Abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire

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Abbaye de
Saint-Benoît-sur-Loire
Image illustrative de l'article Abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire
Présentation
Nom local Abbaye de Fleury
Culte Catholique romain
Type Abbaye
Rattachement Ordre bénédictin
(congrégation de Subiaco)
Début de la construction VIIe siècle
Style dominant Roman et gothique
Protection Logo monument historique Classée MH (1840, 1941, abbatiale et terrain)
Site web www.abbaye-fleury.comVoir et modifier les données sur Wikidata
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Région Centre-Val de Loire
Département Loiret
Ville Saint-Benoît-sur-Loire
Coordonnées 47° 48′ 34″ nord, 2° 18′ 20″ est

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Abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire

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Abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire

L’abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire, appelée également abbaye de Fleury, est une abbaye bénédictine située dans la commune de Saint-Benoît-sur-Loire dans le Loiret, près de la rive nord de la Loire, dans le Val de Loire et plus précisément dans la partie Est de cette vallée inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO[1],[2].

L'église abbatiale fait l’objet d’un classement au titre des monuments historiques par la liste de 1840[3] et le terrain alentour, d'une surface de 96 centiares, d’un classement au titre des monuments historiques depuis le [4].

Histoire[modifier | modifier le code]

La tour-porche

L'origine[modifier | modifier le code]

Introduction de la règle bénédictine en France[modifier | modifier le code]

L'origine de le règle bénédictine en France est décrite dans la vie de saint Maur qui est un faux écrit par Odo de Glanfeuil (en) au IXe siècle[5]. L’évêque du Mans, du vivant de saint Benoît, envoie des religieux de son diocèse au mont Cassin pour se renseigner sur la règle de saint Benoît. Le jour de l’Épiphanie 542, saint Maur quitte le mont Cassin et Benoît de Nursie. Il passe la Pâque près d’Auxerre dans un lieu appelé Font-Rouge près d’un solitaire appelé Romain qui avait donné l’habit monastique à Benoît de Nursie. Il arrive avec ses moines à Orléans où il tente, sans succès, d’introduire la règle bénédictine à l’abbaye de Saint-Pierre-aux-Bœufs, qui pris plus tard le nom de Saint-Aignan[note 1]. À la suite de la mort de l’évêque du Mans Innocentus, saint Innocent, et le refus de son successeur de recevoir saint Maur, il reste à Orléans, puis se dirige vers Angers, où avec l’aide du comte Florus, il créé l’abbaye de Glanfeuil. Tel est le récit d'Odo, mais il n'a aucune valeur historique[6].

Les premiers oratoires[modifier | modifier le code]

Sous l’épiscopat de Leodegarius, évêque d’Orléans, l’abbé de la collégiale Saint-Aignan d'Orléans Léodebold souhaite introduire la règle de saint Benoît dans son abbaye. Devant le refus de ses moines, il décide de fonder une nouvelle abbaye. Pour cela il échange avec le roi des Francs Clovis II et l’appui de son épouse Bathilde favorable à l'établissement de nouvelles abbayes une propriété qu’il possédait avec la villa gallo-romaine de Floriacum près d’Orléans et des bords de la Loire. L’année même de son échange, en 651, il envoie des religieux, dont probablement Liébaut et Rigomaire, les futurs premiers abbés, pour fonder la nouvelle abbaye. Ils utilisent probablement au début les anciennes constructions de cette possession royale. Un des oratoires fondé est consacré à saint Pierre, l’autre à la Vierge Marie[7],[8]

Les reliques de saint Benoît[modifier | modifier le code]

Translation des reliques (portail nord de l'abbatiale)

Mommole, le troisième abbé, ayant une vision mystique de saint Benoît, demande à un de ses moines, Aigulfe, d’aller en Italie et de rapporter à l’abbaye de Fleury le corps de saint Benoît qui se trouve alors dans le monastère abandonné du mont Cassin. Aigulfe se rend à Rome avec des moines du Mans qui souhaitent rapporter les reliques de sainte Scholastique enterrée à côté de saint Benoît. Il y recueille les corps de saint Benoît et de sainte Scholastique. Malgré l'opposition du pape, le retour d’Aigulfe et ses compagnons avec les reliques de saint Benoît et sainte Scholastique à l’abbaye de Fleury se fait en juin 655. Le corps de sainte Scholastique est alors donné aux moines étant venus du Mans. Le corps de saint Benoît est d'abord déposé dans l'église Saint-Pierre puis, finalement, enterré dans l’église consacrée à la Vierge Marie en décembre 655. L‘abbaye prend alors le nom de Saint-Benoît de Fleury ou de Saint-Benoît-Fleury. La date de cette translation varie suivant les auteurs : 653 pour Mabillon, 655 pour dom Chazal, 660 pour les Bénédictins du XVIIe siècle. La date de 660 pourrait être plus logique si on considère que le pape à l'époque de ce transfert est Vitalien.

Vers 752-754, des moines de l’abbaye du Mont-Cassin, accompagnés par Carloman, vinrent à l'abbaye accompagnés de l’archevêque de Reims pour reprendre les reliques de saint Benoît sur l'ordre du pape Zacharie et du roi Pépin le Bref. La légende raconte qu'un miracle de saint Benoît fit que l'abbé Medon n'a donné aux moines du Mont-Cassin que quelques ossements du corps de saint Benoît.

En 887, une portion des reliques de saint Benoît sont données au monastère de Pressy dépendant de l'abbaye de Fleury-Saint-Benoît. À la demande du pape Urbain V, en 1364, elles sont envoyées à Montpellier, puis en 1725, données à l'abbaye du Bec (Le Bec-Hellouin). À la demande du roi du Pologne Stanislas Leszczyński, en 1736, une petite partie des ossements du saint est donnée au monastère de Saint-Léopold, en Russie et après la Révolution française, les dons de reliques de saint Benoît ont été plus nombreux[7],[9]

Le développement[modifier | modifier le code]

Le sceau de l'abbaye - SANCTI BENEDICTI FLORIACENSIS

Un premier monastère fondé, au Haut Moyen Âge, le , est alors situés dans le Royaume des Francs[10],[11]. Ce monastère est un des premiers en Gaule à vivre selon la règle de saint Benoît. Les reliques de Saint Benoît y sont transférées par des moines étant allés chercher les ossements délaissés de leur maître ce qui est à l'origine du nom actuel de l'abbaye[12].

Le temporel se constitue, après Leodebold qui donne dans son testament le domaine de Fleury, vers 670, le roi Clotaire III confirme à l'abbaye des biens qui formeront le prieuré de Saint-Benoît-du-Sault, puis le roi Thierry fait un don près de Bordeaux comme Pépin Ier père de Charlemagne. Entre 691 et 720, un prince royal offre de vastes domaines dans le diocèse de Langres où l'abbé de Saint-Benoît crée un monastère relevant de son autorité. Avant 720, les moines défrichent des terres qui forment des ermitages en forêt d'Orléans, en Sologne et sur les bords de Loire.

Dans les premières années du IXe siècle Théodulphe l'un des hommes les plus considérable de son temps, évêque d'Orléans gouverne l'abbaye. Il occupe sous Charlemagne de hautes fonctions et veut que l'instruction soit donnée à tous ceux qui tiendront une charge. Les moines de Saint-Benoît acceptent d'enseigner aux jeunes nobles. Il érige l'Oratoire carolingien de Germigny-des-Prés.

Au IXe siècle la situation est prospère, le roi Louis le Débonnaire visite le monastère, confirme les privilèges dont celui de faire circuler quatre bateaux sur la Loire, exempte l'abbaye de toute juridiction religieuse et civile et le Prieuré de La Réole lui est restituée. Avec la montée du féodalisme, le fief de Fleury est divisé en treize mairies dont Saint-Benoît-sur-Loire, Guilly, Tigy, Germigny-des-Prés, Bray-en-Val, Chatenoy...L'abbaye a sur ses domaines de nombreux serfs[7].

