Mousquetaire

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Mousquetaires faisant feu, reconstitution historique de la Bataille de la Montagne Blanche, en République tchèque.
Etendard de compagnie du Roi

Le mousquetaire est un fantassin armé d'un mousquet.

Les mousquetaires en France[modifier | modifier le code]

Bandoulière de mousquetaire d'où pendent à l'extrémité de lacets les charges, chaque étui contient la dose de poudre nécessaire pour armer et effectuer un tir.

Les débuts du corps[modifier | modifier le code]

Le corps des mousquetaires de la maison militaire du roi de France est créé en 1622 lorsque Louis XIII dote de mousquets, arme plus puissante que l'arquebuse, une compagnie de chevau-légers de la Garde[1], créée par Henri IV.

De 1622 à 1629, les mousquetaires dépendent du capitaine-lieutenant des chevau-légers. Le premier occupant du poste en 1622 est Jean de Bérard de Montalet. En 1634, le roi le fait capitaine-lieutenant de la compagnie des mousquetaires, le titre de capitaine revenant à Louis XIII. Le commandement effectif est assuré par Jean-Armand du Peyrer, comte de Tréville. Ce corps est nommé d'abord Compagnie de Mousquetons du Roi, puis des Mousquetaires du Roi.

Les mousquetaires sont recrutés uniquement parmi les gentilshommes ayant déjà servi dans la Garde. L'accès aux mousquetaires, corps d'élite et de parade, proche du roi, représente une promotion. En quittant ses rangs, on est nommé enseigne ou lieutenant[2] dans les Gardes ou officier dans les régiments. En l'absence d'école militaire, le passage sous les yeux du souverain permet de vérifier la compétence et la fidélité de chaque homme. Les mousquetaires sont d'abord des combattants à cheval, puis indifféremment à pied ou à cheval. Chaque compagnie utilise donc un porte-drapeau à pied et un porte-étendard à cheval. Ils forment la garde habituelle du roi à l'extérieur, la garde à l'intérieur des appartements royaux étant assurée par les gardes du corps et des gardes suisses.

Tenue d'un mousquetaire du Roi.

Les mousquetaires du Cardinal[modifier | modifier le code]

Richelieu étant menacé de mort, notamment par Gaston de France, Louis XIII lui ordonne de se créer des gardes personnels qui deviennent progressivement un corps de mousquetaires pour son service. Il préféra avoir sa propre garde aux couleurs de l'Église, c'est-à-dire le rouge. Les mousquetaires du roi dépendaient du capitaine des mousquetaires, alors que ceux du cardinal dépendaient de lui directement[3].

Le règne de Louis XIV[modifier | modifier le code]

En 1646, Mazarin fait dissoudre la compagnie des mousquetaires du roi, sous prétexte qu'ils sont trop turbulents. Elle réapparaît[pourquoi ?] en 1657 avec un effectif de 150 hommes.

À la mort de Mazarin en 1661, la compagnie des mousquetaires du cardinal passe au service du roi. En 1664, elle est réorganisée sur le modèle de la première compagnie et reçoit le surnom de « mousquetaires gris » dû à la robe de leurs chevaux, alors que la deuxième compagnie créée en 1663 est appelée « mousquetaires noirs », ces derniers ayant des chevaux noirs. La devise des mousquetaires gris est « Quo ruit et lethum » (« Où j'accours la mort aussi ») et celle des noirs « Alterius Jovis altera tela » (« Les autres foudres d'un autre Jupiter »).

