Office de radiodiffusion télévision française

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Office de radiodiffusion-télévision française

Description de l'image  ORTF 1964.svg.
Création
Dates clés 27 juin 1964  : la RTF devient l'ORTF et les chaînes RTF Télévision et RTF Télévision 2 deviennent les première et deuxième chaîne de l'ORTF
1er octobre 1967  : la Deuxième chaîne de l'ORTF devient la Deuxième Chaîne couleur
8 janvier 1969  : création de la RFP
31 décembre 1972 : lancement de la 3e chaîne directement en couleur
Disparition
Personnages clés Jacques-Bernard Dupont
Jean-Jacques de Bresson
Arthur Conte
Marceau Long
Forme juridique Établissement public à caractère industriel et commercial
Siège social Drapeau de France Paris

Maison de l'ORTF
116, avenue du Président-Kennedy

75016 Paris (France)
Direction Marceau Long
Actionnaires État français
Activité Production, diffusion
Produits Chaînes de radio et de télévision
Filiales Régie française de publicité

L'Office de radiodiffusion-télévision française (ORTF) est un établissement public à caractère industriel et commercial créé en 1964 et remplacé en 1974, ayant pour mission, la tutelle de la radiodiffusion et de la télévision publique, la gestion des émetteurs et de la production audiovisuelle nationales et régionales.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les débuts de l'audiovisuel d'après-guerre et la RDF[modifier | modifier le code]

La Radiodiffusion française (RDF) est créée le 23 mars 1945 après la nationalisation des radios privées et instaure un monopole d'État qui demeurera jusqu'en 1981. Les anciennes radios privées seront malgré tout progressivement supprimées et remplacées par des nouvelles radios entre 1945 et 1948 : Le Programme parisien en 1945, Le Programme national en 1946, Paris Inter en 1947, Paris Études en 1948 et Paris IV Grenelle en 1949. Dans le même temps, la RDF crée une nouvelle chaîne de télévision reprenant les fréquences de l'ancienne chaîne nazie Fernsehsender Paris (Paris-Télévision) : RDF Télévision française. La première évolution technique majeure de la télévision d'après-guerre ne survient qu'en 1948, lorsque le Secrétaire d'État à l'Information François Mitterrand fixe par décret le format 819 lignes en remplacement du 441 lignes.

La RDF est totalement contrôlée par le ministre de l'information et ne dispose donc d'aucune autonomie.

La RTF remplace la RDF[modifier | modifier le code]

Un « T » pour bien symboliser la télévision[modifier | modifier le code]

Logotype de l'Office de radiodiffusion télévision française

Le 4 février 1949, la Radiodiffusion française (RDF), qui a déjà en charge l'unique chaîne de télévision, devient la Radiodiffusion-télévision française (RTF). Malgré tout, son mode de fonctionnement ne change pas. La RTF est donc totalement dénuée d'autonomie propre. Le 29 juin 1949 voit l'apparition du premier journal télévisé conçu par Pierre Sabbagh, mais sans présentateur. Peu de temps plus tard, le 30 juillet, la redevance audiovisuelle est instaurée pour les téléviseurs (jusqu'alors, seuls les équipements radio étaient assujettis à la redevance). Le 12 février 1950, plusieurs diffuseurs européens dont la RTF forment l'Union européenne de Radio-Télévision.

C'est également sous l'ère de la RTF qu'apparaîtront des nouveaux programmes, notamment les émissions religieuses du dimanche matin (toujours diffusées aujourd'hui sur France 2), la première émission jeunesse (Le Club du jeudi), les premières pièces de théâtre diffusées en direct, les premières années de la diffusion en direct du défilé du 14 juillet (retransmis la première fois le 14 juillet 1950[1] ) et les premières retransmissions internationales qui permettront aux téléspectateurs français d'assister en direct au couronnement de la souveraine britannique Élisabeth II le 2 juin 1953. Cet évènement a beaucoup contribué au succès de la télévision en France. En parallèle, le côté radio s'enrichit : Le Programme musical en modulation de fréquence France IV est créé en 1954.

Le 3 janvier 1956, la diffusion en 441 lignes s'arrête définitivement suite à un incendie de l’émetteur. Entre-temps, entre 1950 et 1969, la télévision régionale fait progressivement son apparition, en commençant par Lille. Les stations régionales servant également de relais, les programmes jusqu'alors exclusivement parisiens peuvent être reçus à chaque zone couverte par une antenne régionale.