Les invasions et le déclin[modifier | modifier le code]

En 845, le roi Charles le Chauve visite l'abbaye. Vers 853 les normands remontent la Loire et les religieux reçoivent les moines de Touraine qui fuient avec les reliques de saint Martin puis repartent ensuite vers Auxerre. Les populations sont dans la misère, les champs ne sont plus cultivés et les récoltes pillées. Le roi Charles le Chauve accorde de nouveaux domaines à l'abbaye dans le pays de Macon, Autun et Chalon dont le domaine de Pressy qui deviendra un riche monastère. Il établit la mense abbatiale en séparant les biens de l'abbé de ceux des moines.

La fin du IXe siècle et au début du Xe siècle est une période d'affaiblissement de la discipline religieuse et de décadence. Le roi Carloman visite le monastère qui est en ruine, les bâtiments conventuels ne sont plus habitables, l'église est dévastée, le tombeau de saint Benoît est vide car les reliques par mesure de sécurité sont à Orléans. Le roi donne l'ordre de réparer les bâtiment et de reconstruire l'église. Les moines rentrent à l'abbaye en 883. Un fort est construit à l'angle Sud-Est du monastère en 883.

Les normands qui parcourent la Loire avec leurs barques s'arrêtent à Saint-Benoit et pillent le monastères, les moines sont partis avec le corps de saint Benoit. Mais après toutes ses invasions on assiste au dépérissement de la discipline[13].

L'apogée de l'abbaye[modifier | modifier le code]

Le pape Innocent II

Le nouveau roi Raoul de Bourgogne élu en 922 connaît l'abbé Odon de Cluny et lui donne la charge de restaurer le monastère des bords de Loire. L'abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire qui est dans le domaine royal devient la propagatrice de la réforme clunisienne. L'introduction des méthodes de Cluny ranime la fidélité parfaite à la Règle bénédictine, silence, prière, travail, frugalité, abstinence et l'office divin célébré avec le plus d'éclat possible. Le nombre de religieux augmente et le modèle du monastère sert de référence et transmet la réforme aux monastères de France, de Lorraine, de Rhénanie, de Flandres, de Bretagne et d'Angleterre. Parmi ses novices, un anglais, Oswald devient archevêque de York et propage la réforme en Angleterre.

Deux abbés font de Saint-Benoît-sur-Loire l'un des centres culturels de l'Occident : Abbon (de 988 à 1004) et Gauzlin (de 1004 à 1030). L'abbaye rayonne alors grâce à son importante bibliothèque et son scriptorium, qui a produit des œuvres comme le Livre de Jeux de Fleury. Le successeur d'Odon de Cluny, l'abbé Abbon (988-1004) est un orléanais qui se bat pour préserver les biens de l'abbaye que l'évêque d'Orléans lui dispute. On lui doit des ouvrages touchant la grammaire, la dialectique, la cosmographie, le comput, les mathématiques, la lithurgie, le droit canon et l'histoire ecclésiastique.

En 1004, le roi Robert le Pieux fait désigner le fils naturel d'Hugues Capet, Gauzlin élevé à l'abbaye comme son abbé. Les dons affluent du comte de Gascogne, de la famille ducale normande et de plusieurs seigneurs d'Espagne.

Les bâtiments subissent un incendie en 1026. L'édifice actuel est reconstruit sous l'impulsion de Gauzlin, alors abbé de Saint-Benoît, à partir de 1027. Les travaux commencent par la tour-porche, dont la construction a commencé quelques années auparavant et qui semble avoir échappé au feu.

L'abside, la crypte et le chœur sont achevés et consacrés en 1108, permettant l'inhumation dans le sanctuaire, la même année, du roi de France Philippe Ier. La nef est poursuivie pour rejoindre la tour-porche avec des arcatures gothiques. L'essentiel du bâtiment est achevé vers 1218.

En 1130, l'abbaye connaît une des plus belle journée de son histoire. Un grand moine français saint Bernard bénit l'alliance de l'Église romaine et de la Monarchie capétienne entre le pape Innocent II et le roi Louis VI le Gros.

En 1299, les finances sont dans un état critique et on limite le nombre de religieux à 45 à Saint-Benoît-sur-Loire, 24 à La Réole, 20 à Perrecy-les-Forges et 12 à Saint-Benoît-du-Sault[13].

L'affaiblissement[modifier | modifier le code]

Les institutions humaines quand elles sont créées pour répondre à un besoin social grandissent pour le bien commun, puis languisent et meurent lorsque leur rôle utile est terminé. Pour ces raison, à la fin du moyen-âge, l'abbaye de Saint-Benoît, comme ces semblabes subit un fléchissement. Le nombre de ses biens et leur dissémination entraîne des différents avec les laics et des soucis matériels. En 1335, la vie est difficile pour les religieux tenus à une extrème frugalité. Pendant la guerre de cent ans, il faut payer des contributions extrardinaires alors que les revenus diminuent. En 1358-1359, les anglais tiennent garnison à Chateauneuf-sur-Loire, ravagent les environs, dévastent les bâtiments et l'église du monastère. Un incendie en achève la destruction puis en 1363, une bande de bretons oblige l'abbaye à payer une rançon. Vers 1369, de nouvelles bandes ravagent le pays.

En 1372, l'état du monastère est lamentable faute d'argent pour le restaurer et on a un grand mal à se faire restituer les biens usurpés pendant la période de troubles. En 1415, il n'y a plus que vingt-quatre religieux.

En 1429, Jeanne d'Arc et Charles VII passent par Saint-Benoît-sur-Loire sur la route qui relie le château de Sully-sur-Loire et celui de Chateauneuf-sur-Loire qui sont restés aux mains françaises. En 1443, une supplique au pape dépeint les calamités, les incurssions de gens de guerre, les épidémies et la disette. Les ressources sont tellement réduites que l'on ne peut rien faire pour les bâtiments. Avec des abbés dont l'élection est le fruit de l'intrigue, la communauté est divisée, insoumise et impute aux abbés la frugalité dans laquelle elle vit. En 1471, le Parlement de Paris impose une réformation mais son effet ne paraît pas décisif. Bientôt l'abbatiat ne sera plus qu'un titre et ses revenus une prébende[13]

Le régime de la commende[modifier | modifier le code]

La fin du XVe siècle est marquée par les premiers abbés commendataires. Désormais, les abbés seront des grands seigneurs, favoris royaux, peu présents et soucieux d'encaisser de gros bénéfices. La vie des moines devient plus séculière que religieuse, Le pouvoir effectif et l'influence à la fois spirituelle et temporelle sur leurs destins passe aux mains des prieurs, les officiers et particulièrement le cellérier ont tendance à constituer des bénéfices et il y a moins de moines. La commende est la revanche de l'épiscopat contre le système des exemptions.

Les deux premiers abbés commendataires sont élus par les religieux. Le cardinal Jean VI de La Trémoïlle (1486-1507) restaure l'église et les bâtiments conventuels. Le cardinal Étienne Poncher (1507-1524) sépare les dortoirs en cellules et achève le logis abbatial.

En 1515 le concordat entre François Ier et le pape Léon X accorde au roi les évêques et les abbés. Les religieux refusent d'accueillir le cardinal Antoine I Duprat (1525-1535) et François Ier vient en personne l'installer. Il fait démolir la tour saint Michel dont il ne reste que le péristyle et l'étage. Avec son successeur l'abbaye subit des aliénations mais le roi accorde au bourgeois de Saint-Benoît-sur-Loire les droits d'une ville avec la possibilité de s'enclore de murs.

Avec le cardinal Odet de Coligny-Châtillon (1551-1569) le trésor et la bibliothèque sont pillées et il se range du côté des Calvinistes. Pendant les trois abbatiats suivants, c'est le dépérissement total de la discipline monastique à cause de son isolement. Quelques abbayes s'agrègent en une Congrégation gallicane des Exempts.

Charles d’Orléans (1584-1601) fils naturel de Charles IX restaure le monastère et l'église détruite par un incendie mais les troubles qui secouent l'Orléanais entrainent des défections nombreuses. Il ne reste que cinq religieux armés par la Ligue, les autres sont dispersés.

