61e régiment d'artillerie

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61e régiment d'artillerie
Insigne régimentaire du 61e RA.
Insigne régimentaire du 61e RA.

Création 1910
Pays Drapeau de la France France
Branche Armée de terre
Type Régiment d'artillerie
Rôle Renseignement
Fait partie de Brigade de renseignement
Garnison Communes de Villiers-le-Sec et Semoutiers-Montsaon. Quartier Général d'Aboville
Ancienne dénomination 61e régiment d'artillerie de campagne
61e régiment d'artillerie anti-aérienne
61e régiment d'artillerie de brigade
Surnom Le 1er de la fourragère
Devise 61e! En avant!
Inscriptions
sur l’emblème
Saint Gond 1914
L'Yser 1914
Argonne 1915
Verdun 1916 - 1917
La Somme 1916
Montdidier 1918
AFN 1952-1962
Anniversaire Saint Raphaël
Raphaël, le saint patron du renseignement.
Sainte Barbe, Sainte patronne des artilleurs.
Guerres Première Guerre mondiale
Seconde Guerre mondiale
Guerre d'Algérie
Fourragères aux couleurs du ruban de la Légion d'honneur
Décorations Croix de guerre 1914-1918
six palmes
deux étoiles de vermeil
une étoile d'argent
Croix de la Valeur militaire
une étoile de bronze

Le 61e régiment d'artillerie (ou 61e RA) est un régiment d'artillerie de l'armée française, créé en 1910, et qui se distingua notamment lors de la Première Guerre mondiale, et lors de la bataille de France, au début de la Seconde Guerre mondiale. En 1914, les soldats allemands ont surnommé les artilleurs du 61e les « Diables noirs » à cause de leur courage, de la couleur de leur uniforme et de la poudre à canon qui leur noircissait le visage.

Sommaire

Création et différentes dénominations[modifier | modifier le code]

  • 1910 : création du 61e régiment d’artillerie de campagne (61e RAC) à Verdun ; il constitue l'essentiel de l'artillerie de la 42e division d'infanterie.
  • 1919 : renommé 61e régiment d’artillerie divisionnaire
  • 1947 : devient le 61e régiment d’artillerie anti-aérienne (61e RAA)
  • 1963 : devient le 61e régiment d'artillerie de brigade (61e RAB)
  • 31 mai 1999 : dissolution. Le 7e régiment d’artillerie prend le nom de 61e régiment d’artillerie le 1er juillet 1999.

Liste des chefs de corps[modifier | modifier le code]

  • 1910-1914 : Pauffin de Saint-Morel
  • 1914-1915 : Boichut
  • 1915-1917 : Tricant de la Goutte
  • 1917-1918 : Jacques Prudhomme de la Boussinière
  • 1918 : Faure
  • 1918-1919 : Cross
  • 1919 : Leroy
  • 1919-1925 : Marie
  • 1925 : Balli
  • 1925-1926 : Sutterlin
  • 1926-1929 : Féburel
  • 1929-1931 : Champon
  • 1931-1933 : De Conchard
  • 1933-1935 : Janssen
  • 1935-1938 : Mettelin
  • 1938-1940 : Theurillat
  • 1940-1942 : Klein
  • 1942 : Maréchal
  • 1945-1946 : Jeanjean
  • 1946-1949 : Charles Messance
  • 1949-1950 : Pourchot
  • 1950-1952 : Grousset
  • 1952-1955 : Chauvin
  • 1955-1957 : Bonnet, chef de corps du 61e RAA à Belfort
  • 1955-1957 : Sordet, chef de corps du I/61 en Algérie
  • 1957-1958 : Le Gallic
  • 1958-1959 : Nicod
  • 1959-1961 : Puyo
  • 1961-1963 : Goy
  • 1963-1965 : Castaignet
  • 1965-1967 : Dietrich
  • 1967-1969 : Dupouts
  • 1969-1971 : Daoulas
  • 1971-1973 : Cottreel
  • 1973-1975 : Barat
  • 1975-1977 : Roux
  • 1977-1979 : Battistelli
  • 1979-1981 : Jacques de Lambert des Champs de Morel
  • 1981-1983 : Brouet
  • 1983-1985 : Vanel
  • 1985-1987 : De Cardon de Garsignies
  • 1987-1989 : Depardieu
  • 1989-1991 : Lauvernay
  • 1991-1992 : Rose
  • 1992-1994 : Cavan
  • 1994-1996 : Satre
  • 1996-1998 : Got
  • 1998-1999 : Philbert
  • 1999-2001 : Poucet
  • 2001-2003 : Kirschner
  • 2003-2005 : Egalon
  • 2005-2007 :Bernard d'Alès de Corbet
  • 2007-2009 : Morelli
  • 2009-2011 : Jaouën
  • 2011-2013 : Randreau
  • 2013- : Jouve

Historique des campagnes, batailles et garnisons du 61e RA[modifier | modifier le code]

La création (1910-1914)[modifier | modifier le code]

Insigne de béret d'artillerie .

Le 61e régiment d’artillerie voit son histoire se fondre dans celle de l’histoire récente. Il n’a pas, comme d’autres, plus anciens, le privilège d’avoir connu les rois et les empereurs qui ont fait et refait la France. Il n’a pas non plus connu les soubresauts des tumultes révolutionnaires ou l’épopée de la conquête coloniale.

C’est à Verdun, dans la Meuse, futur théâtre d’exploits du 61e régiment d'artillerie de campagne (61e RAC), qu’il est formé le 1er mars 1910. Il est constitué à partir de batteries des 25e et 40e régiments d'artillerie de campagne. Le 25e régiment d’artillerie de campagne est alors basé à Châlons-sur-Marne, et le 40e à Saint-Mihiel.

Le 3e Bataillon d'Artillerie de Forteresse est en garnison à Reims à la caserne Neufchâtel (quartier Drouet d'Erlon) depuis 1891.

Hommes, chevaux et canons de 75 font chemin par batteries constituées en direction de Verdun où ils s’installent au quartier d’Anthouard. L’arrivée des six premières batteries permet de constituer les deux premiers groupes d’artillerie. L’état-major du régiment se met sur pied en parallèle. Le IIIe groupe, pour sa part, est déjà formé à Reims : il s’agit du VIe groupe du 40e régiment d’artillerie qui change tout simplement d’appellation. Il rejoint la garnison de Charleville à l’automne 1910. Le 61e régiment d’artillerie possède également un quatrième groupe d’artillerie à cheval. Le Ve groupe de volants, stationné au camp de Châlons-sur-Marne, devient le IVe groupe du 61e régiment d’artillerie, sans se déplacer. Il constitue l’artillerie de la 5e division de cavalerie. Le 61e régiment d’artillerie compte alors 65 officiers, 1 933 hommes et 2 015 chevaux.

C’est au colonel Pauffin de Saint-Morel que revient la mission de créer un esprit de corps dans ce régiment nouveau issu de nombreux éléments disparates. Il devient officiellement le premier chef de corps du 61e régiment d’artillerie le 1er janvier 1911, quand celui-ci est créé administrativement.

Le 14 juillet 1911, aux Invalides, il reçoit des mains du Président de la République, Armand Fallières, l’étendard du 61e régiment d’artillerie. Le 18 juillet 1911, il le présente à son régiment, en présence du général de division et des drapeaux de la division (le 61e régiment d’artillerie dépend de la 42e division d'infanterie (France)). L’ordre du jour est empreint d’émotion devant le devoir et l’honneur de la garde de cet emblème sacré :

« Contemplez-le avec amour et émotion. »
« Dans les plis encore vierges de notre étendard, il nous appartient d’inscrire un premier nom de victoire, le plus beau, peut-être, qui aura jamais illustré les drapeaux de la France. »

Le 61e régiment d’artillerie est équipé à sa création de 44 pièces du canon de 75 mm modèle 1897. Cette pièce d’artillerie représente alors une révolution dans l’artillerie car elle est la première de l’histoire à permettre le tir rapide (cadence pratique de six coups à la minute) — ce qui donne à la France une avance stratégique considérable sur l’Allemagne, dont le modèle équivalent, le 77 mm, est bien inférieur. Le canon de 75 regroupe tous les perfectionnements intervenus dans l’artillerie à la fin du XIXe siècle, dont le principal reste son frein de recul hydropneumatique qu’il est alors le seul à posséder. La légende de sa conception discrète a probablement créé un mystère propice à l’élaboration du mythe du glorieux 75. Malheureusement, la puissance de ce mythe suffit à bercer d’illusions les chefs militaires de l’époque qui considèrnt le 75 suffisamment performant pour emporter la décision, tandis que la faiblesse de l’artillerie lourde française fit cruellement défaut dans la guerre de position. Les servants de pièces paient de plus un lourd tribut pour utiliser les atouts du 75, souvent à portée réduite pour préserver les fantassins, et à la merci du feu de l’ennemi.

À la fin de l’année 1913, le IIIe groupe de Charleville se rapproche des deux premiers puisqu’il s’installe à Jardin-Fontaine, près de Verdun. Le régiment se trouve alors un peu moins dispersé mais le IIIe groupe conserve une forte identité, n’étant pas encore localisé à proximité de l’état-major du régiment.

Le baptême du feu : la grande guerre (1914-1918)[modifier | modifier le code]

Au début de la Première Guerre mondiale, le 61e régiment d’artillerie reçoit l’ordre de mise en alerte le 30 juillet 1914, à 23 h 30. Le 31 juillet 1914, alors que tous pensent que le conflit naissant ne durera pas, le régiment rassemblé quitte le quartier d’Anthouard pour ne plus jamais y revenir. Le colonel Boichut qui a pris le commandement en 1913 regarde sortir ses troupes et passe le portail en dernier. Le régiment participe d’abord à une mission de couverture pour garantir la mobilisation des forces du pays, avec sa division, la 42e division d’infanterie. Jusqu’au 17 août, le régiment reste ainsi cantonné dans les environs de Verdun.

Le 4e groupe (10 et 11e batteries à cheval) est à la 5e division de cavalerie.


Pierrepont (22 août 1914)[modifier | modifier le code]

Le 61e régiment d’artillerie reçoit son baptême du feu lors de la bataille des frontières, dans les Ardennes, durant la bataille de Pierrepont qui se déroule le 22 août 1914. Le colonel Boichut y conduit l’action de l’artillerie divisionnaire de la 42e DI au mépris du danger et acquiert immédiatement la confiance de son infanterie. Les batteries sont d’abord engagées au plus près des combats, au Nord de Pierrepont, où le tir tendu du canon de 75 fait des ravages chez l’ennemi. Elles se portent ensuite, après un repli de l’ensemble de la division au sud de Pierrepont, sur Mercy-le-Bas, où elles comblent à elles seules une brèche naissante entre la 40e et la 42e DI. L’artillerie est alors conçue comme un démultiplicateur de la puissance de feu de l’infanterie et agit selon les mêmes règles, parfois aux dépens de la protection des pièces.

Au cours de ces combats, le 61e régiment d’artillerie déplore ses premiers morts au combat. Charles Mouquet et Robert Leroy, canonniers, sont tués sur la place de Pierrepont lors du déplacement de repli vers le Sud.

C’est lors de cet épisode que les hommes du 61e régiment d’artillerie ont gagné leur surnom de « Diables Noirs », donné par les Allemands eux-mêmes en hommage à la valeur guerrière de ces artilleurs audacieux dont les tirs étaient si précis. La tenue noire avec bande rouge des artilleurs tranchait, en effet, sur le pantalon garance des fantassins. Par ailleurs, les visages et les mains étaient le plus souvent noircis par la poudre à canon. On imagine alors effectivement que les Allemands pouvaient être saisis d’effroi en apercevant, en défilement de crête, ces servants de bouches à feu, noirs des pieds à la tête, n’hésitant pas à venir se mettre à leur portée pour rendre leurs coups plus efficaces.

