Mousquetaire

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : Navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Mousquetaire (homonymie).
Mousquetaires, reconstitution de la Bataille de la Montagne Blanche, en République tchèque.

Le mousquetaire était autrefois un fantassin armé d'un mousquet.

Sommaire

Les mousquetaires en France [modifier]

Bandoulière de mousquetaire, année 1640, chaque étui contient la dose de poudre nécessaire pour armer et effectuer un tir.

Les mousquetaires du roi [modifier]

Début du corps [modifier]

Le corps des mousquetaires de la maison militaire du roi de France est créé en 1622 lorsque Louis XIII dote de mousquets, arme plus puissante que l'arquebuse, une compagnie de chevau-légers de la Garde[1], créée par Henri IV.

De 1622 à 1629, les mousquetaires dépendent du capitaine-lieutenant des chevau-légers. Le premier occupant du poste en 1622 est Jean de Bérard de Montalet. En 1634, le roi le fait capitaine-lieutenant de la compagnie des mousquetaires, le titre de capitaine revenant à Louis XIII. Le commandement effectif est assuré par Jean-Armand du Peyrer, comte de Tréville. Ce corps est nommé d'abord Compagnie de Mousquetons du Roi, puis des Mousquetaires du Roi.

Les mousquetaires sont recrutés uniquement parmi les gentilshommes ayant déjà servi dans la Garde. L'accès aux mousquetaires, corps d'élite et de parade, proche du roi, représente une promotion. En quittant ses rangs, on est nommé enseigne ou lieutenant[2] dans les Gardes ou officier dans les régiments. En l'absence d'école militaire, le passage sous les yeux du souverain permet de vérifier la compétence et la fidélité de chaque homme. Les mousquetaires sont d'abord des combattants à cheval, puis indifféremment à pied ou à cheval. Chaque compagnie utilise donc un porte drapeau à pied et un porte étendard à cheval. Ils forment la garde habituelle du roi à l'extérieur, la garde à l'intérieur des appartements royaux étant assurée par les gardes du corps et des gardes suisses.

Tenue d'un mousquetaire du Roi.

Les mousquetaires du Cardinal [modifier]

Richelieu crée aussi un corps de mousquetaires pour son service. Il préférait avoir sa propre garde aux couleurs de l'église, c'est-à-dire le rouge. Les mousquetaires du roi dépendaient du capitaine des mousquetaires, alors que ceux du cardinal dépendaient de lui.

Le règne de Louis XIV [modifier]

En 1646, Mazarin fait dissoudre la compagnie des mousquetaires du roi, sous prétexte qu'ils sont trop turbulents. Elle réapparaît[3] en 1657 avec un effectif de 150 hommes.

À la mort de Mazarin en 1661, la compagnie des mousquetaires du cardinal passe au service du roi. En 1664, elle est réorganisée sur le modèle de la première compagnie et reçoit le surnom de « mousquetaires gris » dû à la robe de leurs chevaux, alors que la deuxième compagnie créée en 1663 est appelée « mousquetaires noirs », ces derniers ayant des chevaux noirs. La devise des mousquetaires gris est Quo ruit et lethum (« Où j'accours la mort aussi ») et celle des noirs Alterius Jovis altera tela (« Les autres foudres d'un autre Jupiter »).

Drapeau de la 1re Compagnie des mousquetaires du roi d'après Du Vivier – 1715. La devise : Quo ruit et lethum - « Où j'accours la mort aussi »

Chaque compagnie dispose d'un fourrier, d'un aumônier, d'un apothicaire, d'un sellier, d'un maréchal-ferrant, de six tambours[4] et de quatre hautbois. Chaque mousquetaire doit se monter, s'habiller et s'équiper à ses frais. Le roi ne fournissait que le fusil et le mousquet, les pistolets et les épées devaient être achetés. Si au début les mousquetaires n'avaient pas d'uniforme (ils portaient pour se distinguer une casaque ornée de 4 croix de velours blanc qui leur servaient de manteau, mais était peu pratique lors des combats), par la suite, une tenue est fixée. L'habit est rouge écarlate et brodé d'or. Les bottes sont demi-fortes (ce qui les rend plus commodes que les grosses bottes de cavalerie qu'avaient les mousquetaires au début). Selon François Bluche, au début du XVIIIe siècle, un mousquetaire avait besoin de 1 000 livres pour s'équiper en temps de paix et de 2 000 livres en temps de guerre.

