Jacques Audiberti

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Jacques Audiberti

Nom de naissance Jacques Séraphin Marie Audiberti
Activités écrivain
Naissance 25 mars 1899
Antibes, France
Décès 10 juillet 1965 (à 66 ans)
Paris
Langue d'écriture française
Genres romans, pièces de théâtre, essais, poèmes

Jacques Audiberti est un écrivain, poète et dramaturge français, né le 25 mars 1899 à Antibes (Alpes-Maritimes) et mort le 10 juillet 1965 à Paris (5e)[1]. Il est auteur d'une œuvre théâtrale importante, mais aussi de romans, d'essais, de poèmes et de critiques cinématographiques.

Biographie[modifier | modifier le code]

Maison d'Antibes où il naquit.

Jacques Audiberti naît le 25 mars 1899, fils unique de Louis Audiberti maître-maçon à Antibes et de sa femme, Victorine. De 1905 à 1914, il fait ses études primaires, puis secondaires à Antibes, qu’il est obligé d’interrompre pour raison de santé. Il commence à faire paraître poèmes et chroniques au Réveil d’Antibes. Edmond Rostand, à qui il a envoyé des poèmes, lui adresse ses encouragements ainsi qu’une photo dédicacée qu’Audiberti conservera longtemps. Il découvre avec émerveillement le cinéma. De 1918 à 1924, il est commis-greffier au tribunal de Commerce où son père a été nommé juge. Audiberti monte à Paris. Recommandé par un condisciple, Émile Coudroyer, il entre au Journal qu’il quittera l’année suivante pour Le Petit Parisien où il couvre les faits divers en banlieue parisienne. Par Benjamin Péret, également journaliste au Petit Parisien, il approche le mouvement surréaliste sans jamais lui appartenir. Il fréquente beaucoup la Bibliothèque nationale. Deux ans plus tard, il se marie avec une jeune institutrice antillaise : Mademoiselle Savane, dont les prénoms Élisabeth-Cécile-Amélie composeront le titre d’un poème paru en 1936. Deux filles naîtront de cette union : Jacqueline et Marie-Louise Audiberti.

En 1930 paraît à compte d’auteur, grâce à l’aide financière de son père, d’un premier recueil de poèmes, L’Empire et la Trappe. Soutenu par Jean Paulhan, Audiberti collabore à diverses revues et est nommé, en 1935, reporter au Petit Parisien. Parmi ses connaissances et amis, figurent Jean Cassou, Valery Larbaud, Léon-Paul Fargue. Début en 1933 de la correspondance avec Jean Paulhan qui ne s'achèvera qu'en 1965, quelques semaines avant sa mort. Race des hommes, recueil de poésie publié à la NRF en 1937, reçoit le Prix de poésie de l’Académie Mallarmé en 1938. Audiberti rencontre, à cette occasion Paul Valéry et Jean Cocteau. Le Petit Parisien l’envoie en 1939 à la frontière espagnole lors de la déroute de l’armée républicaine : « Je vis la guerre d’Espagne. Je vomis. » Audiberti suit l’exode pour le journal, puis interrompt sa collaboration quand le journal passe sous contrôle allemand. Audiberti donne des critiques cinématographiques. Il poursuit son œuvre poétique et romanesque tout en voyageant à travers la France (Aurillac, Toulouse, Val-d'Isère). De 1941 à 1943: Il collabore au journal Comoedia pour lequel il rédige de nombreuses critiques cinématographiques qui donnent une vision intéressante du cinéma sous l'occupation. Il se lie d’amitié avec le futur cinéaste Jacques Baratier. Il passe la fin de la guerre à Antibes.