De la refonte des radios à la transformation en ÉPIC[modifier | modifier le code]

Le 1er janvier 1958, l'offre radiophonique est considérablement modifiée. Le programme musical à modulation de fréquence France IV est supprimé, et la RTF Radio se retrouve composée de trois chaînes, qui changent de nom pour l'occasion :

  • Paris Inter devient France I, montrant que c'est désormais la station de référence de la RTF
  • Le Programme parisien devient France II régional, chaîne de divertissements et d'émissions régionales
  • Le Programme national devient France III, en s'axant sur les programmes culturels

La suppression du programme musical ayant entraîné de nombreuses protestations, il est réintroduit sous le nom de France IV haute fidélité dès le 27 mars 1960[2].

En avril 1958 est créée par Henri Kubnick l'émission devenue culte 100 000 francs par jour qui deviendra Le Jeu des 1 000 francs sur France 1. À la télévision, la RTF crée en 1959 le tout premier magazine d'information télévisé, Cinq colonnes à la une. Il sera diffusé jusqu'en 1968.

Dans le même temps, le 4 février 1959, la RTF devient un établissement public à caractère industriel et commercial (EPIC) et adopte son fameux logo « atome » qui sera conservé même après la transformation en ORTF en 1964.

Des nouvelles radios et une nouvelle télévision[modifier | modifier le code]

En octobre 1963, les radios de la RTF connaissent une nouvelle mini-révolution. France I et France II régional fusionnent pour devenir RTF Inter, cette dernière se divisant en deux programmes distincts en soirée : Inter Jeunesse en ondes longues et Inter Variétés en ondes moyennes. France III national devient RTF Promotion et récupère également quelques productions jusqu'alors diffusées sur France II. France IV haute fidélité devient RTF haute fidélité et se consacre essentiellement à la musique classique[3].

Ces nouveaux noms n'auront duré que peu de temps, puisqu'en 1963, un référendum est organisé auprès des auditeurs pour renommer les chaînes, dans le cadre de la réforme Roland Dhordain, avec application le 8 décembre 1963.

Le 14 décembre 1963, la RTF emménage dans un nouveau siège situé au 116, avenue du Président-Kennedy, dans le 16e arrondissement de Paris et le 21 décembre de la même année, la deuxième chaîne de télévision (RTF Télévision 2) est créée en utilisant la bande UHF 625 lignes. L'ancienne chaîne unique, RTF Télévision, est dès lors appelée familièrement « la première chaîne » mais le sigle, lui, ne change pas.

L'ORTF, une tentative d'autonomie[modifier | modifier le code]

Une plus grande indépendance pour la RTF[modifier | modifier le code]

En 1964, il est décidé de réformer la RTF afin de lui donner de nouveaux statuts et une plus grande autonomie. La loi du 27 juin 1964 transforme la Radiodiffusion-télévision française en Office de radiodiffusion-télévision française (ORTF)[5]. L'ORTF a pour but de moderniser le service public de radio-télévision française et, d'après la loi en question, de « satisfaire les besoins d'information, de culture, d'éducation et de distraction du public »[6]. Malgré cette modernisation de l'audiovisuel français, le monopole de service public est maintenu, alors que le Royaume-Uni a aboli le monopole de la BBC en 1955. Comme la RTF l'était depuis le 4 février 1959, l'ORTF est sous la forme juridique d'établissement public à caractère industriel et commercial (ÉPIC). La RTF Télévision devient la première chaîne de l'ORTF, et la RTF Télévision 2 devient la deuxième chaîne de l'ORTF.

À ses débuts, l'ORTF a eu comme particularité de gérer directement la redevance audiovisuelle sans passer par l'état en reprenant le modèle de la BBC. Malgré tout, très rapidement, le ministre des finances Valéry Giscard d'Estaing a ré-institué, via l'arrêté du 22 juillet 1964, le contrôleur d'état chargé du financement de l'audiovisuel public comme au temps de la RTF. C'est donc la loi de finance annuelle qui fixera le montant de la redevance (et il en est toujours ainsi de nos jours) et de ce fait, le budget de l'ORTF, celui-ci étant entièrement financé par les contribuables. Pourtant, le 18 octobre 1967, le mode de financement change. Si l'office est toujours financé majoritairement par la redevance, la publicité devient la ressource financière secondaire. La Régie française de publicité est créée dans le même temps pour pouvoir gérer la publicité sans passer par des tiers. La première publicité (pour la marque Régilait) sera diffusée sur la première chaîne le 1er octobre 1968, soit près d'un an après sa légalisation.

