Tigre

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Tigre
 Tigre du Bengale (Panthera tigris tigris)
Tigre du Bengale (Panthera tigris tigris)
Classification classique
Règne Animalia
Embranchement Chordata
Sous-embr. Vertebrata
Classe Mammalia
Sous-classe Theria
Infra-classe Eutheria
Ordre Carnivora
Sous-ordre Feliformia
Famille Felidae
Sous-famille Pantherinae
Genre Panthera
Nom binominal
Panthera tigris
(Mazak, 1968[1])
Statut de conservation IUCN :

EN C2a(i) : En danger
Schéma montrant le risque d'extinction sur le classement de l'IUCN.

Statut CITES : Annexe I ,
Révision du 22-10-1987
Répartition géographique

     /    En 1900
     /    En 1990

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Le Tigre (Panthera tigris) est un mammifère carnivore de la famille des félidés (Felidae) du genre Panthera. Originaire de l'Asie, c'est le plus grand des félins à l'état sauvage et un superprédateur. Le tigre est une espèce menacée, la majorité des tigres vivent maintenant en captivité et en 2008, on estime leur population à 2 500 spécimens adultes[2] dont 1 411 individus en Inde[3].

Sommaire

[modifier] Dénomination, étymologie et sémantique

L'œil de tigre rappelle la couleur de l'iris du tigre.

La femelle du tigre est la « tigresse ». Le terme « tigreau » est proposé par l'office québécois de la langue française pour désigner le petit du tigre[4],[Note 1], mais n'existe pas dans la plupart des dictionnaires[5].

Le mot « tigre » dérive du grec ancien τίγρις via le latin tigris. Le mot grec lui-même dériverait du persan ancien tigrâ signifiant « flèche » (du radical tij qui signifie « aiguiser»)[6]. Deux adjectifs dérivent du mot tigre : « tigré », rayé comme un tigre et « tigresque », qui désigne tout ce qui a un rapport avec le tigre[7].

En zoologie, le terme tigre a aussi désigné, par extension, nombre de félins à la robe tachetée ou rayée : par exemple, les expressions « tigre d'Amérique », « tigre du Brésil », « tigre de Guyane » et « tigre noir » ont anciennement désigné le jaguar (Panthera onca)[6]. Par ailleurs, on appelle encore « chat-tigre » l'oncille (Leopardus tigrinus). Plusieurs autres animaux ont un nom composé du terme tigre, soit parce qu'ils sont rayés comme le requin tigre ou le tigre de Tasmanie, soit parce qu'ils font des ravages (tigre du poirier, serpent-tigre).

Le sens du mot tigre reste empreint d'agressivité, ainsi on dit d'un homme ou d'une femme féroce et impitoyable qu'il est un tigre ou une tigresse, et on peut être « jaloux comme un tigre »[7],[6]. À l'inverse, on parle de « tigre de papier » pour désigner quelque chose d'apparence effrayante mais en réalité inoffensif.

[modifier] Description

[modifier] Corps

On reconnaît le squelette du tigre de celui du lion par la longueur de ses membres et de celui du léopard par sa taille plus importante.

Le tigre est le plus grand félin sauvage, c'est également le plus gros prédateur sur la terre ferme derrière l'ours kodiak et l'ours polaire. Ce félin a un corps plus court que celui du lion, ce qui le fait paraître beaucoup moins allongé. Les mensurations du tigre varient fortement d'une sous-espèce à l'autre : un tigre de Sumatra mâle ne pèsera pas plus de 140 kg pour 2,3 mètres de longueur totale tandis qu'un tigre de Sibérie peut atteindre les 300 kg pour 3,3 mètres de long[8]. La hauteur au garrot du tigre peut donc varier de 0,85 à un mètre, sa longueur totale avec la queue de 2 à 3,7 mètres et son poids de 65 à 300 kg[9]. Le record de poids est détenu par un tigre de Sibérie abattu en 1950 : il pesait 384 kg[10].

Les oreilles sont arrondies, leur face externe est noire avec une large tache blanche au milieu. Les pupilles sont rondes, l'iris est de couleur dorée à verte, parfois bleue. Le nez est rose avec quelquefois des taches noires, les vibrisses sont abondantes sur un museau court. Le front est bombé. Le cou est recouvert d'une fourrure beaucoup plus dense et épaisse formant une collerette, surtout chez le mâle. Les canines du tigre sont les plus longues de tous les félins actuels : elles peuvent atteindre une longueur de neuf centimètres. Comme tous les membres du genre Panthera, l’os hyoïde est partiellement ossifié, ce qui lui permet de rugir[11].

[modifier] Robes

La robe du tigre est un camouflage efficace.

Le tigre a une fourrure de couleur jaune clair à orange foncé rayée de noir. Le pelage est blanc crème sur la face interne des membres, la poitrine, la gorge ainsi que sur les joues, la mâchoire inférieure et le dessus des yeux. Les rayures de couleur noires sont plus ou moins abondantes selon les sous-espèces, parfois doubles sur les flancs. Elles sont différentes d'un individu à l'autre et même d'un flanc à l'autre et forment une véritable « carte d'identité » ou « code barre » pour le tigre[12]. Les tigres vivants dans les forêts sont en général plus sombres et ont un nombre de rayures plus important. En hiver, le poil s'éclaircit et devient plus dense, notamment pour le tigre de Sibérie[9]. La queue est d'abord rayée puis devient annelée à son extrémité.

