwAw#v=onepage&q=mandement%20choiseul%20beaupr%C3%A9&f=false
  88. JBB Pascal in Gabalum Christianum, p. 142--160, disponible sur (fr) Google Books
  89. Pourcher
  90. http://data.bnf.fr/11920479/pierre_pourcher/
  91. Félix Buffière, Ce tant rude Gévaudan [détail des éditions], tome II, p. 1631
  92. Selon le procès-verbal du 20/06/1767 signées par Lamothe, Boulanger et Desgrignards pour le marquis d'Apcher
  93. Lettre du 21/06/1767, papiers de familles de Jean-Joseph Marie Ignon (ville de Mende), citée dans Hypothèse : L'animal hybride sur le Site de la Bête du Gévaudan
  94. « Répartition des loups »
  95. « Bête du Gévaudan »
  96. « La dentition du chien »
  97. « Le loup et le mouton ne sont pas incompatibles »
  98. Selon Daniel Jumentier, expert en chiens de patrouille et de défense.
  99. « Un loup n'est pas un chien »
  100. Michel Louis, La Bête du Gévaudan (ISBN 978-2262020545)
  101. Les origines du Berger Allemand
  102. En Provençal charnego ou charnigou (Le nouveau dictionnaire provençal-français, Étienne Garcin, 1903)
  103. (lettre d'avril 1765)
  104. (lettre du 21/06/1765)
  105. Abbé Xavier Pic, La Bête qui mangeait le monde en Gévaudan et en Auvergne, 1968
  106. Jacques Delperrie de Bayac, Du sang sur la montagne, 1970
  107. Guy Crouzet, Quand sonnait le glas au pays de la Bête, 1987
  108. Guy Crouzet, Requiem en Gévaudan, 1992
  109. Félix Buffière, La Bête du Gévaudan, une grande énigme de l’histoire, 1987
  110. Michel Louis, « La bête du Gévaudan », émission Au cœur de l'histoire sur Europe 1, 5 octobre 2011
  111. François Fabre, La Bête du Gévaudan, édition complétée par Jean Richard, 2006
  112. Marie-Pascale Vincent, Les Grandes Affaires Criminelles de la Lozère, p. 65
  113. a et b Éric Mazel, Pierre-Yves Garcin, La Bête du Gévaudan à travers 250 ans d'images, p. 79-80
  114. Alex Marques, La Bête qui mangeait le monde en Gévaudan, 1993
  115. René de Chantal, La Fin d'une énigme, la Bête du Gévaudan, la Pensée universelle, 1983
  116. François Fabre, La Bête du Gévaudan, édition complétée par Jean Richard, édition De Borée, 2006, Annexes : une bête venue d'ailleurs
  117. La Malebête en Gévaudan, Quand le thylacine hantait les Trois-Monts, (fr) éditions Pantheon, 2011
  118. The Cryptid Zoo: Beast of Gevaudan
  119. The Cryptid Zoo: Mesonychids in Cryptozoology
  120. [Les Loups-Garous, la Vraie Histoire: Peter Stumpp http://www.mindshadow.fr/les-loups-garous-peter-stumpp/]
  121. Bibliothèque Nationale
  122. Abbé Pierre Pourcher, Histoire de la bête du Gévaudan, véritable fléau de Dieu, chez l'auteur, 1889, p. 748.
  123. Abbé Pierre Pourcher, Histoire de la bête du Gévaudan, véritable fléau de Dieu, chez l'auteur, 1889, p. 802.
  124. Procès-verbal d'époque, Chronologie et documentation raisonnées p. 451, Alain Bonnet
  125. a et b La Bête du Gévaudan, autopsie d'un mythe, documentaire de David Teyssandier