Le 1er octobre 1967, la deuxième chaîne passe à la couleur via le procédé SÉCAM, et effectue sa première grande réalisation le 6 février 1968 par la retransmission mondiale de la cérémonie d'ouverture dans le stade olympique de Grenoble des Xe Jeux olympiques d'hiver.

L'époque Chaban-Delmas[modifier | modifier le code]

En 1969, alors que Georges Pompidou vient d'accéder à la présidence, le nouveau premier ministre Jacques Chaban-Delmas organise un plan de « libéralisation » de l'audiovisuel. La première conséquence de cette mutation est la suppression du ministère de l'information en juin 1969.

Dans la volée, le premier ministre annonce le 16 septembre 1969 la création de « deux unités autonomes d'information dont les directeurs, nommés pour une durée déterminée, choisiraient librement les journalistes et utiliseraient sous leur seule autorités les moyens mis à leur disposition, la qualité des productions et l'objectivité de l'information devant trouver leur meilleure garantie dans le talent, la liberté, l'émulation de la conscience professionnelle des journalistes »[7].

Le 5 janvier 1971, près de 11 ans après la création de la dernière radio (France Musique), l'ORTF crée une nouvelle radio, cette fois-ci régionale, France Inter Paris, axée sur tous les genres de musiques. La radio fonctionnant bien, l'ORTF en profite pour la lancer dans d'autres régions. Ainsi, le concept de FIP sera transposé dans 9 autres régions ou villes sous l'ère de l'ORTF.

Au début des années 1970, les audiences des radios de l'ORTF sont en baisse, les auditeurs préférant écouter les radios périphériques qui ne dépendent pas du gouvernement et qui sont donc exemptes de contrôle par le ministère de l'information. Très vite, une décentralisation est devenue indispensable pour la survie de l'office.

Le statut de l'office est modifié par la loi du 3 juillet 1972 avec effet immédiat[8].
L'office est décentralisé et plusieurs changements sont effectués, parmi eux :

  • L'instauration du poste de président directeur général nommé par le Conseil des ministres
  • La mise en place de huit unités autonomes chargées de s'occuper des différentes fonctions de l'office
  • La création du service minimum pour les périodes de grève

Le monopole d'État est maintenu et le 14 juillet 1972, Arthur Conte est nommé PDG de l'ORTF. Quelques mois plus tard, le 31 décembre 1972, la troisième chaîne de télévision est créée directement en couleur.

Régression et crise à l'office[modifier | modifier le code]

Quelques mois après le départ de Jacques Chaban-Delmas le 5 juillet 1972, le ministère de l'information est rétabli en avril 1973 et le 15 octobre de la même année, Arthur Conte annonce publiquement qu'il « ne supporte plus certaines interventions politiques qui se manifestent d'une manière intolérable sur certains directeurs ou journalistes de l'office et qui en venaient à se doubler d'un chantage financier ». Arthur Conte faisait notamment référence à des pressions demandant le changement de directeur de France Culture, accusée d'être une « tribune réservée en permanence au parti communiste et de la CGT ». Le 18 octobre, Arthur Conte rajouta : « Je ne laisse aucun doute sur ma volonté de continuer à assumer la responsabilité de l'ORTF sous la seule condition de ne pas mettre l'ORTF au service de la moitié de la France contre l'autre moitié. Il n'est plus question de ma démission, et si le pouvoir souhaite mon départ, je dois prendre franchement et clairement tout ma responsabilité. »

Suite à cette polémique, Arthur Conte fut renvoyé de la présidence de l'ORTF le 23 octobre 1973 et le Conseil des ministres désigna Marceau Long pour le remplacer dès le lendemain. Ceci provoqua de vives réactions de l'inter-syndicale et de plusieurs journalistes de l'ORTF, qui mettent en avant cette crise qui a provoqué le renvoi d'Arthur Conte, mais aussi « le problème fondamental de l'office », à savoir son indépendance et son unité. Le gouvernement répondit que « l'office n'est pas une machine de guerre dirigée contre le gouvernement ». Des réactions de l'opposition à l'Assemblée nationale virent également le jour. Les communistes annoncèrent notamment « qu'il n'y aura pas d'indépendance à l'ORTF tant que le PDG dépendra du Président de la République et du Premier ministre. » Pour les réformateurs démocrates sociaux, cette crise est « un règlement de comptes qui ne résout aucun des problèmes posés » et pour les républicains indépendants, « le problème ne pourra se résoudre que par l'existence d'une concurrence »[9].

