Charles II de Lorraine

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Charles II de Lorraine
Effigie de Charles II, se trouvant sur la Porte de la Craffe, à Nancy
Effigie de Charles II, se trouvant sur la Porte de la Craffe, à Nancy

Titre Duc de Lorraine
(1390-1431)
Prédécesseur Jean Ier
Successeur Isabelle et
René Ier d'Anjou
Biographie
Naissance
Décès
Nancy
Père Jean Ier
Mère Sophie de Wurtemberg

Charles II[1] de Lorraine, dit le Hardi, né en 1364, mort à Nancy le , fut duc de Lorraine de 1390 à 1431. Il était le fils du duc Jean Ier et de Sophie de Wurtemberg.

Biographie[modifier | modifier le code]

Dans sa jeunesse, il est très lié avec Philippe II le Hardi, duc de Bourgogne ; ils ont été compagnons d'armes à plusieurs reprises. Il continue d'abord la politique initiée par son père, s'éloignant de la cour de France pour se rapprocher de la Bourgogne. Il se défie de Louis d'Orléans qui a soutenu les habitants de Neufchâteau à la fin du règne de son père le duc Jean Ier, et qui soutient l'empereur Wenceslas de Luxembourg, lequel sera déposé et remplacé par le beau-père de Charles.

Il participe à plusieurs expéditions de croisades :

En 1400, les Princes Électeurs déposent l'empereur Wenceslas et élisent à sa place Robert de Wittelsbach, comte palatin du Rhin et beau-père de Charles II.

De multiples incidents en 1405 et 1406 opposent les sergents du duc aux officiers royaux dans les fiefs français enclavés dans le duché et Louis d'Orléans, qui a reçu en gage le duché de Luxembourg, veut se créer un principauté dans la région. À la tête d'une coalition formée par le duc Robert Ier de Bar, le duc de Luxembourg et le comte de Namur, il attaque le duché de Lorraine, mais il est vaincu au printemps 1407 à Corny-sur-Moselle, puis en juillet 1407 à Champigneulles. L'assassinat du duc d'Orléans à Paris le met fin à cette guerre, et Charles se rallie aux Bourguignons dans la guerre civile qui les oppose aux Armagnacs. Il évite cependant de s'engager dans le conflit franco-anglais et ne répond pas à l'appel du roi en 1415, bien que son frère Ferry Ier de Vaudémont combatte à Azincourt et y soi tué. La même année, la reine Isabeau de Bavière le nomme connétable de France à la place de Bernard VII d'Armagnac, mais il renonce vite à exercer cette charge.

Le duc de Bourgogne Jean sans Peur est assassiné en 1419 et Charles II modifie sa politique pour adopter une position de neutralité entre la France et la Bourgogne. En effet, Philippe III le Bon, le nouveau duc de Bourgogne, unifie les Pays-Bas (qui correspondent à l'actuel Benelux), et ses possessions se composent en deux ensembles territoriaux, séparés par la Champagne, province française, le Duché de Bar et le Duché de Lorraine. Cette politique de neutralité, puis un rapprochement avec le roi Charles VII, lui permet de faire face à la menace bourguignonne, et aussi de négocier le mariage de son héritière Isabelle avec le capétien René d'Anjou, beau-frère de Charles VII et surtout héritier du duché de Bar.

Mais son neveu Antoine de Vaudémont n'accepte pas d'être écarté de la succession et Charles II doit le combattre en 1425, sans grand succès.

Au début de l'année 1429, Charles II, malade, fait venir Jeanne d'Arc en pèlerinage à Saint-Nicolas-de-Port, mais celle-ci lui reproche sa vie dissolue et lui conseille de renvoyer sa maîtresse, Alison du May. Sans suivre ses conseils, il lui donne une troupe pour qu'elle se rende à Chinon mais ne permet pas à son gendre de suivre "la Pucelle". Il meurt deux ans plus tard mettant en garde son gendre francophile contre les agissements du duc de Bourgogne.

Mariage et enfants[modifier | modifier le code]

Il épouse en 1394 Marguerite de Wittelsbach (1376 † 1434), fille de Robert de Wittelsbach, comte palatin du Rhin, puis empereur germanique, et d'Elisabeth de Hohenzollern. Ils eurent :

De sa maîtresse Alison du May (assassinée à Nancy en 1431), il eut :

Note[modifier | modifier le code]

  1. Il aurait dû être numéroté Charles Ier de Lorraine, mais, au siècle suivant, les historiographes lorrains, voulant établir la légitimité des ducs de Lorraine et de Guise et les rattacher directement aux carolingiens, inclurent dans la liste des ducs le carolingien Charles († 991), duc de Basse-Lotharingie.
  2. Charles Louis Hugo, Traité historique et critique sur l'origine et la généalogie de la maison de Lorraine,‎ (lire en ligne), p. 162, clxi ; Inventaire-sommaire des Archives départementales antérieures à 1790: Meurthe-et-Moselle : Série 3 F ̲Fonds dit de Vienne,‎ , p. 108 [3F 438]
    Second testament de Charles II en janvier 1425: « a nostre amé filz bastard Ferry de Luneville »
  3. L. Quintard, « La commanderie de Xugney (Vosges) », Mémoires de la société d'archéologie Lorraine, 3e série, vol. 5,‎ , p. 367, disponible sur Gallica
    Information que l'auteur tire de Henri Lepage, « Notice sur quelques établissements de l'ordre de Saint-Jean de Jérusalem situés en Lorraine : VIII. Commanderie de Xugney », Annuaire administratif, statistique, historique et commercial de la Meurthe,‎ , p. 58-60 (lire en ligne)

Sources[modifier | modifier le code]