Pays messin

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Pays messin
Image illustrative de l'article Pays messin
Notre-Dame-de-Rabas, peut-être le plus ancien lieu de pèlerinage du pays messin

Pays Drapeau de la France France
Région française Lorraine
Département français Moselle
Siège du pays Metz
Coordonnées 49° 07′ 10″ nord, 6° 10′ 42″ est
Régions naturelles
voisines
pays thionvillois, pays de Nied, Saulnois

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Pays messin

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Pays messin

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Pays messin

Le pays messin était, depuis au moins le XIe siècle, une entité territoriale formée par les villages aux alentours de Metz au Moyen Âge relevant en partie de la ville de Metz et en partie du temporel de l'évêché.
Aujourd'hui, on résume l'appellation de pays messin à l'arrondissement de Metz.

« Metz aux campagnes magnifiques,
Rivières aux ondes prolifiques »

— Paul Verlaine, Ode à Metz

Géographie[modifier | modifier le code]

De par sa définition, la forme du pays messin a probablement beaucoup varié au cours de l'histoire. Si au Moyen Âge et jusqu'aux Temps modernes il s'étirait beaucoup au sud, il a aujourd'hui pris la forme de l'arrondissement de Metz formant une entité plus ou moins circulaire.

On sait qu'au cours du XVIe siècle, le monolithe dit la Haute-Borne (origine gallo-romaine, 1,80 mètre de hauteur et 60 centimètres de large, de forme cylindrique), qui se situe aujourd’hui à l’entrée du bois de Coulange, déplacé plusieurs fois au cours de l’histoire aux environs de Mondelange, Hagondange et Talange, servait comme ultime borne en pays messin délimitant le duché de Lorraine et la province de Luxembourg[1].

Le pays messin (bleu) et ses confins en 1610.

À la Révolution[modifier | modifier le code]

Le pays messin est composé de 7 secteurs :

  • le Haut-Chemin au nord-est ; entre la Moselle et la Nied : une quarantaine de villages dont Noisseville, Antilly, Vrémy, Vry ;
  • le Saulnois-en-pays-messin au sud-est (à ne pas confondre avec le Saulnois qui est le pays du sel) entre la Seille et la Nied : une quarantaine de villages, dont Borny, Ars-Laquenexy, Peltre, Verny, Lemud, etc. ;
  • l’Isle ou « entre deux eaux », entre la Moselle et la Seille, au sud, 13 villages, dont Montigny, Augny, Jouy-aux-Arches, Marieulles ;
  • le val de Metz, sur la rive gauche de la Moselle : 20 villages parmi lesquels Longeville, Plappevilie, Gravelotte, Rezonville en partie, Vernéville, Amanvillers, etc. ;
  • le Franc-Alleu, à l'est de la Seille, avec Baudrecourt, Chénois, Morville-sur-Nied, etc. ;
  • de ban de Bazailles, ;
  • la terre de Gorze.

Aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Labyrinthe végétal de Vigy.
Château Fabert à Moulins
Château de Louvigny
Jouy-aux-Arches, bassin collecteur de l'aqueduc gallo-romain.

Le pays messin peut être considéré comme un pays traditionnel dont l'héritage est historique. La locution a été réactivée pour désigner un territoire de projet sur le plan touristique. Ainsi le pays messin constituerait l’un des sept « pays » mosellans (http://en.moselle.free.fr/Pratique/cartepays.htm). Le découpage est assez proche des arrondissements de la Moselle : le pays messin est jouxté par le pays de Thionville — ou Thionvillois — au nord, le pays de Nied à l’est et le pays du Saulnois au sud-est[2][réf. incomplète].

Toponymie[modifier | modifier le code]

  • Metensis pagus (636) ; Ducatus moslensis in comitatu mettensi (783) ; Pagus Mediomatricensis (863) ; Finis Mettensis (880) ; Comitatus Mettensis (882) ; Finis vel pagus Mettensis (1046) ; Le pays de Mets, Metsain, Messin, le Messein, le Messain (XVe-XVIIe siècles)[3].

Histoire[modifier | modifier le code]

Article connexe : Metz au Moyen Âge.

Le pays messin correspond à l'origine à la couronne des possessions épiscopales s'étirant autour de la ville de Metz. Or au XIIIe siècle à la suite de la guerre des Amis l'évêché se voit amputé de sa capitale. Cette dernière érigée en cité autonome se verra prendre de l'ascendant sur un ensemble de terres et de villages présents dans ses environs, c'est pourquoi au XIVe siècle l'évêque s'installera dans le Saulnois à Vic-sur-Seille à distance du pays messin.