  126. Abbé Xavier Pic, La Bête qui mangeaient le monde en pays de Gévaudan et d'Auvergne, Albin Michel, 1968, p. 216.
  127. Michel Louis, La Bête du Gévaudan, chez Perrin, 2003, p. 286.
  128. a et b Gérard Ménatory, La Bête du Gévaudan, chez Mende, 1984, p. 128
  129. Qu'était la Bête du Gévaudan, Puech, Académie des Sciences et Lettres de Montpellier, 1911
  130. La Bête du Gévaudan enfin demasquée, A.Farrère, publié à compte d'auteur, 1962
  131. [La Bête du Gévaudan, Alain Decaux raconte sur l'ORTF (Archives de l'INA) http://www.ina.fr/video/CPF86600843]
  132. La Bête du Gévaudan était-elle un sadique ?, Alain Decaux - Historia no 370, septembre 1977
  133. Loups-garous en Gévaudan: le martyre des innocents, Pierre Cubizolles, éditions Watel, 1995
  134. La Bête du Gévaudan - les faits, l’effet, les fées, des mots pour des maux, démo, André Aubazac
  135. Une bête qui n’a jamais eu quatre pattes, André Aubazac (Colloque de la Bête du Gévaudan à Mende, 2011)
  136. André Aubazac : " La Bête du Gévaudan
  137. Alain Bonnet, La Bête du Gévaudan, Chronologie et documentation raisonnées
  138. Lettre du 27/06/1766 à M. de Ballainvilliers, Archives du Puy-de-Dôme
  139. Roger Oulion, Quel est le mystère de la bête du Gévaudan ?, Secrets d'histoire, 2008
  140. Lettres datées du 26/01/1765; 12/03/1765; 29/07/1765
  141. a et b La Bête du Gévaudan - Abel Chevalley (l'aventure mystérieuse, J'ai Lu, 1936)
  142. Henri Pourrat, Histoire fidèle de la Bête en Gevaudan
  143. Vie et mort de la Bête du Gévaudan – Dubois (1988)
  144. Le Livre de la Bête, L’Enfer n’a pas de portes – Dubois (1989)
  145. La Bête du Gévaudan – Michel Louis (1992, Perrin 2003)
  146. a et b Au cœur de l'Histoire, Europe 1, émission du 09/06/2011
  147. Défense et illustration du comte de Morangiès - Serge Colin (2001)
  148. Le Régiment du Languedoc, Histoire de l'infanterie française, tome IV - Librairie militaire Dumaine (1876)
  149. Les Procès du comte de Morangiès - Marc Chassaigne (1930)
  150. Les Grands jours d'Auvergne : désordres et répression au XVIIe, Arlette Lebigre, Hachette, 1976
  151. Grands Jours du Velay et du Languedoc (1666-1667) par A. de Boislisle, Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, Vol.30, 1886
  152. Armorial de la noblesse de Languedoc, L.de La Roque, 1860
  153. L'identité de l'Auvergne: mythe ou réalité historique, Daniel Martin, éditions Créer, 2002
  154. Mémoires sur Les Grands Jours d'Auvergne, Fléchier, 1856
  155. Pièces fugitives pour servir à l'histoire de France - Hugues-Daniel Chaubert, 1759
  156. Un crime organisé au XVIIIe siècle en Gévaudan, Roger Oulion, Éditions Du Roure, 2013
  157. Loups-garous en Gévaudan: le martyre des innocents, P.Cubizolles, éditions Watel, 1995
  158. Lieux-dit Le Cros, près de St-Martin-de-Fugères (Haute-Loire, 43).
  159. procès verbal de Maître Prolhac, juge de la baronnie de Thoras-La-Clause, juillet 1777
  160. A.D.H.L 282 B/13)
  161. Le pays de Saugues et l'abbé Fabre, les années 1900 : un simulateur de la Bête du Gévaudan (pg.11-13), P.Cubizolles, impr.Watel, 1982
  162. (fr) Midi Libre Lozère, 5 août 2010
  163. (fr) betedugevaudan.com
  164. (fr) Photographies de l'inauguration sur le site de la Maison royale de France]
  165. Éric Mazel, Pierre-Yves Garcin, La Bête du Gévaudan à travers 250 ans d'images, p. 132.
  166. Midi libre Lozère du 5 août 2009, (fr) Le musée de la Bête fête ses 10 ans
  167. Éric Mazel et Pierre-Yves Garcin, La Bête du Gévaudan à travers 250 ans d'images
  168. La Bête du Gévaudan par Maurin de Pompigny, ballet de M.Miot, 1809
  169. Isabelle Ost, Pierre Piret, Laurent Van Eynde, Le Grotesque, Publications des Fac. St Louis, 2004, p. 115
  170. Éric Mazel, Pierre-Yves Garcin, La Bête du Gévaudan à travers 250 ans d'images, p. 115.