La bataille des frontières s’avère cependant perdue, et les armées françaises doivent se replier jusqu’à la Marne. Le 29 août 1914, le 61e régiment d’artillerie se déplace alors vers ce secteur.

La Marne (1914)[modifier | modifier le code]

À partir du 4 septembre, la 42e DI appartient à la IXe Armée du général Foch.

Le 5 septembre, à 7 heures, ce dernier donne l’ordre d’arrêter les mouvements de repli, de barrer la route à l’offensive ennemie, et de le forcer à la retraite. Notamment, le général Grossetti doit tenir « avec une forte avant-garde le front La Villeneuve-lès-CharlevilleSoizy-aux-Bois ». Toute la journée du 5 septembre est consacrée aux préparatifs de la grande bataille qui doit commencer le lendemain.

La journée du 6 septembre est celle de la prise de contact et de la résistance sur tout le front de la Marne. Le 41e RAC se rassemble en colonne double à quatre heures du matin dans le parc de Chapton, face au marais de Saint-Gond. Toute la journée, il appuie les tentatives d’avancée de l’infanterie de la division. Du 7 au 8 septembre, la division tient encore ses positions sans réussir à faire reculer les Allemands.

Dans la nuit du 8 au 9 septembre, la 42e DI reçoit l’ordre de se déployer au Sud-Est de sa position, dans la région de Linthes. La retraite est ponctuée par un incident qui se produit face à la division marocaine, qui était à la droite de la 42e DI avant sa relève. Le château de Mondement a été perdu. Le général Grossetti, commandant la 42e DI, met à disposition de la division marocaine des troupes qu’il est en train de redéployer : le 19e BCP. Le colonel Boichut lui propose de les appuyer par les IIe et IIIe groupes du 61e régiment d’artillerie. Ceux-ci parviennent à régler les tirs sur le château sans liaison ni observateur. Les Allemands ne comprennent pas comment des coups peuvent être aussi précis alors qu’aucun observatoire ne domine le château et qu’ils ne voient aucune artillerie à portée. La violence du tir d’efficacité fait le reste et finit « d’impressionner » l’ennemi, sur lequel l’impact psychologique de tels feux est énorme. Une fois cette action terminée, la 42e DI finit de se regrouper, pour achever son déplacement vers le sud-est. La division progresse en ordre de combat : spectacle impressionnant, à en juger par l’effet qu’il produit sur les observateurs allemands qui la survolent en avion. Ils rapportent à leur hiérarchie un compte-rendu d’observation de nombreuses troupes déployées arrivant en renfort dans la zone de Linthes.

La légende veut que ce soit cette nouvelle qui incita le commandement ennemi à donner, un peu plus tard dans la journée, l’ordre de retraite tant attendu par le général Joffre. En fait, la division arrive sur sa nouvelle ligne dans la soirée, trop tard pour participer à l’action déjà débutée. Mais l’effet psychologique fonctionne et, le 10 septembre, la retraite allemande commence. La division progresse alors rapidement ; elle libère Fère-Champenoise puis poursuit l’ennemi sur près de cent kilomètres jusqu’au 14 septembre.

La participation active du 61e régiment d’artillerie à cette bataille de la Marne lui vaut plus tard le droit d’inscrire le nom de Saint-Gond sur son étendard. Du 18 septembre au 17 octobre 1914, le 61e régiment d’artillerie participe aux combats autour de Reims, d’abord au fort de la Pompelle, puis à Saint-Léonard.

L’Yser (1914)[modifier | modifier le code]

Après la victoire de la Marne, la menace allemande sur Paris est écartée. Les forces en présence tentent alors de se déborder mutuellement sur les ailes, par le Nord. Cette fuite en avant les mène jusqu’à la mer du Nord : c’est la course à la mer.

La 42e DI est envoyée le 18 octobre 1914 en renfort de l’armée belge qui s’est repliée en bon ordre depuis le début du mois d’août et qui reconstitue ses forces sur l’Yser, fleuve que le roi des Belges a choisi pour marquer la fin de la retraite. En ligne dès le 21 octobre 1914, la 42e DI défend Nieuport, au bord de la mer du Nord. Le 22, les Allemands parviennent à franchir l’Yser, dans la boucle de Tervaëte, à mi-chemin de Dixmude à Nieuport. La nouvelle ligne de défense est alors placée sur la voie ferrée allant de Dixmude à Nieuport. Pour engluer les Allemands dans leur nouvelle conquête, le roi des Belges donne son accord pour ouvrir les écluses de l’Yser : le remblais de la voie ferrée protège les alliés tandis que les Allemands s’enfoncent dans le sol inondé.

L’armée allemande tente une dernière attaque à Ramscapelle, le 30 octobre, pour se sortir de ce mauvais pas. Seule la détermination des fantassins et des artilleurs de la 42e DI permet de reprendre le village, le jour même. La bataille de l'Yser est gagnée, les Allemands se résignent à attaquer ailleurs pour percer le front : il s’agit d’Ypres. Le régiment participe également, du 1er novembre 1914 au 1er janvier 1915, à cette bataille d'Ypres. Une fois de plus, les Allemands sont repoussés.

La mention Yser 1914 figure sur l’étendard du régiment (deuxième inscription).

L’Argonne (1915)[modifier | modifier le code]

Le 12 janvier 1915, le régiment est envoyé avec sa division pour participer aux combats acharnés en Argonne. Cette forêt humide a été choisie par l’ennemi pour y déployer des troupes d’élite et des matériels innovant destinés à la guerre de tranchées.

De fin janvier à début juillet 1915, le régiment éprouve de grandes difficultés sur ce terrain ardu. Tout d’abord, les tubes commencent à souffrir de l’usage intensif qui en est fait. Les munitions sont fabriquées dans l’urgence, et éclatent dans la chambre, provoquant de nombreux accidents. Par ailleurs, la forêt d’Argonne se prête peu aux tirs tendus de l’artillerie légère. Les tirs de barrage viennent s’écraser sur les arbres avant l’objectif. Le 23 février 1915, le 61e régiment d’artillerie est le premier des RAC à être cité à l’ordre de l’armée. Le général Sarrail, commandant en chef de la IIIe Armée, signe l’ordre no 113 :

« Brillant régiment dès le temps de paix, n’a cessé de s’affirmer depuis le début de la campagne comme un puissant outil de guerre. Sous l’impulsion d’un chef de premier ordre, grâce à la science technique et tactique, à la bravoure et à la hardiesse de ses officiers, au remarquable esprit de discipline et à la superbe tenue au feu de ses cadres et de ses canonniers, ne craignant pas de pousser et de maintenir ses pièces au plus près de l’ennemi, portant ses observateurs sur la ligne même du feu ; n’a cessé dans une liaison intime et constante avec son infanterie, de prêter, en toute circonstance, le plus sûr et le plus utile concours à la division dont il fait partie. »
Le général Sarrail

En avril 1915, le régiment revêt la tenue bleu horizon, et quitte la tenue noire artilleurs. Après plusieurs attaques majeures des Allemands, toutes repoussées au prix de grands sacrifices (8 mai, 20 juin, 30 juin, 13 juillet), le front en Argonne occidentale finit par se stabiliser.

Le lieutenant-colonel Tricand de la Goutte succède au colonel Boichut à la tête du régiment le 29 juin 1915. Le régiment est retiré de ce front le 19 juillet 1915. La mention Argonne 1915 figure sur l’étendard du régiment (troisième inscription).

La Champagne (1915)[modifier | modifier le code]

La grande offensive de l’automne 1915 est menée en Champagne à l’initiative des Français. Le jour en est fixé au 25 septembre. La 42e DI est envoyée sur ce terrain décisif dès le 1er septembre. Pour son attitude lors du débouché de notre infanterie hors de ses tranchées, la 2e batterie est citée à l’ordre de l’armée : « La 2e batterie du 61e régiment d’artillerie, étant désignée le 25 septembre 1915 pour accompagner l’infanterie sous le commandement du capitaine de Margon, à 600 mètres des lignes ennemies et quoique prise à partie par un feu très violent d’artillerie et de mitrailleuses qui lui a fait subir, en quelques minutes, des pertes très sensibles, a réussi à mettre une pièce en batterie ; a fait preuve ainsi d’une audace et d’un mépris du danger qui honorent grandement le personnel de cette unité ».

L’attaque échoue à percer le front allemand. Seules les premières lignes sont conquises. Le 6 octobre, les deuxièmes positions ennemies sont attaquées, et conquises également. Le 15 octobre, les Allemands ripostent, pour reprendre l’ascendant. Le front se stabilise alors. Le régiment reste en Champagne jusqu’au 29 décembre 1915.

Verdun (1916)[modifier | modifier le code]

Du 29 décembre 1915 au 21 février 1916, le 61e régiment d’artillerie, durement éprouvé par dix-sept mois de guerre ininterrompue est au repos à l’arrière avec sa division ou en manœuvres, effectuant des écoles à feu, notamment au camp de Châlons.

Le 21 février 1916, c’est l’attaque allemande sur Verdun. Les Allemands veulent y saigner l’armée française. Un groupe de renforcement du 61e régiment d’artillerie s’y trouve dès le premier jour (24e, 25e, et 26e batteries, mises sur pied à la mobilisation) et appuie les chasseurs de la 72e DI (56e et 59e BCP, eux-mêmes dédoublés des 16e et 19e BCP de la 42e DI), aux ordres du célèbre colonel Driant. Ils se couvrent de gloire au Bois des Caures, où ils se battent d’abord à un contre six. Bien qu’ayant perdu 90 % des effectifs sous les bombardements, ils retardent l’avancée allemande et permettent l’arrivée des renforts.

Dès le 21 février, la 42e DI commence son mouvement pour rejoindre Verdun. Le chemin est particulièrement encombré, le voyage est long. Le 11 mars, l’ensemble du 61e RAC est en ligne sur la rive droite de la Meuse. Il passe sur la rive gauche le 1er avril, où il contribue à limiter l’offensive allemande du 9 avril. Le 28 et 29 avril, la préparation d’artillerie du 61e permet la reprise de la colline du Mort-homme, qui avait été perdue le 9 avril. Le général Nivelle cite à l’ordre de l’armée l’artillerie du 32e CA, dont fait partie le 61e RA :

« A, par des tirs bien appropriés exécutés sans relâche depuis le 15 mars 1916, de nuit comme de jour, sans souci des fatigues ni des pertes, contribué à briser l’offensive allemande dans le secteur du Mort Homme et de Cumières, préparé et appuyé ensuite les attaques infligeant à l’ennemi de lourdes pertes en hommes et en matériel, et donnant à notre infanterie la plus belle confiance et la certitude du succès. Les canonniers des 40e, 46e, et 61e RAC et de l’artillerie lourde du groupement se sont montrés dignes de leurs camarades de l’infanterie. »

Le 29 mai, le Mort-Homme est de nouveau perdu, mais le 61e empêche l’ennemi d’en déboucher.

Le 9 juin, la 42e DI est relevée et se rend en Lorraine. À compter du 12 juillet 1916, les Allemands passent en stricte défensive sur le front de Verdun : ils ont échoué, l’initiative devient française.

Lorraine (1916)[modifier | modifier le code]

Le 14 juin, le régiment entre en ligne près de Lunéville. Le secteur est bien plus calme que Verdun ; néanmoins, du 7 au 10 juillet 1916, les infanteries se disputent des tranchées attaquées à la mine par les Allemands. L’appui du 61e les redonne aux nôtres.