Il avait été envisagé de regrouper l'ensemble des services de diffusions des chaines de télévision et radio ainsi que les services de productions dans une tour baptisée CINETIC sur la rive gauche du front de seine (face à la Maison de l'ORTF)[réf. nécessaire].

Démantèlement de l'office[modifier | modifier le code]

L'éclatement de l'ORTF a été précédée par une réflexion au cours de laquelle les syndicats de journalistes ont effectué plusieurs propositions, pour le maintenir mais le réformer dans le sens d'une plus grande liberté par rapport au gouvernement. Les propositions du Syndicat des journalistes français (CFDT), mené par Henri Poumerol, rejoignent en grande partie celles du Syndicat national des journalistes. Tous deux soulignent leur opposition aux règles qui régissent l'ORTF depuis dix ans.

La loi du 7 août 1974 modifie la gestion de l'audiovisuel public français. L’article 2 dispose : « l’office de la radio-télévision française est supprimé ». L'office est donc démantelé le 31 décembre 1974 et sept sociétés résultent de ce démantèlement (une holding pour regrouper le tout ayant été envisagée mais non retenue)[10] :

  • Une société nationale de programmes de radio
    • Radio France, qui récupère les 4 chaînes de radio nationales de l'office[11].
  • Trois sociétés nationales de programmes de télévision
    • Télévision française 1 (TF1), qui succède à la première chaîne.
    • Antenne 2 (A2), qui succède à la deuxième chaîne.
    • France Régions 3 (FR3), qui succède à la troisième chaîne et qui récupère les bureaux régionaux (radio et télévision) de l'office.
  • Trois établissements publics

Le 31 décembre 1974, Marceau Long annonce :

« La volonté nationale s'est exprimée le 7 août 1974 de la façon la plus solennelle, par la loi. Le service public de la radio et de la télévision continue. Aux maillons de l'ORTF qu'avaient précédé d'autres maillons, succède une nouvelle forme de l'institution : quatre sociétés nationales de programmes dont une pour la radio, une société de production de programmes, l'établissement public de diffusion, et l'institut de l'audiovisuel[12]. »

Le siège principal de l'office devient celui de Radio France, les studios de télévision et le matériel roulant en particulier les cars régies sont réattribués à la SFP, à l'exception de trois cars régies attribués à FR3 et stationnés dans les centres régionaux de Lille, Lyon et Marseille. Le siège des trois chaînes de télévision devient celui de TF1. Les logos de l'ORTF sur les façades des bâtiments de l'office seront démontés le 4 janvier 1975[13]. Les logos, habillages, équipes et rédactions des trois chaînes de télévision de l'ORTF resteront quant à eux jusqu'au 6 janvier 1975, date à laquelle ils sont remplacés par ceux des trois nouvelles chaînes remplaçantes : TF1, Antenne 2 et FR3. Le monopole d'État, lui sera maintenu jusqu'en 1981 pour la radio et jusqu'en 1982 pour la télévision. Cependant, Canal+, la première chaîne de télévision privée, n'arrivera qu'en 1984 et grâce à la remise en état de l'ancien réseau VHF 819 lignes de la première chaine abandonné au profit du nouveau réseau UHF 625 lignes lors du passage en couleur de TF1 en 1975.

Identité visuelle[modifier | modifier le code]

Le logo de la première chaîne de la RTF (trois lettres R, T et F posées horizontalement sur trois ellipses, évoquant aussi bien des ondes radioélectriques que le système solaire ou la course d'un électron dans un univers fermé, sous lequel est inscrit la mention Télévision) apparu le 4 février 1959 sert de base à celui de l'ORTF, avec l'ajout de la lettre O en son centre pour former une quatrième ellipse, le tout apparaissant sur un fond étoilé.