Le tigre blanc, parfois présenté dans les zoos voire les cirques, n'est pas une sous-espèce ni une race géographique du tigre. Quelques spécimens sauvages furent observés en Inde, mais c'est un individu capturé en 1951, Mohan, qui est devenu l'ancêtre de la plupart des tigres blancs captifs[8]. Il s'agit d'une anomalie génétique qui ne correspond pas à l'albinisme (même si des cas peuvent exister) mais au leucistisme. Les tigres blancs, dits tigres blancs royaux, ont des rayures noires à brunes sur fond blanc avec des yeux bleus.

Les tigres albinos existent : leur corps ne produit pas de mélanine ou celle-ci est mal synthétisée. Ils sont totalement blancs, sans aucune rayure. Leurs yeux sont rouges ou roses.

Le tigre doré, ou golden tiger, a un pelage blanc avec des restes de roux formant des sortes de rayures. Ses yeux sont bleus.

Des tigres noirs ont été signalés de temps en temps, mais la seule preuve de leur existence est une peau confisquée par la police en octobre 1992. La robe présente un élargissement anormal des rayures qui se rejoignent totalement sur le dos et la tête, provoquant l'illusion d'un tigre noir. Cette robe particulière pourrait être due à l'expression d'un gène agouti et n'est pas un cas de mélanisme[13].

[modifier] Performances physiques

Un tigre marchant au pas fait des foulées de 55 à 80 cm de long. La trace de patte mesure 10 à 14 cm de large et 16 cm de long[14]. C'est un excellent nageur. Il traverse facilement les cours d'eau larges de 6 à 8 km et le record est détenu par un tigre de Sumatra ayant traversé un bras de mer de 29 km de large[13]. Le tigre peut courir à la vitesse maximale de 50 km/h, mais sur de très courtes distances, de l'ordre de vingt mètres[15].

[modifier] Taxinomie et évolution de l'espèce

[modifier] Évolution de l'espèce

La lignée des panthères, les Pantherinae, a divergé il y a 10,8 millions d'années de l'ancêtre commun des Felidae, puis il y a 6,4 millions d'années, la lignée des panthères nébuleuses Neofelis et celle des Panthera et de Uncia divergent[16]. Le plus vieil ancêtre commun au Panthera dont on possède des fossiles est Panthera palaeosinensis, qui vivait de la fin du Pliocène au début du Pléistocène. Le tigre est apparu bien avant le jaguar, le léopard et la panthère. On localise en général le berceau de l’espèce dans l'est et le nord-est de l'Asie. Le territoire du tigre se serait ensuite étendu sur les îles de la Sonde puis vers l'Inde. Des preuves fossiles de sa présence au Japon et sur l'île de Bornéo ont également été retrouvées[17]. Il y a 73 000 ans, le tigre frôla l'extinction en raison des éruptions du volcan Toba à Bornéo, ce qui peut expliquer la faible diversité génétique de l’espèce actuelle[16].

Arbre phylogénétique du genre Panthera[16]

   Felis   



 Panthera leo - Lion



 Panthera pardus - Panthère ou léopard




 Panthera onca - Jaguar





 Panthera tigris - Tigre



 Uncia uncia - Panthère des neiges ou once




[modifier] Sous-espèces

Article détaillé : Sous-espèce du tigre.

La première description du tigre a été effectuée par Linné en 1758 dans son livre Systema Naturae. L'espèce Panthera tigris comprenait traditionnellement huit sous-espèces différentes ; toutefois, en 2004, une étude menée sur trois marqueurs génétiques différents de 130 tigres a révélé une nouvelle sous-espèce, le tigre de Malaisie (Panthera tigris jacksoni)[18]. La classification à neuf sous-espèces a été adoptée par l'UICN en 2008[1] puis par des fondations de protection du tigre comme Save the tiger fund ou 21st Century Tiger[19]. Cet ajout de sous-espèce s'accompagne d'un changement d'auteur (de Linné à Mazák)[1]. La base de donnée NCBI ne reconnait quant à elle que les six sous-espèces encore vivantes[20] et celle du SITI est restée au modèle à huit sous-espèces[21]. Les recherches sur les sous-espèces de tigres se poursuivent afin d'établir des plans de sauvegarde les plus adaptés possible[22],[Note 2].

Les neufs sous-espèces présentées ici sont celles reconnues par l'UICN, parmie elles on compte trois sous-espèces éteintes :

