Margeride

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Margeride
Carte de localisation de la Margeride.
Carte de localisation de la Margeride.
Géographie
Altitude 1 552 m, Truc de Fortunio
Massif Massif central
Administration
Pays Drapeau de la France France
Régions Auvergne
Languedoc-Roussillon
Départements Cantal, Haute-Loire
Lozère
Géologie
Roches Granites

La Margeride est une région montagneuse de France, située dans le Massif central aux limites des départements du Cantal, de la Haute-Loire et de la Lozère.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

La limite occidentale avec les monts du Cantal et de l'Aubrac peut être placée sur la Truyère. La limite orientale est matérialisée par les gorges de l’Allier et le massif du Devès. Au sud, c'est la vallée du Lot qui sépare la Margeride du mont Lozère (Cévennes), puis de la région des grands Causses.

Villes et villages principaux de la Margeride[modifier | modifier le code]

Cantal Haute-Loire Lozère Villes situées en bordure immédiate du massif

Géologie, géomorphologie[modifier | modifier le code]

Granite de la Margeride à gros cristaux de feldspath

Ces montagnes font partie d'un massif granitique (batholite) parmi les plus importants d'Europe en superficie. Celui-ci comprend la Margeride proprement dite mais aussi la plus grande partie du socle de l'Aubrac jusqu'au plateau de la Viadène. Il constitue un témoin majeur de l'ancienne chaîne hercynienne qui traversait autrefois toute l'Europe.

La roche prédominante en Margeride est un granite porphyroïde (c'est-à-dire incorporant de grands cristaux de feldspath potassique). Ces cristaux de feldspath peuvent atteindre 10 cm de long : c'est la raison pour laquelle on parle parfois de granite à « dents de cheval ». Il existe par ailleurs un deuxième type de granite en Margeride, moins répandu que le précédent, comportant deux micas (biotite et muscovite), constitué de grains fins (faciès aplitique) et riche en tourmaline. On le retrouve sous forme d'intrusions dans le granite porphyroïde (région de Saint-Chély-d'Apcher, d'Aumont-Aubrac et de Grandrieu)[1]. On peut aussi trouver très ponctuellement d'autres roches sous forme de filons comme la kersantite et la vaugnérite (région de Grandrieu) ainsi que des micro-granites.

La présence du granite est soulignée dans le paysage par de nombreux chaosRimeize par exemple) ou des empilements de rochers (appelés tor en géomorphologie) dégagés par l'érosion, analogues à ceux que l'on peut observer dans d'autres massifs granitiques européens de l'époque hercynienne (Sudètes en Europe centrale, Harz en Allemagne, Dartmoor en Angleterre).

Sur le plan géomorphologique, la Margeride est un horst, semblable à celui du Forez, situé plus au nord. À la suite de la surrection des Alpes, celui-ci a été porté en altitude, sur une période allant de l'Éocène au Miocène (Tortonien), par une série de failles orientées NW-SE qui ont créé plusieurs gradins. De petits bassins d'effondrement sédimentaires oligocènes coexistent avec ces blocs soulevés (Le Malzieu, Saint-Alban-sur-Limagnole) : ce sont de petites « Limagnes » en réduction (la Limagnole a d'ailleurs la même racine étymologique). La partie nord de la Margeride comprend des massifs élevés (mont Mouchet, Montchauvet) séparés par des cols assez marqués. Plus au sud, les cols sont plus élevés et le faîte de la Margeride se maintient à plus de 1 400 m sur une longueur de 40 km. La ligne de crête finit par s'abaisser un peu au sud du point culminant (Truc de Fortunio) dans la dépression du lac de Charpal et le plateau du Palais du Roi (juste au nord de Mende).

Par ailleurs, contrairement à l'Aubrac tout proche, la Margeride ne comporte aucune trace d'érosion glaciaire. Au Quaternaire, les glaciers étaient donc absents ou trop petits pour laisser des traces de leur passage. Cette différence par rapport à l'Aubrac reste assez mystérieuse et ne peut s'expliquer que par un climat nettement plus sec (certains chercheurs ont avancé l'hypothèse de la présence quasi-permanente à cette période d'un anticyclone stationnant sur l'est du Massif central[1]).

Sommets principaux[modifier | modifier le code]

Le point culminant est le truc de Fortunio à 1 552 mètres.

Autres sommets

Hydrographie[modifier | modifier le code]

La ligne de partage des eaux qui sépare le bassin de la Garonne et le bassin de la Loire traverse la Margeride. Les affluents de l’Allier et de l’Alagnon appartiennent au bassin de la Loire, les affluents de la Truyère et du Lot appartiennent à celui de la Garonne.