À la fin du XVIe siècle av. J.-C. les biens de l'abbaye sont dilapidés. Après la conversion d'Henri IV, les religieux rentrent au monastère mais l'indiscipline est à son comble[7]

La Réforme de Saint-Maur[modifier | modifier le code]

L’abbaye des mauristes au XVIIe siècle

En 1618, la Congrégation de Saint-Maur est fondée, approuvée par Louis XIII et le pape Grégoire XV en 1621. Très vite un certain nombre de monastères s'affilient mais beaucoup de religieux anciens résistent et se font garantir un régime d'exception. Les jeunes acceptent la réforme avec les antiques observances bénédictines: résidence, silence, abstinence et l'exécution des offices religieux dans leur totalité. On y ajoute la méditation et une grande ferveur pour le travail intellectuel.

Le 26 mai 1627, le chapitre décide que les anciens et les nouveaux formeront deux communautés avec chacune son prieur. En 1660, il n'y a plus qu'un seul ancien, les mauristes sont vingt y compris le prieur et le sous-prieur et entreprennent l'œuvre de redressement. Pour relever l'éclat du culte, ils blanchissent l'église et l'embellissent par de nouveaux ornements. Ils enseignent la philosophie, la théologie et la rhétorique et une bibliothèque est constituée. Ils retrouvent dans les archives des vieux titres et restaurent des droits aliénés. Ces nouveaux revenus permettent de restaurer les bâtiments et les jardins, une nouvelle châsse pour les relique de saint Benoît coûte 15 000 livres et on construit un superbe édifice pou la recevoir.

En 1712 est commencé un vaste bâtiment contenant les lieux réguliers: cellules, réfectoire et salle commune, deux nouvelles ailes dont une rejoint le transept de l'église et l'autre se dirige vers l'abside. Elles abritent la salle capitulaire, la sacristie, l'infirmerie, l'hôtellerie, la bibliothèque et les autres annexes de fonctionnement. Les façades sont bordées de terrasses dominant les jardins avec un panorama vers le val et la Loire.

Le jansénisme s'introduit dans l'enseignement des écoles de l'abbaye où on étudie la philosophie, la théologie, le latin, le grec, l'hébreu, la physique, les mathématiques et l'histoire. Les religieux refusent de renoncer à cette doctrine malgré les injonctions de l'évêque d'Orléans

Vers 1760 le recrutement des cloître devient difficile, la littérature et la philosophie discréditent les vœux religieux et le public est témoin du relâchement des monastères.

En 1789, dans les cahiers de doléances de Saint-Benoit-sur-Loire, les paroissiens demandent au roi la création d'un collège tenu par les bénédictains, gratuit pour les enfants du pays et payant pour les étrangers[13].

La Révolution[modifier | modifier le code]

Vue de l'abbaye vers 1860

En 1788, il ne reste plus dans le monastère qu'une dizaine de moines et une quinzaine de novices qui ne respectent plus depuis longtemps l'austèrité de leur Ordre. Le décret du 6 avril 1792 sur les communautés religieuses les oblige à quitter l'abbaye. Deux religieux signent le serment constitutionnel et exercent à Bray-en-Val et Saint-Benoît-sur-Loire, l'autre se marie et reste au village.

Benoît Lebrun, architecte parisien installé à Orléans achète le 24 fructidor An IV tous les bâtiments, 22 arpents de terre formant un clos entouré avec des viviers et tenant à l'abbaye. Il prévoit d'y installer une manufacture, mais le projet n'aboutit pas. Il achète aussi l'église à la condition d'en rebâtir une autre pour les 900 paroissiens du bourg mais l'échange contre celle de Fleury. Il démolie les bâtiments puis vend l'emplacement à un propriétaire du pays.

De l'importante bibliothèque de plusieurs milliers d'ouvrages il ne reste que 231 volumes qui sont transportés à la bibliothèque d'Orléans[14],[15].

La renaissance[modifier | modifier le code]

L'abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire en 2011.

Dès 1850, Mgr Dupanloup, évêque d'Orléans souhaite rétablir les ordres monastique et en particulier celui de saint Benoît. Le 6 janvier 1865, il annonce aux autorité de la commune l'arrivée de deux bénédictins pour administrer la paroisse. La communauté monastique dispersée au cours de la Révolution française de 1789 reprent possession des lieux mais la véritable refondation a lieu en 1944 avec l'arrivée d'une dizaine de moines de l'Abbaye de la Pierre-Qui-Vire en Bourgogne.

L'abbaye, rattachée à la Congrégation de Subiaco, compte aujourd'hui une quarantaine de religieux et accueille plusieurs centaines d'hôtes chaque année et près de cent mille visiteurs, simples touristes ou pèlerins. Les frères vivent des ventes de la boutique d'artisanat monastique, de la fabrication de bonbons en forme de moines, de l'accueil et de dons. Contrairement à la Congrégation de Solesmes, Saint-Benoît-sur-Loire accorde, depuis les réformes de Paul VI, une large place au français durant l'office divin tout en conservant le chant grégorien à la messe et pour les fêtes principales[16]'[7].


Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason de l'abbaye de Fleury

Les armes de l’abbaye de Fleury se blasonnent ainsi : D’azur à une croix d’argent chargée de cinq roses de gueules cantonnée de deux lys d’or en chef et de deux crosses d’or adossées en pointe[17].

Architecture[modifier | modifier le code]

Chronologie[modifier | modifier le code]

En 651, l'abbaye est fondée avec deux oratoires dédiés à saint Pierre et à Notre-Dame. Entre 653 et 660, les restes de saint Benoît sont déposé à saint-Pierre puis dans l'oratoire Notre-Dame[11].

Église Saint Pierre[modifier | modifier le code]

L'église est reconstruite entre 786 et 801, incendiée par les Normands en 865, puis reconstruite à nouveau avant 883. En 1026, après un nouvel incendie, l'abbé Gauzlin (1004-1030) la fait restaurer. L'église semble aussi avoir été restaurée au XIe siècle. Elle est en ruine au XIVe siècle. En 1681, une chapelle est reconstruite sur son emplacement[11]>.

Église Notre-Dame[modifier | modifier le code]

Le modeste oratoire Notre-Dame est sans doute agrandi sous l'impulsion de l'abbé Mommole (632-663) qui y dépose les reliques de saint Benoît. L'abbé Odon (930-943) fait établir une crypte où sont enfermées les restes du saint. Deux incendie en 974 et 1002 endommagent l'édifice et entre 988 et 1004, le chantre Godefroy fait construire un Trésor pour protéger les objets précieux. Il est terminé par l'abbé Gauzlin nommé en 1004.

En 1026, un incendie détruit l'ensemble du monastère qui est restauré, puis les travaux s'arrêtent. L'abbé Guillaume (1067-1080) fait reconstruire l'église ruinée par le temps et l'incendie selon un autre plan.

La date de construction de la tour-porche est controversée ; elle se situe entre 1020 et 1035 voir un peu plus tardif. En 1108, le chœur et le transept sont terminés et le roi des Francs Philippe Ier y est inhumé. On reconstruit ensuite la nef qui est terminée sous l'abbé Barthélémy (1215-1235).

Les travaux des siècles suivants portent surtout sur le mobilier comme l'installation des stalles en 1413. Après la mise en commende de l'abbaye en 1486, d'importantes réparations affectent les collatéraux de la nef, le déambulatoire et les chapelles rayonnantes. Le jubé est construit en 1518. La mosaïque italienne est posée dans le chœur entre 1531 et 1535.

Une bibliothèque transformée en sacristie en 1637 est construite sur le Trésor et en 1615, le tour centrale frappée par la foudre est restaurée et surmontée d'un lanterneau.

Après l'introduction de la Congrégation de Saint-Maur en 1627, de nombreux travaux modifient la décoration intérieure de l'église. En 1648, la porte Ouest entre la nef et la tour-porche est réouverte et décorée. En 1704, on bâtit sur la première travée Ouest une tribune pour l'orgue[11].