À la même époque, l'effectif des compagnies est doublé afin de satisfaire une demande de la noblesse. Depuis les réformes de Le Tellier, les nobles sont obligés de passer un certain temps dans la troupe avant d'accéder au grade d'officier. Nombre d'entre eux préfèrent effectuer ce service dans un corps des plus prestigieux, ne rassemblant que des nobles en principe [réf. nécessaire][5] .

Parmi les mousquetaires devenus célèbres, on trouve aussi bien des militaires comme le maréchal de Montesquiou que des écrivains comme le duc de Saint-Simon.

La fin du corps [modifier]

En 1776, le corps est dissous par Louis XVI pour des raisons d'économie[6].

Il est reformé en 1789 et dissous peu après.

Il est reformé une seconde fois le 6 juillet 1814, sous la Restauration et dissous définitivement le 1er janvier 1816.

Les mousquetaires dans le monde [modifier]

Perse [modifier]

En Perse, c'est sous la dynastie Séfévide, en particulier sous l'égide de Abbas Oskuizadeh Ier le Grand (1571-1629), qu'un groupe de 12 000 mousquetaires, les tofangchis, est créé. Leur dirigeant, un gholam (soldat esclave), est l'un des six personnages les plus importants de l'Empire.

Chine [modifier]

Mousquetaires chinois de la dynastie Ming

Les mousquetaires dans la littérature et la peinture [modifier]

D'Artagnan, le plus célèbre des mousquetaires (statue de Gustave Doré située place du Général-Catroux, à Paris).

Littérature [modifier]

Les Trois Mousquetaires

Alexandre Dumas les a immortalisés dans la trilogie Les Trois Mousquetaires, Vingt ans après et Le Vicomte de Bragelonne, en s'inspirant de la devise des mousquetaires : Tous pour un, un pour tous.

Ce roman a rendu populaire les mousquetaires, mais ne doit en aucun cas être considéré comme une œuvre historique, tant les libertés prises avec l'histoire sont nombreuses. S'appuyant sur un ouvrage de Gatien de Courtilz de Sandras publié en 1700, Mémoires de Monsieur d'Artagnan ; dans ces mémoires apocryphes, l'auteur présente une vision très romanesque[7] du règne de Louis XIII.

La Semaine sainte

Louis Aragon dans La Semaine sainte, paru en 1958, met en scène des mousquetaires gris, dont le peintre Théodore Géricault, lors de la fuite de Louis XVIII au début des Cent Jours.

Peinture [modifier]

Le peintre Pablo Picasso a peint plusieurs tableaux représentant des mousquetaires : Femme nue et mousquetaire (1967), Mousquetaire assis (1967), Mousquetaire et amour (1969), Tête de mousquetaire (1971), Mousquetaire aux oiseaux (1972), etc.


Liste de mousquetaires français [modifier]