Au cours des années l'évêque perd du pouvoir sur les villages du pays, si bien que la ville de Metz obtient de faire payer son impôt sur une vaste zone allant de la Nied française aux limites des possessions épiscopales de Gorze. De plus, de nombreuses familles messines issues des paraiges ont exercé leur pouvoir sur des villages de la région, comme la famille de Heu notamment sur Ennery dont le blason actuel correspond aux armoiries de la famille.

Cette situation durera jusqu'au XVIIe siècle, quand les traités de Westphalie[4] ratifieront l'annexion au royaume de France des villes libres d'Empire et des temporels épiscopaux Lorrains.

Les cigognes ont habité le pays messin pendant des siècles, mais ont disparu à cause du dessèchement des étangs, marais et autres terrains marécageux. Elles appréciaient les régions humides, comme celle de Solgne dont le nom signifiait cigogne en dialecte roman[5].

« Cela tombe comme à Gravelotte »[modifier | modifier le code]

Le corps de garde en prise à Saint-Privat-la-Montagne lors de la bataille de Gravelotte. Gravure d’après une œuvre originale de Christian Gell.
Les sœurs de la Miséricorde de Mercy à la bataille de Gravelotte.

Gravelotte est un petit village du pays messin où ont lieu les batailles les plus meurtrières de la guerre de 1870, les 16 et 18 août. Les pertes étaient plus lourdes pour les Français, qui comptent plus de morts et de disparus pour une armée moins importante que l'armée prussienne.

Économie[modifier | modifier le code]

Au Moyen Âge, deux cent quatorze villages dépendaient de l’ancien pays messin, divisé pour des raisons fiscales en : Val de Metz, L’Isle, Le Saulnois, le Haut Chemin, le Franc-Alleu, le Ban de Bazeilles, et la Terre de Gorze. Les sommes recueillies dans les villages servent principalement à entretenir la ville de Metz.

Le pays messin était constitué des villages entourant la ville où vivaient les vilains (ou pauvres gens), qu’on appelait ici « villons » (bonnes gens des villages) dans les textes de loi, se composaient de serfs et d’hommes libres, vignerons ou laboureurs.

Ceux-là ne participaient pas au gouvernement de la cité messine qui devait les défendre. En échange, ils payaient des sommes parfois conséquentes à titre de redevances ordinaires ou de taille extraordinaire qui ne comprenaient pas les cens, les dîmes et les corvées dues au seigneur du lieu.

Ceux-ci fournissaient beaucoup de seigle, peu de froment ; la partie dite de l’évêché était la plus fertile.

Cependant, on récoltait beaucoup de noix, de cerises et les vignobles se comptaient en grand nombre, comme ceux de Lorry, de Longeville, de Lessy, d’Ancy et d’Augny qui étaient les plus réputés. Il y avait à Ars un canton appelé de Varennes, qui fournissait un vin excellent qui avait été jugé « digne de la table du roi ».

Il y a peu de « montagnes » et de forêts dans le pays, mais les étangs et les rivières fournissaient du bon poisson.

On exploitait aussi quelques affleurements de minerai de fer qui étaient transformés à Metz en Fournirue.

Seigneurie[modifier | modifier le code]

Le ban des Treize, zone centrale du pays messin, relevait de la juridiction directe de Metz et du conseil des Treize, plus haute assemblée de la République messine. Ce ban municipal autour du noyau urbain de Metz était délimité par des maisons-fortes, comme celle de la Haute-Bevoye de Grigy au sud-est, ou encore de Thury (La Maxe) au nord[6].

Autrement, les villages du pays messin étaient souvent possessions privées d'abbayes messines, comme l'abbaye Saint-Vincent, de familles patriciennes de Metz (les paraiges) ou même parfois de l'évêque de Metz, y gardant des points d'appui. Au sein du patriarcat messin, la famille de Heu a exercé un certain pouvoir sur le pays durant le Moyen Âge, elle possédait des villages comme Ennery.

Religion[modifier | modifier le code]

L’abbaye cistercienne de Villers-Bettnach. La porte Coislin datant du XVIIIe siècle.
Notre-Dame-de-Rabas, Vigy.

L’abbaye de Villers-Bettnach est une ancienne abbaye cistercienne dont il reste encore quelques vestiges et ruines.

Notre-Dame-de-Rabas est un site mythologique en pays messin qui donnait lieu à un pèlerinage et à un rite ambulatoire relatif à une fontaine dont il fallait neutraliser les effets maléfiques, qui trouve son origine dans des croyances préchrétiennes[7].

L’abbaye de Gorze dominait la terre de Gorze. Les abbayes messines possédaient de nombreux villages.