  • Tigre de Sibérie (Panthera tigris altaica) : c'est le plus grand des tigres. Sa robe est pâle avec des rayures plus brunes que noires. Les mâles ont souvent un épais collier de poils blancs autour du coup. Ses populations s'étendent sur la Mandchourie, le Nord-Est de la Chine, la Russie et peut-être la Corée du Nord.
  • Tigre de Chine méridionale (Panthera tigris amoyensis) : De taille assez compacte, ses rayures sont très espacées, courtes et larges. Sous-espèce en danger critique d'extinction, on trouve les derniers tigres chinois dans une réserve du sud de la Chine. Il fut déclaré « nuisible » par Mao Zedong ce qui précipita son déclin. Le gouvernement chinois tente de sauver les derniers spécimens.
  • Tigre de Bali (Panthera tigris balica) : ressemblant au tigre de Sumatra, il était très méconnu au moment de sa disparition, au début des années 1930. On ne le trouvait que sur l'île de Bali.
  • Tigre d'Indochine (Panthera tigris corbetti) : assez petit, sa robe est de couleur foncée, avec des rayures plus fines et plus nombreuses que le tigre du Bengale. Les marques blanches sont plus prononcées. Son aire de répartition couvre la Thailande mais aussi le sud de la Chine, le Cambodge, le Myanmar, le Laos, le Viêt Nam.
  • Tigre de Malaisie (Panthera tigris jacksoni) : sous-espèce décrite en 2004, elle ressemble au tigre d'Indochine et vit en Malaisie.
  • Tigre de Java (Panthera tigris sondaica) : sous-espèce éteinte, le dernier tigre de Java a été aperçu en 1972 et il a probablement disparu dans les années 1980, suite à la production intensive de teck. Il ressemblait au tigre de Sumatra et ne se rencontrait que sur l'île de Java.
  • Tigre de Sumatra (Panthera tigris sumatrae) : c'est la plus petite sous-espèce de tigres encore vivantes. La robe est très foncée, le blanc de l'abdomen est moins étendu, et les rayures sont doubles, fines et très serrées. Les mâles ont la particularité de posséder un col de fourrure épaisse autour du cou. Il n'est présent que sur l'île de Sumatra.
  • Tigre du Bengale (Panthera tigris tigris) : il a des rayures assez espacées sur fond brun orangé. On le trouve principalement en Inde, mais aussi au Bangladesh, au Bhoutan, au Népal, à l'ouest du Myanmar et dans le sud de la Chine. C'est la sous-espèce la plus répandue.
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[modifier] Hybrides

Un couple de ligres dans un parc de Corée du Sud.
Articles détaillés : Félin hybride, ligre et tigron.

Des croisements en captivité ont eu lieu entre tigre et lion. Le ligre est le fruit du croisement entre un lion et une tigresse, le tigron celui d'un tigre et d'une lionne. Le ligre est en général plus grand que ces deux parents tandis que le tigron est plus petit. Ils possèdent des caractères physiques à mi-chemin entre ceux de leur père et ceux de leur mère et sont capable autant de rugir que de feuler. Selon le site Messybeast, la différence de taille entre le ligre et le tigron est due à un gène soumis à empreinte, c'est-à-dire d'un gène qui s'exprime différemment selon le sexe[23],[Note 3]. Les ligres et tigrons femelles sont parfois fertiles avec l’une des espèces dont ils sont issus. Ces croisements ne peuvent se produire qu’en captivité car tigres et lions ne se rencontrent que très peu dans la nature[24]. Souvent issus de croisements forcés pour obtenir un félin « hors norme », ces hybrides, sans utilité pour la conservation des espèces, souffrent souvent de problèmes de santé physique et mentale[25].

Le dogla serait le croisement entre un léopard mâle et une tigresse et le tigard le croisement entre un tigre et un léopard femelle[26].

[modifier] Comportement

[modifier] Territorialité

Les tigres aiment l'eau et se reposent souvent dans une mare ou un étang aux périodes chaudes de la journée[27].

Solitaire, le tigre n'aime pas partager son domaine avec d'autres congénères, notamment les mâles. Le tigre mâle possède un territoire qui englobe deux à trois domaines réservés aux femelles, le record étant de sept femelles sur le territoire d'un mâle[28]. Les mâles parcourent leur territoire régulièrement, ce qui peut prendre plusieurs semaines[29].

Tous les tigres, mâles ou femelles, marquent leur territoire avec leur urine ou leurs excréments. Afin d'éviter les intrus, ils peuvent également signaler leur présence en griffant l'écorce des arbres. En dehors des périodes de reproduction, ou lorsque la femelle élève sa progéniture, les rencontres sont évitées : Kailash Sankhala a observé qu'un couple de tigres dans un même enclos du zoo de Delhi n'empruntaient jamais les mêmes chemins et avaient des zones séparées dans leur espace pourtant réduit en dehors du cycle œstral de la femelle[30].

On rapporte quelques exceptions à la solitude des tigres : ce sont souvent des mâles qui restent près des femelles, et qui parfois acceptent de partager une proie. De jeunes tigres issus d'une même fratrie s'allient parfois pour capturer de plus grosses proies. Toutefois, ces comportements ne sont pas fréquents, et les rencontres entre tigres se réduisent souvent à la période de reproduction[31].

Le tigre possède souvent plusieurs tanières sur son territoire, et il utilise la mieux adaptée à ses besoins du moment. Le territoire d'un tigre varie énormément selon la densité de proie. Par exemple, dans certaines régions d'Inde ou du Népal, où les proies sont abondantes, le territoire des mâles couvrent entre 30 et 72 km2 et celui des femelles peut-être inférieur à 20 km2. Mais en Sibérie, où les proies sont rares, il faut 800 à 1 000 km2 de territoire pour un mâle et jusqu'à 400 km2 pour une femelle[27].

[modifier] Vocalisations

Le tigre a un long répertoire de vocalisations, différentes selon leur utilisation : indication de présence, appel d'une femelle, cri d'attaque.... Les rugissements peuvent s'entendre à trois kilomètres de distance[32], ils sont généralement utilisés pour signaler leurs présence aux femelles et aux tigres de passage, mais peuvent parfois indiquer que la chasse a été couronnée de succès[32].

Une des vocalisations du tigre reste encore « inexplicable » : il s'agit d'une sorte de « pook », qui ressemble au cri du sambar. Sa fonction est encore inconnue[32].