  171. (fr) [PDF] Plaquette de présentation du spectacle
  172. La Bête du Gévaudan sur le site de l'Ina
  173. Le Pacte des loups, un film de Christophe Gans
  174. La Bête du Gévaudan (2003)
  175. Abbé Pourcher Pierre, Histoire de La Bête du Gévaudan, Véritable Fléau de Dieu, d’après les documents inédits et authentiques, chez l’auteur, Saint Martin de Boubaux, Marseille, 1981 (réimpr. Laffite) (1re éd. 1889), in 32, 1040 p. (ISBN 978-2-86276-440-5)
  176. Librement consultable sur le site de la chaîne
  177. Consultable sur le site de l'INA
  178. Site officiel
  179. '1765, un an à tuer' : silence on tourne sur les traces de la Bête
  180. a et b INA.fr Consultable sur le site de l'INA
  181. [2]
  182. La bête du Gévaudan et le nouveau monstre, 1839, réédité en 2013 chez Hachette
  183. La Bête du Gévaudan, Elie Berthet, Hachette, 1865
  184. Robert Louis Stevenson, Voyage avec un âne dans les Cévennes, p. 66-67, disponible (fr) sur Google Books
  185. Éric Mazel, Pierre-Yves Garcin, La Bête du Gévaudan à travers 250 ans d'images, p. 120
  186. Éric Mazel, Pierre-Yves Garcin, La Bête du Gévaudan à travers 250 ans d'images, p. 121.
  187. Éric Mazel, Pierre-Yves Garcin, La Bête du Gévaudan à travers 250 ans d'images, p. 122.
  188. James Fantauzzi, Chastel, le vainqueur du Gévaudan., Italie, Youcanprint,‎ 2014, 52 p. (ISBN 9788891133540)
  189. La Bête du Gévaudan de J-C Bourret : le fruit de 20 ans d'enquête (Histoire pour Tous.fr)
  190. Intervention TV de Jean-Claude Bourret au sujet de son ouvrage
  191. La Bête du Gévaudan, José Féron Romano, Hachette, 1988
  192. Le carnaval des loups, Jean-Paul Malaval, Presses de la Cité, 2004
  193. Alpha & Omega Tome 2 : Terrain de chasse, Édition Milady.
  194. Catherine Hermary-Vieille, La Bête (Albin Michel, 2014)
  195. Jacques Harbonn, « Test de La Bête du Gévaudan sur Apple II », Tilt,‎ septembre 1985, p. 118 (ISSN 0753-6968)
  196. (fr) Apple2c Dsk Archive. Notice de La Bête du Gévaudan
  197. (fr) Présentation du jeu
  198. (en) Présentation du jeu
  199. (fr) Présentation sur le site de Ventadis
  200. (fr) Présentation sur le site de l'association des Lozériens de Paris
  201. (fr) La Bête

Annexes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • 1795 IGNON J.J.M., Notes sur La Bête du Gévaudan. Journal de la Lozère, no 79, 5 thermidor an V.
  • 1841 REVOIL B.H., Histoire de La Bête du Gévaudan. Rodez, Mémoire de la Société des lettres
  • 1859 de CHAZEL M., La Bête féroce dite du Gévaudan. Dictionnaire statistique du Cantal.
  • 1860 de MASSAS Ch., Notes historiques sur La Bête du Gévaudan. Paris, Allard.
  • 1871 ANDRE F., Les ravages des Loups en Gévaudan. Annuaire administratif, statistique, historique et agricole du département de la Lozère.
  • 1872 FERDINAND A., Les ravages des loups en Gévaudan. 46 p., in l’Annuaire de la Lozère.
  • 1877 ANON., texte concernant La Bête du Gévaudan. L’Univers, feuilleton.
  • 1884 ANDRE Auguste, La Bête du Gévaudan. Mende. in Bulletin de la Société agricole, industrielle, sciences et arts du département de la Lozère, tome XXXV, mars 1884, in 8°, 22 p.
  • abbé Pourcher Pierre, Histoire de La Bête du Gévaudan, Véritable Fléau de Dieu, d’après les documents inédits et authentiques, chez l’auteur, Saint Martin de Boubaux, Marseille,‎ 1981 (réimpr. Laffite) (1re éd. 1889), in 32, 1040 p. (ISBN 978-2-86276-440-5) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • 1890 ANDRE Auguste, La Bête du Gévaudan, nouveaux documents, Bulletin de la Société d’agriculture de la Lozère ; Reprint Mende, Chaptal, 1931
  • 1899 POMPIGNY, La Bête du Gévaudan. Paris. Fages.