Avec le classement de l'église abbatiale sur la première liste des monuments historiques de 1840, la décision est prise de restaurer les façades Ouest et Sud de la tour, les piliers du porche, le mur du bas-côté Sud de la nef, le pignon Sud du transept, la croisée et les voûtes du chœur[11].

Les églises primitives[modifier | modifier le code]

Plan des fouilles

En 1923 et 1958-1959, des fouilles dans le croisillon Sud, le chœur, le transept et la nef sur une longueur de 35 m x 8.50 m révèlent le plan de l'église primitive avec une nef a vaisseau unique, un transept et un chevet plat avec, plus à l'Est un édicule étrange avec deux murettes distantes d'1,50 m, deux bases de colonnes et un couloir central flanqué de deux petites loges latérales. Des fragments montre qu'il était voûté. Il est souvent identifié comme étant la crypte construite par l'abbé Odon (930-942). Un important pavage de la précédente église, la tombe du roi Philippe Ier et des sarcophage dont certains sans doute antérieurs à l'époque carolingienne sont dégagés. Sous la croisée du transept, un pavage d'un diamètre de 4,50 m est mis à jour, puis sous celui-ci un autre plus ancien. Sous la coupole, trois dallages se superposent, la chappe d'un dallage de marbre du XIe siècle, un autre carolingien du IXe siècle et 40 cm au-dessous, un autre encore plus ancien d'époque mérovingienne[18],[19],[20],[21],[22].

L'abbatiale Notre-Dame[modifier | modifier le code]

Le plan[modifier | modifier le code]

L'église abbatiale Notre-Dame de Saint-Benoît-sur-Loire est orienté Est-Sud-Est. Son axe est brisé à l'entrée de la nef, à la croisée du transept et au déambulatoire avec une légère inflexion vers le Nord-Est.

La nef de sept travées est flanquée de collatéraux plus larges au Nord qu'au Sud. Le transept est très débordant avec sur chaque croisillon, deux chapelles en hémicycle, celles du Nord étant plus longues. Dans la quatrième travée Nord une porte donnait accès de la cour d'entrée de l'abbaye à l'église.

Le chœur très long communique par six arcades avec les collatéraux. L'abside a un déambulatoire garni de deux chapelles en hémicycle et d'une sorte de faux transept dont chaque croisillon est muni vers l'Est d'une chapelle en hémicycle.

Une crypte est creusée sous le petit transept, l'abside, le déambulatoire et les chapelles. Au Sud du chœur, l'ancien Trésor appelé aussi crypte de Saint Mommole est surmonté de l'ancienne bibliothèque devenue la sacristie.

À l'Ouest de la nef, la tour-porche a deux niveaux. Elle communique au rez-de-chaussée avec la nef par une porte.

La pierre de Bulcy dans la Nièvre est utilisée pour la construction de la tour-porche, le transept, le chœur, les chapelles rayonnantes et la crypte. La nef qui appartient à une autre campagne de construction est en pierre de d'Apremont et de Bourré en Loir-et-Cher. Les parements extérieurs sont en pierre de Briare, de Beaune-la-Rolande et de Fay-aux-Loges dans le Loiret[11].

Plan de l'abbatiale avec les phases de construction

La tour-porche[modifier | modifier le code]

Plan de l'étage de la tour-porche

La tour-porche est construite sur un plan presque carré avec des côtés d'environ 16 mètres pour une surface de 260 m2 sur deux étages. Le rez-de-chauséee à une hauteur de 6,60 mètres et l'étage 10,35 mètres. Deux escaliers à vis dans le mur Est déservent l'étage, celui du Nord poursuivant jusqu'aux combles avec une charpente en pavillon surmontée d'un lanterneau. La construction est en pierre des environs de Bulcy près de Nevers. L'épaisseur des joints du rez-de-chaussée sont de 3 à 5 cm et ceux de l'étage inférieurs à 3 cm. Les chapiteaux et les bases sont taillés dans une pierre plus fine de la même région, peut-être d'Apremont.

Le rez-de-chausée est ouvert des trois côtés par de triple arcades, celle du milieu étant plus large que les deux autres et est fermé à l'Est par le mur de la nef. Ces arcades en plein-cintre à doubles ressauts portent sur des piles rectangulaires au Nord et au Sud, cruciformes à l'Ouest. Elles sont renforcées d'une demi colonne sur chaque face et par de puissants contreforts aux piles des deux angles. Vers l'Est les colonnes s'appuient sur d'importants ressauts avec dans l'épaisseur les escaliers à vis. De chaque côtés de la porte centrale on voit des arcs en plein-cintre de 6,10m de hauteur qui ont été bouchées. Le porche est divisé en neuf travées couvertes de voûtes d'arêtes en blocage séparées par de larges doubleaux en plein-cintre. La plantation des piles est assez irrégulière. Quelques piles ont été refaites au XVe siècle et à l'époque moderne.

L'étage reproduit les divisions du rez-de-chausée. Dans la travée centrale, les colonnes sont coupées à mis hauteur et posées sur des consoles ornées de figures sculptées au début du XVe siècle pour permettre l'installation de stalles contre les piles. Les grandes arcades sont bouchées au XIVe siècle sauf deux où sont montées des fenêtres pour transformer l'étage en chapelle fermée. Leur remplissage est enlevé lors des restauration de 1836-1839. Au Sud, les piles sont presque reconstruites de 1836 à 1839. Elles sont réunies par de larges doubleaux en plein-cintre portant des voûtes d'arêtes sauf dans celles de l'Est touchant à la nef où elles sont en forme de coupole. Dans le mur Est, trois niches de 8,80m en plein-cintre sont couvertes en cul-de-four. Elles abritaient probablement des autels, celle du milieu dédiée à saint Michel suivant la coutume des dédicaces des salles ou chapelles hautes. Ces niches étaient percées de baies donnant sur l'église primitive et ont été bouchées lors de la construction de l'église actuelle[11],[13],[7].

La tour-porche contient les quatre cloches de l'abbaye, qui sonnent les notes do, fa, sol et la. Les douze portes non fermées de la tour-porche peuvent évoquer la Jérusalem céleste[23].

Tour-porche
Vue d'ensemble de la tour-porche 
La travée Nord 
La travée Ouest 
Vue Sud-Ouest 
Abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire
La fonction et la datation[modifier | modifier le code]

La fonction et la datation de la tour-porche sont largement controversés[24].

  • Pour l'abbé Rocher, auteur du premier ouvrage de base sur l'abbaye, l'abbé Gauzlin de Fleury (1004-1030) qui n'a pas terminé sa tour avait l'intention de faire une tour féodale, une sorte de narthex pour la relier plus tard à l'église. Plus élevée que l'actuelle, elle aurait été en partie démolie par François Ier en 1527[7].
  • Pour Georges Chenesseau, de prime abord, ce porche à double étage, surmonté d'un clocher se classe dans la série des narthex monumentaux utiles pour abriter les pélerins qui ne pouvaient pas assister aux offices pour cause de pénitence publique. La liturgie exigeait aussi des espaces de rassemblement avant de pénétrer dans l'église. L'étage ne pouvait guère servir qu'aux pélerins et on y dressait peut-être un autel. On attribut la tour-porcheà l'abbé Gauzlin de Fleury (1004-1030) qui aurait commencé sa tour terminée un peu plus tard. Les chapiteaux de l'étage ont été sculptés avant ceux du rez-de-chaussée pendant la construction vers l'an 1100. Ceux du rez-de-chaussée auraient été sculptés dans le deuxième quart du XIIe siècle[13].
  • Pour Marcel Aubert, tout concourt à placer la construction de la tour dans le dernier tiers du XIe siècle. L'abbé Guillaume entre 1067 et 1080 monte la tour à l'Ouest puis le transept et le chœur dont la construction est un peu plus jeune que la tour[11]
  • Pour Éliane Vergnolle l'abbaye est un foyer de culture classique qui a des liens avec les capétiens. L'abbé Gauzlin de Fleury (1004-1030) construit une tour dont le roi veut qu'elle soit un exemple pour toute la Gaule. Le chantier est ouvert en 1026 mais n'est pas terminé a la mort de l'abbé Gauzlin en 1030. Elle reprend l'ancienne tradition des tours bâties à l'Ouest des églises mais avec une nouvelle manière de construire et occupe une place importante dans au début de l'art roman par la haute qualité des sculptures des chapiteaux et des plaques insérées dans le mur Nord. Les premiers sont des années 1070-1080 et les autres du début du XIIe siècle. Les sculptures du rez-de-chaussée sont d'Unbertus qui a gravé son nom ou ont été réalisés sous sa direction par ses élèves. L'étage provient d'un autre atelier avec un style différent[26].
  • Pour Marcel Durliat, il est inconcevable qu'un écart d'un demi siècle sépare les chapiteaux d'Unbertus de Saint-Benoît-sur-Loire des premiers chapiteaux corinthiens de la Basilique Saint-Sernin de Toulouse ce qui n'a rien de surprenant pour Éliane Vergnolle[27].
La sculpture[modifier | modifier le code]
Le chapiteau d'Unbertus

