Pays de Bitche

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Pays de Bitche
Bitcherland / Bitscherland
Image illustrative de l'article Pays de Bitche
Paysage entre Bannstein et Philippsbourg

Pays Drapeau de la France France
Région française Drapeau de la Lorraine Lorraine (Grand Est)
Département français Moselle
Arrondissement français Sarreguemines
Canton français Canton de Bitche
Villes principales Bitche, Rohrbach-lès-Bitche
Siège du pays Bitche
Coordonnées 49° 03′ 09″ nord, 7° 25′ 33″ est
Superficie approximative 615,89 km2
Géologie Calcaire et grès
Relief Vosges du Nord
Production Agriculture, bois, cristal, verre
Communes 47
Population totale 35 873 hab. (1999)
Régions naturelles
voisines
Alsace bossue, Bliesgau, Palatinat rhénan
Régions et espaces connexes Vasgovie

Image illustrative de l'article Pays de Bitche
Le pays de Bitche incluant les limites communales.

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Pays de Bitche Bitcherland / Bitscherland

Le pays de Bitche (Bitscherland[1] en allemand standard, de même qu'en francique rhénan, dialecte encore très utilisé dans le pays de Bitche, et Bitcherland en français), est une région naturelle de France, située au nord-est du département de la Moselle en Lorraine (région administrative Grand Est depuis 2016) et dont la capitale est Bitche.

Il constitue la partie lorraine des Vosges du Nord, classées réserve mondiale de la biosphère par l'UNESCO pour la richesse de leur patrimoine naturel et les nombreuses actions de protection et d'éducation en faveur de l'environnement.

Le pays de Bitche est composé de 47 communes dont 46 sont regroupées dans le canton de Bitche depuis le redécoupage cantonal de 2014, Kalhausen étant passée dans le canton de Sarreguemines en 2015.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de cette région naturelle provient de sa capitale Bitche, qui s'écrit Bitche en français et Bitsch en allemand standard ainsi qu'en francique rhénan. Donc il s'écrit pays de Bitche en français et Bitscherland en allemand ainsi qu'en francique rhénan. Lorsque l'expression germanique est reprise en français, elle est très souvent orthographiée Bitcherland.

Les habitants du pays de Bitche s'appellent les Bitscherländer en allemand standard et les Bitscherlänner en dialecte francique rhénan mais aucun nom particulier ne leur est attribué en français même si les termes Bitcherlander, Bitcherlanner voire Bitcherlandais sont souvent utilisés pour désigner les habitants du pays de Bitche en français.

Géographie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Géographie du pays de Bitche.

Aux confins de la Lorraine orientale, le pays de Bitche s'avance vers l'Alsace, passant des vastes horizons du plateau lorrain à la forêt des Vosges du Nord. Il est limitrophe au sud de l'Alsace bossue, à l'est de la partie alsacienne des Vosges du Nord, au nord du Palatinat tandis qu'à l'ouest il est réuni au reste de la Lorraine par un étroit couloir de cinq kilomètres de large occupé par la ville de Sarreguemines. Région essentiellement forestière, le Bitscherland semble quelque peu perdu aux confins du territoire lorrain.

Le pays de Bitche se distingue des régions avoisinantes par une dualité frappante, issue de sa constitution géologique. Le Bitscherland recouvre deux entités géographiques très différentes, séparées par une ligne imaginaire joignant Rahling au Sud-Ouest à Liederschiedt au Nord-Est. On trouve ainsi à l'ouest un pays peu accidenté, s'étendant à perte de vue, le pays découvert (Imgau), où domine le calcaire. À l'est par contre, on entre en pays couvert (Wasgau), qui se caractérise par un moutonnement de collines boisées où règne le grès.

Son climat lui vaut le surnom de « petite Sibérie »[2].

Le pays découvert[modifier | modifier le code]

Le plateau aux environs d'Ohrenthal

Le pays découvert appartient aux formations géologiques triastiques, qui sont composées de calcaires du Muschelkalk, entrecoupés de marnes avec des lentilles gypseuses, et de calcaires à cératites et à entroques, l'ensemble étant recouvert de limons et de lœss. Le modelé, ici, est celui du plateau lorrain dans sa partie la plus orientale, variant entre 300 et 400 mètres. Ce paysage, aux formes un peu lourdes, est à peine barré par la côte du Muschelkalk, d'une cinquantaine de mètres de dénivellation, qui se développe entre Erching et Rahling, en passant par Rimling et Rohrbach-lès-Bitche.

