Ménagerie du Jardin des plantes

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Ménagerie du Jardin des plantes
Date d'ouverture Inauguration : 11 décembre 1794
Situation 5e arrondissement de Paris, France
Superficie 5,5 hectares
Latitude
Longitude
48° 50′ 44″ N 2° 21′ 37″ E / 48.845446, 2.360325 ()48° 50′ 44″ Nord 2° 21′ 37″ Est / 48.845446, 2.360325 ()  
Nombre d'animaux environ 2 200
Nombre d'espèces 190
Accréditations Muséum national d'histoire naturelle
Site officiel http://www.mnhn.fr/

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Ménagerie du Jardin des plantes

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Ménagerie du Jardin des plantes

La ménagerie du Jardin des plantes à Paris est l'un des plus anciens parcs zoologiques du monde encore ouverts au public, avec celui de Schönbrunn à Vienne (Autriche).

Plan de la ménagerie du Jardin des Plantes, classée, avec l'ensemble des bâtiments, monument historique le 24 mars 1993[1].

Elle s'étend sur plus de 5,5 hectares en plein cœur du 5e arrondissement de Paris, et occupe environ un quart du Jardin des plantes qui s'étend aussi plus au Sud ; elle est bordée par la rue Cuvier au Nord-Ouest et le quai Saint-Bernard au Nord-Est. Elle a longtemps été gérée par la Chaire d'éthologie du Muséum (comme le zoo de Vincennes) et depuis la réorganisation du Muséum en 2001, elle est rattachée au Département des jardins botaniques et zoologiques. Elle présente au public environ un millier de grands animaux : 270 mammifères de 50 espèces, 330 oiseaux de 80 espèces, 200 reptiles de 50 espèces, 200 amphibiens de 10 espèces, ainsi que 1 200 invertébrés d'une soixantaine d'espèces au Vivarium[2].

Historique de la ménagerie[modifier | modifier le code]

La ménagerie du Jardin des plantes fut officiellement ouverte le 11 décembre 1794 à l'initiative de Bernardin de Saint-Pierre, professeur de zoologie au Muséum national d'histoire naturelle, par le transfert des animaux des Ménageries royales de Versailles et du Raincy (appartenant au duc d'Orléans), respectivement le 26 avril 1794 et le 27 mai 1794, et par l'apport des animaux de foire des ménageries privées et foraines à titre provisoire dès le 4 novembre 1793. Mais elle n’avait alors pas encore l’étendue qui est la sienne aujourd’hui : la partie nord était encore partagée entre des propriétés privées. Elle n’acquiert sa surface présente qu’en 1860, lorsqu’Isidore Geoffroy Saint-Hilaire, alors directeur du Muséum national d'histoire naturelle préconise l’utilité d’agrandir la ménagerie pour y étudier le comportement des animaux dans des espaces appropriés[3].

Au cours de son histoire, elle a présenté une grande variété d'espèces animales, dont la première girafe présentée en France (1826), un couagga venu de la Ménagerie Royale de Versailles, des éléphants, des hippopotames, des ours bruns et blancs, des lions, des tigres, des phoques.

Beaucoup de constructions, parfois sophistiquées pour l’époque, ont été édifiées à cet effet au XIXe et au début du XXe siècle, succédant aux enclos et cages sommaires du début : rotonde, fosses aux ours, singeries, fauveries, maisons des rapaces et des reptiles, faisanderies. Au fil du temps, on y a installé des fosses aux ours (1805), des loges des animaux féroces (1817-1821), une rotonde des grands herbivores (1804-1812), un palais des singes (1835-1837), un pavillon des reptiles (1870-1874), un bassin des crocodiles, un bassin des otaries (1882), une grande volière, une faisanderie (1881), une cage des oiseaux de proie (1820-1825), etc. La plus réussie d'entre elles est sans doute la grande volière édifiée en 1888 par Alphonse Milne-Edwards pour l'Exposition universelle de 1889[4] et toujours utilisée.

Lors de la commune de Paris en 1871, les animaux, dont les éléphants Castor et sa sœur Pollux[5], furent mangés par les Parisiens assiégés et affamés.

Peintres animaliers au Jardin des plantes en 1902.
Magazine L'Illustration (août 1902)

Le Parc zoologique de Vincennes vient en 1934 compléter la Ménagerie et accueillir les animaux qui y étaient à l’étroit, tels les éléphants ou les girafes.