Drapeau de la 1re compagnie des mousquetaires du roi d'après Du Vivier – 1715. La devise : « Quo ruit et lethum » - « Où j'accours la mort aussi »

Chaque compagnie dispose d'un fourrier, d'un aumônier, d'un apothicaire, d'un sellier, d'un maréchal-ferrant, de six tambours[4] et de quatre hautbois. Chaque mousquetaire doit se monter, s'habiller et s'équiper à ses frais. Le roi ne fournissait que le fusil et le mousquet, les pistolets et les épées devaient être achetés. Si au début les mousquetaires n'avaient pas d'uniforme (ils portaient pour se distinguer une casaque[5] bleue ornée de 4 croix de velours blanc qui leur servaient de manteau, mais était peu pratique lors des combats), par la suite, une tenue est fixée. L'habit est rouge écarlate et brodé d'or avec des manches et un col satinés de blanc et de dentelle ainsi qu'un chapeau au panache blanc[6]. Les bottes sont demi-fortes (ce qui les rend plus commodes que les grosses bottes de cavalerie qu'avaient les mousquetaires au début). Selon François Bluche, au début du XVIIIe siècle, un mousquetaire avait besoin de 1 000 livres pour s'équiper en temps de paix et de 2 000 livres en temps de guerre.

À la même époque, l'effectif des compagnies est doublé afin de satisfaire une demande de la noblesse. Depuis les réformes de Le Tellier, les nobles sont obligés de passer un certain temps dans la troupe avant d'accéder au grade d'officier. Nombre d'entre eux préfèrent effectuer ce service dans un corps des plus prestigieux, ne rassemblant que des nobles en principe : « en principe » [7] .

Parmi les mousquetaires devenus célèbres, on trouve aussi bien des militaires comme le maréchal de Montesquiou que des écrivains comme le duc de Saint-Simon.

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La première compagnie s'installe dans une caserne, rue du Bac. C'est la première caserne construite à Paris. Elle sera supprimée par Louis XVI en 1775. Vendus en 1834, les bâtiments les plus anciens seront détruits dont il reste quelques vestiges que l'on peut voir de la rue de Verneuil et de la rue du Bac.

La seconde compagnie s'installe dans une seconde caserne à l'emplacement de l'hôpital des Quinze-Vingts.

Le XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

La couleur donnée aux compagnies de mousquetaires correspond à celle de la robe de leurs chevaux. La compagnie des mousquetaires noirs est plus recherchée que celle des mousquetaires gris[8].

En 1775, le corps est dissous par le roi Louis XVI pour des raisons d'économie présentées par le comte de Saint-Germain, secrétaire d'État à la guerre[9].

Il est reformé en 1789 et dissous à nouveau en 1792. Elle renaîtront sous la Restauration et disparaissent définitivement en 1816.

Le XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Le corps des mousquetaires est reformé une seconde fois le 6 juillet 1814, sous la Restauration et dissous définitivement le 1er janvier 1816. Théodore Géricault faisait partie du corps des mousquetaires, avec 14 autres personnes[10].

Les mousquetaires dans le monde[modifier | modifier le code]

Perse[modifier | modifier le code]

En Perse, c'est sous la dynastie Séfévide, en particulier sous l'égide de Abbas Oskuizadeh Ier le Grand (1571-1629), qu'un groupe de 12 000 mousquetaires, les tofangchis, est créé. Leur dirigeant, un gholam (soldat esclave), est l'un des six personnages les plus importants de l'Empire.

Chine[modifier | modifier le code]

Mousquetaires chinois de la dynastie Ming.

Les mousquetaires dans la littérature et la peinture[modifier | modifier le code]

D'Artagnan, le plus célèbre des mousquetaires (statue de Gustave Doré située place du Général-Catroux, à Paris).

Littérature[modifier | modifier le code]

Les Trois Mousquetaires[modifier | modifier le code]

Alexandre Dumas les a immortalisés dans la trilogie Les Trois Mousquetaires, Vingt ans après et Le Vicomte de Bragelonne, en s'inspirant de la devise des mousquetaires : Tous pour un, un pour tous.

Ce roman a rendu populaire les mousquetaires, mais ne doit en aucun cas être considéré comme une œuvre historique, tant les libertés prises avec l'histoire sont nombreuses. S'appuyant sur un ouvrage de Gatien de Courtilz de Sandras publié en 1700, Mémoires de Monsieur d'Artagnan ; dans ces mémoires apocryphes, l'auteur présente une vision très romanesque du règne de Louis XIII.