Les indicatifs d'ouverture[14] et de fermeture[15] d'antenne de la première chaîne de l'ORTF animent un enchevêtrement d'ellipses sur un fond étoilé qui, pour le premier, s'ordonnent pour former le logo de la première chaîne, et pour le second, se rétractent pour former une étoile qui disparaît, comme un big bang à l'envers.

Organisation[modifier | modifier le code]

Le général de Gaulle souhaitait que la Radiodiffusion-télévision française (RTF) devienne une institution autonome, analogue à celles des autres grandes démocraties, comme la BBC au Royaume-Uni dont il avait personnellement éprouvé la valeur en 1940. Le statut de l'ORTF était donc calqué sur celui de la BBC.

La loi no 64-621 du 27 juin 1964 précise la mission de l'ORTF : « Satisfaire les besoins d’information, de culture et de distraction du public ».

Dirigeants[modifier | modifier le code]

Alors que la RDF et la RTF étaient totalement dépendants du ministre de l'Information, l'ORTF n'était plus placé sous l'autorité directe de celui-ci mais seulement sous sa tutelle afin de contrôler le respect de ses obligations de service public. Le décret d'application du prévoyait la nomination des membres de son conseil d’administration en Conseil des ministres. Ces membres (entre 14 et 28) représentaient pour moitié l'État et pour moitié les auditeurs et téléspectateurs. Le président de l'Office était nommé par le Conseil des ministres, et avant cela, le directeur général était nommé par décret en Conseil des ministres.

Directeur général de la RDF
Directeurs généraux de la RTF
Directeurs généraux de l'ORTF
Présidents directeurs généraux de l'ORTF
Directeurs généraux adjoints
Direction du contrôle général
  • Georges Riou (1973-1974)
De 1973 à 1974, cette direction avait une mission permanente de contrôle dans tous les services de l'office quant à l'application des lois et règlements extérieurs et internes. Elle comprenait l'inspection générale, le contrôle interne, le service intérieur chargé des questions de surveillance et de sécurité, qui était antérieurement (depuis 1969) directement rattaché à la direction générale.
Conseil d'administration

En 1964, le conseil d’administration remplace le conseil supérieur de la RTF dans ses fonctions d’administration générale.

Départements et services[modifier | modifier le code]

Département des affaires générales et des relations publiques
  • Charles Bonami (1964)
  • Roland Samama (1965-1968)
De 1965 à 1969, ce département était chargé du courrier général de l'Office et du courrier de la direction générale, de la répartition des affaires et de la liaison avec les instances supérieures et de tutelle, des affaires communes à plusieurs directions, d’études particulières, ainsi que de la documentation générale, des voyages des agents et des collaborateurs. À partir de 1967, les services du cabinet de la direction générale, de la documentation et de la bibliothèque générale lui sont rattachés.
Délégation aux stations régionales
  • Roland Dhordain (1964)
  • Bernard Gouley (1965-1970 ; adjoint : Louis Le Cunff (1966-1970)
  • Jacques Homery (1970-1972 ; adjoint : Maurice Bonamy (1971-1972)
De 1963 à 1972, cette délégation assurait la coordination et liaison dans tous les domaines entre les neuf stations régionales qui existaient en 1963 plus les stations outre-mer à partir de 1964. Il est chargé de la promotion des productions régionales tant radiophoniques que télévisées, de l’harmonisation avec les émissions nationales, des bourses d'échanges interrégionales, de l’organisation d'un festival annuel des meilleures émissions de chaque région et de la réalisation des émissions de radio dans les régions Île-de-France et Normandie.
Service de la recherche
À partir de 1965, il est chargé de promouvoir les études d'ensemble sur l'interdépendance des aspects techniques et artistiques avec les incidences économiques et sur le personnel, d’animer des centres expérimentaux sur les nouveaux moyens techniques conditionnant de nouveaux moyens d’expression et d’appliquer les résultats par des programmes d'essai ou par des productions extérieures.

Sièges[modifier | modifier le code]

La Maison de l'ORTF, siège de l'ORTF.