Le tigre pousse aussi un « ouff » nasal, une sorte de renâclement : ce cri amical porte le nom allemand de prusten. Dans la nature, il est émis lorsque deux tigres se rencontrent sur un territoire neutre. Ce son n'est émis que par deux autres félins : la panthère des neiges et le jaguar[32].

Les tigres ne ronronnent qu'à l'expiration, alors que les félinés ronronnent également à l'inspiration.

[modifier] Chasse et alimentation

[modifier] Méthodes de chasse

Le tigre est un prédateur crépusculaire : il chasse de préférence au lever et au tomber du jour, mais peut aussi chasser durant la journée[28]. Il chasse à vue et à l'oreille et utilise assez rarement son odorat pour cette activité[33]. Le tigre préfère attaquer des individus jeunes ou âgés, moins résistants.

Le tigre approche de sa proie à l'affût et l'attaque par le côté ou par l'arrière. Si sa proie est petite, le tigre la tue en lui brisant les vertèbres cervicales, si elle est grosse, il préfère la mordre à la gorge et ainsi l'étouffer[28]. La morsure à la gorge permet d'éviter les cornes et les sabots de ces proies et les empêchent de se relever[34]. Le tigre est habitué à tirer la carcasse dans les fourrés pour la dévorer au calme ; il peut aussi la recouvrir de feuilles mortes ou de terre pour la cacher[27]. Il arrive que plusieurs tigres chassent ensembles[28] : dans le parc national de Ranthambore en Inde, on a observé deux mâles et trois femelles rabattre la proie vers un des membres du groupe. Ce genre de comportement est cependant assez rare[27].

Le pourcentage de réussite d'une chasse varie selon les individus et l'habitat : par exemple, dans le parc national de Ranthambore, seules 10 % des chasses sont couronnées de succès, tandis que dans les forets denses du parc national de Kanha, la moyenne est à 5 % de réussite[35].

[modifier] Alimentation

Une tigresse du Bengale seule consomme six kilogrammes de viande par jour, ce qui, selon la taille des proies, représente 40 à 70 prises par an[35]. Un tigre a en moyenne besoin de chasser une grosse proie tous les sept à dix jours[27]. Un tigre peut manger de 14 à 40 kg de viande une seule fois, en commençant par l'arrière-train[34].

Le tigre se nourrit uniquement de viande, c'est un animal carnivore. Les principales proies du tigre sont de poids moyen (de cinquante à deux cents kilos), il s'attaque principalement aux sangliers et aux cerfs[28]. Le régime alimentaire du tigre varie selon les sous-espèces et selon son habitat ; il inclut le gaur, le sambar, le buffle, cerf axis, le singe, etc. Il s'attaque parfois aux épineux porcs-épics, mais aussi à des proies plus grosses comme des ours, des léopards, de petits rhinocéros et des éléphants[28] ou des crocodiles[29]. Le tigre aime également le poisson, qu'il pêche dès qu'il le peut.

Grâce à ses pattes arrière plus longues que celles antérieures, ce dernier possède un don pour le saut. De plus, celui-ci dispose de puissantes épaules musclées. Ce prédateur détient un physique adapté pour de grosses proies, tout comme chez d’autres imposants félins.

Prédateur opportuniste, le tigre ne refusera pas à s'attaquer au bétail, ni à une charogne[31]. Si nécessaire, il peut aussi se montrer cannibale[31].

[modifier] Mangeur d'homme ?

Le tigre est le félin ayant la plus forte réputation de mangeur d'hommes notamment en Inde. Cela ne signifie pas que l'être humain fait partie intégrante de son régime alimentaire, mais il arrive que certains individus s'attaquent à l'homme, surtout en Inde.

Les cas célèbres de tigres mangeurs d'homme ne manquent pas. La tigresse surnommée « la mangeuse d'homme de Champawat » qui fut abattue par le chasseur Jim Corbett en 1907 avait tué pas moins de 438 personnes[15] en huit ans[27]. Depuis le début du XXe siècle, les victimes sont beaucoup moins nombreuses, mais dans les années 1950, on compte près de 5 000 morts par an[15].

Les principaux accidents mortels se produisent lors d'une mise en contact fortuite entre l'homme et l'animal qui a poussé le tigre surpris à attaquer. Néanmoins, la perte des canines, essentielles lors de la mise à mort, est un facteur déterminant : le tigre, incapable de se nourrir de grosses proies, se rabat sur des proies plus faibles, et notamment l'homme. Ce fait, noté par Jim Corbett, est corroboré par un témoignage de Pierre Pfeffer : un tigre blessé à la mâchoire par un coup de crosse revint par la suite se nourrir de chair humaine[15]. Les tigresses peuvent transmettre le goût de la chair humaine à ses petits et perpétuer ainsi une lignée de mangeurs d'homme[15].

Les Sundarbans, essentiellement composées de forêts de mangroves situées à l'embouchure du Brahmapoutre, abritent les derniers tigres mangeurs d'homme : de 1948 à 1986, plus de 800 personnes ont été tuées[28], et on compte chaque année une cinquantaine de victimes[27]. Le comportement de ces tigres reste inexpliqué. Plusieurs méthodes dissuasives ont été testées afin de préserver les habitants de la région. Le port d'un masque à l'arrière du crâne semble être efficace car les tigres ont l'habitude d'attaquer dans le dos[27].

[modifier] Reproduction, élevage des jeunes et décès

Article détaillé : Cycle de vie du tigre.

La période de reproduction peut avoir lieu à n'importe quel moment de l'année, mais il y a un pic qui varie selon la zone géographique[Note 4].

