Mouvement socialiste panhellénique

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Mouvement socialiste panhellénique
Πανελλήνιο Σοσιαλιστικό Κίνημα
Panellinio Sosialistikó Kínima
Image illustrative de l'article Mouvement socialiste panhellénique
Logo officiel
Présentation
Président Evángelos Venizélos
Fondation 3 septembre 1974
Siège Athènes
Drapeau de la Grèce Grèce
Groupe au Parlement européen Alliance progressiste des socialistes et démocrates au Parlement européen
Fondateur Andréas Papandréou
Idéologie Social-démocratie,
Social-libéralisme
Affiliation européenne Parti socialiste européen
Affiliation internationale Internationale socialiste
Couleurs Vert
Site web www.pasok.gr
Représentation
Députés
28 / 300
Périphéries de la Grèce
373 / 725
Députés européens
2 / 21

Le PASOK (en grec : ΠΑ.ΣΟ.Κ., acronyme de Πανελλήνιο Σοσιαλιστικό Κίνημα / Panellínio Sosialistikó Kínima, « mouvement socialiste panhellénique ») est un parti politique grec, social-démocrate. Le PASOK est membre du Parti socialiste européen et de l'Internationale socialiste.

Histoire[modifier | modifier le code]

1974-1981 : du retour de la démocratie à la conquête du pouvoir[modifier | modifier le code]

À la chute de la dictature des colonels en août 1974, la démocratie est rétablie et les partis sont officiellement autorisés : très vite, Andréas Papandréou, le fils du dirigeant libéral Georges Papandréou, qui vient de rentrer d'exil, appelle au rassemblement des forces politiques de la gauche. Le 3 septembre 1974, le PASOK est officiellement fondé. Les mots d'ordre du nouveau parti sont l'« indépendance nationale », le « pouvoir au peuple » et la « libération sociale ». Le PASOK présente pour la première fois des candidats aux élections législatives de novembre 1974 et obtient 13,5 % des voix (15 députés sur un total de 300 au Parlement grec), arrivant troisième derrière la Nouvelle Démocratie de Konstantínos Karamanlís et l'EK-ND (Union du Centre - Nouvelles Forces), dirigé par George Mavros.

Aux élections de 1977, le PASOK parvient à dépasser l'EK-NDen faisant élire 92 députés (soit 25,3 % des voix), devenant ainsi le principal parti d'opposition du pays.

1981-1989 : le Mouvement au pouvoir[modifier | modifier le code]

Aux élections législatives d'octobre 1981, après une campagne menée par Andréas Papandréou aux cris de « Changement ! » et « La Grèce aux Grecs ! », le PASOK entre dans l'histoire en remportant 48 % des suffrages (173 députés) et peut ainsi former le premier gouvernement de gauche en Grèce depuis 1924. Il s'agissait de quelque chose d'extraordinaire dans l'histoire d'un pays ayant connu une guerre civile et ne reconnaissant pas encore à cette époque les résistants de la seconde guerre mondiale. Le soir des élections une nouvelle dictature était encore à craindre. Malgré ses prises de position de campagne en faveur d'un retrait de la Grèce de l'OTAN et de la CEE, Papandréou changea par la suite ses relations avec ces deux organisations. Les cris de ralliement lors des élections étaient hors de l'OTAN : ''éxo apó to NATO et hors de la CEE : ''éxo apó tin Evrópi.

Plus tard se produisit l'incident du Sismik. La Turquie envoya un navire faire des recherches géologiques dans ce que la Grèce considère être ses eaux territoriales. Il y eut mobilisation générale et la Grèce se retira de l'OTAN. Le laps de temps que la Grèce passa hors de l'OTAN fut très court et complètement occulté dans les autres pays dépendant de cette même OTAN mais la réaction fut immédiate, la Turquie retira le Sismik.

En 1984, Andréas Papandréou est réélu président du parti au cours du 1er Congrès du PASOK, avec Georgos Genimatas comme dauphin officiel. Un an plus tard, le PASOK remporte à nouveau les élections législatives en parvenant à ne perdre que 3 points par rapport à son score de 1981 (45 % et 161 députés), ce qui lui permet de se maintenir au gouvernement et d'engager une importante réforme de la Constitution, réduisant les pouvoirs du président de la république et renforçant ceux du premier ministre. Le Code civil est également modifié et les mariages civils sont autorisés en Grèce pour la première fois. Au cours de ces deux législatures, le PASOK s'emploie, en tant que parti gouvernemental, à développer les infrastructures à petite et moyenne échelle dans l'ensemble du pays et à moderniser les petites entreprises, notamment dans le domaine de l'agriculture et du tourisme.