  • 1899 SEGUIER, Nouveaux documents sur La Bête du Gévaudan. Annales de Midi, Mélanges et Documents.
  • 1901 FABRE François Abbé, La Bête du Gévaudan en Auvergne. Saint-Flour. Boubounelle, 1901 ; Reprint Nourry, Paris, 1930 ; Reprint Lacour, Nîmes, 1994. (ISBN 2-84494-419-1) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • 1902 AUGE A., La Bête du Gévaudan. Mende. Ignon.
  • 1911 PUECH Dr., Qu’était La Bête du Gévaudan ?, Mémoire de l’Académie des sciences et lettres de Montpellier, tome 2, no 4, (ASIN B000XCDNLI)
  • 1928 CHACORNAC, La Bête du Gévaudan. Almanach de Brioude.
  • 1931 ROUCHON U., La Bête du Gévaudan. Saint-Étienne. La Région illustrée.
  • 1933 LENOTRE G. « La Bête du Gévaudan » in Histoires étranges qui me sont arrivées.
  • 1933 PEYTAVIN A., La Bête du Gévaudan. Mende. Pauc.
  • 1934 HUGUES A., La Chasse au pays de La Bête du Gévaudan. La Chène no 2.
  • 1936 CHEVALLEY Abel, La Bête du Gévaudan (roman). Paris. Gallimard NRF, 1936 ; Reprint J’ai lu, 1970.
  • 1946 MOREAU-BELLECROIX, La Bête du Gévaudan. Altasia.
  • 1946 POURRAT Henri, Histoire fidèle de La Bête du Gévaudan (Roman), Paris. Éditions de l’Epervier, 1946 ; Reprint Laffite, Marseille, 1982, (ISBN 2734806460 et 978-2734806462)
  • 1955 BALMELIE, La Bête du Gévaudan et le Capitaine de dragon Duhamel. Mende. Actes du congrès de la Fédération historique du Languedoc.
  • 1956 AUGE A., AUGE H., La Bête du Gévaudan. Augé.
  • 1957 BRUYERE, « La Bête du Gévaudan ». Bulletin des sciences et de l’Académie de Nîmes no 10, 1er trimestre.
  • 1958 ALLA R., « Document inédit sur La Bête du Gévaudan ». Bulletin de la Société des lettres, Sciences et Arts de la Lozère, no 4.
  • 1962 ARIBAUD-FARRERE, La Bête du Gévaudan identifiée. Béziers. Sodiep.
  • 1962 LE GRIEL, Le Mystère de La Bête du Gévaudan. Trois Vérités.
  • 1968 CHEVALLEY Abel, La Bête du Gévaudan, éd. « J’ai lu », (ASIN B0014XVW3Q)
  • 1968 PIC Xavier Abbé, La Bête qui mangeait le monde en pays de Gévaudan et d’Auvergne. Mende. Chaptal. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • 1969 BARTHOMEUF J., La Terrifiante Histoire de La Bête du Gévaudan. Constellation, février.
  • 1970 DELPIERRIE DE BAYAC Jacques, Du sang dans la Montagne, vrais et faux mystères de La Bête du Gévaudan. Fayard, 271 p. Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • 1976 LAGRAVE R., La Bête au temps de la bête (roman). Gévaudan Cévennes.
  • 1976 MENATORY Gérard, La Bête du Gévaudan. Mende.
  • 1977 DECAUX Alain, « La Bête du Gévaudan était-elle un sadique ? », Historia, septembre.
  • 1982 FARRAN J.M., La Bête du Gévaudan. Thèse de doctorat. École nationale vétérinaire de Lyon.
  • 1983 ARQUILLIERE A., La Bête et le maléfice. Évian.
  • 1983 de CHANTAL R., La Fin d’une énigme : la Bête du Gévaudan. Paris. La Pensée universelle.
  • 1984 MENATORY Gérard, L’Énigme de La Bête du Gévaudan.
  • 1984 MENATORY Gérard, La Bête du Gévaudan, Histoire Légende, Réalité. Mende, (ASIN B0014LXC7C)
  • 1985 CROUZET Guy, Quand sonnait le glas au pays de la Bête, Centre régional de documentation pédagogique de Clermont-Ferrand.