Les années 1946 à 1952 sont fécondes de production : expositions de gouaches ; création de ses pièces de théâtre ; publications de romans ; participation aux côtés, entre autres, de Marcelle Auclair, Hervé Bazin, Émile Danoën et Roger Vailland, au fascicule de La Nef de Lucie Faure, intitulé « L’Amour est à réinventer », etc. Il reçoit des prix. Rencontres fécondes : Georges Vitaly, Suzanne Flon, Michel Piccoli, André Barsacq, etc. Avec l’écrivain italien Beniamino Joppolo et le peintre Camille Bryen, Audiberti élabore « l’abhumanisme » en 1952. L'année suivante François Truffaut convainc Audiberti d’écrire des « billets » pour les Cahiers du Cinéma.

De 1954 à 1964 il publie des romans et connaît le succès au théâtre. En 1962, la création à la Comédie-Française de La Fourmi dans le corps provoque une bataille mémorable entre des abonnés choqués et un public plus "averti" ne cachant pas son adhésion enthousiaste, tandis que son ami Jacques Baratier adapte au cinéma son roman La Poupée. Audiberti contribue à cette réalisation et en fait le récit dans un article paru dans Le Nouveau Candide, no 78, en octobre. Audiberti reçoit en 1964 le "Grand Prix National des Lettres" pour l’ensemble de son œuvre ainsi que le Prix des Critiques. Dés 1960, Marcel Maréchal met en scène avec son accord et son soutien nombre de ses pièces, L'Opera du Monde, Cavalier Seul, La Poupée... Souffrant d’un cancer, il subit une première opération. Il correspond avec François Mauriac. Jacques Audiberti meurt en 1965, quelques semaines avant la publication de son roman-journal Dimanche m’attend. Son ami Claude Nougaro lui rend hommage cette même année avec sa Chanson pour le maçon (le père d'Audiberti).

