Jean Chastel

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Jean Chastel né le au village de Darnes paroisse de La Besseyre-Saint-Mary (France) et mort le est un paysan vivant sous l'Ancien Régime. Il est connu pour avoir tué la Bête du Gévaudan.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jean Chastel, fils d'agriculteur, est né au village de Darnes, désormais sur la commune de La Besseyre-Saint-Mary, dans le département de la Haute-Loire, aux confins du Languedoc et de l'Auvergne. En effet, le Gévaudan tout proche et le Velay étaient dans la province du Languedoc. Il épouse le 22 février 1735, Anne Charbonnier. De cette union naissent neuf enfants. Chasseur émérite, braconnant parfois, Jean Chastel a plusieurs activités comme brassier ou cabaretier selon les sources de l'époque.

En 1764, un animal mystérieux apparaît en Gévaudan et attaque les femmes et les enfants. C'est le que le nom de Jean Chastel est pour la première fois évoqué dans l'affaire. Présent avec ses fils lors d'une chasse à la Bête, il remarque qu'elle boite sur 3 pattes avant de se rétracter lors d'un rapport officiel[1].

Le , alors que François Antoine, porte-arquebuse du roi, mène une battue pour chasser le monstre, une altercation a lieu entre Jean Chastel, deux de ses fils (Pierre et Antoine), et deux garde-chasses (Pélissier et Lachenay)[2]. Sur la base du procès verbal qu'ils rédigent, François Antoine fait emprisonner les Chastel en la prison de Saugues en Gévaudan et donne aux juges et consuls de la ville la consigne suivante : « Ne les laissez sortir que quatre jours après notre départ de cette province !»[3]. Le constat d'une diminution des attaques de la Bête le temps de cet emprisonnement est souvent repris par des auteurs pour faire un lien entre la famille Chastel et la Bête[4].

Vers la fin de septembre, François Antoine abat un gros loup dans le bois de Notre-Dame des Chazes. Ce loup étant considéré par la royauté comme étant la Bête du Gévaudan, les troupes quittent le pays. Mais dès le mois de novembre courent des rumeurs du retour de la Bête et toute l'année 1766 est marquée de nouvelles attaques. Au début de 1767, les pèlerinages se multiplient en Margeride. L'un d'eux est resté célèbre puisque la légende veut que Jean Chastel y aurait fait bénir trois balles fondues à partir des médailles de la Vierge Marie qu'il portait à son chapeau[5].

Le 18 juin, il est rapporté au marquis d'Apcher que la Bête a été vue, la veille, dans les paroisses de Nozeyrolles et de Desges. Elle aurait tué, dans cette dernière paroisse, Jeanne Bastide, âgée de 19 ans, au village de Lesbinières[6]. Le marquis décide de mener une battue dans cette région, sur le mont Mouchet dans le bois de la Ténazeire, le 19 juin. Il est accompagné de quelques volontaires voisins, dont Jean Chastel[7]. Le vieux Chastel tue un animal de grande taille et ressemblant à un loup au lieu dit la « Sogne d’Auvers » près de la forêt de la Ténazeyre paroisse de Nozeyrolles (Auvers actuellement). Depuis ce jour, plus aucune attaque ne fut signalée et l'on considéra que Chastel avait tué la bête du Gévaudan. « (Jean Chastel) tomba (la Bête) d’un coup de fusil qui le blessa à l’épaule. Elle ne bougea guère et d’ailleurs fut assaillie de suite d’une troupe de bons chiens de chasse de M. d’Apchier. Dès qu’on la vit hors d’état de pouvoir faire des victimes, elle fut chargée sur un cheval et portée au château de Besque, paroisse de Charraix dans le Gévaudan, près des frontières d’Auvergne »[8].

Les commissaires du Diocèse récompensent Chastel d'une somme de 72 livres, ce qui est peu. La dépouille de la Bête est emmené à Paris puis enterrée probablement sous l'ancien hôtel de la Rochefoucault [9].

Une stèle à la mémoire de Jean Chastel a été élevée à La Besseyre-Saint-Mary où, à sa mort, sa maison fut brûlée et les cendres recouvertes de sel par des villageois voulant chasser quelque maléfice[réf. nécessaire].

Accusation de Jean Chastel[modifier | modifier le code]

Bien que l'on considère le plus souvent Jean Chastel comme un héros qui a libéré le Gévaudan de la Bête, il existe une thèse selon laquelle il aurait d'abord dressé cet animal à tuer. Surnommé fils de la masco (de la sorcière en patois) et accusé d'être un meneur de loups, Chastel souffre en effet d'une mauvaise réputation fondée sur des vieilles croyances[10].

Les dernières théories évoquent plutôt la participation aux attaques de l'un de ses propres fils, Antoine, que l'on dit autrefois prisonnier de pirates musulmans en Méditerranée[11]. Ce jeune marginal aurait dressé la Bête à tuer sous les ordres du comte de Morangiès, par sadisme ou par vengeance. Mais aucun argument valable n'accrédite ces accusations.

Cinéma et Télévision[modifier | modifier le code]

Sources et références[modifier | modifier le code]

  1. Chronologie et documentation raisonnées - Alain Bonnet (2008)
  2. Félix Buffière, Ce tant rude Gévaudan [détail des éditions], tome II, p. 1163
  3. Félix Buffière, Ce tant rude Gévaudan [détail des éditions], tome II, p. 1164
  4. Éric Mazel, Pierre-Yves Garcin, La Bête du Gévaudan à travers 250 ans d'images, p. 47
  5. Félix Buffière, Ce tant rude Gévaudan [détail des éditions], tome II, p. 1169
  6. François Fabre, La bête du Gévaudan, édition complétée par Jean Richard, édition De Borée, 2006, Annexes : tableau des victimes de la Bête
  7. François Fabre, La bête du Gévaudan, édition complétée par Jean Richard, édition De Borée, 2006, chapitre XX
  8. Chronologie et documentation raisonnées - Alain Bonnet (2008)
  9. La Gazette de la Bête - Numé€ro 11 (2010)
  10. La Bête du Gévaudan – Michel Louis (1992, Perrin 2003)
  11. La Bête du Gévaudan – Michel Louis (1992, Perrin 2003)

Articles connexes[modifier | modifier le code]