Le 29 juin 1916, le 61e RAC se voit conféré le droit de porter la fourragère aux couleurs du ruban de la Croix de Guerre 1914-1916 (vert et rouge), en raison de ses deux citations à l’ordre de l’armée. C’est le premier des régiments d’artillerie à y accéder.

Le 14 juillet, une batterie de marche (baptisée pour l’occasion batterie de la fourragère), du 61e RAC, est passée en revue par le Président de la République à Paris.

Le 28 août 1916, le 61e est relevé de son secteur.

La Somme (1916)[modifier | modifier le code]

Le régiment est envoyé avec la 42e DI sur la Somme, où les alliés ont déclenché une première tentative de percée le 1er juillet, en dépit de l’attaque allemande à Verdun. Il y prend position le 10 septembre 1916. À son arrivée, dans une tenue impeccable et fourragère au bras, il se voit montré en exemple aux troupes déjà en ligne : « Regardez bien tous ce régiment, admirez sa tenue, sa discipline et prenez en de la graine ; c’est le 61e RAC de Verdun, le premier régiment de France », dit un chef mécontent à ses hommes admiratifs qui ne sont pourtant pas moins méritants.

Du 22 septembre au 17 novembre 1916, le 61e RAC participe aux succès limités de Combles, Rancourt, Sailly-Saillisel. Les canons tirent une quantité impressionnante d’obus. Les pertes sont sévères. Pour son action sur la Somme, la 42e DI est citée à l’ordre de la VIe Armée :

« 42e division d’infanterie, division d’élite qui a pris la part la plus glorieuse à toutes les plus importantes opérations de cette campagne : la Marne, l’Yser, l’Argonne, la Champagne, Verdun. Sous la direction énergique du général Deville, vient de donner en septembre 1916 de nouvelles preuves de son esprit d’offensive, et de brillantes qualités manœuvrières, sur la Somme, en enlevant des positions fortement organisées et âprement défendues.

Les 8e, 16e bataillons de chasseurs à pied, les 94e, 151e, 162e régiments d'infanterie, les compagnies 6/3 et 6/53 du 9e génie, le 61e régiment d’artillerie de campagne, le GBD/42 se sont ainsi acquis de nouveaux titres de gloires. »

La 42e DI reste sur la Somme jusqu’au 20 novembre 1916.

La Marne (1916-1917)[modifier | modifier le code]

En effet, à cette date, le 61e RAC embarque par voie ferrée à destination de la Marne. Les travaux de défense réalisés sur la montagne de Reims comme les courtes relèves sur des secteurs calmes sont appréciés par les Diables Noirs, après les rudes épreuves de la Somme.

Le 1er janvier 1917, le lieutenant-colonel de la Boussinière prend le commandement du régiment, à la place du lieutenant-colonel Tricand de la Goutte.

L’Aisne (1917)[modifier | modifier le code]

Le 1er avril 1917, le 61e RAC rejoint le champ de bataille de l’Aisne, à Berry-au-Bac. Le général Nivelle dirige cette offensive, déclenchée le 16 avril, où nos pertes sont sévères pour de faibles résultats. La crise morale est importante dans les rangs de l’armée, mais une troupe d’élite jeune et motivée comme le 61e se doit d’être exemplaire, et aucun trouble n’est relevé.

Le régiment quitte ce front le 26 mai 1917 pour aller manœuvrer au camp de Mailly.

Verdun (1917)[modifier | modifier le code]

Le régiment traverse sa ville de garnison le 1er juillet 1917 pour rejoindre la rive droite de la Meuse, où il a déjà combattu début 1916. Le secteur est alors beaucoup plus calme. En fait, la 42e DI est envoyée dans ce secteur en prévision d’une offensive pour dégager complètement Verdun. Le 13 août 1917, une brigade s'apprête à entrer dans les carrières d'HAUDAINVILLE (55), transformées en dépôt de munitions, lorsqu'un obus fait exploser le dépôt. Il y eut de nombreux blessés et tués, enterrés au cimetière de BELRUPT en VERDUNOIS (55). [En 1998 la stèle commémorative fut remise en place par l'association CONNAISSANCE de la MEUSE, à l'entée du site.] L’attaque française a lieu le 20 août 1917. Pendant six jours, du 15 au 20, le 61e RAC prépare l’attaque, et en dépit des feux allemands de contre-batterie qui provoquent des pertes notoires dans ses rangs, ne faiblit pas. Les combats se poursuivent au mois de septembre 1917 (9, 10 et 24). Le régiment s’illustre particulièrement durant cette phase. Il est cité à l’ordre de l’armée pour la quatrième fois :

« Régiment d’élite qui a pris part aux offensives de la Somme (septembre et octobre 1916) et de l’Aisne (avril et mai 1917) ainsi qu’aux récentes attaques devant Verdun. S’est pendant toute cette dernière période sous le commandement du lieutenant-colonel de la Boussinière, signalé de nouveau par son esprit guerrier, son endurance, sa magnifique tenue sous le feu, la hardiesse de ses observateurs, enfin l’ardeur de tous les officiers à chercher la liaison. A su inspirer à l’infanterie de sa division une confiance absolue réalisant ainsi l’unité d’arme. »

Le régiment quitte le secteur le 1er octobre 1917 pour aller au repos à l’arrière (région de Toul).

Lorraine (1917-1918)[modifier | modifier le code]

Le secteur dans lequel arrive le 61e régiment d’artillerie est d’un calme réparateur. Après un repos d’un mois à Pagny-sur-Meuse, le régiment prend position entre le Bois du Prêtre et la forêt de Pucenelle. Le quotidien est tellement calme que le commandement français déclenche tantôt, pour devancer une surprise, des coups de main sur le front qu’il faut appuyer (9 novembre 1917 à Berneville, 21 novembre 1917 à Remenauville, 12 février 1918 à Flirey et Seicheprey). Les Allemands s’en inquiètent à leur tour et bombardent violemment le 3e groupe le 6 et 7 janvier 1918. Ce groupe est cité à l’ordre de la 42e division pour sa résistance jusqu’au-boutiste dans les gaz. Ce sont là les prémices de l’offensive allemande que tous entrevoient depuis que les divisions du front oriental ont été rapatriées à l’ouest, après la révolution bolchevique d’octobre 1917 qui a fait cesser les combats entre la Russie et l’Allemagne.

La Somme (1918)[modifier | modifier le code]

L’ennemi entend emporter la victoire dans l’année, avant l’arrivée massive des troupes américaines. Les alliés de leur côté préfèrent laisser passer le temps qui tend à faire évoluer le rapport de forces en leur faveur.

Le 21 mars 1918, les Allemands attaquent en Picardie. Puis, le 9 avril, Ypres tombe. La 42e est relevée en Lorraine ce même jour, pour être envoyée là où le commandement a besoin de troupes fiables : la Somme. Les troupes sont en ligne au niveau du village de Hangard, le 12 mai 1918.

Le 15 juillet 1918, l’ennemi tente son dernier assaut en Champagne, et croit fermement en la victoire. Il butte sur la défensive préconisée par le général Pétain : les premières lignes françaises sont peu occupées, rendant inopérants les tirs allemands de préparation, tandis que la deuxième ligne accueille les assaillants désorganisés par les défenses ponctuelles laissées en avant. Le renseignement exact sur la date de l’offensive allemande a permis d’appliquer au mieux ces principes et de planifier la contre-attaque finale, pour le 18 juillet 1918.

Le régiment s’illustre dans l’épisode de la réduction de la poche de Montdidier qui menace encore la ville d’Amiens. Le 8 août 1918, date de cette bataille, est le point de non retour pour l’envahisseur allemand, à partir duquel il ne peut plus endiguer la retraite. Comme sur la Marne en 1914, la 42e DI est à l’origine d’une évolution majeure du cours des combats. Aucune préparation d’artillerie n’est effectuée avant le 8 août : la surprise est totale. Les batteries suivent l’infanterie au plus près dans son avancée. Le 10 août au soir, vingt kilomètres sont repris, et les batteries tirent de nouveau en rase campagne. La guerre de mouvement a enfin repris… Le 8 août 1918, jour de deuil pour l’armée allemande, est le jour où la victoire se dessine pour les alliés. Le 10 août, le général Debeney commandant la Ire Armée, dit au général Deville, commandant la 42e DI : « Votre division vient d’ouvrir magnifiquement les portes à la victoire. Si la bataille prend à cette heure une ampleur imprévue, on le doit à la percée de la 42e division. » Ce même jour, le 61e RAC est cité à l’ordre de l’infanterie de la division :

« Sous les ordres du lieutenant-colonel Faure, a donné la preuve de ses brillantes qualités manœuvrières et de son esprit de camaraderie poussé jusqu’au sacrifice absolu. N’a pas hésité à pousser ses pièces presque dans les premières lignes de l’infanterie pour appuyer ses progrès et consolider ses succès. S’est acquis de nouveaux titres à l’admiration et la reconnaissance des corps de l’infanterie de la 42e DI. »

Relevé le 18 août, le 61e RAC part au repos en Lorraine. Le calme y est complet. C’est là que tous apprennent, le 6 octobre 1918, que le régiment est encore cité à l’ordre de l’armée, pour la cinquième fois :

« Magnifique régiment qui vient de fournir, sous le commandement du lieutenant-colonel Faure, de nouvelles preuves de sa valeur et de ses qualités guerrières au cours de la préparation et de l’exécution de l’attaque du 8 août 1918. Par la précision de ses feux, la rapidité et la sûreté de ses déplacements dès l’enlèvement des objectifs successifs, a constamment aidé et suivi la progression de l’infanterie, maintenant un contact intime et permanent grâce à la hardiesse, au courage et au dévouement de ses détachements de liaison. A puissamment contribué à la victoire de sa division, à la prise de trois villages ainsi qu’à la capture de 2 035 prisonniers dont 660 officiers, de 70 canons de tout calibre et d’un important butin. »

Le 61e RAC termine la grande guerre dans un cantonnement sur le front des Ardennes, un secteur plutôt calme. Le 11 novembre 1918, à 11 heures, les trompettes du régiment sonnent le cessez-le-feu. La joie collective est indescriptible à l’arrière. Sur le front, le soulagement est immense. Le régiment est désigné pour participer à la libération des terres occupées par les Allemands. Il se met en route le 1er décembre 1918.

Plus tard, la 42e DI sera citée à l’ordre du corps d’armée, en 1919, puis le 61e RAC, à l’ordre de l’armée, en 1921.

L'entre-deux guerres (1918-1939)[modifier | modifier le code]

Dans les jours qui suivent l’armistice du 11 novembre 1918, le 61e régiment d’artillerie participe à la libération des zones occupées par l’assaillant débouté. Beaucoup de Diables Noirs retrouvent leurs familles sur les terres frontalières, après quatre années d’absence.

Les premiers temps sont au pansage des blessures, à la reconstitution des effectifs, à la préparation de la démobilisation. Mais les Allemands tergiversent et laissent entendre qu’ils ne sont pas prêts à signer un traité de paix sans condition. Un ultimatum leur est fixé pour le 23 juin. Devançant le terme de la menace, les alliés veulent montrer leur détermination à l’Allemagne : le 16 juin 1919, le Rhin est franchi. Le 61e régiment d’artillerie se rend à Spire, par Wissembourg et Landau. Le 23 juin, l’Allemagne vaincue accepte de signer sans condition. Le régiment se rend alors à Saint-Avold, où il reçoit l’ordre de stationnement à Metz. Avant cela, le 14 juillet 1919, le colonel, l’Etendard du régiment et quelques éléments participent au défilé de la victoire. Plus tard, le colonel et la garde à l’étendard se rendront également à Londres pour défiler.