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • L’Empire et la trappe. Paris, Librairie du Carrefour, 1930, Réédition Paris, Gallimard, 1969, 183 p.
  • Élisabeth-Cécile-Amélie. Paris, G.L.M., coll. Repères, 1936, 11 p.
  • Race des hommes. Paris, Gallimard, coll. Métamorphoses, 1937, 180 p., réédition
  • Abraxas. Paris, Gallimard, 1938, 289 p.
  • Septième. Paris, Gallimard, 1939, 224 p.
  • Paroles d’éclaircissement. Aurillac, La Pomme de sapin, 1940, 23 p.
  • Des Tonnes de semence. Paris, Gallimard, 1941, 155 p.
  • Urujac. Paris, Gallimard, 1941, 254 p.
  • Carnage. Paris, Gallimard, 1942, 254 p.
  • La Nouvelle Origine. Paris, Gallimard, 1942, 93 p.
  • Le Retour du divin. Paris, Gallimard, 1943, 269 p.
  • La fin du monde. Paris, Société parisienne de librairie et d’édition, 1943, 72 p. - Collection Babel no 1, 1989
  • Toujours. Paris, Gallimard, 1943, 117 p.
  • La Nâ. Paris, Gallimard, 1944, 362 p.
  • La Bête noire. Paris, Les quatre Vents, 1945, 94 p.
  • Vive Guitare. Paris, Robert Laffont, 1946, 94 p.
  • Monorail. Fribourg-Paris, Egloff, 1947, 415 p. Réédition : Paris, Gallimard, 1964, 336 p.
  • Talent. Fribourg-Paris Eflogg, 1947, 238 p.
  • L’Opéra du monde. Paris, Fasquelle, 1947, 1931 p.
  • Le Victorieux. Paris, Gallimard, 1947, 241 p.
  • Théâtre, tome I. Quoat-Quoat. L’Ampélour. Les Femmes du bœuf. Le mal court. Paris, Gallimard, 1948, 198 p.
  • Les Médecins ne sont pas des plombiers. Paris, Gallimard, 1948, 197 p.
  • Cent Jours. Paris, Gallimard, 1950, 284 p.
  • Le Maître de Milan. Paris, Gallimard, 1950, 264 p. Réédition : Paris, Le Livre de poche, 1968, 256 p.
  • La Pluie sur les boulevards. Angers, Au masque d’or, 1950, 76 p.
  • Le Globe dans la main, Tome I. L’Amour. Paris, Forêt, 1950, 32 p.
  • Le Globe dans la main, Tome II. La Médecine. Paris, Forêt, 1951, 32 p.
  • L’Ouvre-Boîte (en collaboration avec Camille Bryen), Paris, Gallimard, 1952, 201 p.
  • Marie Dubois. Paris, Gallimard, 1952, 285 p.
  • Théâtre, Tome II. La fête noire. Pucelle. Les Naturels du Bordelais. Paris, Gallimard, 1952, 304 p.
  • Rempart. Paris, Gallimard, 1953, 137 p.
  • Molière. Paris, l’Arche, coll. Les grands dramaturges, 1954, 158 p. Réédition : Livre de poche, 1973, 160 p.
  • L’Abhumanisme. Paris, Gallimard, 1955, 226 p.
  • Les Jardins et les fleuves. Paris, Gallimard, 1954, 398 p.
  • La Beauté de l’amour. Paris, Gallimard, 1955, 182 p.
  • Le Cavalier seul. Paris, Gallimard, coll. Le manteau d’Arlequin, 1955, 247 p.
  • La Poupée. Paris, Gallimard, 1956, 244 p.
  • Théâtre, Tome III. La Logeuse. Opéra parlé. Le Ouallou, Altanima. Paris, Gallimard, 1956, 261 p.
  • La Mégère apprivoisée. Paris, Gallimard, coll. Le manteau d’Arlequin, 1957, 280 p.
  • Le Sabbat ressuscité par Leonor Fini. Paris, Société des amis du livre, 1957, 129 p.
  • La Hobereaute. Paris, Paris-Théâtre no 146 (s.d.), p. 12-37.
  • Infanticide préconisé. Paris, Gallimard, 1958, 287 p.
  • Lagune hérissée. Paris, Société des cent une, 1958, 173 p.
  • L’Effet Glapion. Paris, Gallimard, coll. Le manteau d’Arlequin, 1959, 203 p. Réédition : Paris, Le Livre de poche, 1962, p. 103-244.
  • Théâtre, Tome IV. Cœur à cuir. Le Soldat Dioclès. La Fourmi dans le corps. Les
  • Patients, L’Armoire classique. Un bel Enfant. Paris, Gallimard, 1961, 287 p.
  • Théâtre, Tome V. Pomme Pomme Pomme. Bâton et ruban. Boutique fermée. La Brigitta. Paris, Gallimard, 1962, 258 p.
  • La Poupée. Scénario et dialogues. Paris, Gallimard, 1962, 126 p.
  • Les Tombeaux ferment mal. Paris, Gallimard, 1963, 236 p.
  • La Guérite. N.R.F., no 132 (1/12/1963), p. 642-662, 841-861.
  • Ange aux entrailles, 1964
  • Entretiens avec Georges Charbonnier. Paris, Gallimard, 1965, 167p.
  • Dimanche m’attend. Paris, Gallimard. 1965, 289 p. Paris, Gallimard, Coll. Poésie, 1968, 214 p.
  • La Poupée. Comédie en six tableaux. Paris, Gallimard, coll. Le manteau d’Arlequin, 1969, 102 p.

Audiberti a, en outre, collaboré à de nombreux périodiques. Voir, pour la liste, la bibliographie fournie par Jean-Yves Guérin dans Le Théâtre d’Audiberti et le baroque, Paris, Klincksieck, 1976, p. 248.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Nelly Labère (dir.), Jacques Audiberti : l'imaginaire de l'éclectique Presses universitaires de Bordeaux, 2010.
  • Gérard-Denis Farcy, Les théâtres d'Audiberti, PUF, 1988.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

  • Marie-Louise Audiberti.
  • Maxime le Forestier, Monsieur Audiberti vous parle d'inconnu, vous êtes déjà loin (paroles de la chanson Fontenay-aux-Roses, 1973).
  • Claude Nougaro, Jacques Audiberti, dites-moi que faire / Pour que le maçon chante mes chansons (paroles de la Chanson pour le maçon, 1966).