XVIIe siècle
XVIIIe siècle
  • François-Ferdinand de Clermont-Chaste (1701-1751) "comte de Morges", marquis de Chaste, comte de Roussillon
  • Sieur Des Grébert, Brigadier des Mousquetaires, âgé de 24 ans et qui eut les 2 jambes arrachées à la bataille de Malplaquet le 11 septembre 1709 (Guerres de Succession d'Espagne) Histoire de France sous le règne de Louis XIV Tome 9 page 291 de isaac de Larrey.
  • Mr de la Salle, entré en 1705, sous lieutenant en 1723.
  • Charles-Joseph, marquis de Clermont-Tonnerre, (1720-1791), comte de Thoury, mousquetaire du Roi à partir du 7 juin 1739
  • Joseph-Marie Raison du Cleuziou, 2e compagnie des Mousquetaires (mars 1703 - 1705)
  • Comte de Marsac, Premier Capitaine, Lieutenant à la 2e Compagnie
  • Louis-Claude de Clermont, marquis de Montoison (1722-1787)
  • Sieur du Bosc, aide major, décédé en 1725, maréchal des logis 1728.
  • Sieur du Fort, maréchal des logis, 1728.
  • Sieur du Farm 1726, lorsque d'Artagnan eut une cornette
  • Sieur de Vignault, Premier maréchal des Logis, en 1684.
  • Sieur Bertrand (1725), aide Major à la place de du Bosc
  • Claude Courtet, mousquetaire du roi, propriétaire du château d'Autreville-sur-la-Renne, en Haute-Marne
  • Jacques Gabriel Louis Leclerc de Juigné, entra au service, aux mousquetaires, le 7 juillet 1742
  • Joseph-Yves-Thibaud-Hyacinthe, marquis de La Rivière, capitaine-lieutenant de la 2e compagnie de 1754 à 1766
  • Marie Scipion d'Exéa (1734-1806)
  • Louis de Castelbajac,se bat en duel 2 fois avec Casanova.
  • Jean Amédé Constance de Guilhem, (1709-...), Sgr de Pys, officier à la 1 e Compagnie
  • Jean-Louis Marie de Guilhem,1re compagnie le 17 juin 1753
  • Pierre Coustard de Massi (1741-1793)
  • Jean-Marie-Jonathas Raison du Cleuziou, mousquetaire sous le commandement du Comte de Montoissier à partir de 1768
  • Étienne François de Berthier de Bizy (1749-...), mousquetaire du roi, seigneur de Fougis, époux de Louise Rose Babaud de la Chaussade.
  • Gilbert du Motier de La Fayette élève aux mousquetaires noirs entre 1769 et 1774.
  • Salomon Viard de La Cense, 1re compagnie en 1771
  • Pierre Le Petit de Richebourg, écuyer, seigneur de Grigny, dit le chevalier de Grigny (1680-1720), mousquetaire du Roi de la 2e compagnie.
XIXe siècle
  • Amédée, marquis de Clermont-Tonnerre (1781-1859), sous-lieutenant dans les mousquetaires du Roi

Filmographie [modifier]

Sur les autres projets Wikimedia :

Notes et références [modifier]

  1. Aussi appelés carabins (cavalerie légère)
  2. Le grade de "lieutenant" est alors d'un niveau plus élevé qu'actuellement, surtout dans les corps d'élite.
  3. Pour quelle raison ?
  4. Ces tambours sont toujours présents dans la Garde Républicaine actuelle.
  5. Pourquoi : "en principe" ?
  6. Les pensions versées à ce corps d'élite sont importantes
  7. Le mot antérieurement utilisé, "romantique", ne paraît pas approprié.
  8. P. Gentil (L’honneur de servir p.69, « Auteuil impressions » Paris) // J.C. Petitfils (Le véritable d’Artagnan, Tallandier p.47 et 79) // (Table générale des titres du 24 juillet 1646) dressée, par le sénéchal de Villemoysant (généalogie des seigneurs de Lancreau et de la Poittevinière, issus de Balthazard de Rendinger, enregistrée et insinuée le 2 novembre 1646 à Abbeville).
  9. Sur le site des Archives Départementales de l'Essonne en ligne, on trouve son acte de mariage à Brétigny-sur-Orge, le 7 novembre 1718. Dans celui-ci, Jean de Paulo a 60 ans environ et est chevalier et ancien cornette de la 1ère compagnie des Mousquetaires du Roy

Bibliographie [modifier]

Voir aussi [modifier]

Articles connexes [modifier]

Liens externes [modifier]