Château du Boy

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Château du Boy
Image illustrative de l'article Château du Boy
Cour intérieure du château
Période ou style Renaissance
Propriétaire initial Barons du Tournel
Protection  Inscrit MH (1943)[1]
Coordonnées 44° 29′ 31″ N 3° 33′ 43″ E / 44.49194, 3.56194 ()44° 29′ 31″ Nord 3° 33′ 43″ Est / 44.49194, 3.56194 ()  
Pays Drapeau de la France France
Région historique Gévaudan
Région Languedoc-Roussillon
Département Lozère
Commune Lanuéjols

Le château du Boy est un château situé à Lanuéjols en Lozère. Ancienne propriété des barons du Tournel, il a depuis été reconverti en plusieurs utilisations et est actuellement un centre de post-cure alcoolique.

Situation[modifier | modifier le code]

Le château est situé à Lanuéjols dans le Valdonnez, au cœur du département de la Lozère, ancienne province du Gévaudan. C'est à proximité du château que la Nize prend naissance de la confluence de plusieurs ruisseaux. Le château est ainsi assez proche de petits cours d'eau.

Histoire[modifier | modifier le code]

De la métairie au château[modifier | modifier le code]

La baronnie des Tournel, l'une huit baronnies du Gévaudan avait ses possessions sur toute la haute vallée du Lot ainsi que sur le Valdonnez. Leur château principal avant le XIVe siècle est le château du Tournel. Leur baronnie est décomposée en cinq mandements : Tournel, Chapieu, Montialoux, Montmirat et Montfort.

À proximité de Lanuéjols, ce qui va devenir le château du Boy, est, en ce XIVe siècle, une grande métairie, nommée mas ou mansus del Boy. Le terme de Boy est à rapprocher de celui de « bouvier ». Le mas est cité dès 1294.

Vers 1307[2], la famille du Tournel décide de s'éloigner de son château de défense, lui préférant le confort du château du Boy. En 1369 le château est amélioré et fortifié. Les routiers menacent en effet la région.

Le Châteauneuf-Randon du Tournel[modifier | modifier le code]

Au XIVe siècle, le château est fortement endommagé et brûlé. Les seigneurs du Tournel le restaureront. En 1445, Armand-Guérin du Tournel, baron, rédige son testament signé au château. Il semble donc que le Boy était définitivement devenu le siège de la baronnie. Cette baronnie du Tournel tombe une première fois en quenouille (le baron n'ayant pas d'héritier masculin à sa mort). L'héritière, Gabrielle du Tournel, épouse alors un Châteauneuf-Randon, seigneur d'Allenc[N 1].

Le château, résidence des Molette de Morangiès[modifier | modifier le code]

En 1721, le Gévaudan subit une terrible épidémie de peste. Le château du Boy est alors retenu pour accueillir les malades. Peu de temps après, en 1726, la baronnie tombe pour la deuxième fois en quenouille. L'héritière, Louise de Chateauneuf-Randon, épouse Pierre Charles de Morangiès le 31 décembre 1726. Les Molette de Morangiès étaient alors seigneurs de Saint-Alban. Ce dernier transforme alors le château dans un style plus moderne au milieu du XVIIIe siècle[2].

En 1741 il rachète pour 20 000 livres[3] une partie de la baronnie de Canilhac, mais également les droits d'entrées aux États du Gévaudan et du Languedoc qui y étaient associés[4]. Il fait alors transférer ce titre à sa terre de Saint-Alban par décision royale[5].

Pierre-Charles de Molette se titre ainsi marquis de Morangiès, comte de Saint-Alban, baron et seigneur de maints lieux. En 1745 il se distingue à la bataille de Fontenoy, alors qu'il est maréchal de camp. Ceci lui permet de recevoir la croix de chevalier de Saint-Louis et de devenir lieutenant-général. Il est ensuite fait prisonnier durant la guerre de sept ans. Il est aussi atteint par la disgrâce du maréchal de Soubise après la défaite de Rossbach. Il se retire alors dans son hôtel particulier à Paris, avant de revenir à Saint-Alban. En 1765 l'évêque de Mende l'informe que le Roi lui a rendu sa confiance[5].

Leur fils, Jean-François-Charles, né le 22 février 1728 au château du Boy, se retrouve ruiné en 1770 et est contraint de vendre les biens familiaux du côté de sa mère. Le domaine du Boy, ainsi que Chapieu, revient alors à une branche cadette des Châteauneuf-Randon, alors seigneurs de Préfontaine (à proximité de Langlade, commune de Brenoux).

Après la Révolution[modifier | modifier le code]

En 1805, c'est Alexandre-Paul-Guérin de Châteauneuf-Randon qui en est propriétaire. En manque d'argent, il vend le château à Dominique Eymard (ou Eimar) de Jabrun, issu d'une grande famille noble de Marvejols. Ce dernier meurt en 1812 et le château est vendu à Jacques-Jean-Louis-Simon Malafosse, un grand propriétaire de Marvejols. Le mobilier du château est éparpillé dans les diverses possessions des Malafosse, notamment en faveur de leur résidence de Marvejols (l'actuel hôtel de ville). Le Boy est alors plus ou mois abandonné, puis utilisé comme dépendance de l'exploitation agricole attenante.

En 1920, c'est le sénateur Louis Bringer qui en fait l'acquisition. Il donne alors la propriété aux sœurs de la Providence afin qu'il soit utilisé dans l'intérêt des plus défavorisés. En 1943 il est inscrit au patrimoine des monuments historiques[1].

Au cours de la Seconde Guerre mondiale, il devient peu à peu un refuge pour enfants, et ensuite sera transformé en préventorium (1951). En 1966, le château devient un centre climatique de pneumologie infantile. Trente ans plus tard (1996), il est converti en centre de post-cure alcoolique.

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. La seigneurie, puis baronnie d'Allenc, faisait partie des douze seigneuries gentilhommières donnant droit d'entrée aux États particuliers du Gévaudan

Sources et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b « Notice no PA00103831 », base Mérimée, ministère français de la Culture
  2. a et b Félix Buffière, Ce tant rude Gévaudan [détail des éditions], tome I, p. 366
  3. X. Salomon, Les barons de Canilhac, Païs, janvier-mai 1960
  4. Félix Buffière, Ce tant rude Gévaudan [détail des éditions], tome I, p. 391
  5. a et b (fr) [PDF] En marge de la Bête du Gévaudan, défense et illustration du comte de Morangiès, étude menée par Serge Colin

Lien interne[modifier | modifier le code]