Le 23 juillet 1919, le régiment rejoint le quartier Colin à Metz. Le 3e groupe du 61e RA a été dissous début 1919, et remplacé par un groupe du 235e RAC. Le 4e groupe d’artillerie à cheval est maintenu dans son rôle d’artillerie de la 5e division de cavalerie, et s’installe à Metz également. C’est du reste la première fois qu’il se trouve avec son régiment depuis 1910. Enfin, un 5e groupe complète le régiment, équipé de canon de 155, et stationne à Verdun (ancien 6e groupe du 132e régiment d'artillerie lourde).

Le régiment est toutefois encore réorganisé le 1er octobre 1919 : il comprend alors six groupes à deux batteries. Quatre groupes de 75 et deux groupes de 155. Le 4e groupe d’artillerie à cheval est quant à lui versé au 22e RA, à Vincennes.

En mars 1920, à la suite d'une demande du gouvernement britannique, un canon de 75 de la 2e batterie est envoyé à Londres, en exemple de ces régiments d’artillerie qui se sont le plus distingués durant la guerre.

Après une sixième citation à l’ordre de l’armée en mars 1921, le régiment se voit décerner la fourragère à la couleur du ruban de la Légion d'honneur, le 21 juin 1921. Il partage avec vingt régiments d’infanterie l’honneur de cette décoration portée au titre de la Première Guerre mondiale.

Dans les années 1930, les insignes se généralisent dans toute l’armée française. Le 61e RAD dessine le sien en 1932, en choisissant, entre autres, les références du Diable Noir et de la fourragère rouge.

De 1934 à 1935, un homme effectue son service militaire au 61e RA : Lev Tarassov, qui publie son premier roman, Faux jour, sous le nom devenu illustre d’Henri Troyat.

En 1935, la fanfare du régiment compose un chant pour le colonel Janssen, avant qu’il ne quitte le commandement du régiment. Le refrain de ce chant devient le chant du chef de corps, entonné lors de chaque cérémonie à l’arrivée du colonel. Cette tradition persiste depuis maintenant plus de soixante-dix ans.

Le 1er juin 1936, un élément anti-char est créé. En septembre 1938, il devient la 10e batterie du 61e RAD.

Les années sont rythmées par les manœuvres annuelles, dans un camp de Champagne. La vie des manœuvres se rapproche de la vie de campagne : les grandes étapes pour s’y rendre, la vie chez l’habitant (par billet de logement ou par bon de réquisition), l’entraînement intensif au tir. Les années passent également avec les réunions d’anciens combattants de la grande guerre. Les bulletins des amicales d’anciens combattants regorgent des souvenirs des uns et des autres sur tel ou tel champ de bataille, mais aussi des comptes-rendus des activités de rassemblements (visites de champs de batailles, cérémonies patriotiques, érections de stèles, célébrations de sainte Barbe…). On y trouve enfin les doutes de ces anciens combattants jugeant sévèrement ce qu’ils considèrent comme des reculades des élites politiques françaises à la fin des années trente : tous les sacrifices des poilus n’ont-ils donc servi à rien pour qu’ils soient ainsi oubliés face aux revendications d’un caporal de l’armée allemande devenu Führer?

La Seconde Guerre mondiale : l’épreuve (1939-1942)[modifier | modifier le code]

Le 3 septembre 1939, la Seconde Guerre mondiale éclate quand la France et la Grande-Bretagne déclarent la guerre à l’Allemagne. L’indignation devant l’invasion de la Pologne l’emporte finalement sur la volonté des Français d’éviter la guerre, celle qu’ils avaient manifestée lors des accords de Munich. La guerre suivra finalement l’humiliation d’une paix sans honneur que les dirigeants politiques français et britanniques avaient cru acheter en 1938 à Munich.

En 1939, la 42e DI est toujours une des grandes unités les plus efficaces de l’armée française. Le 61e régiment d’artillerie est équipé peu ou prou du même matériel qu’en 1918. Les mitrailleuses anti-aériennes sont cependant peu nombreuses, et obsolètes. L’artillerie lourde des Ve et VIe groupes forment le 261e régiment d'artillerie lourde divisionnaire, dérivé du 61e régiment d’artillerie divisionnaire.

La drôle de guerre montre une fois de plus la paralysie du commandement français qui traduit l’immobilisme de la société face à la menace allemande. Les avant-postes côtoient parfois l’ennemi, mais sans prendre contact. Cette période est ponctuée par la visite du roi d’Angleterre George VI, à la 42e DI, où il rencontre les Diables Noirs, le 11 décembre 1939.

En avril 1940, elle se porte en avant de la ligne Maginot, en Moselle, dans les environs de Téterchen. C’est là qu’elle reçoit les premiers assauts de l’armée allemande qui attaque le 10 mai 1940. Le 61e régiment d’artillerie intervient plusieurs fois pour la reprise des avant-postes que l’ennemi nous dispute. Jusqu’au 16 mai, les défenses de la 42e tiennent bon. Le 17 mai, la 42e DI est relevée de son secteur pour être engagée sur un front où la situation est plus périlleuse : l’Aisne. Le combat y est particulièrement rude du 5 au 10 juin 1940. Le 9 juin, la grande offensive allemande débute. Les troupes françaises sont démunies face à l’aviation ennemie. Le 61e tire plusieurs milliers de coups dans la matinée ; les positions sont maintenues, au prix de lourdes pertes. Ce jour, le sous-lieutenant Lagrange, député et ancien sous-secrétaire d’état aux sports et à l’organisation des loisirs du front populaire, mobilisé en 1939 au 61e RAD, est tué dans une mission dangereuse pour laquelle il s’était porté volontaire. Le 10 juin, la division recule de l’Aisne sur la Vesle. Les 11 et 12 juin, le 61e régiment d’artillerie combat sur la montagne de Reims, le 13 sur la Marne, le 14 dans les marais de Saint-Gond, où il a cueilli ses premiers lauriers en septembre 1914. Une fois de plus, le régiment s’y comporte glorieusement en repoussant les assauts allemands, mais l’ordre de repli derrière l’Aube est donné par le corps d’armée. La division est parmi les dernières engagées. Elle forme l’arrière garde d’une armée qui se replie derrière la Seine, du 15 au 17 juin. Le 15 juin, les colonnes du régiment sont bombardées par l’aviation, les pertes sont importantes. Le 16 juin, il faut faire le coup de feu pour assurer la défense rapprochée… Deux pièces de la 2e batterie se mettent en position et effectuent des tirs tendus sur l’ennemi à bout portant. Le 17 juin, la 1re batterie est faite prisonnière, et la 3e batterie totalement détruite.

C’est l’armistice, le 61e régiment d’artillerie s’est battu jusqu’au bout, concédant de grands sacrifices. Fin juin, le 61e RAD est dissous. Depuis sa création, c’est la première fois qu’il s’efface ainsi dans la pénombre des événements tragiques que connaît la France.

Le 30 juillet 1940, la 42e DI est citée à l’ordre de l’armée pour son attitude héroïque dans la tourmente : « Combattant sur un front de 80 kilomètres, avait reçu l’ordre de défendre l’Ailette et l’Aisne sans esprit de recul. Elle l’a fait généreusement les 5, 6, 7, 8, 9 et 10 juin 1940 au cours de très durs combats contre un ennemi très supérieur en nombre, poussant l’esprit de sacrifice à sa dernière limite ». Cette citation est homologuée par inscription au Journal officiel du 22 juillet 1941.

L’armée d’armistice aux ordres du maréchal Pétain se reconstruit progressivement. La plupart des cadres lui restent alors fidèles. Le 61e régiment d’artillerie est recréé le 1er septembre 1940, par changement de nom du régiment d’artillerie de la 7e région, à La Valbonne, lui-même issu du 8e RAD. Deux groupes stationnent avec l’état-major, à La Valbonne, un troisième s’installe à Sathonay-Camp, au Nord de Lyon. Une batterie sur les neuf est tractée, les autres sont hippomobiles. Mille deux cents hommes, six cents chevaux et trente-six canons composent ses effectifs. Un témoin de l’époque relate ses souvenirs de la vie à Sathonay-Camp :

« Cette armée d'armistice se préparait à un rôle tenu très secret. C'était une force de revanche qui certainement allait servir un jour. Et les instructions très confidentielles qui nous parvenaient de Vichy nous éclairaient parfaitement sur le sujet. Étant employé dans un bureau, j'ai eu en main ces fameuses circulaires de l'amiral Darlan qui auraient rendu fou furieux Adolf Hitler, s'il les avaient connues. Pour nous c'était un réconfort et un espoir. Et lentement notre 61e RA allait prendre de l'étoffe. Discrètement, ses effectifs augmentaient. Je ne saurais dire quel était le surplus au camp de Sathonay, mais on estime en France non occupée les chiffres clandestins à plus de 50 % de ceux autorisés.»

Cette armée qui paierait plus tard l’absence de ralliement immédiat aux Gaullistes n’a pourtant pas à rougir de son œuvre au redressement des armes de la France, dont ce témoin nous rapporte le récit [réf. nécessaire].

Le destin bascule cependant en novembre 1942, avec l’invasion de la zone libre. Les Allemands reprochent aux Français qui collaborent avec eux de jouer double jeu. Ils font en sorte que plus rien n’échappe à leur contrôle. Quant à l’armée d’armistice, le maréchal Pétain craint que l’occupant en demande rapidement la dissolution. Il tente alors un dernier coup pour la sauver : il la déploie aux côtés de divisions allemandes et italiennes, sur la côte méditerranéenne, pour empêcher un débarquement allié que tout le monde sait encore improbable à ce moment. Le 61e RA est déployé sur la presqu'île de Giens le 17 novembre 1942. Mais l’occupant est implacable. Après le retour du 61e RA dans ses quartier (22 novembre), il est dissous une nouvelle fois, le 27 novembre 1942, après l’ordre de démobilisation de l’armée d’armistice. De nombreux cadres et hommes du régiment rejoignent alors la résistance, ou la France libre, seules perspectives dès lors de repousser l’occupant.

Le phénix (1944-1947)[modifier | modifier le code]

Un premier corps recréé le 1er décembre 1944 à Nancy, à partir d’effectifs issus des forces françaises de l’intérieur (FFI), porte de façon éphémère le nom de 61e RA. Il devient le 8e RA le 1er janvier 1945. De nombreux artilleurs se retrouvent dans les maquis et partagent leur goût de la persévérance, qualité que les Diables Noirs ont déjà démontrée en d’autres circonstances. La volonté des vainqueurs en 1945 est de recréer une armée à la fois digne de confiance et représentative des différents groupes de combattants ayant contribué à la victoire. C’est dans cet esprit que le 61e régiment d’artillerie est recréé le 15 février 1945, par le rassemblement des artilleurs des maquis du Jura, de la Nièvre et du Doubs.

