Wolfgang Schäuble

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Wolfgang Schäuble
Wolfgang Schäuble en juin 2013.
Wolfgang Schäuble en juin 2013.
Fonctions
Ministre fédéral des Finances d'Allemagne
En fonction depuis le 28 octobre 2009
Chancelier Angela Merkel
Prédécesseur Peer Steinbrück
Ministre fédéral de l'Intérieur
22 novembre 200528 octobre 2009
Chancelier Angela Merkel
Prédécesseur Otto Schily
Successeur Thomas de Maizière
Président fédéral de l'Union
chrétienne-démocrate d'Allemagne
7 novembre 199816 février 2000
Prédécesseur Helmut Kohl
Successeur Angela Merkel
Président du groupe CDU/CSU au Bundestag
25 novembre 199129 février 2000
Législature 12e, 13e et 14e Bundestag
Prédécesseur Alfred Dregger
Successeur Friedrich Merz
Ministre fédéral de l'Intérieur
21 avril 198926 novembre 1991
Chancelier Helmut Kohl
Prédécesseur Friedrich Zimmermann
Successeur Rudolf Seiters
Ministre fédéral avec attributions spéciales
Directeur de la chancellerie fédérale
15 novembre 198421 avril 1989
Chancelier Helmut Kohl
Prédécesseur Waldemar Schreckenberger
Successeur Rudolf Seiters
Biographie
Date de naissance 18 septembre 1942 (71 ans)
Lieu de naissance Fribourg-en-Brisgau,
Allemagne
Parti politique CDU
Profession Fonctionnaire
Avocat

Wolfgang Schäuble
Ministres fédéraux des Finances d'Allemagne
Ministres fédéraux de l'Intérieur d'Allemagne
Directeurs de la chancellerie fédérale d'Allemagne
Vernon Walters ambassadeur américain en Allemagne avec Wolfgang Schäuble en 1991.

Wolfgang Schäuble, né le 18 septembre 1942 à Fribourg-en-Brisgau, est un homme politique allemand membre de l'Union chrétienne-démocrate d'Allemagne (CDU).

Il a été directeur de la chancellerie fédérale, puis ministre fédéral de l'Intérieur d'Allemagne sous Helmut Kohl, avant de présider le groupe CDU/CSU au Bundestag durant les années 1990, puis la CDU de 1998 à 2000. Dauphin désigné de Kohl, la défaite aux élections de 1998 et sa démission de la présidence du parti en 2000, suite au « scandale des caisses noires », lui ont barré la route de la présidence fédérale, qu'il convoitait.

Il a ensuite retrouvé le ministère fédéral de l'Intérieur lors de la grande coalition d'Angela Merkel, entre 2005 et 2009, et est actuellement ministre fédéral des Finances. Il est paralysé des membres inférieurs et se déplace en fauteuil roulant, depuis qu'un homme, jugé irresponsable au terme de son procès, lui a sectionné la moelle épinière après lui avoir tiré trois coups de révolver en 1990[1].

Biographie[modifier | modifier le code]

Formation[modifier | modifier le code]

En 1961, il obtient son Abitur et entreprend des études supérieures de droit, à Fribourg-en-Brisgau, puis à Hambourg. Il les achève en 1966 en passant son premier examen juridique d'État.

Il obtient le second en 1970, puis son doctorat l'année suivante.

Carrière[modifier | modifier le code]

Entre 1966 et 1970, Wolfgang Schäuble occupe un poste d'assistant à l'Université de Fribourg, et représente le recteur des études politiques. Il entre à l'administration fiscale du Bade-Wurtemberg en 1971.

Il a également été avocat à la cour régionale d'Offenburg de 1978 à 1984.

Personnel[modifier | modifier le code]

Il est le fils de Karl Schäuble, qui fut député au Landtag de Bade, et le frère de Thomas Schäuble, ancien ministre du Bade-Wurtemberg.

Marié et père de quatre enfants, il appartient à l'Église évangélique allemande (EKD). Par ailleurs, il se déplace en fauteuil roulant depuis qu'un déséquilibré a tenté de l'assassiner de trois coups de révolver, qui lui ont sectionné la moelle épinière, le 12 octobre 1990, dans la ville d'Oppenau.

Carrière politique[modifier | modifier le code]

Les débuts[modifier | modifier le code]

Il adhère à la Junge Union (JU), le mouvement de jeunesse de la CDU/CSU, en 1961, puis rejoint l'Union chrétienne-démocrate d'Allemagne (CDU) quatre ans plus tard. Président de l'association des étudiants chrétiens-démocrates (RCDS) à Hambourg, puis Fribourg-en-Brisgau, il est élu à la tête de la JU de Bade-du-Sud, dans le Land de Bade-Wurtemberg en 1969, pour un mandat de trois ans.

Le 19 novembre 1972, il est élu député fédéral au Bundestag, avant de prendre, en 1976, la direction de la commission fédérale des Sports de la CDU, qu'il occupe jusqu'en 1984. Il est désigné coordinateur parlementaire du groupe parlementaire de la CDU/CSU en 1981.