L'ORTF étrenne le spectaculaire bâtiment construit en bordure de la Seine, au 116 avenue du Président-Kennedy dans le 16e arrondissement de Paris, par l'architecte Henry Bernard et inauguré le par le président de la République, Charles de Gaulle. L'enceinte circulaire de la Maison de l'ORTF faite d'aluminium et de mosaïque, est coiffée d'une tour de verre. Dans ce bâtiment de 25 000 m², s'installent sur onze kilomètres de couloirs et plusieurs niveaux la Direction générale, les services administratifs et techniques et la radio.

Ces locaux, qui comptent plus de soixante studios d'enregistrement, sont toutefois mal adaptés aux nécessités de la télévision qui reste finalement dans son berceau historique au 13-15 rue Cognacq-Jay dans le 7e arrondissement de Paris. La télévision disposait tout de même de deux studios situés au rez-de-chaussée de la Maison de l'ORTF, et notamment le mythique studio 102 aussi baptisé le « Théâtre 102 », ainsi que le studio 101 dans lequel furent organisé notamment les « duels » présidentiels de 1974 et 1981. L'ORTF pouvait compter également sur un important troisième lieu de production, les studios des Buttes Chaumont (aujourd'hui démolis) situés au 36, rue des Alouettes dans le 19e arrondissement. L'on y trouvait les plus grands studios de la télévision française (le studio 15 avait une superficie de 500 m2). Des grandes émissions de divertissement ou des dramatiques y étaient produites, avec ses propres ateliers décors. Au démantèlement de l'ORTF en 1974, le lieu sera attribué à la Société française de production qui s'enrichira d'un lieu de production encore plus vaste à Bry Sur Marne.

Ces différents lieux étaient baptisés des noms suivants : rue Cognacq-Jay : centre Lelluch, les Buttes-Chaumont : centre René-Barthélemy ( inventeur du procédé français de diffusion en couleur 625 lignes SECAM, acronyme de séquentielle à mémoires ) et la station régionale Paris Ile-de-France, installée rue François-Ier : centre Devèze.

Il est à noter qu'il avait été prévu de construire une tour sur le Front de Seine pour accueillir tous les services administratifs, de productions, de diffusion de l'ORTF, pour la radio et la télévision. Cette tour aurait été baptisée « Cinétic »[réf. nécessaire].

Services[modifier | modifier le code]

L'ORTF contrôlait 3 radios nationales, 10 radios régionales métropolitaines, 8 radios régionales d'outre-mer, 3 télévisions nationales et 7 télévisions régionales d'outre-mer.

Radio[modifier | modifier le code]

3 grandes radios nationales
10 radios régionales musicales
8 radios régionales d'outre-mer
  • Radio Saint-Denis : radio généraliste régionale à destination des auditeurs de la Réunion (créée en 1929)
  • Radio Saint-Pierre et Miquelon : radio généraliste régionale à destination des auditeurs de Saint-Pierre et Miquelon (créée en 1930)
  • Radio Guadeloupe : radio généraliste régionale à destination des auditeurs de Guadeloupe (créée en 1937)
  • Radio Nouméa : radio généraliste régionale à destination des auditeurs de Nouvelle-Calédonie (créée le )
  • Radio Martinique : radio généraliste régionale à destination des auditeurs de Martinique (créée le )
  • Radio Tahiti : radio généraliste régionale à destination des auditeurs de Polynésie française (créée en 1949)
  • Radio Guyane : radio généraliste régionale à destination des auditeurs de Guyane (créée le )
  • Radio Comores : radio généraliste régionale à destination des auditeurs des Comores (créée en 1961)

Télévision[modifier | modifier le code]

Chaîne Directeur Date de création Diffusion
Première chaîne de l'ORTF Jacqueline Baudrier Chaîne généraliste nationale en noir et blanc avec décrochages régionaux.
Deuxième chaîne de l'ORTF (ORTF Télévision 2)
2e chaîne couleur
Jean Lefevre Chaîne généraliste nationale en couleur (à partir de 1967) avec décrochages régionaux.
3e chaîne couleur de l'ORTF Jean-Louis Guillaud Chaîne généraliste nationale et interrégionale en couleur diffusant des productions régionales à l'échelle nationale.Les décrochages pour les actualités régionales des station de Caen et Besançon seront les derniers à passer à la diffusion en couleurs.

Structure régionale[modifier | modifier le code]

Carte des stations régionales de l'ORTF

L'ORTF disposait de 11 antennes régionales qui prenaient l'antenne quelques heures par jour sur les deux premières chaînes et qui produisaient des programmes pour la troisième chaîne.