L’époque est aux doutes partagés sur le passé d’autrui : les militaires de métier répugnent au style de commandement troupier des maquisards, quand ceux-ci se font un devoir de vérifier les états de résistance de leurs cadres ou camarades. Dans ce contexte, un homme fait l’unanimité et bénéficie de nombreux appuis qui lui serviront dans la renaissance du 61e régiment d’artillerie : le chef d’escadron Émile Parmain. Chef du 2e bureau (renseignement) de la 8e région militaire de l’armée d’armistice, il transmet de nombreuses informations à Londres, puis Alger. Capturé, enfermé par les Allemands, puis libéré en 1944 avec l’arrivée des alliés, le chef d’escadron Parmain fonde le centre d’organisation d’artillerie 208, à Auxonne, censé réunir les artilleurs des maquis du Jura, de la Nièvre et du Doubs. Il obtient de bons résultats et il lui est permis de recréer le plus glorieux régiment de l’artillerie: le 61e ! La création est fêtée par un repas au mess d’Auxonne. Les hommes sont fiers d’arborer la fourragère rouge. Le quotidien est fait d’instruction et de cours. Sans canon, dans une armée en reconstruction, les pelotons se forment : cours pour chefs de sections, pelotons d’élèves sous-officiers et de gradés, instruction générale de discipline et de combattant. La guerre n’est pas finie et les hommes ont hâte d’en découdre. Le chef d’escadron Émile Parmain obtient de faire équiper le régiment de canons de 105. À leur arrivée, c’est la joie, et le départ vers le camp du Valdahon pour la formation, avec en perspective une utilisation opérationnelle avant la fin de la campagne contre l’Allemagne.

Le colonel Jeanjean et le lieutenant-colonel Charles-Messance arrivent au 61e RA comme chef de corps et second, avec pour mission d’assimiler les hommes du maquis dans un cadre militaire discipliné. Ils demandent des hommes pour former l’état-major du régiment, et obtiennent d’être servis d’officiers de valeur issus d’autres maquis ou de camps de prisonniers. Le 8 mai et la signature de la capitulation viennent avant de voir le régiment entrer en campagne. Il part pour Spire, dans la zone d’occupation en Allemagne, le 31 août 1945. Pour la deuxième fois, après 1918, les Diables Noirs partent occuper l’Allemagne vaincue. Le régiment part après avoir reversé ses canons de 105. À l’hiver, il perçoit des canons de 155 lourds français, en Allemagne. Cette période de stationnement en Allemagne prend fin en juin 1946, quand l’artillerie nourrit d’autres projets pour son plus glorieux régiment.

Le 61e régiment d'artillerie anti-aérienne (1947-1957)[modifier | modifier le code]

En effet, en juin 1946, le 61e RA rejoint Belfort, sous le commandement du lieutenant-colonel Charles-Messance, et devient 61e régiment d’artillerie antiaérienne, le 16 février 1947. Cette décision est justifiée par le général inspecteur de l’artillerie de l’époque, par l’amélioration nécessaire de l’image de l’artillerie sol-air qui résultera de la présence du plus glorieux des régiments d’artillerie dans ses effectifs. Le canon de 90 mm AA américain, le 40 mm Bofors et les mitrailleuses quadritubes de 12,7 mm constituent ainsi l’armement du régiment de 1947 à 1957.

Les écoles à feu sont nombreuses, et se déroulent le plus souvent à Biscarosse, dans les Landes, ou à Palavas-les-Flots, sur la Méditerranée. Depuis Belfort, les étapes sont longues. Le régiment descend donc pour de longues périodes. Mais le sort de ce corps est bouleversé par des événements graves qui secouent la IVe République. L’Indochine est perdue en 1954 sans que le régiment ait eu à contribuer à l’effort de guerre. Il n’en sera pas de même avec l’Algérie.

Tandis que l’essentiel du régiment part outre-Méditerranée en 1955, subsisteront à Belfort, jusqu’en 1957, un état-major, une batterie d’instruction et une batterie de garnison. En mai 1957, le dépôt du 61e RA devient centre d’instruction, et en septembre de la même année, il fusionne avec celui du 35e RI sous le nom de CID mixte 35e RI – 61e RAA. Ce CID sera dissous le 1er mars 1962.

Les diables noirs en Algérie (1955-1962)[modifier | modifier le code]

En août 1955, un bataillon de marche est formé avec une compagnie de commandement, et trois compagnies de combat. Il embarque le 5 octobre en direction de l’Algérie où des « événements » sèment le trouble depuis près d’un an. Les Diables Noirs vont lutter contre le terrorisme. Ils s’installent dès leur arrivée à Port-Gueydon, en Kabylie, où ils dépendent de la 27e DIA. Ils sont confrontés dès leur arrivée aux sabotages en tous genres, coupures de routes, assassinats…

Le 1er juin 1956, le bataillon formé devient groupe de marche, et prend rang de corps de troupe. Il se compose d’une compagnie de commandement et de cinq compagnies. Une action d’éclat établit la réputation du groupe de marche, le 27 décembre 1956. La 5e compagnie met hors de combat 17 Hors-La-Loi, lors d’un affrontement sur les pistes de Kabylie. Tout leur armement de guerre est saisi. Le respect mutuel s’impose ainsi naturellement avec les troupes de la 27e Division d’Infanterie Alpine, basée à Tizi Ouzou et dont dépend le groupe de marche du 61e RA.

Les années 1958 et 1959, cruciales pour l’avenir de l’Algérie qui se dessine avec les événements politiques secouant la France, sont ponctuées par de nombreux affrontements pour les Diables noirs. Mais le maillage étroit du terrain et l’essoufflement de la rébellion confrontée à une lutte sans compromis ni faiblesse de la part des diables noirs, comme de toute l’armée française, font largement diminuer le nombre de ces actions en 1960 et 1961. Néanmoins, la subversion des procédés de la rébellion ne peut que porter à conséquence dans les rangs des Diables noirs. À partir de mai 1961, après l’échec du putsch des généraux, de nombreuses désertions, avec ou sans armes, se produisent parmi les Français de souche nord-africaine, s’accompagnant parfois d’actes de lâcheté envers leurs camarades Français de souche européenne … La méfiance est maintenant la règle. En octobre 1961, le groupe de marche fait mouvement vers la ville des coquelicots, dans l’Ouest de la Kabylie. Dans le même temps, un état-major tactique issu des effectifs du groupe est mis sur pied pour participer au maintien de l’ordre dans Alger.

Le 19 mars 1962, les accords d’Évian viennent mettre un terme à cent trente deux années de présence française en Algérie. Comme par effet de coïncidence, le groupe de marche du 61e RA reçoit le lendemain l’étendard du 61e RA, le 20 mars 1962, puisque le CID de Belfort qui en avait la garde a été dissous le 1er mars. Les conditions des accords d’Évian permettent aux troupes françaises de rentrer progressivement en métropole.

Le 61 °RA et la 459° UFO[modifier | modifier le code]

.Au cessez-le-feu du 19 Mars 1962 en Algérie, le 61°RA créé comme 91 autres régiments, les 114 unités de la Force Locale.(Accords d'Evian du18 mars 1962) Le 61°RA forme une unité de la Force locale de l'ordre Algérienne, la 459°UFL-UFO composé de 10% de militaires métropolitains et de 90 % de Militaires Musulmans, qui pendant la période transitoire devaient être au service de l'exécutif provisoire Algérien, jusqu'à l'indépendance de l'Algérie

En août 1962, le 61e RA s’installe à Palestro, et reprend l’instruction sur le canon, renouant ainsi avec cette arme après seize années d’interruption. Le régiment quitte Palestro le 14 décembre 1962, et embarque à Alger. Cinquante Diables noirs sont tombés au champ d’honneur en Algérie. Selon les journaux de marche établis par l'autorité militaire, de fin 1955 à mai 1962, période de son séjour en Algérie, le 1er Groupe de marche du 61e RAA (1/61e RAA) est classé unité combattante :

  • du 10 décembre au 8 janvier 1956
  • du 29 février 1956 au 1er avril 1956
  • du 1er juin 1956 au 17 août 1958
  • du 6 septembre 1958 2 octobre 1961
  • du 13 octobre 1961 au 3 janvier 1962
  • du 6 mars 1962 au 12 avril 1962

La mention AFN 1952-1962 a été apposée sur l’étendard du 61e régiment d’artillerie en juin 2006.

Le retour au canon : Saint-Avold, Morhange, Trèves (1963-1999)[modifier | modifier le code]

En débarquant en France en décembre 1962, le 61e RA reçoit l’ordre de stationnement pour Saint-Avold, en Moselle. Il devient le 61e régiment d’artillerie de brigade le 1er janvier 1963 et reçoit des canons de 105 automoteurs. Il est formé par deux groupes à deux batteries de quatre pièces.

Le 1er août 1968, il reprend l’appellation de 61e régiment d’artillerie et la 4e batterie est dissoute. Les trois premières passent à cinq pièces.

Le 1er juillet 1977, après treize années passées à Saint-Avold, le régiment est transféré à Morhange, où il succède au 8e régiment de dragons. À la même date, la 4e batterie est recréée.

C’est dans cette garnison que le 61e régiment d’artillerie reçoit, au début de l’année 1982, le système ATILA (Automatisation des tirs et liaisons de l’'artillerie), avec les nouveaux automoteurs AMX AuF1 de 155 mm. Ainsi doté le premier d’un matériel moderne et performant, le régiment reste toujours le creuset de l’élite de l’artillerie. Dotée d’un système de chargement automatique, et fonctionnant sur le principe d’une douille explosive entièrement combustible, enveloppe comprise, la casemate de tir ne comporte pas de poste de chargeur. À l’instar du canon de 75, l’AuF1 permet le tir rapide (automatisé et sous casemate, cette fois) et donne à l’artillerie française une longueur d’avance sur les artilleries concurrentes ou alliées.

En 1984, le régiment passe sous le commandement de la 1re division blindée, basée à Trèves, en Allemagne. Il rejoint cette garnison le 1er août 1992, toujours au sein de la 1re DB.

Dans les années 1990, le 61e régiment d’artillerie renoue avec l’engagement opérationnel. En juin 1995 des éléments du régiment sont détachés au sein du BGBH (bataillon de génie en Bosnie-Herzégovine). Durant l'été 1995, après les affrontements meurtriers de la guerre en ex-Yougoslavie, des moyens lourds sont déployés en Bosnie-Herzégovine, pour forcer à la signature d’accords de paix entre les belligérants. Entre autres, un bataillon d’artillerie équipé d’AuF1 (le bataillon de la Neretva, du nom du principal fleuve de l’Herzégovine) est envoyé comme vecteur de dissuasion d’abord, comme outil de représailles ensuite dans l’hypothèse de nouvelles prises à partie contre les troupes de l’ONU, jusque-là désarmées matériellement, et moralement.

Le régiment de drones de l'Armée de Terre (depuis 1999)[modifier | modifier le code]

Renault TRM 10000 lanceur de drones Canadair CL-289 en 2006.
Un véhicule de test de drones avant envol en 2014.
Vue arrière d'un drone SDTI lors du défilé militaire du 14 juillet 2014.

En 1996, une décision importante modifie profondément l’armée française : la professionnalisation, le service national est suspendu. Cette décision s’accompagne d’une restructuration complète de l’armée de terre, laquelle voit la moitié de ses régiments disparaître. Les dilemmes sont nombreux : autant de régiments prestigieux peuvent-ils être dissous aussi facilement ? Dans l’arbitrage rendu par l’artillerie, il est évident que le 61e régiment d’artillerie doit figurer parmi les survivants. Mais de nombreux régiments de canons disparaissent pourtant. En revanche, parmi les composantes échantillonnaires de l’artillerie qui doivent impérativement subsister figure l’acquisition. Le 7e régiment d'artillerie, régiment aux origines anciennes, équipé des drones depuis les années 1960, devient dans les années 1990 un pion essentiel de l’artillerie. Il est déployé dans les Balkans à partir de 1996, d’abord avec le drone Canadair CL-289 (drone rapide), puis avec le Crécerelle (drone lent). Pour finir de valoriser cette compétence essentielle de l’artillerie, il est décidé de lui faire le plus bel hommage qui soit, le nom du plus glorieux régiment d’artillerie : le 61e.

