Viticulture en Grèce

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Vignobles de Grèce
Greece wine regions de.png
Vignobles (ΟΠΑΠ) (marqués en rouge) et vignobles (ΟΠΕ) (marqués en vert)
Désignation(s) Vignobles de Grèce
Appellation(s) principale(s) Mavodaphni, Hymette, Lindos, Vino Santo, Archanes, muscat de Samos
Type d'appellation(s) Appellation d'Origine de Qualité Supérieure : Ονομασία προελεύσεως ανωτέρας ποιότητος (ΟΠΑΠ)
Appellation d'Origine Contrôlée : Ονομασία προελεύσεως ελεγχόμενη (ΟΠΕ)
Reconnue depuis 1976
Pays Drapeau de la Grèce Grèce
Sous-région(s) Péloponèse, Attique, Macédoine, île de Rhodes, île de Samos, île de Santorin, Crète et Épire
Localisation Sud-Est de l'Europe
Saison Hiver doux, printemps et automne chaud et pluvieux, été très chaud et sec
Climat méditerranéen
Ensoleillement
(moyenne annuelle)
entre 2 600 et 2 800 heures/an
Sol Calcaire et volcanique
Nombre de domaines viticoles 70 caves coopératives et 250 maisons de négoce
Cépages dominants Cépages rouges
Agiorgitiko, Xinomavro, Mandelaria, Mavrodaphne
Cépages blancs
Assyrtiko, Athiri, Lagorthi, Malagousia, Moschofilero, Robola, Roditis, Savatiano
Vins produits rouge, rosé, blanc, muscat (VDN), résinés, momensavia (malvoisie)
Production 5 040 000 hectolitres

La viticulture en Grèce est l'une des plus vieilles du monde. La conjonction du sol et du climat a permis son essor et les plus anciens textes de la littérature grecque comme l’Iliade et l’Odyssée en portent témoignage[1]. Les tout premiers vins grecs ont été datés de 6 500 ans, leur élaboration correspondant aux besoins d'une famille ou d'une petite communauté. Suivant les avancées de la civilisation grecque, leur production et leur commercialisation prirent une grande ampleur. Les fouilles archéologiques ont prouvé que la consommation du vin a été effective d'un bout à l'autre de la Méditerranée. Il acquit un très haut prestige en Italie sous l'Empire romain. Cette réputation perdura jusqu'au Moyen Âge, où les vins exportés de la Grèce ou de ses îles étaient considérés comme les seuls dignes des tables royales ou pontificales en Europe occidentale.

Sommaire

Histoire[modifier]

Préhistoire et Antiquité[modifier]

Laurent Bouby explique : « La viticulture aurait été adoptée par les Grecs, au moins dès le IIIe millénaire avant notre ère. Mais une découverte archéobotanique récente montre la fabrication de vin à Dikili Tash, dans le nord de la Grèce, au Néolithique final (fin du Ve millénaire), peut être à partir de vigne sauvage[2] ».

Ces plus anciennes traces de vinification ont pu être datées de -6500. Cette découverte a été faite par Tania Valamoti, du département d'archéologie de l'Université Aristote de Thessalonique. Sur le site néolithique de Dikili Tash, situé dans la plaine de Drama, en Macédoine-Orientale-et-Thrace, à environ 1,5 km à l'est de la cité antique de Philippes, l'archéologue et son équipe ont fouillé quatre maisons où ils ont découvert 2 460 pépins carbonisés et 300 peaux de raisin foulées. L'analyse de ces restes de vinification a mis en évidence que ces grains provenaient soit de lambrusques, soit d'une variété très précoce. Les archéologues grecs ont aussi mis au jour des tasses d'argile à deux anses et des pots suggérant le transvasement des liquides et sa consommation[3].

Vigne en hautain sur un figuier à Thessalonique

La présence de figues carbonisées, près des restes de raisin, laisse supposer qu'elles ont servi d'adjuvant sucré pour camoufler l'amertume du jus des vignes sauvages. Tania Valamoti a expliqué : « Les figues, plus sucrées, ont pu être ajoutées aux jus de raisins avant la fermentation, ou alors après l'achèvement du processus de fermentation ». L'équipe de l'Université Aristote va faire analyser la poterie de Dikili Tash pour déterminer si de l'acide tartrique était présent dans les tasses[3].