La tour-porche présente deux groupes de sculptures bien distincts. Le rez-de-chaussée porte la griffe d'Unbertus qui a signé un des chapiteaux. L'antiquité y retrouve une efficacité comme milieu de formation et source d'inspiration pour l'artiste avec le recours de l'art corinthien et l'ajout de motifs décoratifs comme la palmette qui reste une alternative du corinthien. Le sculpteur s'appuie sur le passé pour traiter l'avenir et semble avoir complété sa formation dans des villes riches en ruines antiques. On y trouve aussi des références carolingiennes encore vivantes à son époque. Tous ces emprunts débouchent sur l'art roman dans un travail de synthèse particulièrement riche dans la composition historiée des chapiteaux et des plaques de la façade Nord.

À l'étage, ni Hunbertus ni ses élèves n’apparaissent et cela nuit à la qualité du décor. Les formes moins heureuses sur le plan esthétique sont plus romanes d'esprit[26].

Sur la façade Nord de la tour-porche on trouve des morceaux réemployés dont deux bas-reliefs attirent l'attention. On y voit un saint en gloire et au-dessous une scène de violence. Plus à gauche, un panneau de même taille est très effacé. Ailleurs on reconnaît les signes du zodiaque, un homme qui se chauffe, des animaux dont une femelle qui allaite trois petits.

Repérages des sculptures

Dans les chapiteaux du rez-de-chaussée, la plupart présente un mélange de figurines et de feuillages et peu relèvent de l'art iconographique. Parmi les 54 chapitaux des 16 piliers, les n° 14, 29, 40, 44, 45, 52, 53, 54 sont des chapiteaux neufs laissés à l'état de blocs à peine dégrossis. Le n° 51 est une réplique d'un chapiteau de l'étage et le n° 1 une imitation du n° 23.

Vingt-neuf chapiteaux sont de type corinthien dont certains sont surchargés. Le n° 22 montre un personnage qui tient un masque, le n° 32 à trois cygnes, le n° 27 des oiseaux affrontés, le n° 28 un sanglier dans des entrelacs, le n° 25 un cavalier, des chiens, une bête figure une chasse ou un jeu de cirque, le n° 33 une attaque de chien, le n° 43 une scène de dressage d'ours et le n° 12 est corinthien avec des figurines.

Cinq chapiteaux sont entièrement ornés d'animaux. Les n° 15 et 17 des quadrupèdes adossés, les n°16, 41, 42 des animaux affrontés dont le n° 42 des oiseaux juxtaposés aux quadrupèdes, le n° 41 montre des cabrioles d'animaux et les n° 16 et 42 des antilopes.

Trois chapiteaux sont garnis à la fois d'hommes et d'animaux, le n° 2 des quadrupèdes, des serpents et des hommes, le n° 36 des hommes et des lions, le n° 48 un fouillis de lions encadrant des tête humaines.

Huit chapiteaux à figurines où le Nouveau Testament à sa part. Sur le n° 49 l'Annonciation, la Visitation et peut-être Jésus, le n° 39 la fuite en Égypte. L'histoire des saints inspire le n° 37 où saint Martin partage son manteau. L'Apocalypse fournit trois chapiteaux de l'angle Sud-Ouest, les n° 8 et 11 la vision des quatre chevaux, le n° 11 la vision du fils de l'homme entre les sept chandeliers et les sept étoiles, le n° 12 le dragon enchainé, le n° 10 le Jugement dernier et le n° 30 saint Michel et Satan se disputant les âmes.

Ces chapiteaux s'inspirent des Écritures, des scènes de la vie où pendant les pèlerinages, une foule bigarrée de baladins, acrobates et pitres tiennent une large place. Sur le n°26 un comédien tient un masque, sur les n° 26 et 38 on voit des athlètes, sur les 4 et 41 un homme et des animaux faisant des cabrioles, le n° 43 des fauves au dressage, le n° 33 des fauves harcelés par un chien, le n° 25 une chasse ou un jeu du cirque, les n° 36, 48 des lions fraternisant avec leurs dompteurs et sur le n° 2 on peut reconnaître si on veut des charmeurs de serpents, un lutteur maitrisé par son adversaire dont il tire la barbe, un dompteur nourrissant un fauve, enfin un receveur recevant l'obole des spectateurs.

Les chapiteaux de l'étage représentent des séries de bonhommes dans des niches, ces guerriers se déchirant, des entrelacs d'hommes et de serpents, un solitaire qui médite près d'un fouillis de lions, de feuillage et d'animaux[13].

La nef[modifier | modifier le code]

Vue de la nef vers l'Est
L'orgue à l'Ouest de la nef

Entre la tour-porche et le transept, la nef de l'église primitive est démolie pour laisser la place à une nouvelle nef de sept travées un peu plus larges que le chœur. Les travaux commencés dans le deuxième quart du XIIe siècle en style roman ne sont terminés qu'au XIIIe siècle sous l'abbatiat de l'abbé Barthélémy (1215-1235) à l'époque gothique. Cependant elle présente une certaine unité, le parti architectural d'origine étant conservé au cours des travaux qui se sont développés d'Est en Ouest. Certainement prévue par les concepteurs d'origines pour être couverte d'une charpente, d'une voûte en berceau ou d'arêtes, la décision tardive de construire des voûtes sur croisées d'ogives sur plan barlong entraine un renforcement des structures. On remonte les murs gouttereaux et on double la hauteur des fenêtres. Les piles sont carrées, aux angles abattus par un méplat et renforcées par des demi-colonnes engagées.

Le remaniement des parties hautes des trois dernières travées, l'achèvement des quatre premières au-dessus des grandes arcades et la construction de la voûte sont réalisés dans le premier tiers du XIIIe siècle et terminés entre 1215 et 1235.

Les collatéraux sont éclairés par des fenêtres encadrées de colonnettes et les murs sont montés vers le milieu du XIIe siècle. Ils sont couverts de voûtes d'arêtes.

Dans la quatrième travée Nord, une porte fait communiquer l'église avec la cour d'accès des visiteurs et au Sud, dans la première travée, une autre porte reliait l'église au cloître.

Les chapiteaux[modifier | modifier le code]

Deux chapiteaux près du transept proviennent d'une campagne antérieure et ils sont les seuls historiés. Dans le collatéral Nord, certains à simples bourrelets marquent des restaurations suite à la guerre de Cent ans. Ceux à crochets végétaux et à feuillages naturels ont le style du XIIIe siècle.

Les chapiteaux du XIIe siècle sont en plus grand nombre et retiennent l'attention: un corinthien sanglé d'une torsade, d'autre ornés de figures animales, enfin, un chapiteau plus ouvragé que les autres représente des quadrupèdes surmontés de perroquets et de têtes humaines.