Le pays couvert[modifier | modifier le code]

Pointements gréseux de l'Altschloss à Roppeviller

Le pays couvert, qui constitue la grande originalité du Bitscherland, appartient quant à lui au Buntsandstein triasique, dont les formations gréseuses ont donné naissance à un plateau variant de 200 à plus de 450 mètres, fortement morcelé par des vallées nombreuses, profondes et très ramifiées, et hérissées de barres et de pointements rocheux ruiniformes, offrant un paysage pittoresque.

L'imperméabilité des roches et l'abondance des eaux ont favorisé dès le Moyen Âge la multiplication d'étangs artificiels, grands pourvoyeurs de truites et de carpes, qui constituent aussi l'une des originalités du pays de Bitche. À la fin du XVIe siècle, il y en avait déjà une bonne cinquantaine, mais aujourd'hui on en compte près d'un millier, situés pour la plupart dans la région gréseuse. Un certain nombre d'entre eux entraînaient des moulins à grain, à huile, à foulon, des scieries et des forges, comme le Grafenweiher à Sturzelbronn ou l'étang de Münzthal à Saint-Louis-lès-Bitche.

Histoire[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Histoire du pays de Bitche.

Préhistoire[modifier | modifier le code]

Des sites du Paléolithique moyen voire inférieur découverts à Rimling et Obergailbach attestent de la présence de l'Homme de Néandertal (entre - 200 000 et - 35 000 ans avant Jésus-Christ). Il s'agit donc là des plus anciennes occupations humaines du pays de Bitche connues à ce jour. Plusieurs gisements mésolithiques et néolithiques ont également été découverts. Pour en savoir plus voir aussi le site internet suivant : [1]

Antiquité[modifier | modifier le code]

À l'époque gallo-romaine, alors que le pays de Bitche appartient à la cité des Médiomatriques, en Gaule belgique, à la frontière de la Germanie et des Triboques d'Alsace, les indices d'occupation se multiplient. Des villas rurales (110 recensés par la Société d’histoire et d’archéologie de Bitche) s'implantent essentiellement en pays découvert, leur chiffre pouvant s'élever à une douzaine comme à Bettviller. Leur répartition apparaît plus dense dans le canton de Volmunster et dans la partie occidentale du canton de Rohrbach. Dans la partie orientale du pays, les prospections s'avèrent plus difficiles en raison du relief accidenté et du couvert forestier.

Le Moyen Âge[modifier | modifier le code]

La première mention du nom de Bitis se trouve dans une lettre datée du milieu de XIIe siècle et dans laquelle le duc de Lorraine, Ferry Ier demande au comte de Sarrewerden de respecter les limites ainsi que les habitants de sa seigneurie. Dans cette lettre écrite en lettres gothiques, mais en latin, les limites de cette seigneurie sont parfaitement établies (voir cette lettre dans Wikisource : Seigneurie de Bitche en 1196). Dès 1170, un Bitis Castrum (château de Bitche) apparaît dans un document où Frédéric Ier se dénomme lui-même comme « Dominus de Bites » (seigneur de Bitche).

Au XIIIe siècle, la seigneurie de Bitche était le seul territoire du duc de Lorraine à se trouver dans le domaine linguistique allemand et du fait du morcellement des possessions des comtes de Zweibrücken, elle se trouvait géographiquement isolée. Le comte Eberhard II de Zweibrücken proposa alors un accord d’échange au duc de Lorraine. Cette transaction se fit par deux traités : celui du 13 mai 1297 et celui du .