Durant l'œstrus qui dure plus de neuf jours[8], la femelle signale sa présence par des gémissements et des rugissements répétés accompagnés d'un marquage olfactif plus fréquent. Lors de la cour, les contacts sont fréquents : les tigres se mordillent la gueule, se frottent l'un contre l'autre. Lorsque la femelle est prête, elle adopte la position typique des félins : elle s'assied, les pattes avant allongées devant elle et les pattes arrière à demi-pliées, le mâle la pénètre et la saisit par la peau du coup lors de l'éjaculation. Enfin, la tigresse se dégage violemment et se retourne fréquemment contre le mâle, avant d'entamer une période de repos[36]. Ils s'accouplent plusieurs fois, nuit et jour : l'accouplement est bref mais peut se répéter plusieurs fois par jour[37].

La femelle met au monde dans un endroit isolé[Note 5] deux à trois petits en moyenne, sept au maximum après 93 et 114 jours de gestation[8]. L'intervalle entre deux naissances est en général de 10 à 20 minutes. Entre chaque mise bas, la tigresse mange le cordon ombilical, l'amnios et le placenta[36]. Les jeunes tigres restent aveugles jusqu'à six à quatorze jours ; ils pèsent à la naissance de 750 à 1 600 g.

C'est la femelle qui s'occupe de l'éducation des petits ; le tigre ne participe pas à leur éducation. La tigresse n'hésite pas à les déplacer fréquemment d'une tanière à l'autre pour les protéger d'éventuels prédateurs. Ils commencent à jouer dès un mois[38] ; la tigresse ne laisse pas sa portée toucher à de la viande avant quarante jours et le sevrage a lieu à deux mois[36].

Les jeunes restent avec leur mère pour apprendre à chasser. Contrairement aux lions, les jeunes tigres mangent en premier et ce n'est que lorsqu'ils sont rassasiés que la tigresse entame son repas. La tigresse se montre également très protectrice et éliminera ou évitera tout danger potentiel (tigres mâles, y compris le père, hommes, etc.). Vers un an, les jeunes sont capables de chasser seuls[38]. Les conflits autour des proies se multiplient vers dix-huit à vingt-et-un mois et les mâles sont les premiers à quitter le cercle familial, suivi par les femelles[36].

Dans la nature, les tigres atteignent leur maturité sexuelle à l'âge de trois ou six ans pour les mâles et aux alentours de trois ans pour la femelle[8]. Le tigre ne peut plus se reproduire à partir de quatorze ans[39]. La mère retourne en cycle œstral dix-huit à vingt mois après la naissance des jeunes tigres[36].

Une étude faite au parc national du Chitwan, au Népal, a révélé une mortalité infantile de 34 % pour les jeunes de moins d'un an et de 29 % pour la deuxième année. Pour la première année, 73 % des décès étaient dus à la perte de la portée entière pour cause d'inondation, d'incendie ou d'infanticide. Cette dernière raison est d'ailleurs la cause principale de mortalité des tigres de moins d'un an ; les jeunes tigres sont parfois tués par les autres mâles qui viennent s'emparer du territoire de leur père[13]. Pour la deuxième année, la perte d'une portée entière est beaucoup plus rare : elle atteint 29% des décès[40],[39]. La durée de vie d'un tigre est estimée à 26 ans en captivité et à 15 ans en liberté[8].

[modifier] Écologie et répartition

[modifier] Habitat du tigre

La forêt dense est le principal habitat du tigre.

Le tigre s'accommode de plus de deux cents habitats différents[28]. Des forêts humides tropicales aux bois de conifères et de bouleau de Russie d'extrême-Orient en passant par les mangroves des Sundarbans, le tigre fait preuve d'une grande adaptabilité, même s'il marque une préférence pour les terrains avec une grande végétation qui lui confère un bon terrain de chasse et un bon abri[28]. En 2008 au Bhoutan, alors qu'on pensait que le tigre ne se rencontrait que jusqu'à 3 000 mètres[28], des empreintes et des photographies de tigre ont montré qu'on pouvait trouver ce prédateur entre 3 700 et 4 300 mètres : il se pourrait que le tigre soit repoussé sur des altitudes plus élevées soit en raison du réchauffement climatique, soit à cause de la pression exercée par l'homme ; une autre hypothèse serait que le tigre ait toujours vécu à de telles hauteurs mais n'aurait jamais été observé jusqu'à présent[41].

[modifier] Répartition

L'aire de répartition du tigre ont fortement régressé depuis le XIXe siècle. Elle s'étendait de l'est de la Turquie à l'extrême-Orient de la Russie ainsi que sur les îles de Sumatra, de Java et de Bali : cela recouvrait presque toute l'Asie, à l'exception de la chaîne de l'Himalaya.

Aujourd'hui, les derniers tigres ne survivent plus que dans quatorze pays : l'Inde, le Népal, le Bhoutan, le Bengladesh, le Myanmar (ex-Birmanie), le Laos, la Thaïlande, le Cambodge, la Malaisie, l'Indonésie (île de Sumatra), la Chine, la Russie et peut-être en Corée du Nord. Les populations de la péninsule indochinoise sont disjointes. C'est en Inde que les tigres sont les plus nombreux[28].

[modifier] Conservation de l'espèce

[modifier] Menaces

[modifier] Ennemis naturels

Le tigre a peu d'ennemis naturels. Toutefois, les meutes de dholes peuvent attaquer et tuer un tigre. Il arrive aussi que des ours ou des tigres mâles tuent les jeunes tigres[42].