La Truyère vue depuis Chaliers
Affluents de l’Alagnon Affluents de l’Allier Truyère et ses affluents Affluents du Lot

Climat[modifier | modifier le code]

Environs de Saugues

Le climat est froid mais relativement sec ; les monts du Cantal et de l'Aubrac arrêtent les précipitations venant de l'ouest et permettent à la Margeride de bénéficier d'une position relativement abritée. En hiver, les températures n'ont rien à envier à celles que l'on relève dans le Jura : on a ainsi frisé les -30 °C le 1er mars 2005 à Saugues[2] à seulement 900 m d'altitude. Par ailleurs, le sud du massif reçoit à intervalles réguliers de fortes précipitations venant de Méditerranée en particulier lors des épisodes cévenols. Le sud de l'Aubrac subit d'ailleurs le même phénomène. Si cet événement a lieu en hiver, il tombe alors des quantités énormes de neige (comme en 1978 dans la région de Langogne où l'on releva une hauteur de 2 mètres). Cependant, les quantités d'eau ou de neige recueillies sont généralement moins importantes que dans les Cévennes, qui sont concernées au premier chef lors d'évènements de ce type.

Faune et flore[modifier | modifier le code]

La végétation est composée, d'une part, de forêts de pins sylvestres et de hêtres (dans les endroits les plus humides) auxquelles s'ajoutent des boisements artificiels d'épicéas et, d'autre part, de landes à genêt purgatif et bruyère. Il existe également des tourbières où l'on peut trouver des plantes reliques des glaciations (en particulier le très rare bouleau nain ainsi que le saule des lapons). Une des plus intéressantes est celle de Lajo non loin de Saint-Alban-sur-Limagnole.

Histoire[modifier | modifier le code]

Toponymie[modifier | modifier le code]

À l’origine, le nom de « Margeride » s’appliquait uniquement à une seigneurie dont le château fut ruiné au XVe siècle et une forêt culminant à 1380 mètres d’altitude. L’endroit est situé près de Védrines-Saint-Loup, sur la route allant de Langeac à Saint-Flour. Une importante propriété de 800 ha abritant une fabrique de verre au XVIIIe siècle reprit ce nom. Celui-ci deviendra peu à peu le nom générique pour l’ensemble des montagnes environnantes. Ce sera l'Office national des forêts qui officialisera le nom au XIXe siècle et l’attribuera à la partie lozérienne du massif. Les géographes étendront le nom à l’ensemble du plateau granitique au XXe siècle.

La seigneurie du Moyen Âge se situait à proximité de la limite entre les cités gauloises des Vellaves et des Arvernes. On pense pouvoir faire dériver son nom actuel du mot gaulois morgarita composé de morga qui signigie « gué, limite » et de -ritu pour « gué »[3].

La tradition agricole[modifier | modifier le code]

Au XVIe siècle on adopta en Margeride le système agro-pastoral assez comparable à celui utilisé en Planèze. Il était basé sur l’utilisation de vastes terrains de parcours pour le bétail en association avec la culture de céréales autour du village (seigle). L’élevage ovin avait une grande importance car il assurait l’engraissement des terres. Les moutons étaient confiés à un berger commun qui reconduisait le troupeau tous les soirs au village.

Ce système agro-pastoral nécessitait une organisation de type communautaire et n’assurait que de faibles revenus aux habitants, il ne permettait pas l’accumulation de richesses. Les écarts de revenus entre familles étaient relativement faibles, les plus pauvres arrivaient à subsister[4].

La bête du Gévaudan[modifier | modifier le code]

Article détaillé : bête du Gévaudan.

La Margeride a été le théâtre des méfaits de la fameuse bête du Gévaudan à la fin du XVIIIe siècle.

L’exode rural[modifier | modifier le code]

Le maximum de population en Margeride a été atteint vers 1860. L’exode rural a commencé lentement puis il s’est considérablement accéléré à partir de la Première Guerre mondiale. En 1921 on compte déjà une diminution de 30 % de la population [réf. nécessaire]. Ce furent les vallées qui se désertifièrent en premier car la mécanisation de l’agriculture y était pratiquement impossible. Aujourd’hui l’exode rural continue, les plus de 65 ans représentent un quart de la population [réf. nécessaire] et de nombreux villages ne sont plus habités en permanence. Seuls Saint-Flour et les bourg-centres se maintiennent.

La Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Bataille du Mont Mouchet.

Le mont Mouchet (1 465 m) est un haut lieu de la Résistance française pendant la Seconde Guerre mondiale. De très violents combats ont eu lieu à cet endroit entre les maquis du Massif central et l'armée allemande. Un monument commémore cet évènement au sommet.

Sites touristiques[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b J. Rouire et C. Rousset, Guides géologiques régionaux - Causses, Cévennes, Aubrac, Masson,‎ 1980 (ISBN 2225652740)
  2. [PDF] Les risques climatiques - Le climat en Haute-Loire, Préfecture de la Haute-Loire
  3. Stéphane Gendron, « Les noms de frontière », L'archéologue, octobre-novembre 2011, p. 71
  4. A. Fel, Les Hautes Terres du Massif central, thèse de géographie, 1962