La seigneurie de Bitche devient lorraine[modifier | modifier le code]

Jusqu’au début du XVIe siècle, la seigneurie de Bitche dépendait en définitive du Saint-Empire romain germanique. Lorsque Reinhard de Bitche mourut, en 1531, ses deux fils se partagèrent son domaine. Mais bien vite, ils se brouillèrent et se querellèrent si bien que le duc de Lorraine commença à avoir des visées sur cette seigneurie. En fin de compte, Amélie de Bitche, fille de feu Simon Wecker et épouse de Philippe de Linange, vendit la terre de Bitche au duc de Lorraine Charles II pour la somme de 50 000 écus.

Philippe V de Hanau-Lichtenberg réclama alors l’héritage de son beau-père Jacob. Le duc de Lorraine le lui reconnut. Cependant, le nouveau seigneur, protestant, voulut imposer cette religion à ses sujets selon la règle qui voulait à l’époque qu’on épouse la religion du souverain. Il y mit tant de vigueur, allant jusqu’à emprisonner le supérieur de l’abbaye de Sturzelbronn, qu’il incommoda le duc de Lorraine qui le convoqua devant les assises de Nancy. Philippe refusa de s’y rendre et fut déclaré félon. Le duc de Lorraine fit assiéger Bitche en 1572. Au bout de quelques jours, le château se rendit mais Philippe put s’enfuir. Les troupes du duc de Lorraine prirent même dans la foulée le château de Lemberg et les villages environnants, obligeant la population à prêter serment au duc. Ainsi, cet épisode contribua à confirmer l’autorité du duc de Lorraine sur la région de Bitche.

Domination française[modifier | modifier le code]

En 1678, le traité de Nimègue mit fin à la guerre entre les Provinces-Unies et la France. La Lorraine fut restituée à l’empereur d’Allemagne. Charles V, successeur de Charles IV de Lorraine n’accepta pas ces termes du traité de Nimègue, et aussitôt, le Roi de France vint occuper le pays de Bitche, ce qui renforça son empire de ce côté.

Vauban fit donc fortifier le Schlossberg et il fit aussi entourer la ville de remparts renforcés de bastions. Ces travaux attirèrent de nombreux ouvriers. Un arrêté du Conseil d’État de Louis XIV permit à la région de revivre. En effet, cet arrêté permit à tous les habitants du comté et à tous ceux qui acceptaient de s’y installer de défricher autant de terres qu’ils pouvaient en cultiver avec exemption de toutes taxes durant dix ans. En peu de temps, 60 villages se créèrent ou reprirent vie.

Le règne de Stanislas Leszczinski[modifier | modifier le code]

En 1735 et 1736 furent signés des accords spécifiant que le duc de Lorraine François Stéphane renonçait aux duchés de Bar et de Lorraine au profit du roi de Pologne en exil : Stanislas Leszczynski dont la fille avait épousé le roi de France Louis XV. Le roi déchu vint donc s’installer à Lunéville et prit le titre de duc de Lorraine. Louis XV autorisa à reconstruire la place forte de Bitche sur les plans de Vauban. Et sous la direction du maréchal de Bournay. Quand celui-ci mourut en 1740, il fut remplacé par un homme providentiel pour la ville de Bitche, le comte Henri François de Bombelles.

Dès 1741, Bombelles se mit à l’ouvrage et lorsqu’en 1744 les mercenaires guerroyant pour l’Autriche s’approchèrent de Bitche, ils furent repoussés. Les travaux de fortification durèrent jusqu’en 1754. À la mort de Stanislas Leszczyński, le 28 février 1766, les duchés de Lorraine et de Bar furent officiellement rattachés à la France. Bitche devint française.

Annexion allemande[modifier | modifier le code]

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Depuis 1945[modifier | modifier le code]

Rattachements géographiques[modifier | modifier le code]

Communes et organisations[modifier | modifier le code]