Dimension[modifier | modifier le code]

Longueur du vaisseau central: 36,85 m, largeur entre-axes des piles: 9,19 m, largeur du collatéral Nord: 4,12 m, largeur du collatéral Sud: 3,65 m, hauteur de la nef: 18,80, hauteur des collatéraux: 8,35[11],[13].


Le transept, le chœur et l'abside[modifier | modifier le code]

L'ensemble du transept avec le chœur et l'abside forme après la tour-porche, la partie la plus ancienne de l'abbatiale. Commencé entre 1067 et 1080, il est consacré à la Vierge et à saint Benoît le 21 mars 1108. Le chœur profond doublé de collatéraux est limité à l'Ouest par un grand transept et à l'Est par un rudiment de transept sur lequel s'ouvre l'abside en hémicycle entourée d'un déambulatoire garni de deux chapelles rayonnantes. Cette abside forme le sanctuaire[11].

Le transept[modifier | modifier le code]

Le transept, long de 38 mètres, est aussi haut que la nef. Les piliers qui encadrent la croisée sont très importants et allongés vers l'Ouest. Ils forment des contreforts pour reprendre les poussées de la coupole Elle est construite sur un plan octogonal et repose dans les angles sur des trompes. Les croisillons du transept sont couverts de voûtes en berceau qui étaient primitivement en plein-cintre et aujourd'hui brisés. Le croisillon Sud a été reconstruit entre 1840 et 1863 sur le modèle de celui du Nord qui est restauré en 1866 et 1867. Deux absidioles en hémicycle et voûtées en cul-de-four s'ouvrent vers l'Est. Les arcs d'entrée en plein-cintre reposent sur des chapiteaux historiés[11].

Les chapiteaux sur les piles de la croisée construite au début de la construction du chœur peuvent être parmi les plus anciens de ceux qui décorent le chœur et le transept. Ils proviennent peut-être d'une église antérieure. Sur les piles à l'Est de la croisée, des chapiteaux reconstitués à partir de fragments représentent les restes de saint Benoît et de sainte Scolastique dans le même tombeau. Un autre montre peut-être le triomphe du saint[11].

Dans le croisillon Nord, un chapiteau historié présente la Tentation de saint Benoît, le saint dévêtu repoussant une femme en se roulant dans un buisson d'épines. Dans la première chapelle, on voit sur le chapiteau de gauche un Christ nimbé, crucifié avec des personnages debout et prosternés à ses pieds. Il porte l'inscription HUGO MONACHIS, sans doute Hugues de Saint-Marie, moine de l'abbaye auteur de traités et continuateur des Miracles de saint Benoît. On le retrouve sur un autre chapiteau du chœur. Dans la deuxième chapelle, le chapiteau de droite représente Daniel entre les lions. À gauche saint Benoît avec le goth Galla prosterné à ses pieds avec derrière lui le paysan qu'il tient enchaîné. Sur le mur Ouest est incrusté un masque humain qui provient peur-être de l'église antérieure[11].

Le chœur[modifier | modifier le code]
Le chœur

Entre le transept et l'abside, le chœur, d'une longueur de plus de quinze mètres et d'une hauteur d'environ vingt mètres, est éclairé par quatre fenêtres en plein-cintre de chaque côté, au-dessus d'une arcature aveugle avec des arceaux en plein-cintre reposant sur des colonnettes. Six grandes arcades en plein-cintre font communiquer le chœur avec ses collatéraux couverts de voûtes en berceau qui portaient autrefois des traces de gravures. Ils sont éclairés par des fenêtres en plein-cintre. La crypte creusée sous le sanctuaire impose une dénivellation de près de deux mètres qui a été modifié en paliers pour installer le pavement. Avant, une série d'ouvertures dans son mur Est permettait un passage visuel vers la châsse de saint Benoît[11].

Les chapiteaux sont décorés de feuillages stylisés ou de motifs dérivés des chapiteaux antiques. Les autres sont des sculptures représentant des combats de monstres, des animaux, des chasses, quelques scènes de l'histoire de saint Benoît et de saint Maur, Samson enlevant les portes de Gaza, l'Adoration des bergers, saint Pierre marchant sur les eaux par ordre du Christ. La Crucifixion avec un Christ en croix vêtu de la tunique suit la tradition de Byzance reprise par les carolingiens. Une Vierge à l'enfant voit saint Benoît lui présenter un objet qui peut être un manuscrit. Au Sud du chœur, les chapiteaux sont ornés avec des scènes représentant, du côté du transept la Visitation et du côté du sanctuaire de petits personnages nus courant dans des rinceaux[11],[28].

L'abside avec le sanctuaire[modifier | modifier le code]

Le sanctuaire, avec son pourtour en abside, est construit sur la crypte des reliques de saint Benoît et reprend son plan. Une travée rectangulaire couverte d'une voûte en berceau prolonge celle du chœur et est limité par un arc-doubleau retombant sur une colonne engagée. La tête de voûte en cul-de-four est supportée par des colonnes disposées en hémicycle. Au-delà du sanctuaire, un déambulatoire est couvert en berceau tournant et est éclairé par trois fenêtres dont une dans l'axe avec, de chaque côté une chapelle voûtée en cul-de-four et éclairées par trois fenêtres en plein-cintre. Au Nord et au Sud du faux transept sont accolées des tours sur trois niveaux desservies par un escalier à vis.

Les chapiteaux du Sud représentent le sacrifice d'Abraham à l'Ouest et Adam et Ève au Paradis terrestre à l'Est. Sur les quatre colonnes qui entourent la travée rectangulaire sont sculptés les miracles de saint Benoît : au Nord, Benoît ramassant un crible en terre cuite brisé par sa nourrice, à côté, saint Maur courant sur les eaux et sauvant le jeune Placide de la noyade. Au Sud, on voit Totila s'agenouillant devant saint Benoît et à côté, celui-ci ramenant à la vie un enfant que son père avait déposé au pied du monastère[11].

Le pavement[modifier | modifier le code]

Entre 1531 et 1535, l'abbé commendataire, le cardinal Duprat, pour s'attirer l'affection de ses moines, fait venir d'Italie des pierres de marbre, jaspe, porphyre et serpentines pour daller le sanctuaire. Les dates de pose sont controversées, la création des paliers en pente douce à 3% sont du XVIe siècle ou en deux étapes 1642 et 1660.

Les fouilles de 1958 montrent, par la découverte de dallage similaire dans le chœur, que les pierres du cardinal Duprat ne constituent pas la totalité du pavement actuel qui semble utiliser des éléments d'une église antérieure[29],[7].

Le gisant de Philippe Ier[modifier | modifier le code]

Le corps du roi des Francs Philippe Ier, dont l'amitié a été si profitable aux moines, est inhumé en 1108 au centre du chœur dans un caveau dont les restes bien conservés sont reconnus en 1830. Le gisant porte six lions et est décoré de l'effigie du défunt en haut-relief. Il est retaillé en 1830 pour faire disparaître les mutilations. Quatre lions sont entièrement neufs mais les deux autres sont les seuls morceaux d'origine[13].

Les stalles[modifier | modifier le code]

En 1413, une commande de cent stalles est faite à des huchiers orléanais. Cette série a subi bien des pertes, remaniements et déplacements. Elle correspond au type commun des stalles du Moyen Âge. La physionomie humaine est traitée avec une finesse d'observation des visages locaux mais il ne reste que peu de têtes. Certaines sculptures évoquent l'envie, la gourmandise, la paresse, la médisance, la colère mais d'autres sujets qui s’intercalent sont de pure fantaisie. Les ornements sont d'une belle exécution mais restent sobres[13],[30].