[modifier] Chasse

Deux tigres rabattus sur la ligne de chasse lors d’une chasse du roi Georges V à dos d’éléphants en Inde en 1912.

«  Par contre, nous affirmons qu'il faut beaucoup de poudre et beaucoup de plomb pour chasser le tigre. [...] Je propose donc la carabine double, calibre de dix-huit millimètres, avec balle cylindro-conique, légèrement forée à l'arrière.  »
    — A. Thomas-Anquetil, 1866[43]

La chasse aux trophées a été une cause importante de régression du tigre au cours du XIXe siècle et du début du XXe siècle. La chasse au tigre était en effet un sport apprécié des colons et des maharadjahs. Des battues étaient organisées durant lesquelles les tigres avaient bien peu de chance de survivre. Le tigre, animal craint pour sa force et sa cruauté présumée, était le prédateur à tuer pour sa gloire personnelle. Le félin était également un mangeur d'homme, et cette chasse intensive visait aussi à réduire sa population[44].

A la fin du XIXe siècle, quelques chasseurs s’inquiètent de la raréfaction des tigres : par exemple, le capitaine du corps du personnel du Bengale signale en 1882 que seuls deux ou trois tigres pouvaient être tués en deux semaines tandis qu’aux temps plus anciens, une douzaine était tuée pour le même intervalle[45].

Le commerce des peaux a également accéléré cette chasse. Au début du XXe siècle, une peau valait 200 roupies et un tapis avec tête montée 300. Les fourrures étaient négociées par les marchands locaux puis vendues comme souvenirs dans les grandes villes indiennes aux touristes européens[45]. Durant les années 1950 à 1960, on estime que plus de trois milles tigres ont été tués comme trophées[46].

La chasse au tigre est à présent interdite dans tous les pays où vit ce félin. Le braconnage et la perte de son habitat et des ses proies sont à présent les principales causes du déclin des populations.

[modifier] Destruction de son habitat

Le tigre souffre de la destruction de son habitat. Aujourd'hui, le recul des forêts et des habitats naturels, la croissance démographique, la disparition de ses proies et l'avancée des zones cultivées ainsi que de la pollution aggravent cet état. Les individus de moins en moins nombreux, et parfois de plus en plus éloignés les uns des autres sur des espaces fragmentés, ont du mal à se rencontrer et reproduire.

Les incendies de forêts, l'utilisation de poison et la perpétuation d'un trafic ou commerce de peau et sous-produits pour certaines médecines traditionnelles continuent à peser sur sa survie.

[modifier] Médecine asiatique traditionnelle

En Asie on utilise certaines parties du corps du tigre pour fabriquer des médicaments. La population a en effet inventé beaucoup de mythes et croyances. Leur efficacité n'a pas de justification, et ces pratiques continuent de hâter la disparition de l’espèce[47],[48].

[modifier] Protection

[modifier] Historique des actions de protection

La chasse au tigre devient interdite en 1970, mais c'est en 1973 que le Projet Tigre est lancé par Indira Gandhi en Inde[49] : les parcs nationaux sont transformés en réserves, dont il est interdit d'accéder au cœur, afin de réserver un centre de reproduction au tigre. Des zones tampons, où les autorités règlementent le passage, sont aménagées. Le programme fonctionne : dans les années 1980, les autorités indiennes annoncent que les populations de tigre ont plus que doublées[49]. Toutefois, le projet s'essouffle après la mort de Gandhi en 1984 : les pressions populaires pour exploiter les forets sur les politiciens locaux réduisent les zones tampons, pressions d'autant plus écoutées que le pouvoir se décentralise de New Delhi et que les populations s'accroissent, réclamant toujours plus d'espace. Les résultats du Projet Tigre sont aussi critiqués : le comptage des tigres se faisait par l'identification des empreintes des pattes, méthode peu précise, et les administrateurs avaient tendance à gonfler leurs résultats pour justifier l'argent versé par l'État[49].

A partir de 1986, on découvre avec surprise que les tigres « disparaissent » : on prend alors conscience du braconnage à des fins de pharmacopée traditionnelle chinoise. Ce n'est en effet qu'à partir de la fin des années 1980 que le braconnage fait surface : jusqu'à présent, les tigres de Chine « suffisaient » à répondre à la demande. Il est difficile de chiffrer l'impact du braconnage sur les populations de tigre indien, la Wildlife Protection Society estime que 94 tigres sont tués en 1994 et 116 en 1995[49]. De plus, le braconnage des tigres est lié à celui du chiru, une antilope tibétaine dont la laine est très prisée : les os de tigre sont échangés contre la laine de chiru récupérée sur la carcasse[49]. La révélation du braconnage provoqua une crise au sein de la communauté des conservateurs : tous les efforts menés semblaient vain, le trafic d'os de tigre se perpétuant aussi en Indochine et en Sibérie. Après de nombreuses querelles entre partisans de la conservation in situ et ex situ, après diverses propositions peu réalistes[Note 6], des actions internationales furent menées[50] :

  • En 1994, les représentants de nombreux pays où vivent les tigres se réunissent pour lutter ensemble contre le commerce illégal du tigre ;
  • En 1995, la campagne Save the tiger fund, financée par la société Exxon et le National Fish and Wildlife Foundation, a pour objectif de renforcer l'action des réserves[51], par exemple en instaurant des couloirs forestiers pour éviter l'isolement des populations de tigres, et de stopper le commerce illégal[52].
  • L'interdiction du commerce d'os de tigre en Chine fut le résultat de nombreuses pressions exercées par la communauté internationale.