Les communes et les anciennes communes du pays de Bitche

Bitche depuis la citadelle
Etting au début du XXe siècle
Soucht avant la guerre
Flag of France.svg Nom français Flag of Lorraine.svg Nom francique rhénan[3] Flag of Germany.svg Nom allemand
Achen Ache Achen
Althorn Althorn Althorn
Bærenthal Bäredal Bärenthal
Bettviller Bettwiller Bettweiler
Bining Bininge Biningen
Bitche Bitsch Bitsch
Bousseviller Busswiller Busweiler
Breidenbach Breidebach/Breirebach Breidenbach
Dollenbach Dollebach Dollenbach
Éguelshardt Egelshad/Egelshat Egelshardt
Enchenberg Enschebärsch Enchenberg
Epping Eppinge/Ebbinge Eppingen
Erching Erschinge Erchingen
Eschviller Eschwiller Eschweiler
Etting Ettinge/Eddinge Ettingen
Gœtzenbruck Getzebrikk/Getzebrigg Götzenbrück
Gros-Réderching Grossrederchinge Grossrederchingen
Guising Gisinge Giesingen
Hanviller Honnwiller Hanweiler
Haspelschiedt Haschbelschid/Haschbelschitt Haspelscheidt
Hoelling Hellinge Höllingen
Holbach Holbach Holbach
Hottviller Hottwiller Hottweiler
Kalhausen Kalhuse Kalhausen
Lambach Lambach Lambach
Lemberg Lembärsch Lemberg
Lengelsheim Lengelse Lengelsheim
Liederschiedt Liderschid/Lirerschidt Liederscheidt
Loutzviller Lutzwiller Lutzweiler
Meisenthal Meisedal Meisenthal
Montbronn Mumere Mombronn
Mouterhouse Muterhüse/Muderhüse Mutterhausen
Nousseviller-lès-Bitche Nusswiller Nussweiler
Obergailbach Owergailbach/Owergäälbach Obergailbach
Ohrenthal Ohredal Ohrenthal
Olsberg Olschberj/Olschbärsch Olsberg
Opperding Opperdinge/Obberdinge Opperdingen
Ormersviller Ormerschwiller Ormersweiler
Petit-Réderching Klärederchinge/Klärererchinge Kleinrederchingen
Philippsbourg Fillipsbueri/Phillipsburch Philippsburg
Rahling Rahlinge Rahlingen
Reyersviller Reierschwiller Reyersweiler
Rimling Rimlinge Rimlingen
Rohrbach-lès-Bitche Rohrbach/Roerbach Rohrbach
Rolbing Rolwinge Rolbingen
Roppeviller Roppwiller Roppweiler
Saint-Louis-lès-Bitche Minzdal Münzthal
Sarreinsberg Saareinsberg
Schmittviller Schmittwiller Schmittweiler
Schorbach Schorbach Schorbach
Schweyen Schweije Schweyen
Siersthal Siirschel Siersthal
Singling Singlinge Singlingen
Soucht Sucht Sucht
Sturzelbronn Stirzelbrunn/Sdirzelbronn Stürzelbronn
Urbach Urbach Urbach
Volmunster Wolminschter/Wolminschder Wolmünster
Waldhouse Waldhuse/Walthuse Waldhausen
Walschbronn Walschbronn Walschbronn
Weidesheim Wädseme Weidesheim
Weiskirch Wisskirch Weisskirchen

Les organisations

Population[modifier | modifier le code]

Au recensement de 1999, le pays de Bitche comptait 35 873 habitants pour 47 communes

Économie[modifier | modifier le code]

Pays de Verre et de Cristal[modifier | modifier le code]

Dans le domaine des industries, l'activité verrière occupe une place de choix puisqu'elle est la plus ancienne et la plus répandue. Les conditions naturelles sont particulièrement favorables à son implantation : présence de sable et de bois en abondance, mais aussi possibilité d'extraire la potasse des bruyères et des fougères. Les verreries ont toutes été fondées par des verriers allemands venus de Hesse, de Souabe et du Spessart, et elles sont itinérantes en raison de la raréfaction du bois de combustible au bout de quelques années. La guerre de Trente Ans leur porte un coup fatal et il faut attendre le début du XVIIIe siècle pour voir de nouvelles verreries, désormais sédentaires, s'implanter à Soucht, Meisenthal (1702), Gœtzenbruck (1721) et Saint-Louis-lès-Bitche (1767), leurs productions restant toutefois les mêmes.