Ainsi, le 61e régiment d’artillerie est dissous à Trèves le 30 juin 1999 pour être recréé à Chaumont-Semoutiers le 1er juillet 1999, sur le site de l'ancienne Base aérienne de Chaumont-Semoutiers. Il passe ainsi sous le commandement de la brigade de renseignement et de guerre électronique. Il comporte trois batteries de CL-289 et une batterie de Crécerelle (la 4e).

Dès sa recréation, le régiment est engagé en opérations, puisqu’un détachement de CL-289 et un détachement de Crécerelle sont partis, au printemps 1999, pour participer à la campagne du Kosovo, province serbe à majorité albanaise. Ils rentreront en France en ayant changé de garnison depuis leur départ ! Les engagements opérationnels se poursuivent, en 2001, par une nouvelle mission au Kosovo (à Prizren), pour la 2e batterie (CL-289). Jusqu’en 2003, des éléments participent également à la composante « acquisition » sur les théâtres des Balkans (Bosnie et Kosovo), par le biais des détachements HL POD. Il s’agit d’équipes d’interprètes d’images et de développeurs photos exploitant les clichés ramenés par un hélicoptère léger (Gazelle) supportant une structure contenant des optiques identiques à celles des drones CL-289. Le régiment reste ainsi, par son engagement opérationnel important, un régiment attractif.

À partir de 2003, avec un ralentissement de l’engagement opérationnel des unités de drones, le 61e régiment d’artillerie remplit également des missions dites « toutes armes », et envoie outre-mer, ou à l’étranger, des unités en mission de courte durée, de quatre mois généralement :

Pendant ce temps, en 2004, le système de drone SDTI (système de drone tactique intérimaire) équipe la 4e batterie, qui se défait du Crécerelle vieillissant. En 2005, la 3e batterie reverse ses Canadair CL-289 aux deux premières batteries, et reçoit la moitié des drones SDTI de la 4e batterie. Le régiment atteint ainsi un équilibre entre les drones rapides et les drones lents.

  • Fin 2005, un état-major de circonstance, accompagné de la 2e batterie, de la 4e, ainsi que d’une unité de soutien formée par les batteries de service, partent au Liban fin 2005, pour assurer la défense du camp de Naqoura, poste de commandement de la Force intérimaire des Nations unies au Liban.
  • Fin 2006, la 1re batterie est envoyée en Martinique
  • En décembre 2006, après la guerre de l’été entre Israël et le Hezbollah au Sud-Liban, un détachement de SDTI (composé par la 4e et la 3e batterie) est envoyé pour renforcer la force intérimaire des Nations unies au Liban mais n'effectue aucun vol pour raisons politiques.
  • En juin 2007, la 2e batterie et une unité formée par les batteries de service sont envoyés à Mayotte.
  • En juin 2008, une unité formée d'éléments de la 1re et de la 2e batterie sont envoyés en Martinique
  • En juin 2008 également, la 1re batterie déploie plusieurs [drones CL-289 au Tchad dans le cadre de l'EUFOR Tchad/RCA.

Le 61e régiment d’artillerie, régiment de l’artillerie le plus cité, à la renommée la plus glorieuse dans son arme, qui a servi des matériels couvrant presque l’ensemble du spectre de l’artillerie, depuis le canon aux armes anti-aériennes et maintenant avec les drones, reste ainsi plus que jamais unique. Son nouveau statut de régiment échantillonnaire, assumé depuis 1999, comme sa subordination à la brigade de renseignement, n’ont toutefois pas manqué, de fait, de l’éloigner quelque peu de son arme dont il est pourtant la quintessence.

L'étendard[modifier | modifier le code]

61e régiment d'artillerie.svg

Il porte, cousues en lettres d'or dans ses plis, sept noms de batailles[1],[2] :

Sa cravate est décorée de la Croix de guerre 1914-1918 avec six citations à l'ordre de l'armée (6 palmes), deux à l'ordre du corps d'armée (2 étoiles de vermeil), une à l'ordre de la division (1 étoile d'argent).

Sa cravate est décorée une nouvelle fois le 20 novembre 2013 de la Croix de la Valeur militaire avec une citation à l'ordre du régiment (1 étoile de bronze) pour son action en Afghanistan en 2012.

Les citations[modifier | modifier le code]

Six citations à l'ordre de l'armée, deux citations à l'ordre du corps d'armée, une citation à l'ordre de la division, toutes acquises en 1914-18. Une citation à l'ordre du régiment acquise en 2012.

La fourragère[modifier | modifier le code]

Le 29 juin 1916, le 61e régiment d'artillerie de campagne se voit conféré le droit de porter la fourragère aux couleurs du ruban de la Croix de Guerre 1914-1916 (vert et rouge), en raison de ses deux citations à l’ordre de l’armée. C’est le premier des régiments d’artillerie à y accéder.
Sa cravate est aujourd'hui décorée de la Croix de guerre 1914-1918 avec ses six citations à l'ordre de l'armée (6 palmes), une à l'ordre du corps d'armée (1 étoile de vermeil), une à l'ordre de la division (1 étoile d'argent).
Après une sixième citation à l’ordre de l’armée en mars 1921, le régiment se voit décerner la fourragère à la couleur du ruban de la Légion d'honneur, le 21 juin 1921. Il partage avec vingt régiments d’infanterie l’honneur de cette décoration portée au titre de la Première Guerre mondiale. Il a donc obtenu le droit au port de la fourragère à la couleur du ruban de la Légion d'honneur. Le 61e régiment d'artillerie est le seul des régiments d'artillerie à être décoré de la fourragère à la couleur du ruban de la légion d'honneur. C'est le seul régiment d'artillerie à avoir cet honneur… d'où son nom de Premier de la fourragère.

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Les traditions[modifier | modifier le code]

La devise du 61e RA est '61e en avant' et daterait de la Première Guerre mondiale.

Personnalités ayant servi au sein du régiment[modifier | modifier le code]

Le régiment aujourd'hui[modifier | modifier le code]

Insigne de la Brigade de Renseignement

Subordinations[modifier | modifier le code]

Le régiment est subordonné à la Brigade de renseignement elle-même composante de la force d'action terrestre.

Missions[modifier | modifier le code]

Le 61e régiment d'artillerie a pour mission de fournir au chef interarmées et dans de courts délais, les renseignements de situation et d'objectif nécessaires à la conception, puis à la conduite de sa manœuvre, ainsi qu'au traitement des objectifs dans la profondeur. Pour remplir sa mission, il met en œuvre des drones (avions sans pilote) et il est équipé de moyens de réception d'images de satellites. Il est le régiment de renseignement d'origine image de l'armée de Terre.

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Les Batteries[modifier | modifier le code]

La batterie de commandement et de logistique[modifier | modifier le code]

insigne de la batterie
revers du fanion de la batterie
avers du fanion de la batterie
Son organisation[modifier | modifier le code]

Organisée autour d’un effectif de plus de 250 personnels, la batterie de commandement et de logistique s’articule autour de la section commandement comprenant le commandant d’unité. Elle est chargée du soutien administratif des 4 grands services du régiment qui sont :

  • l’état-major du régiment ou poste de commandement
  • le bureau renseignement opérations et instruction
  • le bureau maintenance et logistique
  • le service télécommunication et système d’information
Ses missions[modifier | modifier le code]

La batterie de commandement et de logistique du régiment a pour mission de soutenir et ainsi d’assurer le bon fonctionnement de l’état-major du régiment que ce soit au quartier, sur la base de Chaumont-Semoutiers, en manœuvre ou en missions extérieures. Par ailleurs, la batterie de commandement et de logistique, avec ses moyens de communications et ses systèmes d’information opérationnels, a pour charge de déployer le poste de commandement multicapteurs au profit l’état-major de la brigade de renseignement, en alternance avec les autres unités de la brigade.

Ses moyens[modifier | modifier le code]

C'est au sein de la BCL que sont regroupés tous les véhicules de la gamme tactique, mais également tous les armements collectifs, ainsi que tous les systèmes d'information opérationnels dont est doté le régiment. Ces moyens sont les suivants :

  • Véhicules de transport tactiques :
    • Moto CAGIVA 125 cm3
    • VLTT p. 4
    • Petit véhicule protégé
    • TRM 2000
    • GBC 8 KT
    • GBC 180
    • TRM 10000
    • Véhicule de transport logistique
    • Camion citernes tactiques 11 m3
  • Armement collectif :
    • LRAC de 89 mm
    • Mitrailleuse 12,7 mm
    • Mitrailleuse ANF1 7,62 mm
Son histoire[modifier | modifier le code]

Les missions extérieures de la BCL

  • 2010 / mission de courte durée en Guadeloupe
  • 2005 / opération extérieure "FINUL" au Liban

Individuellement, des personnels de la batterie de commandement et de logistique renforcent les autres unités au cours des missions de souveraineté dans les DOM et les TOM. La batterie fourni également des personnels aux différents détachements drones projetés sur les théâtres ainsi qu’aux cellules de renseignement de la brigade déployées au sein des états-majors français et multinationaux (Kosovo; Liban ; Afghanistan).

Ses traditions[modifier | modifier le code]
  • Sous l’impulsion du chef de corps et dans l’esprit de conserver vivant le lien Armée - Nation, la batterie de commandement et de logistique a réalisé un jumelage avec une commune de la Haute-Marne. Lors des cérémonies du 8 mai 2011, devant le monument aux morts, la charte de jumelage a été signée entre le Maire de la commune de Rennepont et le commandant d’unité de la batterie. Ce jeune jumelage a déjà fait l’objet d’invitations réciproques. Il s’annonce sous de très bons hospices dans une région ou la population est particulièrement attachée à son histoire militaire et à ses soldats.
  • La batterie de commandement et de logistique a établi un parrainage avec un sous-officier de l’amicale des anciens de la légion étrangère issu de la région. Ce parrainage a pour but de proposer aux plus jeunes une relation avec un « sage » qui puisse lui apporter son conseil et son expérience, mais aussi de favoriser le travail de devoir de mémoire.

La 1re batterie[modifier | modifier le code]

Insigne de la première batterie
Son organisation[modifier | modifier le code]

Comptant dans ses rangs environ 90 personnels, la première batterie est composée de trois sections :

  • section commandement ;
  • section mise en œuvre ;
  • section exploitation.
Ses missions[modifier | modifier le code]

À l'instar des autres batteries de tir du Régiment, la 1re batterie a pour mission d'assurer la mise en œuvre du drone tactique SDTI.
Elle participe également de manière active et régulière au dispositif mis en place dans le cadre du Vigipirate, sur l'ensemble du territoire métropolitain.

Ses moyens[modifier | modifier le code]

Après avoir reversé les derniers drones CL-289 du 61e régiment d'artillerie, la première batterie dispose à présent des moyens lui permettant le déploiement d'un détachement de drones SDTI.

Son histoire[modifier | modifier le code]

Création :

À sa création en 1910, la batterie compte 3 officiers, 168 hommes et 168 chevaux. À l’époque, les commandants d’unité sont directement sous les ordres d’un état major de Groupe. Comme la 2e et la 3e, la 1re Batterie est subordonnée à l’état major du 1er Groupe.

Fanion B1 61RA

Comme les autres, la 1ère batterie est organisée de la manière suivante :

5 pelotons de combat, avec une pièce de canon de 75 pour les 4 premiers, commandés par un lieutenant d’active

Revers fanion B1

4 pelotons d’échelon de combat, commandés par un lieutenant de réserve, sont chargés du soutien.