Le pays messin possède plusieurs églises fortifiées notamment les églises Saint-Quentin de Scy-Chazelles et Saint-Martin de Sillegny.

La Belle-Croix d'Ennery.

Cultes catholique, juif et protestant (huguenot)[8].

Huguenot[modifier | modifier le code]

La décision de Louis XIV de mettre fin à l’exercice de la religion réformée est une catastrophe pour le protestantisme du pays messin[9]. De nombreux huguenots messin émigrent à Berlin et vont contribuer à l’économie d’autres pays.

Judaïsme[modifier | modifier le code]

Il semble qu'il faut attendre 1567 pour que quelques familles soient autorisées à Metz et dans le pays messin[10].

Patronage[modifier | modifier le code]

Barbe la grande martyre est la sainte la patronne du pays messin[11].

Les habitants des communes du pays messin étaient tenus de se rendre à Metz, le jour de la procession donnée en l’honneur du saint patron de la ville saint Étienne. Ils traversaient alors la cité avec croix et bannières en chantant des cantiques dans leurs idiomes, jusqu’à la cathédrale où ils déposaient sur le maître autel une offrande composée de plusieurs oies grasses.


Culture[modifier | modifier le code]

Horloge du temple Montigny Metz .
Temple protestant réformé d'Amneville.

Langues et chant[modifier | modifier le code]

On parlait le platt dans quelques villages, comme ceux d’Ennery ou Rugy, dans les châteaux des environs de Thionville et dans plusieurs localités de la partie dite de l’évêché.

Marché de Noël[modifier | modifier le code]

Marché de Noël de Metz, Illumination dans la pays messin de maisons, Animation : crèche, ...

Saint-Nicolas[modifier | modifier le code]

Le week-end de la Saint-Nicolas, samedi 3 et dimanche 4 décembre

Le messin[modifier | modifier le code]

L'observatoire linguistique Linguasphere distingue sept variantes du lorrain et associe le messin à Metz, au pays messin et à toute la Moselle francophone.

D'après une carte des patois romans de la Moselle plus détaillée, le patois messin est une variante parlée dans le Haut Chemin, centrée sur Vigy juste sous la frontière linguistique mosellane.

Chants[modifier | modifier le code]

Le chant messin est inventé en pays messin au IXe siècle : cet ancêtre du chant grégorien est originaire de l’abbaye de Gorze et des plus anciennes abbayes messines.

Un recueil de chants populaires du pays messin a été fait en 1881 par le comte Théodore-Joseph Boudet de Puymaigre (1816 ; † 1901)[12].

Cuisine[modifier | modifier le code]

Article connexe : Cuisine lorraine.
De nombreux restaurants existent depuis plusieurs siècles comme le Café-Restaurant de la Place à Vigy (ici en 1901).

Le lard fumé est un ingrédient traditionnel de la cuisine. Il est utilisé dans de nombreux plats comme la quiche, les diverses recettes à base de pommes de terre.

Du pâté, la charcuterie, la potée, la tarte de Metz, aux mirabelles, à la rhubarbe.

Randonnée pédestre[modifier | modifier le code]

Sur les routes de nombreux panneaux indiquent des promeneurs [13]

Personnalités liées[modifier | modifier le code]

Moulins-lès-Metz, le vieux pont (1614).
  • Philippe Naudé (28 décembre 1654 à Metz - 7 mars 1729 à Berlin, est un mathématicien et théologien huguenot français)
  • Charles Ancillon (29 juillet 1659 à Metz- 5 juillet 1715 à Berlin), est un historien français

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Léon Zeliqzon, Dictionnaire des patois romans de la Moselle, Publications de la faculté des lettres de l'université de Strasbourg 1924, 718 p.
  • Michèle Benoit et Claude Michel, Le Parler de Metz et du pays messin, prix de l’Académie nationale de Metz 2001, éd. Serpenoise, juin 2000, 236 p., (ISBN 2-87692-485-4).
  • Jean-Paul Philips, Patrimoine rural en pays messin : Ne passez pas sans me voir. Quatre promenades., éd. Serpenoise, juin 2006, 108 p., (ISBN 2-87692-698-9).
  • Christian Fauvel, C’était hier en pays messin : Témoignages de photographes 1840-1920, prix de l’Académie nationale de Metz, éd. Serpenoise, novembre 2008, 256 p., (ISBN 978-2-87692-780-3).
  • DELAFOSSE, Les oiseaux du pays messin, 1954 (lire en ligne)
  • Paul Rohr, Blasons populaires et autres survivances du passé : curiosités folkloriques du pays messin et de la région lorraine, Nice, 1970 (notice BnF no FRBNF35249722)

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]