Produisant toutes du verre à vitres et de la gobeleterie, elles ont des caractères communs : elles ont toutes été fondées par des verriers allemands venus de Hesse, de Souabe et du Spessart, et elles sont itinérantes en raison de la raréfaction du bois de combustible au bout de quelques années. La guerre de Trente Ans leur porte un coup fatal et il faut attendre le début du XVIIIe siècle pour voir de nouvelles verreries, désormais sédentaires, s'implanter à Meisenthal (1702), Goetzenbruck (1721), Montbronn (1723) et Saint-Louis-lès-Bitche (1767), leurs productions restant toutefois les mêmes.

Au XXe siècle, celles-ci vont se diversifier, la verrerie industrielle (optique, fabriques de thermomètres, glacerie) s'ajoutant à la verrerie traditionnelle et à la cristallerie, par exemple à la verrerie de Mont-Royal à Goetzenbruck (1938). De nos jours, on assiste peu à peu à une concentration des entreprises qui passent sous le contrôle de puissantes sociétés : ainsi la cristallerie de Saint-Louis rachetée en 1989 par le groupe Hermès, et la cristallerie de Lemberg, fondée en 1925, absorbée en 1990 par la société Lalique. Il subsiste cependant de nombreux artisans installés à domicile, qui continuent de travailler le verre et le cristal.

Activité sidérurgique[modifier | modifier le code]

Vue des anciennes forges de Bærenthal

L'industrie sidérurgique, pour sa part, est née d'une volonté des ducs de Lorraine d'exploiter les richesses minières de cette région favorisée par la présence de bois et d'eau en abondance.

Dès les premières années du XVIIe siècle, Louis de Bettainvillers, maître des forges de Moyeuvre, et des mineurs de Sainte-Marie-aux-Mines sont envoyés dans le comté pour " découvrir quelque apparence de mine ". À l'est, sur la Zinsel du Nord, une forge est créé en 1760 à Bærenthal pour transformer la fonte venue de Franche-Comté, tandis qu'à Bellerstein, une scierie installée sur le Falkensteinerbach est reconvertie en 1765 en " manufacture de tôle, fer battu et lames de liens ".

En dépit des recherches de minerai ordonnées par les autorités en 1627, à la suite de la pénurie de matière première, ces établissements vont très vite péricliter et disparaître en 1632. Ils reperndront leur activité seulement au début du XVIIIe siècle, le duc Léopold Ier de Lorraine accordant des privilèges aux successeurs de Jean-Valentin de Dithmar en 1723.

À l'est, sur la Zinsel du Nord, une forge est créé en 1760 à Baerenthal pour transformer la fonte venue de Franche-Comté, tandis qu'à Bellerstein, une scierie installée sur le Falkensteinerbach est reconvertie en 1765 en " manufacture de tôle, fer battu et lames de liens ". En dépit des difficultés intervenues dans les années -, notamment à cause de la concurrence des fonderies de Diemeringen (Bas-Rhin), les forges de Mouterhouse suivent seules. Elles sont rachetées en 1843 par la famille de Dietrich, installée à Niederbronn, et modernisées dans les années qui suivent. Le premier four Bessemer y est installé en 1863 mais la crise industrielle et l'apparition de la grande sidérurgie, vont entraîner très vite le déplacement de cette activité vers l'Alsace, autour de Niederbronn et de Reichshoffen, d'autant plus que depuis le début du XIXe siècle, le minerai de fer provenait en grande partie de la région de Brumath.

Autres[modifier | modifier le code]

Parmi les autres activités traditionnelles, il convient de citer les tuileries installées en pays découvertHottviller, Bitche, Schorbach ou Weidesheim), les fours à chaux de Rolbing, les plâtreries de Rohrbach-lès-Bitche, les fabriques de potasse de la vallée de Sturzelbronn, les scieries, ou moulins à scie du pays couvert, installés à Bellerstein, dans la vallée de Meisenthal ou sur l'ancien ban d'Eidenheim près de Montbronn.

Dans chaque village ou presque, les femmes tissaient pendant l'hiver, tandis que les hommes distillaient la pomme de terre. Des foulons à drap existaient à Hanviller, Achen et Walschbronn dès le XVIIe siècle ; des tanneries de Bitche étaient alimentés en tan par les moulins de Haspelschiedt, Reyersviller et Siersthal. Sur la plupart des rivières, même les plus médiocres, des moulins à farine et à huile tournaient. Le nombre des meuniers de la seigneurie de Bitche était si important que le duc de Lorraine Henri II les avait autorisé à se regrouper en corporation dès 1615.