L'abside, le transept et le chœur
Le déambulatoire 
Chapiteau du transept Nord 
Philippe Ier et le pavement 
La croisée du transept, le chœur et les stalles 
Abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire

Le portail nord[modifier | modifier le code]

Le portail Nord
Le linteau intérieur

Au niveau de la quatrième travée de la nef, côté nord, se trouve un portail bâti à la fin du XIIe siècle ou au début du XIIIe siècle suivant les auteurs. Il servait d'entrée aux visiteurs, la partie Nord de l'enclos monacal formant la cour où les bâtiments de services et d'accueil étaient installés. Il est d'un grand intérêt et comporte notamment un tympan richement orné : Le Christ en majesté trône au milieu des quatre évangélistes, saint Jean et saint Matthieu le regardant, saint Marc et saint Luc détournant leur regard vers leur symbole respectif car, selon la tradition, ces deux derniers n'ont pas connu directement le Christ. Les voussures sont ornés avec les autres apôtres et des anges portant des objets liturgiques.

Une frise décore le linteau. Elle raconte la translation des reliques de saint Benoît à travers trois événements : la récupération des ossements au mont Cassin, le miracle de la résurrection des enfants qui permit de séparer les restes de saint Benoît de ceux de sa sœur sainte Scolastique et enfin l'accueil enthousiaste réservé aux reliques à leur arrivée à Saint-Benoît. À l'occasion d'une restauration en 1996, a été découvert au revers du linteau une sculpture inachevée (une vierge entourée des apôtres) qui montre que le programme iconographique a été modifié et la pierre retournée.

Cet ensemble sculpté, autrefois peint gardait des traces de peinture rouge et verte. Il semble avoir souffert du passage des Huguenots et un certain nombre de têtes semblent avoir été refaites au XVIIe siècle[11],[13].

La crypte[modifier | modifier le code]

Vue de la crypte depuis le Sud
Reliques de Benoît de Nursie

Dans la crypte où reposent les reliques de saint Benoît, tout est large, fort et simple. Tout est organisé pour voir la châsse du saint. Le pilier central est évidé par trois petites baies qui permettent un passage visuel. De cette souche puissante s'échappent tous les arcs-doubleaux de la crypte. La liaison visuelle avec le chœur se faisait par de petites fenêtres aujourd'hui bouchées[13].

On peut reconnaître le plan et les dispositions primitives. Autour de la confession centrale couverte d'une voûte en berceau, un double déambulatoire est couvert de voûtes d'arêtes. La travée d'axe est percée d'une baie. De chaque côté s'ouvre une chapelle rayonnante couverte en cul-de-four et éclairée d'une fenêtre. Deux chapelles en hémicycles sont éclairées par deux fenêtres.

Cette crypte réouverte et restaurée de 1861 à 1865 a été abandonnée en 1638 après avoir été séparé des collatéraux en 1633 et du chœur en 1531-1535. Dix chapiteaux neufs sont sculptés et les autres restaurés en 1865.

Le Trésor

Au sud une salle rectangulaire dont les techniques de construction prouvent qu'elle est antérieure à l'église actuelle et qu'elle était isolée. Elle est couverte par six compartiments de voûtes d'arêtes en blocage sans doubleau retombant sur des pilastres et deux colonnes. Les chapiteaux très applatis sont composés par la pénétration d'une sphère dans un cube et décorés de dessins triangulaires que l'on retrouvent sur les socles des bases. Cette salle du Trésor est aussi connue comme crypte ou chapelle de saint Mommole. Elle peut être datée du Xe siècle[11].

Liste des Abbés[modifier | modifier le code]

Moines et visiteurs célèbres[modifier | modifier le code]

  • Saint Abbon, abbé, (+1004)
  • Aimoin de Fleury, décédé en 1008, historien, De Antiquitalibus ecclesiasticis, Cologne (1500).
  • Dom Raoul Tortaire, Dom Adrevald, Dom Aimoin, Dom André, Dom Hugues de Sainte-Marie, Les Miracles de Saint-Benoît, auteurs [31]
  • Dom Georges Viole (1598-1669), prieur en 1629, historien, hagiographe, généalogiste
  • Saint Oswald (mort en 992), y fit ses études

Hôtes célèbres[modifier | modifier le code]

  • Le roi des Francs, Philippe Ier, dévot de saint Benoît, demanda, par humilité, à être enterré à Fleury plutôt qu'à Saint-Denis.
  • Le poète et romancier français Max Jacob a fait plusieurs séjours dans le village et à l'abbaye. Il est arrêté par les troupes allemandes le 24 février 1944 avant d'être déporté. Il meurt le . Il est enterré dans le cimetière du village.

Les possessions de l'abbaye[modifier | modifier le code]

Les possessions de l'abbaye de Fleury ont été extrêmement nombreuses et sont à l'origine de nombreux toponymes usant du discriminant Saint-Benoît.

En Étampois par exemple, l'abbaye détenait une châtellenie dont le siège fut d'abord à Saint-Pierre d'Étampes, possession de l'abbaye depuis l'origine, puis au Plessis-Saint-Benoist, qui comprenait notamment Saint-Pierre d'Étampes (Essonne), Orveau-Bellesauve (Loiret), Mérouville et Sainville (Eure-et-Loir), Authon-la-Plaine en partie (dont le Plessis-Saint-Benoist) (Essonne), ainsi que Sonchamp (Yvelines).

Offices[modifier | modifier le code]

En semaine, la messe a lieu à 12 h. Les chants sont en grégorien. Les dimanches et jours de fêtes, la messe paroissiale est à h 30 et la messe des moines à 11 h.

Par ailleurs, tout le monde peut participer aux offices de la journée (laudes, tierce, sexte, none, vêpres et complies) avec les moines.

Visites[modifier | modifier le code]

L'abbatiale est ouverte aux visites de h à 21 h tous les jours, sauf le premier vendredi de chaque mois. Pour les groupes, il est recommandé de contacter le monastère au préalable : il est possible de bénéficier d'une visite guidée par un frère.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Ces détails au sujet de l'église Saint-Aignan ne figurent pas dans la vie de saint Maur.

Références[modifier | modifier le code]