Mais dès 1988, la popularité du gouvernement et du parti, affaibli par la mauvaise santé de son chef Andréas Papandréou, chute, du fait notamment de son implication dans plusieurs scandales économico-politiques (l'affaire Koskotas, entre autres) et, sans surprise, le PASOK perd les élections de juin 1989 en ne rassemblant que 40 % des voix contre 45 % pour la Nouvelle Démocratie.

1989-1993 : grande coalition et opposition[modifier | modifier le code]

Prévoyant sa défaite, le gouvernement avait modifié en 1988 la Constitution, rendant ainsi difficile la formation d'un gouvernement, en cas de victoire serrée d'un parti aux législatives. La Nouvelle Démocratie n'ayant obtenu en juin que 5 points d'avance sur son concurrent, de nouvelles élections sont organisées en novembre 1989 auxquelles le PASOK obtient un score presque identique. Un gouvernement d'union nationale entre le PASOK, la Nouvelle Démocratie et le Synaspismós (coalition de gauche, dissidence du Parti communiste grec) est formé. Dès sa formation, il ne devait durer que trois mois, en effet à cette date devait avoir lieu l'élection présidentielle et aucun des partis n'ayant la majorité nécessaire pour l'élire (181/300) ni ne voulant aller plus avant dans une coalition, il allait y avoir de nouvelles élections législatives 1990. Les nouvelles élections sont remportées de justesse par Nouvelle Démocratie, le PASOK n'arrivant que deuxième avec 39 % des voix. La Néa Demokratía n'a cependant que 151 sièges sur 300.

1993-2004 : une décennie au pouvoir[modifier | modifier le code]

Malgré l'implication d' Andréas Papandréou dans un nouveau scandale économique (affaire de la Banque de Crète), le PASOK remporte les élections organisées en 1993 avec 47 % des voix et Papandréou redevient premier ministre. En 1995, le parti traverse une grave crise interne qui voit Dimitris Tsovolas démissionner du Comité central pour fonder son propre parti, le DI.K.KI (Mouvement démocratique social) tandis qu'Andréas Papandréou est hospitalisé en raison de graves problèmes de santé. Après 3 mois au cours desquels il continue à diriger le pays depuis son lit d'hôpital, il est contraint à la démission le 17 janvier 1996. Le lendemain, Costas Simitis est désigné par le parti pour le remplacer à la tête du gouvernement. Représentant de l'aile pro-européenne du parti, il avait pour concurrent direct au sein du PASOK Aris Tsohatzopoulos, considéré comme le successeur légitime de Papandréou. Quelques jours après sa désignation, Simitis doit affronter la plus grave crise diplomatique qu'aie connu le pays depuis 1974, la crise dite « Imia-Kardak », du nom des îlots disputés par la Grèce et la Turquie. Accusé de faiblesse face à la Turquie et surtout d'être trop à l'écoute des États-Unis, Costas Simitis est néanmoins élu président du PASOK en 1996 et mène son parti à une nouvelle (très courte) victoire aux élections de septembre 1996 avec 41,5 % des voix contre 40 % pour la Nouvelle Démocratie. Le parti remporte à nouveau les élections de 2000 avec 43,8 % des voix, au terme d'une campagne très serrée. Malgré trois grands succès enregistré au cours des deux dernières législatures (1997 : obtention par Athènes de l'organisation des Jeux olympiques de 2004, 2001 : admission définitive de la Grèce dans la zone euro, 2002 : démantèlement de l'organisation terroriste « 17-Novembre ») et surtout malgré le remplacement, peu avant les élections de 2004, de Costas Simitis à la tête du parti par Georges Papandréou, fils du charismatique fondateur du parti censé rallier les nostalgiques de son père déçus par la politique de Simitis le PASOK ne parvient pas à se maintenir au pouvoir et se retrouve dans l'opposition pour la première fois depuis 11 ans tandis que la Nouvelle Démocratie accède au pouvoir.

La défaite de 2007 et ses répercussions[modifier | modifier le code]

La Nouvelle Démocratie dirigée par Kóstas Karamanlís sort à nouveau victorieuse des élections législatives du 16 septembre 2007, remportant 152 sièges. Le PASOK ne totalise que 38,1 % des suffrages (son plus faible résultat depuis près de 30 ans) et n’obtient que 102 sièges. Ce mauvais résultat conduit à une remise en cause du leadership de George Papandreou et à l’élection d’un nouveau dirigeant par les adhérents du PASOK. George Papandreou doit affronter la concurrence du Pr Evangelos Venizelos (député de Thessalonique et numéro deux du parti) et de Costas Scandalides. Néanmoins, il est reconduit à son poste à l’issue du scrutin du 11 novembre 2007. En mars 2008, le 8e congrès du PASOK est marqué par une nouvelle stratégie de reconquête du pouvoir : l'alliance avec le Synaspismos. George Papandréou défend la conception d'un « État social qui garantit le développement » comme « condition indispensable pour la création d'un nouveau modèle de développement qui apportera la confiance au citoyen ».

