Deuxième choc pétrolier

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Sous les effets conjugués de la révolution iranienne, de la guerre Iran-Irak et du redémarrage de la demande mondiale à la suite du premier choc pétrolier, le prix du pétrole est multiplié par 2,7 entre la mi-1978 et 1981 ce qui déclenche aux États-Unis la crise monétaire de 1980.

Embouteillages devant une station service du Maryland, le 15 juin 1979.

Déroulement[modifier | modifier le code]

Le 8 septembre 1978 ont lieu à Téhéran des émeutes violemment réprimées, connues sous le nom de Vendredi noir. C’est le début de la révolution iranienne, qui s’achève par la fuite du Shah le 16 janvier 1979. En raison de ces bouleversements politiques dans un des principaux pays producteurs de pétrole, la production mondiale diminue, provoquant une hausse du prix du pétrole. Le prix de l’Arabe Léger qui est de moins de 13 $/bbl (bbl = baril en abrégé) en septembre 1978 atteint 35 $/bbl en mai 1979 et culmine à plus de 40 $/bbl à l’automne de la même année. À Rotterdam, les prix des produits finis flambent, passant entre fin octobre 1978 et fin juin 1979 de :

  • 200 à 400 $/tm (tonne métrique) pour le supercarburant ;
  • 130 à 380 $/tm pour le gazole ;
  • 70 à 140 $/tm pour le fioul ordinaire.

Le 22 septembre 1980, la guerre Iran-Irak débute. L’arrêt des exportations iraniennes provoque de nouvelles hausses de prix. Le prix officiel de l’Arabe Léger, redescendu à 26 $/bbl au début de l’année 1980, remonte à 32 $/bbl le 1er novembre de la même année, après l’ouverture des hostilités entre l’Iran et l’Irak, pour atteindre finalement 39 dollars au début de l'année 1981. L’augmentation de la production saoudienne ne suffit pas à empêcher cette hausse. La tension du marché et le bouleversement des habitudes ne se traduisent pas seulement par une hausse du prix des bruts, ils étirent également l’échelle de prix basée sur la qualité de chacun des bruts. Après la réunion de l’OPEP à Bali en décembre 1980, l’écart entre le prix officiel de l’Arabe Léger (brut de référence) et celui du « Mélange Saharien » passe à 8 $/bbl soit 5 à 6 fois son niveau de décembre 1978 (1,40 $/bbl).

Les pays consommateurs cherchent tout d’abord à faire des économies d’énergie. Les États-Unis contingentent ainsi les consommations. Par la suite, d’autres sources d’énergie sont recherchées par ces pays, ce qui entraîne un ralentissement de la consommation de l’or noir. Face à cette baisse de la demande, les prix repartent à la baisse au printemps 1981. En juin 1981, les producteurs de la mer du Nord abaissaient leurs prix de 3 $/bbl. Le Mexique et le Nigeria procèdent à leur tour, à l'été 1981, à des baisses de prix significatives afin de réaligner leurs prix sur le brut de référence qu’est l’Arabe Léger.

Finalement, à la suite des réunions de Genève, fin octobre 1981, et d'Abu Dhabi, début décembre de la même année, les pays de l’OPEP, procèdent à la remise en ordre attendue de l’échelle de prix normale. Centrée sur le nouveau prix de référence de 34 $/bbl de l’Arabe Léger, la nouvelle grille de différentiels de prix entre ce brut et les autres se resserre. C’est ainsi qu’au 1er janvier 1982, l’écart de prix entre l’Arabe Léger et le « Mélange Saharien » (du Hassi Messaoud + condensat d’Hassi R’Mel) est descendu de 8 à 3 $/bbl. L’écart entre les bruts BTS de type libyen ou saharien et les bruts HTS de type Safaniya passait de 9 à 6 $/bbl.

Conséquences[modifier | modifier le code]

Cette crise pétrolière a provoqué pour les pays industrialisés:

  • un renchérissement du coût de l’énergie qui les oblige à investir prématurément dans certaines énergies de substitution;
  • une baisse générale des investissements.

Ces développements affectent particulièrement le Japon, dont l'Iran était la source traditionnelle d’approvisionnement en pétrole. Pour les pays en voie de développement, aux handicaps déjà difficiles à franchir, s’ajoute l’absence de ressource énergétique bon marché.

Une nouvelle répartition des revenus entre pays producteurs et pays consommateurs s'esquisse également. Les pays producteurs bénéficient d’une rente de situation. Cette manne financière est en partie injectée dans leur économie locale sous forme d’investissements ou plus ou moins redistribuée à leurs habitants. Mais les responsables saoudiens investissent surtout en Occident en y achetant des pans entiers des secteurs du tourisme, de la finance et l’industrie lourde.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]