Le développement de la télévision régionale a débuté en 1950. Après le démantèlement de l'office, c'est FR3 qui a récupéré la gestion des antennes régionales. Malgré cela, TF1 et Antenne 2 ont continué à diffuser les émissions régionales durant quelques années (jusqu'en 1986 pour TF1, 1989 pour Antenne 2).

Télévision régionale d'outre-mer[modifier | modifier le code]

Chaîne Date de création Diffusion
Télé Martinique Chaîne généraliste régionale à destination des français de Martinique.
Télé Guadeloupe Chaîne généraliste régionale à destination des français de Guadeloupe.
Télé Réunion Chaîne généraliste régionale à destination des français de la Réunion.
Télé Tahiti Chaîne généraliste régionale à destination des français de Polynésie française.
Télé Nouméa Chaîne généraliste régionale à destination des français de Nouvelle-Calédonie.
Télé Guyane Chaîne généraliste régionale à destination des français de Guyane.
Télé Saint-Pierre et Miquelon Chaîne généraliste régionale à destination des français de Saint-Pierre et Miquelon.

Un nouveau consortium[modifier | modifier le code]

Suite à la dissolution de l'ORTF, TDF a récupéré le statut de radiodiffuseur français au sein de l'UER, malgré le fait que TF1 est devenue membre de l'union dès 1975. En 1982, Antenne 2, FR3 et Radio France sont devenus membres de l'UER.

Dès 1983, TF1, Antenne 2, FR3, Radio France et TDF s'unissent pour former l'Organisme français de radiodiffusion et de télévision (OFRT), dont le sigle rappelle celui de l'ancien diffuseur français. Neuf ans plus tard, en 1992, l'OFRT devient le Groupement des radiodiffuseurs français de l’UER (GRF).

Le GRF est aujourd'hui constitué de TF1, France Télévisions, Canal+, Radio France et Radio France internationale (RFI).

L'« enfer »[modifier | modifier le code]

Jusqu'en 1974, une salle du sous-sol du siège de l'ORTF, surnommée par les journalistes l’« enfer » (en référence à l'enfer de la Bibliothèque nationale de France, accueillant les ouvrages qui avaient été jugés subversifs), accueille les bobines de télévisions interdites de diffusion. Oubliées dans des sacs en jute sans étiquettes et sans références, après le démantèlement de l'ORTF en 1974, elles sont redécouvertes en 1992, lors du déménagement du siège vers le 13e arrondissement de Paris, auparavant situé rue Cognacq-Jay. Michel Raynal, directeur délégué adjoint aux collections de l'INA explique : « la plupart du temps, les raisons de cette mise au purgatoire étaient politiques, mais il y avait aussi des questions juridiques », dans un contexte où le général de Gaulle avait souhaité faire de la télévision des années 1960 la « voix de la France » et donc avoir un droit de regard dessus. Un organisme sous le contrôle du ministre de l'Information Alain Peyrefitte, le SLII (Service de liaison interministériel pour l'information) est chargé jusqu'en 1969 de contrôler la « bonne conduite de la radio et de la télévision ». Le SLII ne survit pas aux manifestations de Mai 68, qui impliquent aussi du personnel de la télévision ; en 1976, Valéry Giscard d'Estaing lui créé un successeur, le SID (Service d'information et de diffusion), qui coordonne la communication gouvernementale, remplacé en 1996 par le SIG (Service d'information du gouvernement), qui a encore pour mission de valoriser l'action de l'exécutif auprès des médias.

