Beaufort-sur-Gervanne

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Beaufort-sur-Gervanne
Beaufort-sur-Gervanne
Vue de Beaufort-sur-Gervanne.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Auvergne-Rhône-Alpes
Département Drôme
Arrondissement Die
Canton Crest
Intercommunalité Communauté de communes du Val de Drôme
Maire
Mandat
Catherine Mathieu
2014-2020
Code postal 26400
Code commune 26035
Démographie
Gentilé Beaufortois, Beaufortoises
Population
municipale
466 hab. (2015 en augmentation de 11,75 % par rapport à 2010)
Densité 49 hab./km2
Géographie
Coordonnées 44° 46′ 44″ nord, 5° 08′ 36″ est
Altitude Min. 280 m
Max. 836 m
Superficie 9,48 km2
Localisation

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Beaufort-sur-Gervanne

Beaufort-sur-Gervanne est une commune française située dans le département de la Drôme, en région Auvergne-Rhône-Alpes.

Géographie[modifier | modifier le code]

Beaufort-sur-Gervanne est situé à 45 km de Valence, à 15 km de Crest et à 30 km de Die. Petite commune drômoise perchée du Vercors sud, Beaufort sur Gervanne est un village médiéval sauvegardé. Le visiteur est reçu dans le berceau des grands remparts et la protection des tours restantes. La promenade au cœur du vieux village permet une découverte des ruelles médiévales, des arrêts sur des vues merveilleuses sur les montagnes du Vercors, et une visite tout en douceur de la cité. Son esplanade invite à la rêverie, permet la pause méridionale de la pétanque, ou un instant de fraîcheur à l’ombre des tilleuls. La vue sur le Vercors reste imprenable. De plus haut on devine contre Merly à gauche, le but de Saint Genix et à droite, Combe Bernard. En direction du Vercors, au nord du village, le rocher du Vellan pointe vers le ciel, et sur la gauche, le grand plateau d’Anse étale ses prés. On aperçoit la tête de la Dame. La place du village est aujourd’hui occupée par la fontaine surplombée de la stalactite retrouvée dans une grotte par des spéléologues venus découvrir les souterrains de la commune. Son eau provient du trop plein de la source qui alimente le village. De nombreuses rencontres ont eu lieu autour de cette fontaine, arrosoirs et autres à la main, les habitants en profitent pour abreuver les fleurs car elle ne tarit jamais. Pour les assoiffés, une fontaine manuelle a été installée à ses côtés, avec de l’eau potable. La petite église protège la place centrale de la cité médiévale. Elle est encadrée par deux arches remarquables. L’une a encore la porte aux nombreux clous qu'on peut s'amuser à compter, qui reste maintenant ouverte toute l’année, sans danger d’invasion. L’autre est une arche qui permet de passer d’un côté à l’autre. Le lavoir accolé à ses murs était petit pour les lavandières de l’époque, mais bien pratique avant que l’eau ne coule au robinet. Le temple est le plus grand bâtiment du cœur de village. Marqué par le passage des protestants lors des dragonnades du 17è siècle, le village est maintenant sur le trajet des Pas des Huguenots, il est devenu ville étape de la grande randonnée. A son pied, coule le torrent venant des gorges d’Omblèze, la rivière Gervanne. Réputée pour son eau poissonneuse, elle permet de se baigner en de nombreux endroits aménagés par les habitants et propriétaires. Elle traverse la Commune en apprivoisant La Sépie qui arrive d’Escoulin et s’élargit au lieu dit « La Scie » en contrebas du village. Se faufilant entre la végétation luxuriante, elle passe sous le pont Bossu avant de continuer sa route pour se jeter dans la Drôme à Blacons.[réf. nécessaire]

Communes limitrophes de Beaufort-sur-Gervanne
Gigors-et-Lozeron Plan-de-Baix
Beaufort-sur-Gervanne Eygluy-Escoulin
Suze Montclar-sur-Gervanne

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Le village s’est agrandi depuis une dizaine d’années, avec la construction de villas et lotissements.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de la localité est attesté sous sa forme latine Castrum Belli Fortis en 1332[1].

« Beau et fort », appellation avantageuse pour une fortification[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Beaufort 26 12 16 (3) place de l'église.jpg