Ces activités, qui ont contribué à la richesse du pays de Bitche depuis le XVIIe siècle, parfois même avant, ne sont plus aujourd'hui que des souvenirs, ayant parfois laissé des souvenirs dans le paysage, comme les moulins ou les fours à chaux.

Médias[modifier | modifier le code]

Radio Studio 1 et TV Cristal sont respectivement la chaîne de radio et de télévision du pays de Bitche. Ces médias qui diffussent principalement en français font aussi des émissions en francique rhénan[4],[5].

Transports[modifier | modifier le code]

Réseau routier[modifier | modifier le code]

Le pays de Bitche est traversé d'est en ouest par la route nationale 62, reliant Haguenau à Deux-Ponts (puis, à partir de 1972, à Sarreguemines), et dont la portion Niederbronn-Bitche est construite entre 1824 et 1826.

Réseau ferroviaire[modifier | modifier le code]

La ligne de chemin de fer reliant Haguenau à Sarreguemines est construite entre 1866 et 1869 et permet un désenclavement partiel de la région. La gare n'est actuellement plus desservie par fer, mais des autocars TER Lorraine continuent d'assurer la liaison depuis Sarreguemines, Niederbronn ou Haguenau.

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Les sites du pays de Bitche classés monuments historique sont :

Les autres sites intéressants du pays de Bitche sont :

Culture[modifier | modifier le code]

Le passé industriel de la région (et plus particulièrement le pays du Verre et du Cristal) est encore très présent bien qu'aujourd'hui ne subsiste plus que la Cristallerie de Saint-Louis-lès-Bitche. Les métiers verriers demeurent encore nombreux avec notamment un grand nombre de tailleurs de cristal.

Le pays de Bitche, tout comme le reste de la Moselle et de l'Alsace, est également très marqué par les nombreux changements de nationalités de ses habitants. En effet, la région a basculé six fois de nationalité entre 1871 et 1945.

Cette double culture franco-allemande demeure très présente. Il n'est donc pas rare de rencontrer des personnes âgées parlant encore très mal, voire pas du tout le français, du fait de l'éducation allemande qui leur a été prodiguée mais également du fait que dans le pays de Bitche, tout comme dans une large partie de la Moselle, le dialecte francique est encore très utilisé.

Du point de vue linguistique, le Bitscherland relève du domaine du moyen allemand. On y parle le dialecte francique rhénan lorrain comme dans la zone allant de Saint-Avold (Moselle) à l’Alsace bossue (région de Sarre-Union, Diemeringen et Drulingen) incluse. On distingue grosso modo 3 variétés du Bitscherlänner Platt ou Bitscherlänner Ditsch:

Le francique rural du Bitscherland se caractérise par une diphtongaison particulière quand une voyelle est suivie d'un "r": òar, ìar, iar ùar, uar, äar, èar… (un "a" s'intercale entre la voyelle et le "r" qui selon les locuteurs est plus ou moins prononcé : Ich hòn Dùa(r)scht / j’ai soif), par l'abondance de voyelles ouvertes et par une multitude de sons graves correspondant à des voyelles ouvertes.

Le dialecte des villages verriers se distingue par des diphtongues inexistantes dans le reste du Bitscherland :

Villages verriers : ""méi néies Hous"" / Reste du Bitscherland : ""min néies Hus"" (allemand standard : mein neues Haus/français : ma nouvelle maison).

Le dialecte citadin de Bitche ne connaît pas les diphtongues des deux autres variétés. Les «r» précédés d’une voyelle y sont plus audibles et de manière générale, la prononciation se rapproche de celle du reste de l’Est mosellan.

La guerre de Trente Ans ayant ravagé le Bitscherland comme une grande partie de la Lorraine, de nombreux villages ont été repeuplés par des immigrants germanophones originaires de Suisse alémanique, du Tyrol, de Bavière et de Bohême. Il est probable que les dialectes de ces immigrants ont modifié les dialectes parlés avant leur arrivée.