Thucydide avait affirmé : « Les peuples méditerranéens commencèrent à sortir de la barbarie quand ils apprirent à cultiver l'olivier et le vigne[4] ». Ce fut une réussite puisque, six siècles plus tard, le poète Virgile écrivit qu'il « serait plus facile de compter les grains de sable de la mer que d'énumérer tous les crus grecs »[5].

Sphère d'influence de la Grèce antique
Vins des îles

Cinq îles de la Mer Égée fournissaient des vins renommés : Chio, avec les crus d'Arivisios et de Phainos, dont la renommée égalait la cherté, un métrète (40 litres environ) valant une mine, soit le prix d'une paire de bœufs ; Lesbos, Samos, Lemnos, tandis qu'à Naxos la légende voulait qu'il coulât une source de vin naturelle[5].

Vins du continent

La Thrace, pays natal de Dionysos fournissait le célèbre Marôneia avec lequel Ulysse enivra le Cyclope. De la Macédoine provenaient les crus Acanthia et Mendé. La Thessalie était réputée pour son Héraclée et dans l'Attique était élaboré le fameux Chrysatikos[6].

Le nom grec du vin ŒNOS a servi à désigner : ŒNATE : cru d’Illyrie, ŒNONTE : cru grec, ŒNOE : cité de l’Attique et cru cité par Pline, ŒNIADES : cité de Thessalie, ŒNUS : cité d’Arcanamie, ŒNOPIE ou ŒNONE : île d’Egine, OENOPHYTA : bourgade de Béotie.

Pour contenir le vin ou le boire, les Grecs se servaient soit d'un Askos, Canthare, Cotyle, Cratère, Dinos, Kyathos, Kylix, Lagynos, Lébès, Œnochoé, Olpé, Psykter, Rhyton ou Skyphos

Moyen Âge[modifier]

Ivoire byzantin représentant des vendanges sur vignes hautes (Xe/XIe siècle)

Renaissance[modifier]

Époque moderne[modifier]

Époque contemporaine[modifier]

Depuis 1967, deux types d'appellations indiquent aux consommateurs l'origine des vins :

  • Appellation d'Origine de Qualité Supérieure : Ονομασία προελεύσεως ανωτέρας ποιότητος (ΟΠΑΠ)
  • Appellation d'Origine Contrôlée : Ονομασία προελεύσεως ελεγχόμενη (ΟΠΕ)

Situation géographique[modifier]

Les principales régions viticoles de la Grèce sont le Péloponèse, l'Attique, la Macédoine, l'île de Rhodes, l'île de Samos, l'île de Santorin, la Crète et l'Épire[7].

Orographie[modifier]

Géologie[modifier]

La Grèce continentale, la Crète et d'autres îles possèdent des sols calcaires, tandis que Santorin est une île volcanique transformée en caldeira, large de près de 15 km, recouverte de cendres volcaniques. Ces terroirs sont idéaux pour la vigne[1].

Climatologie[modifier]

D'après les données climatologiques d'Athènes et de Corfou, il ressort que ce sont les précipitations qui limitent, hors du continent, la période végétative de la vigne, les températures restant propices au mûrissement jusqu'en octobre et novembre. Dans les zones subissant une forte pluviosité, l'éclatement des baies, dû à la pluie, implique une dilution des arômes et reste la cause première des mauvais millésimes.

Climatologie de Corfou (Κέρκυρα Kérkyra)
Température
Mois Jan Fév Mar Avr Mai Jui Jui Aoû Sep Oct Nov Déc Moyenne
Température max (°C) 14 16 18 20 25 29 32 30 28 24 20 16 22, 7
Température min (°C) 9 8 11 12 16 20 23 22 19 17 12 9 14, 8
Moyenne °C 9,6 10,3 12,1 15,1 19,6 23,8 26,4 26,1 22,7 18,4 14,2 11,1 17, 5
Précipitation et ensoleillement
Mois Jan Fév Mar Avr Mai Jui Jui Aoû Sep Oct Nov Déc Total
Précipitation (mm) 132 136 98 62 36 14 7 18 75 148 181 180 1087
Ensoleillement (j/h) 5 6 7 7 9 10 11 12 9 6 4 3 2600 h/an
Source : Relevé des données météorologiques à Corfou
Climatologie d'Athènes (Αθήνα [a'θina] Athína)
Température
Mois Jan Fév Mar Avr Mai Jui Jui Aoû Sep Oct Nov Déc Moyenne
Température max (°C) 13 14 16 20 25 30 33 33 29 24 19 15 22, 6
Température min (°C) 6 7 8 11 16 20 23 23 19 15 12 8 14, 0
Moyenne °C 9,3 9,8 11,7 15,5 20,2 24,6 27,0 26,6 23,3 18,3 14,4 11,1 17, 7
Précipitation et ensoleillement
Mois Jan Fév Mar Avr Mai Jui Jui Aoû Sep Oct Nov Déc Total
Précipitation (mm) 45 48 43 28 17 10 4 5 12 48 51 67 378
Ensoleillement (j/h) 4 5 6 8 9 11 12 12 9 7 5 4 2804 h/an
Source : Wetterdaten Athen Relevé des données météorologiques à Athènes