Première Guerre mondiale :

Comme pour les autres unités du 61e RAC, le baptême du feu de la batterie intervient lors de la bataille de Pierrepont, le 22 août 1914. La batterie est alors commandée par le capitaine Pagazani. Alors que ce dernier avait reçu l’ordre d’une mise en batterie pour un exercice de présentation aux autorités accompagnant le colonel Boichut, le chef de corps, à 7h45, l’avant-garde du 151ème RI établit le contact avec l’ennemi. L’exercice devient alors une mission et c’est avec une rapidité et un ordre exemplaires que les canons de 75 de l’unité sont déployés en ligne de crête au nord de Pierrepont, face aux canons de 105 allemands. La 1re Batterie effectue, vers 9h45, l’un de ses premiers tirs à l’obus explosif à une distance de 1 500 m en direction du bois de Doncourt, participant ainsi, avec la 84e Brigade, à empêcher les Prussiens d’en sortir. Après ces premiers tirs, les Diables Noirs de la 1re Batterie ne cesseront, comme leurs camarades des autres batteries, de s’illustrer dans les plus grandes batailles : la Marne, Yser, Ypres et bien d’autres. Les soldats de la 1re batterie ont participé à la Grande Guerre avec toute la hardiesse, la discipline et le courage qui caractérisent les Diables Noirs du 61e RAC, et leur abnégation aux combats leur confère le droit, comme à tout autre soldat du 61, au port de la fourragère à la couleur du ruban de la Légion d’Honneur.

Seconde Guerre mondiale :

Au début de la Seconde Guerre mondiale, les personnels du 61e RAC sont battus par un ennemi nettement supérieur, malgré la ténacité de ses soldats. Le 17 juin 1940, les soldats de la 1re batterie sont capturés après une lutte sans pareil, en tentant malgré tout de détruire leurs canons. Le 61e RA est dissous fin juin. Puis il est recréé à Sathonay, dans l’armée d’armistice le 1er septembre 1940. La 42e division d’infanterie, à laquelle appartient le régiment durant la guerre, reçoit, le 30 juillet 1940, une citation à l’ordre de l’armée pour son attitude héroïque dans la tourmente. Les soldats se considèrent en situation de stationnement et non en garnison à Sathonay. Le moral est au plus bas, jusqu’à ce qu’une circulaire de l’amiral Darlan transite par le régiment afin que celui-ci gonfle en secret ses effectifs et prépare la revanche. Ceci redonne du souffle aux hommes du 61e RA. Les personnels du régiment, ainsi que ceux de la 1re batterie sont envoyés, en novembre 1942, sur la presqu’île de Giens pour empêcher le débarquement allié, que tout le monde sait impossible. C’est ainsi que le régiment est de nouveau dissous à son retour à Sathonay, le 22 novembre 1942. De nombreux cadres et hommes, dont ceux de la 1re batterie, rejoindront la résistance ou la France libre. Après la recréation du régiment en février 1945, le 1er groupe, auquel appartient la 1re batterie, s’entraîne afin de participer au combat de la fin de ce second conflit mondial. Mais il n’en sera rien. La 1re batterie sera positionnée en Allemagne pour occuper le pays vaincu jusqu’en avril 1946. À partir du 1er groupe et de l’état major, le régiment sera recréé à Belfort, le 1er mai 1946, et doté de canons de 90 mm antiaériens américains.

L’Algérie :

En octobre 1955, le régiment est engagé en Algérie pour une mission de maintien de l’ordre. En particulier, la 1re batterie doit pacifier la Grande Kabylie. Cela passe par la construction de routes, d’écoles ou encore de maisons, sans grand moyen aucun. Les Diables Noirs doivent accomplir des missions faire des patrouilles, de jour comme de nuit, ou encore monter des embuscades. Ils sont confrontés, au même titre que l’infanterie, aux dures réalités des combats, mais jamais n’ont démérité dans leurs missions. 66 soldats sont tombés au champ d’honneur en Algérie et la mention AFN 1952-1962 a été ajoutée sur l’Étendard du 61e RA en juin 2006.

La guerre froide :

De retour en France à partir de décembre 1962, la 1re Batterie est stationnée avec son régiment à Saint-Avold, en Moselle et reçoit 4 canons de 105 automoteurs. En 1977, le régiment est transféré à Morhange où il se dote, en 1982, du système ATILA (Automatisation des Tirs et Liaisons de l’Artillerie) et des tous nouveaux AUF1 de 155 mm (canons automoteurs d'artillerie). Enfin la 1re Batterie sera déplacée avec le régiment à Trêves, en Allemagne, sous commandement de la 1re Brigade Blindée.

L’ère des drones :

Après la dissolution du régiment et sa recréation à Chaumont-Semoutiers en juillet 1999, la batterie est dotée de drones rapides CL-289, puis, à partir de 2010, de drones tactiques lents SDTI (Système de Drone Tactique Intérimaire).

La première batterie a été engagée dans les opérations extérieures suivantes :

  • Bosnie-Kosovo : , avec le drone CL-289 et le système HL POD (pod optique du CL-289 embarqué sur hélicoptère léger SA 342 Gazelle);
  • Tchad : opération EUFOR TCHAD-RCA à deux reprises en 2008 et 2009, avec le drone CL-289;
  • Afghanistan : opération Pamir en 2011, avec le drone SDTI.


Elle a également participé à plusieurs Missions de Courte Durée (MCD) dans les départements et territoires d'outre-mer, lors desquelles ses personnels ont effectué des missions variées : souveraineté, garde d'emprises militaires, entraînement commando, aguerrissement :

  • Nouvelle-Calédonie : projection en 2003 ;
  • Martinique : deux projections en 2006 et 2008 ;
  • Polynésie : projection à l'hiver 2009-2010.
Ses traditions[modifier | modifier le code]

Devise de l'unité : « Honneur et fidélité »

Comme la majorité des Diables Noirs, les personnels de la première batterie sont fiers d'honorer à la fois la sainte patronne de l'artillerie, sainte Barbe, le 4 décembre, et le saint patron du renseignement, saint Raphaël, le 29 septembre.

La première batterie est jumelée avec la commune de Saint-Blin, dans le département de la Haute-Marne.

La 2e batterie[modifier | modifier le code]

Fanion de la 2e batterie
Revers du fanion de la 2e batterie, arborant la croix de guerre 1914-1918
Insigne de la 2e batterie
Son organisation[modifier | modifier le code]

Forte d'une centaine d'hommes, la 2e batterie est composée de 3 sections :

  • La section commandement
  • 1e section
  • 2e section


Ses missions[modifier | modifier le code]

À l'instar des autres batteries de tir du Régiment, la 2e batterie a pour mission d'assurer la mise en œuvre du drone tactique SDTI.


Ses moyens[modifier | modifier le code]

La 2e batterie dispose sur le quartier Général d’Aboville de Chaumont-Semoutiers des moyens lui permettant la mise sur pieds d'un détachement SDTI. Les infrastructures du quartier et les moyens présents lui permettent d'assurer le maintien des savoir-faire techniques et militaires nécessaires au maintien en condition opérationnel de ses personnels.


Son histoire[modifier | modifier le code]
Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Le brancardier Charles Boulanger, de la 2e batterie, est tué par un éclat dans le Bois du Fayel, au nord-ouest de Pierrepont. Il est le premier Diable noir à tomber, mort pour la France, le 22 août 1914, à dix heures.

La 2e batterie le 25 septembre 1915, à 9 heures 15. Sur la droite, un attelage s’apprête à faire mouvement. Les hommes portent le casque Adrian depuis quelques jours.

Le 25 septembre 1915, la 2e batterie du capitaine Le Moyne de Margon, tout juste promu et investi de son commandement à la suite du capitaine Coulon, doit pour sa part entamer le mouvement au moment de l’attaque, dépasser la 3e batterie et prendre position devant les premières lignes françaises, après que la première vague aura progressé. La 1e batterie enfin, toujours commandée par le capitaine Pagazani depuis le début de la guerre, est censée partir vingt minutes après l’attaque et dépasser les 3e et 2e batteries, pour s’implanter entre les première et deuxième lignes allemandes. Pendant que les colonnes se mettent en place, d’autres sont encore à la préparation d’artillerie, en dépit des conditions climatiques défavorables. Celles-ci tirent à une cadence infernale et atteignent un pic d’activité à l’instant de l’attaque de l’infanterie, à 9 heures 15 : obus explosifs, gaz, obus incendiaires, tout est bon pour jeter le trouble maximal dans les rangs de l’ennemi.

Quelques moments suspendus dans le temps se passent encore à ce rythme effréné, puis les ordres tant attendus arrivent : « amenez les avant-trains… En avant… » L’enthousiasme est énorme. Les fascines sont posées sur les caissons de munitions, en vue du franchissement des tranchées. Un agent de liaison de passage apporte des nouvelles moins bonnes que prévues : les Allemands effectuent des barrages sévères sur nos lignes, et l’infanterie aurait des pertes importantes. Tant pis, il faut se lancer quand même, remplir la mission… Et on traverse rapidement la Suippe et les marais environnants. C’est à cet instant que la 2e batterie se distingue particulièrement. Franchissant la Suippe en premier, en dépit des tirs ennemis, elle poursuit sa progression au long du bois longeant la rivière. Débouchant finalement en lisière un peu plus loin, la 2e batterie aperçoit la première ligne allemande, qu’elle croit tombée en notre possession. Mais la désillusion est rapide et des mitrailleuses restées intactes sous abris bétonnés créent des pertes sensibles. Vingt-huit morts ou blessés, soixante-cinq chevaux perdus en quelques instants… Les capitaines Renard et Pagazani, des 1e et 3e batteries, assistent impuissants à ce massacre depuis un observatoire où ils sont venus chercher le chef d’escadron Alvin afin de recevoir des ordres en cours d’action tenant compte cette fois de la résistance allemande.

C’est parmi les cadavres de leurs camarades que quelques hommes de la 2e batterie parviennent à mettre une des quatre pièces en batterie. Cet appui inespéré est d’une grande aide pour l’infanterie qui ne s’attendait sûrement pas à avoir été suivie jusque là... Enfin, à la nuit tombée, les canons, caissons et harnachements des autres pièces sont récupérés.

Le général de Langle de Cary, commandant la 4e armée, cite la 2e batterie du 61e régiment d’artillerie à l’ordre de l’armée pour son action héroïque de ce jour : « La 2e batterie du 61e régiment d’artillerie, étant désignée le 25 septembre 1915 pour accompagner l’infanterie sous le commandement du capitaine de Margon, à 600 mètres des lignes ennemies et quoique prise à partie par un feu très violent d’artillerie et de mitrailleuses qui lui a fait subir, en quelques minutes, des pertes très sensibles, a réussi à mettre une pièce en batterie ; a fait preuve ainsi d’une audace et d’un mépris du danger qui honorent grandement le personnel de cette unité ». Cette citation fait aujourd’hui encore, près d’un siècle après son obtention, la fierté de la 2e batterie, qui a choisi, en 2004, de faire figurer la croix de guerre 1914-1918, avec palme, sur son insigne d’unité élémentaire.

Le 6 novembre 1918, le capitaine Le Moyne de Margon, commandant la 2e batterie, meurt des suites d’une longue intoxication par les gaz, à l’hôpital de Bussy-le-Château. Il est le dernier Diable noir à tomber au Champ d’Honneur durant cette guerre.

En mars 1920, à la suite d'une demande du gouvernement britannique, un canon de 75 de la 2e batterie est envoyé à Londres, en exemple de ces régiments d’artillerie qui se sont le plus distingués durant la guerre.

