Cristallerie de Saint-Louis-lès-Bitche

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Musée La Grande Place
Intérieur du musée
Intérieur du musée
Informations géographiques
Pays Drapeau de la France France
Ville Saint-Louis-lès-Bitche
Adresse Rue Coëtlosquet
57620 Saint-Louis-lès-Bitche
Tél. 03 87 06 40 04
Coordonnées 48° 59′ 15″ nord, 7° 21′ 23″ est
Informations visiteurs
Site web Cristallerie Saint-Louis

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La cristallerie Saint-Louis fondée en 1586 en Moselle, signe chaque jour des pièces en cristal – services de verres, vases, lustres, luminaires et mobilier – réalisées par des maîtres verriers et des maîtres tailleurs comptant parmi les Meilleurs Ouvriers de France.

Histoire[modifier | modifier le code]

Peint par Édouard Pingret en 1836, ce tableau donne une vue générale des différents bâtiments de la cristallerie avant les mutations de la révolution industrielle. Au premier plan, à droite, la chapelle des verriers, élevée en 1776, est représentée avec son campanile si caractéristique de la région. Derrière la cheminée, la halle construite en moellon et en charpente est reconnaissable à son toit à claire-voie. À gauche, le grand bâtiment, couvert d'un toit brisé, est la maison de la direction et le long de la rue, se dressent les logements des ouvriers. Une disposition toujours lisible dans le paysage aujourd'hui.

De la Verrerie de Münzthal à la Verrerie Royale de Saint-Louis (1586-1781)

Bien avant que Saint-Louis n’appartienne au cercle très fermé de la cristallerie, le verre était déjà roi au pays de Bitche. Cette région reculée des Vosges du Nord, avec son immense  forêt et ses spectaculaires escarpements de grès, offre en effet tous les ingrédients pour que s’opère le mystérieux mariage du sable et du feu, à l’origine du verre.

Ainsi, depuis l’époque gallo-romaine jusqu’au milieu du XVIIe siècle, une douzaine de verreries s’implantent à la lisière de la forêt, près de la grande route commerciale qui relie l’Italie aux Flandres. Les hommes et les techniques s’échangent entre Murano et la Bohême pour développer des prémices d’industrie. Il faut attendre 1586 et la fondation de la verrerie de Münzthal, ancêtre de Saint-Louis, pour que s’écrive une nouvelle page de l’histoire du verre au pays de Bitche.  

La verrerie se développe pendant quelques décennies mais ne survit pas au contexte chaotique européen de l’époque. En effet, pendant près de deux cents ans, Bitche représente un enjeu stratégique dans une Europe qui se déchire. C’est le plus vaste domaine parmi les comtés de la maison de Lorraine, une ville frontière fortifiée par Vauban, qui signifie à elle seule la limite de  la France à l’est. L’ancienne verrerie de Münzthal ne survit pas aux ravages de la guerre de Trente Ans (1618-1648).

En 1766, lorsque le duché de Lorraine est rattaché au Royaume, une nouvelle fabrique est recréée à l’emplacement de l’ancienne verrerie de Münzthal.L’année suivante, en 1767, Louis XV autorise par un arrêté du conseil d'État, confirmé par lettres patentes, la reprise de l'ancienne verrerie et lui confère le titre de « Verrerie royale de Saint-Louis » en souvenir de Louis IX. L’estampille « royale » distinguant le meilleur du savoir-faire du pays, Saint-Louis devient vite un fleuron de l’économie française. Soutenu par le roi, son développement d’une ampleur extraordinaire pour l’époque, permet autour d’elle le renouveau de fabriques de verre alors disparues.

La Cristallerie Royale de Saint-Louis (De 1781 à nos jours)

C’est en 1781, que Saint-Louis  perce le secret du cristal, dont l’Angleterre détenait le monopole depuis son invention au 17ème siècle. Saint-Louis change alors d’appellation pour devenir « Cristallerie », dans un rapport signé de la main de Condorcet. C’est une grande première sur le continent européen.

Après l’orage de la Révolution, la renommée de Saint-Louis s’étend à toute l’Europe, et au cours du XIXe siècle les expositions universelles récompensent régulièrement Saint-Louis et ses créations exceptionnelles.