Vignoble[modifier]

Les surfaces viticoles sont en régression depuis les années 1960 (236 000 ha en 1961 et 146 000 ha en 1991). Elles sont principalement réservées à la production de vin (55 % en 1964 et 53 % en 1984). Si la surface dévolue au vin a diminué, la production, elle, a augmenté grâce à l'amélioration des techniques, mais aussi grâce à la spécialisation. Alors que longtemps, tous les agriculteurs produisaient du vin, dorénavant, certaines exploitations et certaines régions se sont spécialisées. Les principales régions produisant du vin sont le nord et ouest du Péloponnèse (Élide, Achaïe et Corinthie), la région d'Héraklion en Crète et la Grèce centrale (Attique, Béotie et Eubée). Chacune de ces régions produisait en 1994 plus de 51 000 tonnes de moût[8].

Présentation[modifier]

Vignes à Samos
Vignoble à Santorin

Péloponèse[modifier]

Attique[modifier]

Macédoine[modifier]

Rhodes[modifier]

Samos[modifier]

Santorin[modifier]

Vinsanto, vin doux produit sur l'île de Santorin.

Crète[modifier]

Épire[modifier]

Encépagement[modifier]

Cépages rouges

Agiorgitiko, Xinomavro, Mandelaria, Mavrodaphne.

Cépages blancs

Assyrtiko, Athiri, Lagorthi, Malagousia, Moschofilero, Robola, Roditis, Savatiano

Naoussa rouge d'Appellation d'Origine de Qualité Supérieure, Ονομασία προελεύσεως ανωτέρας ποιότητος (ΟΠΑΠ)

Méthodes culturales et réglementaires[modifier]

La Grèce, pays membre de l'Union européenne, applique les règlements européens qui supplantent la législation nationale.

Vinification et élevage[modifier]

Terroir et vins[modifier]

Article détaillé : Terroir viticole.

Structure des exploitations[modifier]

Type de vins et gastronomie[modifier]

Commercialisation[modifier]

Notes et références[modifier]

  1. a et b Alexis Lichine, op. cit., p. 421.
  2. Laurent Bouby, ingénieur d’étude au CNRS-CBAE, Montpellier, Vins, vignes, pépins, production viticole aux temps anciens : la science mène l’enquête ! sur le site cnrs.fr
  3. a et b Vinification en Grèce néolithique
  4. Hugh Johnson, op. cit., p. 35.
  5. a et b Bibiane Bell et Alexandre Dorozynsky, op. cit., p. 30.
  6. Bibiane Bell et Alexandre Dorozynsky, op. cit., p. 31.
  7. Alexis Lichine, op. cit., pp. 422 à 424.
  8. M. Sivignon, op. cit., p. 86-87.

Bibliographie[modifier]

  • Bibiane Bell et Alexandre Dorozynsky, Le livre du vin. Tous les vins du monde, sous la direction de Louis Orizet, Éd. Les Deux Coqs d'Or, 29 rue de la Boétie, 75008, Paris, 1970.
  • Alexis Lichine, Encyclopédie des vins et alcools de tous les pays, Éd. Robert Laffont-Bouquins, Paris, 1984, (ISBN 2221501950)
  • Hugh Johnson, Une histoire mondiale du vin, Éd. Hachette Pratique, Paris, 2002, (ISBN 2012367585)
  • Michel Sivignon, Franck Auriac, Olivier Deslondes et Thomas Maloutas, Atlas de la Grèce., CNRS-Libergéo, La Documentation Française, 2003. (ISBN 2110053771)

Voir aussi[modifier]

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Lien interne[modifier]

Liens externes[modifier]