La victoire de 2009 et la gestion de la crise de la dette[modifier | modifier le code]

Le PASOK remporte 3 012 373 voix, soit 43,92 % (+ 5,82) et 160 députés à la Vouli (+ 58), obtenant ce faisant 53,33 % des députés et la majorité absolue.

Après la victoire de 2009, Georges Papandréou devient premier ministre et forme un gouvernement exclusivement formé de membres du Pasok.
L'état réel des finances laissé par son prédécesseur, ne lui permet pas de respecter son programme de campagne. Il mène alors une politique d'austérité. À partir du 15 juin 2011, la Grèce est fortement touchée par une vague de protestation qui s'étend dans tout le pays. Sous pression, isolé, dans ce contexte de crise économique et sociale, Geórgios Papandréou démissionne de son poste le 9 novembre 2011.

Il est remplacé par Loukás Papadímos qui forme un gouvernement d'union nationale avec le Mouvement socialiste panhellénique (PASOK), la Nouvelle Démocratie (ND) et l'Alerte populaire orthodoxe (LAOS) et continue la politique d'austérité menée depuis 2009.

La Grèce est de nouveau fortement touchée par une vague de protestation qui s'étend dans tout le pays. Des ministres en place démissionnent, et devant la chienlit, le porte-parole du gouvernement annonce la tenue d'élections anticipées pour le mois d'avril 2012.

La chute[modifier | modifier le code]

La catastrophe électorale de 2012[modifier | modifier le code]

Élections de mai 2012 — Le Pasok en vert

Finalement les élections législatives auront lieu le 6 mai 2012 et le PASOK en sera le grand perdant avec 13,18 % des voix et 41 députés en perdant 109 sièges. La peur de Syriza et du mouvement néo-nazi Aube dorée pousse les dirigeants du Pasok a former une coalition gouvernementale avec la Nouvelle Démocratie afin de gouverner le pays et remplir les « obligations internationales » du pays, autrement dit appliquer le programme de la troïka[1],[2].

En juin 2013, le Pasok continue sa descente aux enfers en perdant six points dans les sondages[2].

Élections européennes de mai 2014[modifier | modifier le code]

En vue des élections européennes de 2014, en mars 2014, le PASOK annonce une coalition baptisée L'Olivier avec des petits partis de centre-gauche. Le parti confirme son déclin en n'obtenant que 8,02 % des suffrages et 2 députés européens sur 21.

Idéologie[modifier | modifier le code]

Dirigeants[modifier | modifier le code]

Résultats électoraux[modifier | modifier le code]

Élections parlementaires[modifier | modifier le code]

Année Voix Mandats Rang Gouvernement
1974 13,6 %
12 / 300
3e Opposition
1977 25,3 %
93 / 300
2e Opposition
1981 48,1 %
172 / 300
1re Gouvernement A. Papandréou I
1985 45,8 %
161 / 300
1re Gouvernement A. Papandréou II
juin 1989 39,1 %
125 / 300
2e Opposition
novembre 1989 40,7 %
128 / 300
2e Gouvernement Zolótas
1990 38,6 %
123 / 300
2e Opposition
1993 46,9 %
170 / 300
1re Gouvernements A. Papandréou III et Simitis II
1996 41,5 %
162 / 300
1re Gouvernement Simitis II
2000 43,8 %
158 / 300
1re Gouvernement Simitis III
2004 40,5 %
117 / 300
2e Opposition
2007 38,1 %
102 / 300
2e Opposition
2009 43,9 %
160 / 300
1re Gouvernements G. Papandréou et Papadímos
mai 2012 13,2 %
41 / 300
3e Gouvernement interimaire
juin 2012 12,3 %
33 / 300
3e Gouvernement Samarás

Élections européennes[modifier | modifier le code]

Année Voix Mandats Rang Groupe
1981
10 / 24
40,12 % #1 PSE
1984
10 / 24
41,58 % #1 PSE
1989
9 / 24
35,96 % #2 PSE
1994
10 / 25
37,64 % #1 PSE
1999
9 / 25
32,91 % #2 PSE
2004
8 / 24
34,03 % #2 PSE
2009
8 / 22
36,64 % #1 S&D
2014
2 / 21
8,02 % #4 S&D

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. La troïka désigne les experts représentant la Commission européenne, la Banque centrale européenne et le Fonds monétaire international, chargés d'auditer la situation économique grecque et notamment l'état de ses finances publiques dans le cadre de l'accord de refinancement négocié en mai 2010 et pendant toute la durée de validité de celui-ci.
  2. a et b La Grèce va mieux...mais toujours très mal


Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Bulletin de l'ambassade de Grèce en France (14 mars 2008)

Lien externe[modifier | modifier le code]