Dès 1845, Saint-Louis propose ses précieux presse-papiers, des « boules naïves et bigarrées » qui sauront séduire plus tard Colette et de nombreuses personnalités des arts et lettres ainsi que des têtes couronnées.

Lancé sur les rails de la révolution industrielle, Saint-Louis consacre dès le premier tiers du XIXe siècle l’intégralité de sa production au cristal et s’engage dans une politique technique et artistique faite de redécouvertes et d’inventions. Des salles à manger bourgeoises aux palais impériaux, des chevets intimes aux banquets présidentiels, entre services de table, décoration et luminaires, Saint-Louis séduit le monde entier et impose son art de vivre du cristal.

Au fil des innovations, Saint-Louis a su puiser au cœur de la richesse des ères décoratives des XIXe et XXe siècles, de la Restauration au modern style, en passant par le Napoléon III, l’Art nouveau et les Arts déco, jusqu’au design contemporain qui ouvre aujourd’hui la voie des usages inédits.

En 1989, Hermès acquiert avec Pochet une participation dans la Cristallerie de Saint-Louis. Depuis 1995 Saint-Louis est la propriété du groupe Hermès. La manufacture compte

Aménagements[modifier | modifier le code]

La maison de la direction, les halles, les magasins, les logements pour les maîtres, pour les ouvriers et pour les fermiers, un moulin, une scierie et une platinerie sont construits dans le quatrième quart du XVIIIe siècle et transformés au XIXe siècle. D'autres logements sont construits dans le courant du XIXe siècle et au début du XXe siècle.

Le village regorge des nombreux bâtiments de la cristallerie, dont plusieurs se situent à proximité de l'étang situé en contrebas de la route de Lemberg. La taillerie, régulièrement percée de nombreuses fenêtres, est installée dans la nouvelle halle. L'ancien atelier de choix et de rebrûlage, construit en brique avec sa cheminée, sert actuellement à la trempe. L'abattoir porte la date 1901, tandis que l'ancien Lavoir, construit en charpente, se situe aujourd'hui dans l'eau.

Le bâtiment de la direction de l'usine est construit perpendiculairement à la rue principale, la rue de Coëtlosquet. Il se dresse à l'entrée d'un grand parc et demeure inchangé par rapport à la représentation du tableau de 1836. Seul un corps d'habitation lui a été adjoint dans le prolongement, du côté des jardins.

Cultes[modifier | modifier le code]

La chapelle, construite au lendemain de la création de la verrerie, est bénie le 25 août 1776 et érigée en cure en 1846. Agrandie de 1859 à 1862 sur les plans de Jacquemin, architecte à Metz, elle demeure trop petite au vu du développement de la cristallerie et de l'accroissement de la population. Elle est donc remplacée par l'église Saint-Louis, plus vaste, construite de 1897 à 1902. Le nouvel édifice est élevé grâce à l'aide financière de la famille du Coëtlosquet, propriétaire de l'usine à cette époque.

La Grande Place - Musée du Cristal Saint-Louis[modifier | modifier le code]

Plus de 2 000 pièces exceptionnelles sont présentés au cœur de la Manufacture de Saint-Louis, dans un cadre architectural unique imaginé par les architectes Florence Lipsky et Pascal Rollet. À l’intérieur d’un écrin fait de bois et de transparence, une promenade de 953 m s’enroule autour d’un ancien four. Une muséographie d’avant garde illustrée par vingt vidéos met en perspective l’histoire des techniques de création depuis leurs débuts il y a quatre siècles, jusqu’à leurs évolutions les plus contemporaines[1].

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • Gérard Ingold, Saint-Louis, de l'art du verre à l'art du cristal, de 1586 à nos jours, Editions Denoël, 1986
  • Nicolas Héron, Gestes et métiers des cristalleries de Saint-Louis, Edition Argusvalentines, 2008

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Brochure du programme Constellation, « En attendant l’ouverture du Centre Pompidou-Metz », 136 p., La Grande Place, Musée du Cristal Saint-Louis, p. 106.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Article connexe[modifier | modifier le code]

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