Au milieu du XXe siècle, la ménagerie est entrée dans une période de déclin, éclipsée par des parcs zoologiques plus modernes (Zoo de Vincennes, Parc de Thoiry), puis contestée par les mouvements anti-zoos, alors que pratiquement aucune rénovation ne pouvait être entreprise, faute de moyens (c'était aussi l'époque où la Grande galerie de Zoologie, aujourd'hui de l'Évolution, a dû fermer parce qu'il pleuvait à travers sa verrière). Les animaux vivaient dans des installations généralement dégradées et exiguës.

C'est à partir des années 1980 qu'une politique de réhabilitation de la ménagerie a été mise en place, avec plusieurs rénovations successives (volières à rapaces, rotonde, maison des reptiles, etc.), et une nette préférence accordée à la présentation d'espèces de petite et moyenne taille, généralement peu connues et/ou menacées d'extinction.

Les plus grandes espèces (éléphant, girafe, lion, tigre, gorille, chimpanzé, ours, loup, zèbre, hippopotame, rhinocéros), ont progressivement quitté la ménagerie dans les années 1970 à 2000 à mesure que le respect des droits de l'animal entrait dans les mœurs humaines. En effet, les installations de petite taille, impossibles à agrandir dans cet espace enclavé, n'offrent pas des conditions de vie compatibles avec les besoins de ces espèces. Ils sont désormais au zoo de Vincennes, entièrement rénové, dont la réouverture a eu lieu en avril 2014.

Historique des directeurs[modifier | modifier le code]

Conservation et coopération internationale[modifier | modifier le code]

Actuellement, la Ménagerie héberge environ 1 100 animaux : mammifères, reptiles et oiseaux, sur 5,5 hectares. Elle s'est spécialisée dans plusieurs groupes d'animaux :

Diverses espèces, pour certaines menacées dans leur milieu naturel (Aras ou divers amphibiens par exemple) sont reproduites ici (notamment à la Nurserie, à l'extrémité nord) et des échanges ont lieu avec d'autres établissements similaires à travers le monde. En outre des élèves de l'École nationale vétérinaire font ici une partie de leurs stages pratiques.

La ménagerie dans la culture[modifier | modifier le code]

Le poète allemand Rainer Maria Rilke a écrit un poème sur la panthère du Jardin des plantes, intitulé La Panthère.

Dans son Livre de San-Michele (1929), le docteur Axel Munthe raconte ses longs face-à-face avec le gorille de la galerie des Primates et la communication émotionnelle non-verbale qui s'établissait parfois entre eux.

Devant la galerie d'Herpétologie on peut voir la statue du « Charmeur de serpents » de Charles-Arthur Bourgeois (1862), que le professeur Abel Gruvel avait fait enlever en 1950 pour l'installer à Dinard, à l'entrée de l'« Aquarium et Musée de la Mer » du Muséum. Mais à cette époque, hors de la capitale, les canons de ce qui était admissible en art étaient encore très imprégnés de la fausse pudibonderie de l'époque victorienne, et ce nu masculin, jugé « indécent et immoral » par certains dinardais, fut vandalisé en 1952 et finalement rapporté à la Ménagerie. Son pendant est le « Chasseur de crocodiles », du même sculpteur, mais plus tardif (1886).

Des scènes du film Les Bonnes Femmes de Claude Chabrol (1960) ont été tournées dans la Ménagerie.

Une femelle orang-outan, née à Bornéo en 1969 et installée à la ménagerie depuis 1972, fait l'objet d'un film documentaire de Nicolas Philibert intitulé Nénette et sorti le 31 mars 2010[6].

Galerie de photographies[modifier | modifier le code]

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Références[modifier | modifier le code]

  1. « Jardin des Plantes et Museum national d'Histoire naturelle », base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. Le Vivarium, construit en 1926 grâce à une souscription ouverte par René Jeannel pour la « journée Pasteur », dépendait à l'origine du laboratoire d'Entomologie du Muséum.
  3. Yves Laissus, Les Animaux du Muséum, Muséum national d'histoire naturelle,‎ 1993, p. 147
  4. Selon "La Revue de Paris"
  5. Certains animaux survécurent, comme les singes jugés trop proches des humains pour être tués, les lions et les tigres trop dangereux, et les hippopotames parce que le prix de 80 000 francs qu’on en demandait était hors de portée des bouchers.
  6. Pierre Murat, « Nénette, film français de Nicolas Philibert », Télérama, 3 avril 2010.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Lien externe[modifier | modifier le code]