Outre des films d'information, qui constituent la plus grande partie des fonds (comme l’accident des 24 Heures du Mans 1955 à cause de l'enquête judiciaire en cours ou le général de Gaulle se mouchant sur la place Saint-Marc lors d'un voyage présidentiel à Venise), on trouve par exemple un reportage du magazine Gros plan de 1961Salvador Dalí évoque ses « souvenirs de vie intra-utérine » et commente le film Un Chien andalou, une émission de Terre des arts de Max-Pol Fouchet, où le journaliste parle de la révolution cubaine de 1960, une interview de François Truffaut déplorant la fermeture de la Cinémathèque de Chaillot au début des années 1970, une émissison d' Aujourd'hui Madame où est évoqué le film polémique d'André Cayatte Mourir d'aimer ou encore des passages des chanteurs Évariste et Bernard Lavilliers. Ces bobines ont depuis été « numérisés, répertoriés, réintégrés dans les archives et ils sont accessibles aux chercheurs et au grand public sur le site de l'INA »[18].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Jacques Ledos, L'Âge d'or de la télévision: 1945-1975 (ISBN 2296179312), p. 121
  2. « La réforme des programmes, qui intervient le [1er janvier 1958, modifie la répartition des émetteurs et donne aux chaînes une identité plus forte. » Repères historiques dans les Espaces découverte de Radio France, radiofrance.fr
  3. Repères historiques dans les Espaces découverte de Radio France - En octobre 1963, le nombre des chaînes de radio est ramené à trois.
  4. Le système de « double diffusion » entre Inter Jeunesse et Inter Variétés perdurera jusque dans les années 1970
  5. Loi n° 64-621 du 27 juin 1964 portant statut de l'Office de radiodiffusion-télévision française, Journal officiel du 28 juin 1964
  6. Loi n°64-621 du 27 juin 1964 Radio-Télévision
  7. Sophie Bachmann, L'Éclatement de l'ORTF, Paris, L'Harmattan, 1997.
  8. Loi n°72-553 du 3 juillet 1972 portant statut de la radiodiffusion-télévision française
  9. INF2 annonçant le licenciement d'Arthur Conte sur ina.fr.
  10. Loi n°74-696 du 7 août 1974 relative à la radiodiffusion et à la télévision
  11. Loi n°74-696 du 7 août 1974 relative à la radiodiffusion et à la télévision - Chapitre II - Radio France devait initialement s'appeler « Société nationale de radiodiffusion »
  12. « Marceau Long annonce l'éclatement de l'office » sur ina.fr.
  13. Ouvriers changeant le sigle ORTF dans le hall de Cognacq Jay et sur la façade de la Maison de la Radio (Document INA)
  14. Indicatif d'ouverture d'antenne de la première chaîne de l'ORTF de 1964 à 1975 sur YouTube.
  15. Indicatif de fermeture d'antenne de la première chaîne de l'ORTF de 1964 à 1975 sur YouTube.
  16. Décès de Michel May, ancien président-directeur général de TF1 sur Les Échos, 24 Mars 1997 • page 23.
  17. Les 30 ans de France 3 Sud en 1994 sur INA.fr
  18. Daniel Psenny, « L'INA ouvre les portes de l'enfer », in Le Monde, samedi 25 mai 2013, page 3.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Christian Brochand, Histoire générale de la radio et de la télévision en France, vol. 2 (1944/1974), Paris, La Documentation française, 1994
  • Jérôme Bourdon, Histoire de la télévision sous de Gaulle, Paris, Anthropos, 1990
  • Évelyne Cohen, Marie-Françoise Lévy (dir.), La Télévision des Trente Glorieuses, CNRS Éditions, 2007
  • Monique Dagnaud, L’État et les Médias, fin de partie, Paris, Odile Jacob, 2000
  • Jean-Noël Jeanneney (dir.), L’Écho du siècle, dictionnaire historique de la radio et de la télévision en France, Paris, Hachette Littératures, 1999
  • Max Leclerc, La République du mépris (1975).
    En février 2010, les éditions du Masque d'or ont réédité le livre sous le titre La République du mépris ou le Cimetière des crabes par Max-Firmin Leclerc.
  • Marie-Françoise Lévy (dir.), La Télévision dans la République : Les Années 50, Paris, Complexe, 1999
  • Raymond Marcillac, Les Dessous de la radio et de la télévision, Paris, Jacques Grancher, 1994
  • Jean-Louis Missika, Dominique Wolton (dir.), La Folle du logis : La Télévision dans les sociétés démocratiques, Paris, Gallimard, 1983
  • Jacques Mousseau, Christian Brochand (dir.), L'Histoire de la télévision française, Paris, Nathan, 1982
  • Édouard Sablier, La Télé du Général par un gaulliste non alimentaire, Paris, éditions du Rocher, 2000
  • Aude Vassallo, La Télévision sous de Gaulle : Le Contrôle gouvernemental de l'information (1958/1969), INA-De Boeck, 2005

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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