[modifier] Statut légal

L'ensemble des sous-espèce de tigre est classée en annexe I de la CITES depuis 1975, excepté le tigre de Sibérie qui appartint à l'annexe II de la CITES jusqu'en 1987[53], ce qui signifie que son commerce est interdit sauf autorisation exceptionnelle[Note 7].

L'espèce est également considérée comme En danger (EN) par l'UICN depuis 1986[1]. Les sous-espèces peuvent avoir un statut différent : le tigre de Sibérie fut considéré comme En danger critique d'extinction (CE) de 1996 à 2008 avant de retrouver son statut d'En danger[54], le tigre de Chine et le tigre de Sumatra sont considérés comme En danger critique d'extinction depuis 1996[55],[56], et les tigres de la Caspienne, de Bali et de Java sont considérés comme Éteints (EX).

Le tigre est protégé par la législation nationale de l'ensemble des pays où il est présent à l'état sauvage[38].

[modifier] Présence in situ

En 1900, on estime que la population de tigre atteignait 100 000 individus dont 40 000 en Inde[38]. En 2009, le nombre de tigres à l'état sauvage n'excède pas 6 000 individus, les tigres du Bengale étant les plus nombreux[réf. nécessaire]. On estime que pour que le bassin génétique d'une espèce soit viable, il ne faut pas que sa population descendent en-dessous de 5 000[57].

Actuellement, il y a en Inde vingt-trois réserves naturelles spécialement créées pour la préservation du tigre. Au Népal, trois réserves peuvent prétendre à héberger des tigres : il s'agit du parc national royal de Chitwan et des réserves royales de faune de Bardia et de Sukhla Phanta. Le tigre est présent dans dix-neuf réserves en Thaïlande, quatorze aires protégées du Viêt Nam, cinq réserves à Sumatra[38], trois réserves en Russie et une en Chine[38].

[modifier] Présence ex situ

L'élevage conservatoire permet de maintenir une population de tigres vivante quoi qu'il arrive à la population sauvage, mais également, grâce à l'affection du public pour cette espèce de soutenir les programmes de protection in situ : par exemple, la campagne Tigre, troisième campagne de protection de la vie sauvage menée par l'association européenne des zoos et aquariums (EAZA), a permis de récolter plus de 700 000 € pour l'association 21st Century Tigers[59]. Une autre action des zoos est de permettre des actions de recherche sur le tigre afin de mieux connaître sa biologie. Toutefois, les tentatives de réintroduction de tigres nés en captivité n'ont pas été couronnées de succès[57].

Afin de garder l'espèce en vie de façon pérenne, les zoos s'organisent pour maintenir la variabilité génétique des spécimens captifs. Le tigre de Sibérie et celui de Sumatra font l'objet d'un programme européen d'élevage (EEP)[60]. Ces deux sous-espèces ainsi que la sous-espèce indochinoise font également partie d'un programme américain pour les espèces menacées (SSP)[61].

Le tigre se reproduit très bien en captivité, ce qui conduit certains zoos à utiliser des moyens de contraception pour réguler les populations, et parfois l'euthanasie[62]. Il est probable que les tigres en captivité soient plus nombreux que les tigres sauvages, si on prend en compte les individus issus d'hybridation entre sous-espèces. En 2004, le studbook international compte 660 tigres[59]. Le 19 mars 2009, un peu plus de 1 400 tigres sont inscrits sur la base ISIS : parmi ceux-ci, plus de 400 tigres de Sibérie, presque 300 tigres du Bengale, plus de 200 tigres de Sumatra et une cinquantaine de tigres de Malaisie et de tigres d'Indochine et pour finir, 390 tigres à l'origine non spécifiée ou issus d'hybridation[63].

Les tigres sont également des animaux très prisés dans les zoos privés, où les conditions de détention sont parfois contraires aux droits des animaux : ces tigres souffrent souvent de problèmes nutritionnels ou font l'objet d'un élevage intensif[59]. Les ménageries des cirques contiennent également de nombreux tigres pour les spectacles de domptage : les conditions de détention de ces animaux sont également décriées par les associations de droit des animaux, qui dénoncent des cages trop exigües et des méthodes de dressage violentes[64]. Toutefois, des parcs pour animaux retraités du cirque existent, comme celui du cirque Pinder[65].

Enfin, il existe des centres d'élevage en captivité dont la seule préoccupation est d'accroitre le nombre de ces félins à des fins commerciales : par exemple, un tigre blanc peut se vendre à 60 000 $[66]. En Chine, ses centres d'élevage, couramment appelés « fermes d'élevage », sont apparus lors de l'interdiction du commerce de parties de tigre en 1993. Il s'agissait alors d'un investissement spéculatif dans l'espoir que cette interdiction soit levée ; ils pratiqueraient le trafic d'os et d'organes de tigres[67]. Les quelques 5 000 tigres ainsi élevés étant devenus un gouffre financier, les propriétaires de ces fermes d'élevage ont alors fait pression pour que l'interdiction soit levée, au moins uniquement pour la Chine, mais la CITES a rejeté leur demande lors la 14e réunion des Parties en 2007[68].