La Semaine sainte[modifier | modifier le code]

Louis Aragon dans La Semaine sainte, paru en 1958, met en scène des mousquetaires gris, dont le peintre Théodore Géricault, lors de la fuite de Louis XVIII au début des Cent-Jours.

Liste de mousquetaires français[modifier | modifier le code]

XVIIe siècle[modifier | modifier le code]

XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

XIXe siècle
  • Amédée, marquis de Clermont-Tonnerre (1781-1859), sous-lieutenant dans les mousquetaires du Roi.

Expositions[modifier | modifier le code]

  • Mousquetaire, jusqu'au 14 juillet 2014, Hôtel des Invalides, Musée de l'Armée 19 rue de Grenelle, Paris.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Aussi appelés carabins (cavalerie légère), ils ne combattent pas initialement à cheval car le mousquet, trop long et lourd (8 kg), doit être posé sur un piquet en métal appelé fourquine. Sous Louis XIV, le mousquet est raccourci et allégé, les mousquetaires pouvant désormais l'utiliser à cheval. Source : Stéphane Thion, Les armées françaises de la guerre de trente ans, LRT Éditions,‎ 2008, p. 93
  2. Le grade de "lieutenant" est alors d'un niveau plus élevé qu'actuellement, surtout dans les corps d'élite.
  3. Louis Batiffol, Autour de Richelieu. Sa fortune. Ses gardes et mousquetaires, Calmann-Lévy,‎ 1937, p. 68
  4. Ces tambours sont toujours présents dans la Garde Républicaine actuelle.
  5. Casaque consistant en 4 pans d'étoffes attachés au cou, deux fixes devant et derrière, deux mobiles sur les côtés pour pouvoir mouvoir les bras.
  6. Fred Jouhaud, Madame D'Artagnan ?, Éditions L'Harmattan,‎ 2012, p. 98
  7. Bigitte Postel, « Mousquetaires », dans : Archéologia, n°522 de juin 2014, p.53, 1re colonne
  8. Benoît de Fauconpret, Les preuves de noblesse au XVIIIe siècle, Paris, Éditions Patrice du Puy,‎ 1999
  9. Les pensions versées à ce corps d'élite sont importantes
  10. Musée de l'armée, Hôtel des Invalides - Exposition 'Mousquetaires'
  11. Démobilisation du mousquetaire Guillaume de Rendinger, [lire sur Wikisource] ;
  12. Sur le site des Archives Départementales de l'Essonne en ligne, on trouve son acte de mariage à Brétigny-sur-Orge, le 7 novembre 1718. Dans celui-ci, Jean de Paulo a 60 ans environ et est chevalier et ancien cornette de la 1re compagnie des Mousquetaires du Roy
  13. Isaac de Larrey, Histoire de France sous le règne de Louis XIV, t. 9, p. 291
  14. dit ancien mousquetaire du Roy au baptême de sa fille Catherine Hélène Anne, le 8 mars 1756 à Montpellier, paroisse Notre-Dame-des-Tables (Archives Départementales de l'Hérault en ligne)
  15. qualifié de mousquetaire du roy au baptême de sa fille Louise Suzanne Dauphine, le 4 janvier 1757 à Montpellier, paroisse Notre-Dame-des-Tables (Archives Départementales de l'Hérault en ligne)
  16. dit ancien mousquetaire du Roy à son mariage, le 8 août 1777 à Villefranche-de-Rouergue (Archives Départementales de l'Aveyron en ligne)

Annexes[modifier | modifier le code]

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Iconographie[modifier | modifier le code]

Peintures 
  • Le peintre Pablo Picasso a peint plusieurs tableaux représentant des mousquetaires : Femme nue et mousquetaire (1967), Mousquetaire assis (1967), Mousquetaire et amour (1969), Tête de mousquetaire (1971), Mousquetaire aux oiseaux (1972), etc.
Sculptures 

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Abbé Jacques Paul Migne, Encyclopédie théologique, t.III, p. 146 et suivantes.
  • Brigitte Postel, Mousquetaires, dans Archéologia, n°522, p.50-57.

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]