Tricorne

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Exemple de tricorne

Le tricorne est un chapeau très en vogue au XVIIIe siècle, de forme triangulaire à bords repliés sur la calotte en trois cornes, d’où son nom.

Il est apparu vers 1690. Ce sont les militaires qui en répandirent l’usage. Des unités de cavalerie, durant la Glorieuse Révolution anglaise, prennent l’initiative de relever les bords de leur chapeau à larges bords en trois endroits. Les chapeaux à bords larges qu’ils utilisaient avaient tendance à s’affaisser, rendant les chevauchées extrêmement périlleuses. D’ailleurs, les corps de mousquetaires européens relevaient souvent un bord de leur couvre-chef bien avant la fin du XVIIe siècle, sur le devant ou sur le côté. Le tricorne doit donc son succès, comme vêtement populaire puis accessoire de mode au XVIIIe siècle, à son adoption par les gens de guerre, et devient l’emblème de toute une époque. Après l'avoir popularisé, c’est aussi le domaine guerrier qui décidera de sa péremption à la fin du siècle. En effet, certains corps d’armée spécialisés (comme les artilleurs ou les grenadiers) préfèrent vite la mitre au tricorne.

L’ère napoléonienne et les campagnes d’Italie voient l’abandon du tricorne par les derniers corps (Garde nationale), et son remplacement par le shako de cuir imperméable à visière et jugulaire. De fait, le tricorne du domaine civil est abandonné dans les années 1770 pour le bicorne en partie parce que les perruques atteignaient une taille si volumineuse que le tricorne n’y tenait plus, le bicorne présentant l’avantage d’être presque plat sur un côté et de se tenir à la main ou coincé sous le bras.

Il peut être accessoirisé avec des plumes rares (autruche), un ruban, etc. Il se portait presque exclusivement en chapeau de ville, se tenant à la main afin de ne pas décoiffer la perruque.

En Espagne, le ministre des Finances et de la Guerre, le marquis d'Esquilache, essaya en mars 1766, de rendre le port du tricorne obligatoire, car le sombrero redondo et la grande cape permettaient de dissimuler le visage[1]. Cela provoqua de telles émeutes que le roi Charles III dut le renvoyer et retirer la loi.

Si le bord du tricorne est petit, on parle de chapeau lampion ou de lampion.

Note[modifier | modifier le code]

  1. Source : texte d’Olivier Meslay dans le livret du tableau du mois n° 141, du musée du Louvre, consacré à un tableau de Francesco Sasso.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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