[modifier] Représentations du tigre

[modifier] Mythologie, légendes et religions

Le tigre a une place importante dans la mythologie et les croyances asiatiques. Dans la religion hindoue, Shiva, dieu de la destruction, est représenté vêtu d'une peau de tigre et Durga, déesse au dix-huit bras, a un tigre pour monture[15].

En Inde, le tigre est le symbole de la royauté et du pouvoir divin ; dans la péninsule indochinoise et l'île de Sumatra, il représente le châtiment divin[69].

En Chine, l'année du Tigre fait partie des douze années de l'astrologie chinoise. Il est traditionnellement unes quatre créatures majeures de l'art chinois avec le dragon, le phénix et la tortue. De nombreuses légendes, comme celles du prince Sa Chui qui se laisse dévorer par une tigresse par compassion, conte les rencontres des hommes avec le tigre. Des images d'un tigre blanc sont placées dans les maisons pour les protéger des rats et des serpents, et font office d'offrande dans les temples[70] ; le tigre blanc de l'ouest est également une constellation associée à l'ouest et à l'automne[71]. À l'image du lion dans la culture occidentale, le tigre est considéré comme le roi des animaux en Chine[70].

  • Le chariot de Bacchus était tiré par des tigres

[modifier] Figure emblématique

Le tigre est le symbole national du Bangladesh[72], de l'Inde[73] et de la Malaisie[74]. Il est également représenté sur les billets de banques et les pièces de monnaie du Bangladesh[75] et figure sur les armoiries de la Malaisie[74]. Le tigre de Tippu est une boîte à musique représentant un tigre tuant un Anglais : elle symbolise la victoire des peuples indiens sur l'empire colonisateur britannique[15].

Dans le domaine du sport, de nombreux clubs ont pour mascotte le tigre[Note 8]. Le félin était également l'emblème des jeux olympiques de Séoul[76].

Le tigre est aussi très présent dans l'univers des marques, avec le tigre d’Esso, celui des céréales Frosties ou encore de nombreux noms faisant écho au tigre comme le baume du tigre, le Mac OS X v10.4 « tiger » ou encore de nombreux engins militaires (hélicoptère, avion, char[Note 9]).

C'est également un surnom très utilisé pour montrer la force ou encore la férocité d’un personnage comme Georges Clemenceau surnommé « Le tigre », les tigres tamouls ou encore les tigres économiques tel le tigre celtique ou les tigres asiatiques.

[modifier] Arts

Représentation d'un tigre au XVIe siècle.

[modifier] Peintures

[modifier] Musique

[modifier] Littérature

[modifier] Cinéma et télévision

[modifier] Tigres célèbres

  • La tigresse de Champawat
  • Montecore, le tigre ayant attaqué le dompteur Roy Horn du tandem Siegfried & Roy
  • Satin, un tigre qui a reçu en 1955 un Patsy award pour son interprétation dans le film Les Gladiateurs (Demetrius and The Gladiators) sorti en 1954

[modifier] Annexes

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[modifier] Références taxonomiques

[modifier] Bibliographie

[modifier] Notes et références

[modifier] Notes

  1. La formation du mot est analogue à celle de lionceau avec le suffixe réducteur -eau
  2. Par exemple, si le tigre de Chine du Sud (Panthera tigris amoyensis), en danger critique d'extinction, appartient à la même sous-espèce que le tigre d'Indochine (Panthera tigris corbetti), on peut alors tenter des reproductions en captivité avec celui-ci pour renforcer le bagage génétique de tigre de Chine du Sud.
  3. Le lion, animal sociable, a besoin d'être dominant sur les autres afin de pouvoir gagner une troupe : son empreinte parentale tend à augmenter la taille des individus. La lionne aurait développé le mécanisme inverse pour ne pas avoir de trop grands petits dans le ventre. Les tigres sont des animaux solitaires, qui n'ont pas développé d'empreinte parentale. Dans le cas du croisement entre un lion et une tigresse, le petit sera donc légèrement plus grand, étant donné que la génétique de la tigresse ne fait pas « rétrécir » les petits. Pour un croisement entre un tigre et une lionne, le jeune sera légèrement plus petit : la lionne le fait « rétrécir ».
  4. La période de reproduction se situe en fin novembre et début avril en Inde, décembre et février en Mandchourie et février et avril au Népal.
  5. Cela peut être une grotte, sous des rochers ou un arbre creux.
  6. Fournir un collier émetteur à chaque tigre, traquer les braconniers dans toute l'Asie
  7. Par exemple, l'Ouzbekistan a obtenu en 2009 un quota d'exportation de trois spécimens sauvages vivants de tigre de Sibérie
  8. Quelques exemples : Bengals de Cincinnati, Tigers de Hamilton, Hull City Association Football Club, SC Langnau Tigers
  9. Exemples : Panzerkampfwagen VI Tiger, Eurocopter EC-665 Tigre, Grumman F-11 Tiger, Northrop F-5 Freedom Fighter, Panzerkampfwagen VI Königstiger

[modifier] Références

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  5. Le terme « tigreau » est inconnu du dictionnaire Larousse 2008, du dictionnaire de l'Académie française, du centre national des ressources textuelles et lexicales ou encore de Médiadico.
  6. abc Tigre sur Littré, 1863. Consulté le 1 mars 2009
  7. ab tigre, tigresse sur Centre national des ressources textuelles et lexicales. Consulté le 1 mars 2009
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  12. Jackson, op. cit., p. 97
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  27. abcdefgh Jackson, op. cit., p. 100
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