  • 1986 POUJADE R., La Bête du Gévaudan : contribution à l’histoire d’un mythe.
  • 1986 TREMOLIN J., Faut-il réhabiliter La Bête du Gévaudan ? Paris. Hachette.
  • 1987 BUFFIERE Félix, La Bête du Gévaudan, une grande énigme de l’Histoire, Toulouse.
  • 1988 CHIRAC A., Au Gévaudan des loups. Maulévrier. Hérault.
  • 1988 DUBOIS R.F., Vie et Mort de La Bête du Gévaudan. Liège. Ogam, 1988 ; réédition 1991.
  • 1988 FERON J., La Bête du Gévaudan. Paris. Livre de Poche Jeunesse.
  • 1989 DUBOIS Raymond Francis, L’enfer n’a pas de porte, le livre de la bête en Gévaudan. Liège. Ogam.
  • 1990 COLIN S., Autour de La Bête du Gévaudan.
  • 1990 DUBOIS R.F., Les Loups du Gévaudan. Modave. Ogam.
  • 1992 LOUIS Michel, La Bête du Gévaudan, L'innocence des loups, Perrin, Paris (ISBN 2262017395 et 978-2262017392)
  • 1994 BAILLON Jacques, Le Loup. Essai de bibliographie. Orléans. Les Naturalistes orléanais, 68 p.
  • 1998 JULLIEN Franz, « La deuxième mort de la Bête du Gévaudan », Annales du Muséum du Havre, no 59, août 1998, éd. du Muséum du Havre.
  • 2004 BOYAC Hervé, La Bête du Gévaudan, Plaidoyer pour le loup, chez l'auteur.
  • 2005 POUCHALSAC Adrien, TUREK Jan, La Bestia, trilogie BD, éditions Bois sans feuille, (ISBN 2916039015)
  • 2007 BOYAC Hervé, La Bête du Gévaudan : Le loup acquitté enfin ! (ISBN 2952183503 et 978-2952183505)
  • 2008 MORICEAU Jean-Marc, La Bête du Gévaudan : 1764-1767 (ISBN 978-2035841735)
  • 2008 MAZEL Eric et GARCIN Pierre-Yves, La Bête du Gévaudan à travers 250 ans d'images, Éditions Gaussen (ISBN 978-2-356980-03-8)
  • 2008-2011 BONET Alain, La Bête du Gévaudan, chronologie et documentation raisonnées complété d'un index des noms et d'une liste des victimes (documents mis en ligne au format pdf par leur auteur depuis 2008 et régulièrement mis à jour).
  • 2011 SMITH Jay M., Monsters of the Gevaudan. The Making of a Beast, Harvard University Press.
  • 2011 TODARO Giovanni, The Man-Eater of Gévaudan: when the serial killer is an animal, 539 pages, 2014, Lulu.com (ISBN 978-1-291-50340-1)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

  • (fr) Site officiel du parc à loups du Gévaudan.
  • (fr) Dans l'ombre de la Bête, site consacré à la bête du Gévaudan.
  • (fr) L'histoire de la Bête du Gévaudan, site consacré à la Bête du Gévaudan.
  • (fr) [PDF] La Bête du Gévaudan, chronologie et documentation raisonnées complété d'un index des noms et d'une liste des victimes. Documents mis en ligne au format pdf par leur auteur, Alain Bonet, depuis 2008. Ils sont actuellement hébergés sur le site Dans l'Ombre de la bête et régulièrement mis à jour). Il s'agit d'une transcription chronologique des documents de référence, sans ajouts ni retraits. Chaque événement connu de l’affaire est signalé à la date où il s’est produit, avec la nature et la date des documents-source. Ces documents sont ensuite cités in-extenso à leur date d’écriture. Un code simple de couleurs permet de différencier les documents officiels des autres, ainsi que des affirmations des historiens et des propres commentaires de l’auteur :
    • En bleu, les extraits de documents officiels d'époque ou affirmations basées sur ces documents.
    • En vert, les extraits de documents non officiels d'époque.
    • En rouge, les assertions des historiens non (ou pas encore) étayés par des documents.
    • En rose des notes sur le contexte historique.
    • En noir des commentaires personnels de l’auteur soulignant des points essentiels ou destinés à faciliter le lien entre les différents documents.
  • (fr) clip du groupe "L'Epaisseur du Trait" sur la Bête du Gévaudan.