Dauphin d'Helmut Kohl[modifier | modifier le code]

Il obtient son premier poste ministériel le 15 novembre 1984, lorsqu'il est nommé ministre fédéral avec attributions spéciales et directeur de la chancellerie fédérale sous Helmut Kohl. Il occupe ce poste pendant près de cinq ans, puis devient ministre fédéral de l’Intérieur le 21 avril 1989. Il a joué un rôle important au moment de la réunification allemande[1] en négociant et signant, aux côtés de Günther Krause, le traité d'unification des deux Allemagnes, en 1990.

Bénéficiant de toute la confiance de Kohl, il retourne au Bundestag et prend la présidence du groupe des Unions chrétiennes le 21 novembre 1991.

Membre du comité directeur fédéral du parti depuis 1989, Wolfgang Schäuble est élu président fédéral de l'Union chrétienne-démocrate d'Allemagne le 7 novembre 1998, succédant ainsi à Helmut Kohl. Il lance un an plus tard une pétition contre la réforme du code de la nationalité voulue par la coalition rouge-verte de Gerhard Schröder et de Joschka Fischer, sous le titre « Intégration : oui – Double nationalité : non ! ».

La chute[modifier | modifier le code]

Il est cependant contraint à la démission quinze mois plus tard, du fait de l'affaire dite des « caisses noires de la CDU ». Il déclare à ce propos qu'il a « acquis la conviction que la CDU ne pourrait pas se libérer du carcan de cette crise sans un nouveau départ visible, qui concerne aussi les personnes ». Avec sa démission, c'est « l'ère Kohl » qui s'achève[2]. Lors du congrès qui suit sa démission, il est réélu membre de la présidence fédérale du parti tandis qu'Angela Merkel lui succède. Il abandonne la présidence du groupe parlementaire le 29 février suivant.

À la suite du renversement du bourgmestre-gouverneur de Berlin, Eberhard Diepgen, chrétien-démocrate, en 2001, sa candidature est proposée comme chef de file de la CDU berlinoise, mais est rejetée au profit de Frank Steffel. Il est réélu député fédéral aux élections de 2002, et devient alors vice-président du groupe, chargé de la politique étrangère, de sécurité et européenne. L'année suivante, à l'inverse de nombreux politiciens allemands, il soutient fortement l'intervention militaire américaine en Irak.

Le retour[modifier | modifier le code]

En 2004, il est pressenti comme candidat de la CDU/CSU à l'élection présidentielle du 23 mai, mais Angela Merkel lui préfère finalement Horst Köhler, directeur général du FMI[1]. Wolfgang Schäuble fait son véritable retour le 22 novembre 2005, lorsqu'il retrouve le poste de ministre fédéral de l'Intérieur dans la grande coalition dirigée par la nouvelle chancelière, Angela Merkel.

Il s'illustre en 2007 par des déclarations polémiques concernant le terrorisme, affirmant que l'application de présomption d'innocence n'était pas pertinente dans le cas des opérations anti-terroristes, puis en proposant la mise en place d'une législation fédérale autorisant les assassinats ciblés de terroristes et interdisant aux personnes soupçonnées de sympathiser avec les terroristes d'utiliser un téléphone portable ou Internet. Il est également sorti en défense du camp de détention américain de terroristes présumés à Guantánamo Bay, arguant qu'il s'agissait d'une « réponse légalement admissible des civilisations constitutionnelles contre la barbarie du terrorisme. ». Ces positions sécuritaires ont conduit au lancement de la campagne Stasi 2.0, qui comparait la politique du ministère fédéral de l'Intérieur à celle de la police secrète est-allemande (Stasi).

Ministre fédéral des Finances[modifier | modifier le code]

Il est désigné ministre fédéral des Finances le 28 octobre 2009, suite à la formation d'une coalition noire-jaune. À ce titre, il sera responsable de la mise en œuvre des baisses d'impôt prévues par l'accord de coalition et de la réduction du déficit budgétaire[1].

Il a annoncé en février 2010 avoir autorisé l'achat de données bancaires, volées en Suisse, qui concernent des contribuables allemands soupçonnés de fraude fiscale[3]. Un mois plus tard, il se prononce en faveur de la création d'un FMI européen dans le contexte de la crise des finances publiques de la Grèce[4]. Il a également dit être favorable à l'expulsion de la zone euro d'un État qui ne parviendrait pas à redresser ses finances publiques[5]. Victime de plusieurs ennuis de santé au début de l'année 2010, il est évacué du conseil pour les affaires économiques et financières (ECOFIN), réuni le 9 mai 2010 à Bruxelles, suite à une allergie à un nouveau médicament, et reste hospitalisé jusqu'au lendemain[6].

Le 28 septembre 2010, en plein débat sur le projet de budget fédéral au Bundestag, il est hospitalisé en raison d'escarres, et reste absent de la vie politique pendant quatre semaines[7]. Son retour est marqué par la démission de son porte-parole[8] et par des spéculations de remaniement ministériel qui le verrait quitter son poste – et le gouvernement – au profit de Thomas de Maizière[9].

Très populaire au sein de la CDU, il incarne la politique économique orthodoxe de l'Allemagne d'Angela Merkel, et notamment son succès, dans une Europe pâtissant encore de la crise de 2008. Il est toutefois critiqué dans les pays ayant eu le sentiment de subir une « cure d'austérité » imposée par la première puissance économique du continent[10]. À la formation du cabinet Merkel III, le 17 décembre 2013, il est reconduit dans ses fonctions.

Autres[modifier | modifier le code]

Il parle couramment le français[10].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]