Camisard

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Les Camisards étaient des protestants français (Huguenots) de la région des Cévennes, en France, qui ont mené une insurrection contre les persécutions qui ont suivi l'Édit de Fontainebleau en 1685. La Guerre des Cévennes éclate en 1702, avec les affrontements les plus importants en 1704, puis une lutte moindre jusqu'en 1710 avant une paix définitive en 1715.

Les origines[modifier | modifier le code]

Les camisards (de l'occitan languedocien « camisa », chemise, ou aussi de « camisade », qui signifie attaque de nuit, et même de « camins » qui signifie chemins, l'origine est incertaine) sont les paysans huguenots (protestants) français de la région montagneuse des Cévennes, qui se rebellèrent entre 1702 et 1705 contre le roi Louis XIV. Les camisards, ainsi appelés en raison des chemises blanches qu'ils portaient au-dessus de leurs armures durant leurs attaques nocturnes, avaient trouvé refuge dans les Cévennes après les persécutions qui suivirent la révocation par Louis XIV, en 1685, de l'édit de Nantes (1598), qui garantissait la liberté religieuse. La révolte fut portée par un « réveil religieux » au sein des huguenots, alimenté par les prophéties des « inspirés », tel Abraham Mazel. Dans un premier temps, la révolte partit du massif du Bougès, dans les Hautes-Cévennes, et plus précisément du hameau de Vieljouves, au-dessus du Rouve (commune de Saint-André-de-Lancize), où Abraham Mazel reçut le 22 juillet 1702 une « inspiration divine » lui enjoignant de libérer les huguenots faits prisonniers et torturés par l'abbé du Chayla au Pont de Montvert[1]. Celui-ci fut tué alors qu'il s'enfuyait, le 24 juillet 1702 au cours de la libération par la force des prisonniers[2]. Menés par des chefs dont principalement un fils de boulanger, Jean Cavalier, les camisards pratiquèrent contre les troupes royales des actions de guérilla à partir de leurs forteresses dans les montagnes. Des églises catholiques furent incendiées et leurs prêtres tués ou forcés à fuir. Avec l'aval du pape Clément XI, qui rédigea une bulle excommuniant les camisards, les soldats du roi dirigés par le maréchal de Montrevel rasèrent plus de 450 villages, tuant parfois tous leurs habitants[3].

La révolte[modifier | modifier le code]

La méthode forte de la répression fut sans résultat. Alors que la France était engagée dans la guerre de Succession d'Espagne (1701-1714), les camisards parvenaient à engager jusqu'à 20 000 soldats[réf. souhaitée]. En 1704, le nouveau commandant des forces royales depuis mars, le maréchal de Villars, partisan de l'apaisement, rencontra Cavalier et parvint à composer avec lui. Celui-ci fit sa soumission à Nîmes en mai 1704. L'insurrection se poursuivit toutefois par la majorité des camisards qui refusèrent les propositions de l'autorité royale et qui demandaient la restauration complète de leurs droits garantis par l'édit de Nantes. La lutte fut dès lors menée par d'autres chefs tel le berger Pierre Laporte, appelé Rolland, qui fut tué en 1704, comme l'ancien soldat Ravenel, mort exécuté. Elle connut un regain dans le Vivarais en 1709 et 1710 jusqu'à l'arrestation, du fait d'une trahison, et l'exécution du successeur de Cavalier, le prophète Abraham Mazel.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Pierre-Jean Ruff, 2008. Le Temple du Rouve: lieu de mémoire des Camisards. Éditions Lacour-Ollé, Nîmes.Site Le Temple du Rouve, les premiers camisards et la liberté de conscience
  2. Robert Poujol, 1986. Bourreau ou martyr? L'abbé du Chaila (1648-1702): du Siam aux Cévennes. Nouvelles Presses du Languedoc, Sète.
  3. Abraham Mazel, Élie Marion, Jacques Bonbonnoux, 1983. Mémoires sur la guerre des Camisards. Les Presses du Languedoc, Montpellier.