À la différence d'une grande partie de la Lorraine germanophone, les parlers du Bitscherland connaissent le ich-Laut qui existe en allemand standard (noté /ç/ dans l'alphabet phonétique international). Exemple : Ich (pronom personnel, première personne du singulier) se prononce également [Iç] comme en allemand standard et non Isch comme à Sarreguemines.

Contrairement à ce que l'on peut lire parfois, les villages de Bærenthal et Philippsbourg n'appartiennent pas au domaine des parlers alémaniques (allemand supérieur) mais relèvent toujours du moyen-allemand. La ligne P/PF (de) (Appel/Apfel, Pund/Pfund) qui sépare les dialectes du moyen-allemand de ceux de l'allemand supérieur passe à l'est du Bitscherland et certains villages alsaciens (Dambach et Obersteinbach) sont encore dans la zone du francique rhénan lorrain. En revanche, il est vrai que, à l'instar des parlers de certaines localités du pays de Phalsbourg, les parlers des localités de Bærenthal et Philippsbourg présentent des caractères alémaniques au niveau de certaines voyelles : par exemple le son "u" y devient "ü", Hus/Hüs (maison), Mus/Müs (souris) ou Mutter/Mütter (Mère).

Dans les années 80, une enquête faite auprès de 1107 personnes dans le pays de Bitche par un professeur du CES de Lemberg, donnait les résultats suivants : 97,4 % de la génération des aines, 94,2 % de la génération moyenne et 88,5 % de la génération scolarisée parlent souvent ou toujours le "francique bitchois"[6].

Neggel est un diminutif local pour Nicolas, prénom qui était souvent employé pour désigner l'homme des enfers et c'est probablement de ce funèbre sobriquet qu'est restée l'appellation locale du pain noir : Bumberneggel[7].

Vie politique[modifier | modifier le code]

Le pays de Bitche était traditionnellement de centre droit. Dès 1995, il évolue et apporte massivement ses suffrages à la droite nationale. Il conserve, toutefois un des plus forts électorats centristes donnant à François Bayrou et au MoDem un des meilleurs scores nationaux et départementaux.

Personnalités[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Bouteiller - Dictionnaire topographique de l'ancien département de la Moselle, rédigé en 1868
  2. Sophie de Ruffray, « Contribution à l'élaboration d'une méthodologie de développement local et à la conception d'un outil d'aide à la décision : application au pays de Bitche », Revue géographique de l'Est, vol. 36,‎ , p. 302 (lire en ligne).
  3. www.geoplatt.com
  4. le Platt à la TV sur culture-bilinguisme-lorraine.org
  5. Stations de radio émettant en dialecte et en allemand standard sur culture-bilinguisme-lorraine.org
  6. Daniel Laumesfeld, La Lorraine francique : Culture mosaïque et dissidence linguistique, 1996
  7. Commentaire d'un quatrain scandé bitchois, dans Les Cahiers Lorrains, N°3, 1958.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Joël Beck, Les Moulins et scieries du Pays de Bitche, 1999.
  • Joël Beck, Le Pays de Bitche 1900-1939, 2005.
  • Joël Beck et Martine Fitoussi, D'Spotnäme im Bitcherland : Les sobriquets du Pays de Bitche, 2014 (ISBN 978-2-36329-050-2)
  • Le Pays de Bitche, Didier Hemmert 1990.
  • Bitche et son pays, André Schutz 1992.
  • Les Grelots du vent, images et mirages du Pays de Bitche, abbé Bernard Robin 1984.
  • Un sablier de brumes, abbé Bernard Robin, 1989.
  • Manteaux de grès et dentelles de sapin, abbé Bernard Robin 1992.
  • Bitche et son canton, des origines à 1945, Francis Rittgen 1988.
  • Joseph Schaefer, Le pays de Bitche, passionnément, Éd. Serpenoise, Metz, 2004, 174 p. (ISBN 2-87692-643-1)
  • Auguste Lauer, La syllabe "bach" dans la toponymie du pays de Bitche, 1965.
  • Albert Hudlett, Morphologie verbale dans les parlers du Pays de Bitche (Moselle germanophone), 1989 (ISBN 3261039930)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]