Ce gros bourg est situé au centre de la vallée de la Gervanne, par laquelle on accède au Vercors par le sud. Il a d'abord beaucoup bénéficié de sa position géographique très centrale. Des découvertes faites, selon André Lacroix (La Vallée de la Gervanne, Valence 1906), vers 1740, auraient révélé la présence de fragments de lames d'épée, de lances, de faucilles, de bracelets qui attesteraient de l'antiquité du site. Comme toute la région, son histoire est profondément liée à celle des luttes d'influence, des seigneurs évêques et grandes familles à l'intérieur du Dauphiné. Mais ce sont tout particulièrement les luttes autour de la Réforme qui auront une forte empreinte avec un passage incessant sous l'autorité des catholiques ou des protestants, avec chaque fois de dures conséquences pour la population. La présence du protestantisme que matérialise, aujourd'hui encore, un temple immense sera une caractéristique de la région, avec le souvenir perpétué des atrocités commises par les troupes royales, et une forte influence des milieux protestants. Le pasteur Marc Boegner, très haute figure du protestantisme français puisqu'il fut président pendant cinquante ans de la fédération protestante de France, débuta dans la vallée de la Gervanne, à Blacons, localité légèrement au sud. Longtemps tous les commerces étaient « dédoublés », l'un servant essentiellement les catholiques, l'autre les protestants. Les catholiques avaient leur école, tandis que les protestants peuplaient la « laïque ». Beaufort et sa vallée furent, par ailleurs, assez marqués par la révolte de nombreux républicains au moment du coup d'État de Louis-Napoléon Bonaparte, le . Des colonnes de révoltés partirent de différents points de la région avec le projet de converger vers Crest. Elles furent balayées lors d'une bataille de Blacons, dont la mémoire reste vive. Et des prisonniers d'opinion, après les réformés enfermés par les hommes de Louis XIV, furent retenus dans la tour de Crest, à partir de 1851, certains étant par la suite déportés. L'actuelle tour de Crest conserve ces souvenirs. Beaufort-sur-Gervanne va être transfigurée par la participation d'une partie de sa population et de celle des villages alentour à des actes de résistance, en particulier au sein de la compagnie Morin. Les troupes allemandes décidèrent, en rétorsion, à l'été 1944 de bombarder le village les 22 et 28 juin 1944. Non contents de ces attaques, les Allemands incendieront le village le . La visite aujourd'hui distingue nettement une partie relativement moderne et ce qui reste d'un village historique et ce depuis la destruction qui résulta de cette opération. Il eut, jusqu'au milieu du XXe siècle une forte activité commerciale marquée par des foires, et la présence de nombreux commerces ainsi que d'artisanat. De 1950 à 1980, le village n'a cessé de décliner dans ses activités historiques avant que l'installation non loin d'une usine traitant les huiles essentielles extraites d'une flore riche et singulière n'inverse la tendance. Simultanément, le développement du tourisme et l'installation de diverses formes de néoruraux ont redonné un net dynamisme non seulement au bourg mais à toute la petite région.[réf. nécessaire]

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
         
    Marcel Sayn (1910-1981)    
    Henri Morin   Résistant,
chef de compagnie FFI.
         
juin 1980 mars 1983 André Colomb    
mars 1983 mars 2008 René Saussac    
mars 2008 avril 2014 Jérôme Colomb    
avril 2014 en cours
(au 30 avril 2014)
Catherine Mathieu SE Fonctionnaire

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[3]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2008[4].

En 2015, la commune comptait 466 habitants[Note 1], en augmentation de 11,75 % par rapport à 2010 (Drôme : +4,11 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
312371341360407414449482448
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
496530560597557519481452446
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
465468437381385355349347321
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2008
320276267253253312371380388
2013 2015 - - - - - - -
454466-------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[5] puis Insee à partir de 2006[6].)
Histogramme de l'évolution démographique

L’école est installée en regroupement pédagogique depuis 1990 et accueille ainsi une centaine d’enfants pris en charge par quatre enseignantes. La cantine est installée à Suze, village voisin, et les temps d’activités périscolaires sont pris en charge par les communes.

Manifestations culturelles et festivités[modifier | modifier le code]

Deux foires par an, un festival au mois d’août, des organisations de randonnées, d’après-midi intergénérationnels, des soirées musicales…

Artisanat[modifier | modifier le code]

En 2008, Bernard Xueref, un enfant du pays agrobiologiste de métier, reconvertit l'ancienne ferme de ses grands-parents au lieu-dit Les Bérangers en bâtiment bio-climatique et y installe une chocolaterie artisanale bio et équitable : La Frigoulette. Lauréate du concours ARTINOV des Entreprises Artisanales Innovantes en 2012, elle produit une large gamme de chocolats, sans gluten ni matière grasse animale, à partir d'une fève "1er Grand Cru de Plantation" Pure Origine de São-Tomé-et-Principe. Militant pour un modèle d'agriculture durable et solidaire, Bernard Xueref développe depuis plusieurs années des échanges scolaires et humanitaires avec l'île du Golfe de Guinée[7].

Enseignement[modifier | modifier le code]

Santé[modifier | modifier le code]

Beaufort sur Gervanne a la chance de conserver un médecin. Une maison « pôle médical » accueille infirmières, kinésithérapeute, orthophoniste et kinésiologue.

Sports[modifier | modifier le code]

Il est possible de pratiquer : le football, la randonnée, la danse, le yoga, au sein des associations locales. La vallée est un magnifique terrain pour la pratique du VTT, comme la randonnée.

Pas moins de huit randonnées traversent ou partent de la place principale.

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Restes des remparts
  • Musée de la Préhistoire
  • Église et temple du XIXe siècle.

Patrimoine naturel[modifier | modifier le code]

À quinze kilomètres du village, les chutes de la Druise et la Pissoire[8] sont des sites remarquables, à l'entrée des gorges d’Omblèze classées pour leur intérêt paysagé. Les falaises d’Omblèze sont un site privilégié pour la pratique de l’escalade. Au-dessus, les stations de ski sont à une heure de route. De belles randonnées équestres sont possibles.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Paul-Louis Simond (1858-1947), biologiste, médecin de la Marine, spécialiste des épidémies. Il est né à Beaufort-sur-Gervanne.
  • Georges Mouriquand (1880-1966), pédiatre qui contribua notablement à la diffusion des idées pastoriennes. Il est né à Beaufort-sur-Gervanne.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2018, millésimée 2015, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2017, date de référence statistique : 1er janvier 2015.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Dans les Inventaires du Dauphiné.
  2. Ernest Nègre|Toponymie générale de la France: Formations dialectales (suite) et françaises - Page 1479 - (id).
  3. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  4. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  5. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  6. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014 et 2015.
  7. « dossier de presse chocolaterie la Frigoulette » (consulté le 14 juillet 2018)
  8. Pis : haute cascade tombant en pluie fine (en queue de comète), "Vocabulaire et Toponymie des pays de montagne" de Robert Luft