  1. UNESCO Centre du patrimoine mondial, « Val de Loire entre Sully-sur-Loire et Chalonnes », sur whc.unesco.org, Nations Unis,‎ (consulté le 15 décembre 2009)
  2. Mission Val de Loire, « Val de Loire - Périmètre du site inscrit au patrimoine mondial de l'Unesco », sur www.valdeloire.org, Régions Centre et Pays de Loire,‎ (consulté le 15 décembre 2009)
  3. « Église abbatiale Saint-Benoît », base Mérimée, ministère français de la Culture
  4. « Parcelle de terrain de 92 centiares », base Mérimée, ministère français de la Culture
  5. J. B. Wickstrom (éd), The Life and Miracles of Saint Maurus, 2008, Collegeville MI, p. 18-19 et passim.
  6. (la) Acta sactorum ianuarii : De S. Mauro, Société des Bolandistes (lire en ligne), p. 1038.
  7. a, b, c, d, e, f, g et h Abbé Victor Rocher, Histoire de l'Abbaye Royale de Sainte-Benoit-sur-Loire, Orléans : Herluison, 1869 [1]
  8. (la) Acta sactorum ianuarii : De S. Mauro, Société des Bolandistes (lire en ligne), p. 1038.
  9. Éliane Vergnolle, « Saint-Benoît-sur-Loire - Architecture et reliques », sur Université de Franche-Comté (consulté le 25 février 2017).
  10. Georges Duby, Jean-Luc Daval, La sculpture…, p. 274
  11. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l, m, n, o, p, q et r Marcel Aubert, « L'abbaye de Saint-Benoit-sur-Loire », Congrès archéologique de France - Orléans - 1930,‎ , p. 588
  12. Michel Dillange, Les comtes de Poitou, ducs d'Aquitaine : 778-1204, Mougon, Geste éd., coll. « Histoire », , 303 p., ill., couv. ill. en coul. ; 24 cm (ISBN 2-910919-09-9, ISSN 1269-9454, notice BnF no FRBNF35804152), p. 59.
  13. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k et l Georges Chenesseau, L'Abbaye de Fleury à Saint-Benoît-sur-Loire. Son histoire. Ses institutions. Ses édifices, Paris, Van Oest, 1931
  14. Jacques-Henri Pelletier, « L'ancien théâtre d'Orléans et l'architecte Benoît Lebrun », Mémoires de la Société d'agriculture, sciences, belles-lettres et arts d'Orléans, Académie d'Orléans, 6e série, t. 1,‎ , p. 127-140 (ISSN 0994-6357, lire en ligne)
  15. L. A. Marchand, Souvenirs historiques sur l'ancienne abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire, Alphnce Gatineau, Orléans, .
  16. Site officiel
  17. Le blason de l'abbaye sur HéraldiqueGenWeb. D'après l'armorial de Pierre de la Planche. Consultation : décembre 2008.
  18. Dom J. M. Bermand, « Les fouilles de Saint-Benoît-sur-Loire », Bulletin de la Société historique et archéologique de l'Orléanais, vol. 1, no 3,‎ , p. 102-107.
  19. Jean Guérout, « Fouilles récentes de la Basilique de Saint-Benoît-sur-Loire », Bulletin Monumental, vol. 121, no 4,‎ , p. 360-361.
  20. Dom Jean-Marie Berland, « Le sarcophage mérovingien à croix multiples de Saint-Benoît-sur-Loire », Revue archéologique du Centre, vol. 4, no 3,‎ , p. 195-208.
  21. Dom Jean-Marie Berland, « Le pavement du chœur de Saint-Benoît-sur-Loire », Cahiers de civilisation médiévale, vol. 11, no 4,‎ , p. 211-219.
  22. J. Banchereau, « Rapport sur les fouilles effectuées dans l'église de Saint-Benoît-sur-Loire en 1923 », Bulletin de la société archéologique et historique de l'Orléanais, vol. 20, no 222,‎ , p. 146.
  23. « La ville brillait d'un éclat semblable à celui d'une pierre précieuse, d'une pierre de jaspe transparente comme du cristal. Elle avait une très haute muraille, avec douze portes, et douze anges gardaient les portes. Sur les portes étaient inscrits les noms des douze tribus du peuple d'Israël. Il y avait trois portes de chaque côté : trois à l'est, trois au nord, trois au sud et trois à l'ouest. La muraille de la ville reposait sur douze pierres de fondation, sur lesquelles étaient inscrits les noms des douze apôtres de l'Agneau…. » « Je ne vis pas de temple dans cette ville, car elle a pour temple le Seigneur, le Dieu tout-puissant, ainsi que l'Agneau. La ville n'a besoin ni du soleil ni de la lune pour l'éclairer, car la gloire de Dieu l'illumine et l'Agneau est sa lampe. Les nations marcheront à sa lumière, et les rois de la terre se prosternerons devant la face de Dieu et l'Agneau et y apporteront leurs richesses. Les portes de la ville resteront ouvertes pendant toute la journée; et même, elles ne seront jamais fermées, car là il n'y aura plus de nuit. On y apportera la splendeur et la richesse des nations. Mais rien d'impur n'entrera dans cette ville, ni personne qui se livre à des pratiques abominables et au mensonge. » (Apocalypse 21, 9-27)
  24. Ftédéric Lesueur, « La date du porche de Saint-Benoît-sur-Loire », Bulletin monumental, vol. 127,‎ , p. 119-123 (lire en ligne).
  25. Deshoulières, « (Compte-rendu)Dom J. Leclercq: Saint-Benoît-sur-Loire », Bulletin monumental, vol. 85,‎ , p. 427.
  26. a et b Éliane Vergnolle, Saint-Benoît-sur-Loire et la sculpture du XIe siècle, Picard, Paris,
  27. Maecel Durliat, « Saint-Benoît-sur-Loire et la sculpture du XIe siècle (compte-rendu) », Bulletin monumental, vol. 145, no 1,‎ , p. 156-158.
  28. Philippe Verdier, « La vie et les miracles de Saint-Benoît dans la sculpture de Saint-Benoît-sur-Loire », Mélanges de l'École française de Rome. Moyen-Âge. Temps moderne, vol. 89, no 1,‎ , p. 117-187.
  29. Dom J. M. Berland, « Le pavement du chœur de Saint-Benoît-sur-Loire », Cahiers de civilisation médiévale, vol. 11, no 42,‎ , p. 211-219.
  30. I. Banchereau, « Les stalles de Saint-Benoît-sur-Loire », Bulletin Monumental, vol. 79,‎ , p. 260.
  31. par E. de Certain, pour la Société de l'histoire de France, Paris V, Jules Renouard, 1858, in-8°, 390.p.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Revue Renaissance de Fleury éditée par les moines de l'abbaye.
  • Robert-Henri Bautier, « Le monastère et les églises de Fleury-sur-Loire sous les abbatiats d’Abbon, de Gauzlin et d’Arnaud (988-1032) » dans Mémoires de la société nationale des antiquaires de France, 9e série, vol. 4, tome LXXXIV, Paris, 1969, p. 71–154.
  • Marie Bardet, « Le temporel de l’abbaye de Saint-Benoît-sur-Loire au XIIIe – XIVe siècle » dans Bulletin de la Société archéologique et historique de l’Orléanais, nouvelle série, tome XIX, no 153, 2007, p. 21–46.
  • Jean-Marie Berland, Saint-Benoît-sur-Loire, Paris, Nouvelles éditions latines, s.d.
  • Aurélie Bosc-Lauby et Annick Notter (dir.), Lumières de l’an mil en Orléanais. Autour du millénaire d’Abbon de Fleury, catalogue de l’exposition du musée des Beaux-Arts d’Orléans (16 avril–11 juillet 2004), Turnhout, Brepols, 2004.
  • Georges Chenesseau, L'Abbaye de Fleury à Saint-Benoît-sur-Loire. Son histoire. Ses institutions. Ses édifices, Paris, Van Oest, 1931.
  • Anselme Davril, La vie à l’abbaye de Fleury-Saint-Benoît au XIIIe siècle, Bulletin de la Société archéologique et historique de l’Orléanais, nouvelle série, tome VI (année 1974), no 45 bis, 1976.
  • Jacques Debal (dir.), Histoire d’Orléans et de son terroir, tome I : des origines à la fin du XVIe siècle, Roanne-Le Coteau, Horvath, 1983.
  • Annie Dufour et Gillette Labory (dir.), Abbon, un abbé de l’an mil, Turnhout, Brepols, 2008.
  • Florence Juin, « Les tours occidentales des églises romanes en Orléanais » dans Bulletin de la Société archéologique et historique de l’Orléanais, nouvelle série, tome XVI, no 133, 2002, p. 3–34.
  • Dom Jean Laporte « L'Abbaye de Fleury » dans Dictionnaire d'histoire et de géographie ecclésiastiques éditions Letouzey & Ané, Paris 75006, 1969, Tome XVII, colonnes 441-476.
  • Jacques Napoléon et Michel Rocher. Histoire de l'abbaye royale de Saint-Benoît-sur-Loire, Herluison, 1865, 581 p., [lire en ligne]
  • Anne-Marie Pêcheur, Clartés de Saint-Benoît-sur-Loire, La Pierre-qui-Vire, Zodiaque, 1997.
  • Éliane Vergnolle, Saint-Benoît-sur-Loire et la sculpture du XIe siècle, Picard, Paris,
  • Éliane Vergnolle, « L’art monumental dans l’Orléanais autour de l’an mil » dans Bulletin de la Société archéologique et historique de l’Orléanais, nouvelle série, tome X, no 80, 1988, p. 45–51.
  • Éliane Vergnolle, Création artistique et spiritualité à Saint-Benoît-sur-Loire. La nef de l'abbatiale (vers 1160-1207), p. 207-243, Société française d'archéologie, Bulletin monumental, 2013, no 171-3
  • Alexandre Vidier, L'historiographie à Saint-Benoît-sur-Loire et les Miracles de saint Benoît, Paris, 1965.
  • Abbé Victor Rocher, Histoire de l'Abbaye Royale de Sainte-Benoit-sur-Loire, Orléans : Herluison, 1869 [2]
  • Marcel Aubert, « L'abbaye de Saint-Benoit-sur-Loire », Congrès archéologique de France - Orléans - 1930,‎ , p. 588.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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