Deuxième Guerre mondiale[modifier | modifier le code]
  • Fin 2005 : projection d'une section au Liban dans le cadre de la FINUL
  • Juin 2007 : projection d'une section à Mayotte en soutien du Détachement de Légion étrangère de Mayotte
  • Octobre 2008 : projection d'un module CL-289 au Tchad dans le cadre de l'EUFOR
  • Avril 2010 : projection d'un module SDTI en Afghanistan dans le cadre de l'ISAF
Ses traditions[modifier | modifier le code]

La 3e batterie[modifier | modifier le code]

Fanion de la 3e batterie
Revers du fanion de la 3e batterie
Insigne de la 3e batterie
Son organisation[modifier | modifier le code]

La 3e batterie est composée de trois sections :

  • Une section commandement
  • Deux sections drone SDTI

La section commandement comprend tout du personnel affecté à la gestion administrative, à la comptabilité des matériels et du personnel ainsi que la gestion du service courant de l'unité, elle comprend :

  • Le capitaine commandant l'unité
  • Le capitaine adjoint, responsable de la comptabilité des matériels et de la suppléance du commandement
  • L'adjudant d'unité responsable de la gestion courante de l'unité et chef de section
  • Le sous-officier responsable de la gestion courante des matériels
  • Du groupe d'échelon administratif

Les deux sections comprennent chacune :

  • Un groupe commandement composé du chef de section (lieutenant ou sous-officier ancien) et d'un personnel transmetteur.
  • Un groupe vol composé de deux équipes vol et renseignement.
  • Un groupe sol composé de quatre équipes ; deux équipes dites de reconditionnement et deux équipes dites de lancement-récupération

La 3e batterie compte environ 100 diables noirs

Ses missions[modifier | modifier le code]

À l'instar des autres batteries, la 3e batterie a pour mission de fournir du renseignement d'origine image soit en appui direct auprès d'une force au contact, soit en appui différé par recoupement avec d'autres capteurs ou par l'édition d'un dossier image.

Ses moyens[modifier | modifier le code]

La 3e batterie dispose du système de drone SDTI pour remplir sa mission.

Son histoire[modifier | modifier le code]

À l'instar des autres batteries du régiment, elle a participé à tous les faits d'armes du régiment.

Ses traditions[modifier | modifier le code]

La 3e batterie est jumelée avec la commune d'Arc-en-barrois.

La 4e batterie[modifier | modifier le code]

Fanion de la 4e batterie
Revers du fanion de la 4e batterie
insigne de tradition de la 4e batterie du 61e RA
Insigne de la 4e batterie du 61e RA
Son organisation[modifier | modifier le code]

Comprenant une centaine de militaires, la quatrième batterie est composée de trois sections :

  • section commandement ;
  • section mise en œuvre ;
  • section exploitation ;
Ses missions[modifier | modifier le code]

À l'instar des autres batteries de tir du Régiment, la 4e batterie a pour mission d'assurer la mise en œuvre du drone tactique SDTI.

Ses moyens[modifier | modifier le code]

La 4e batterie dispose sur le quartier Général d’Aboville de Chaumont-Semoutiers des moyens lui permettant la mise sur pieds d'un détachement SDTI. Les infrastructures du quartier et les moyens présents lui permettent d'assurer le maintien des savoir-faire techniques et militaires nécessaires au maintien en condition opérationnel de ses personnels.

Son histoire[modifier | modifier le code]

À la création du Régiment, la 4e batterie fait partie des 6 batteries issues des 25e et 40e régiments d’artillerie de campagne et qui forment les Ier et IIe groupes d'artillerie du 61e régiment d’artillerie de campagne s'installant au quartier d'Anthouard à Verdun.

En mars 1910, la 4e batterie est ainsi la 1re batterie du IIe groupe du 61e RAC et comprend un effectif de 3 officiers, 168 sous-officiers et hommes de troupe et 168 chevaux.

La quatrième batterie quitte le quartier d'Anthouard le 31 juillet 1914 au même temps que les autres batteries du Ier et IIe groupe ainsi que de l'état-major du 61e RA à la suite de la mise en alerte de ce dernier quelques heures plus tôt ; Au cours des quatre années qui vont suivre, la quatrième batterie participe à de nombreuses batailles et réalise quelques-uns de ses plus hauts faits d'armes :

  • Le 21 août 1914, dans la région de XIVRY-CIRCOURT, le IIe groupe auquel appartient la 4e batterie a pour mission d'appuyer le 19e bataillon de chasseurs à pied assurant la flanc-garde à droite de la 42e DI. À cette occasion, le IIe groupe tire les premiers coups de canons de la campagne.
  • Le 22 août 1914, participe à la bataille de PIERREPONT. La 4e batterie commandée par le capitaine Walter y reçoit son baptême du feu alors que le IIe groupe a pour mission d'effectuer des tirs de contrebatterie su CHENIERES.
  • Du 6 au 10 septembre 1914, participe à la Bataille de LA MARNE. La 4e batterie appuie notamment la reprise de LA VILLENEUVE par le 151e RI, et la Division marocaine dans le secteur du château de MONDEMENT.
  • Du 13 au 23 septembre, combat autour de MOURMELON. La 4e batterie est plus particulièrement touchée le 18 septembre, lors de la préparation d’une attaque sur Aubérive: deux tués, et quatre blessés à la suite des tirs de contrebatterie allemands.
  • Du 23 septembre au 17 octobre, participe aux combats du FORT DE LA POMPELLE.
  • Du 23 au 31 octobre 1914, participe à la bataille de l'YSER. La 4e batterie s'illustre notamment lors des combats sur RAMSCAPELLE. Le 29 octobre, les Allemands prennent le village de RAMSCAPELLE aux Belges, menaçant toute la ligne de défense alliée. Le colonel Boichut ordonne au IIe groupe de déplacer une batterie entière pour coopérer à la reprise de Ramscapelle : la 4e batterie. Commandée pour l’occasion par le capitaine Cunin de la 5e batterie, la 4e batterie empêche tout d'abord l’ennemi de déboucher en masse. Elle appui ensuite la contre attaque de l'infanterie de la 42e DI qui parvient à reprendre Ramscapelle après deux assauts. La division perd sept cents hommes dans cet épisode, mais la reprise de Ramscapelle est essentielle : l’ennemi a eu quatre cents prisonniers et le « coup de la mort » qu’il voulait porter est définitivement un échec.
  • Du 1er au 13 novembre 1914, engagée dans la bataille d'YPRES, participe notamment aux combats dans DIXMUDE (1er au 3 novembre) et autour de BIXSCHOTE (7 au 10 novembre).
  • Du 9 au 25 décembre 1914, combat dans la région d'YPRES. La 4e batterie subit de violents tirs de contrebatterie du 13 au 15 décembre.
  • De janvier à juillet 1915, participe aux combats en ARGONNE.
  • D’août à décembre 1915, combat en CHAMPAGNE et participe à la grande offensive du 25 au 29 septembre.
  • De mars à juin 1916, participe à la bataille de VERDUN.
  • De septembre à novembre 1916, participe à la bataille de La Somme (1916). C'est au cours de cette bataille que le lieutenant Edmond Colmet Daage, ayant succédé depuis peu au capitaine Walter au commandement de la 4e batterie, est tué le 11 novembre à Rancourt alors qu’il s’est porté au plus près de l’avant pour régler ses tirs.
  • Avril 1917, participe à la bataille de l'Aisne.
  • En juillet 1917, la 4e batterie s'installe avec le reste du IIe groupe au fort de Douaumont. Elle quitte le secteur de VERDUN en octobre 1917.
  • La 4e batterie participe à tous les combats du 61e RAC lors de l'année 1918, que ce soit à La Somme ou à Vouziers.

L'action héroïque des hommes de la 4e batterie au cours du conflit s'inscrit dans celle plus large du Régiment qui se voit décerner pour son action tout au long de la Grande Guerre la fourragère à la couleur du ruban de la Légion d’Honneur, le 21 juin 1921.

À compter de décembre 1918, la batterie cantonne avec le reste du IIe groupe à Waldmohr. En février 1919, elle rejoint Runtzenheim en Alsace. Le 23 juillet 1919, la batterie rejoint le quartier Colin à Metz avec le reste du Régiment.

Au déclenchement du conflit en septembre 1939, la 4e batterie dispose de quatre pièces d’artillerie de 75mm. A la mi-septembre 1939 dans la vallée d’Uberhern près de Berus une section à deux pièces armée par la 4e batterie exécute les premiers tirs du régiment : le conflit a bel et bien débuté. La 4e batterie participe aux divers combats de la campagne de France lorsque se déclenche l’offensive allemande du 10 mai 1940 : en Moselle, sur l’Aisne, sur la Marne. Le 10 juin 1940 notamment, la 4e batterie est durement éprouvée près de Gueux alors que des obus allemands infligent de cruelles pertes. L’aspirant Missant malgré ses blessures prend le commandement de la batterie après qu’un obus soit tombé sur le poste de commandement et ait blessé la plupart des cadres. Le 16 juin 1940, alors qu'il progresse derrière les fantassins du 151e RI, le IIe groupe est engagé dans une vallée peu profonde à cinq cents mètres du village de Molesmes. La position est encerclée, et l’ennemi a intentionnellement laissé passer l’infanterie pour isoler le groupe qui n’a plus d’autre choix que de se rendre, et avec lui la 4e batterie. A la recréation du régiment le 1er septembre 1940, la 4e batterie se retrouve avec l’état-major, à La Valbonne. Mais le Régiment est très vite dissous une nouvelle fois le 27 novembre 1942. De nombreux cadres et hommes de la 4e batterie rejoignent alors la Résistance, ou la France libre.

Ses traditions[modifier | modifier le code]

La 4e batterie participe aux traditions de l’artillerie (sainte Barbe) et aux traditions de la brigade de renseignement (saint Raphaël).

Elle se réfère également plus spécifiquement aux combats de Ramscapelle et compte parmi ses membres illustres le lieutenant Henri Colmet Daage qui commanda la batterie (Chevalier de la Légion d'honneur, décoré de la Croix de Guerre, trois fois cité à l'ordre de l'armée).

La 5e batterie (batterie de réserve)[modifier | modifier le code]

Son organisation[modifier | modifier le code]
Ses missions[modifier | modifier le code]
Ses moyens[modifier | modifier le code]
Son histoire[modifier | modifier le code]
Ses traditions[modifier | modifier le code]

La 6e batterie (batterie de traitement et de diffusion du renseignement)[modifier | modifier le code]

avers du fanion de la batterie
revers du fanion de la batterie
Son organisation[modifier | modifier le code]

le Fanion de la 6°Batterie en cours de réalisation.

Ses missions[modifier | modifier le code]
Ses moyens[modifier | modifier le code]
  • Systèmes d’information opérationnels :
    • MAESTRO (Module adapté aux échanges sécurisés, aux transmissions et au raccordement des opérationnels)
    • SAER (Système d’aide à l’exploitation du renseignement)
    • GRANITE (Système de gestion du renseignement et analyse des informations transmises par les équipes)
    • SIR (Système d’information régimentaire)


Son histoire[modifier | modifier le code]
Ses traditions[modifier | modifier le code]

La Batterie de Maintenance[modifier | modifier le code]

Fanion de la batterie de maintenance
Revers du fanion de la batterie de maintenance
Batterie maintenance 61RA
Son organisation[modifier | modifier le code]

Forte de près de 160 militaires et civils, la batterie de maintenance est composée de 4 sections :

  • section commandement ;
  • section de maintenance mobilité ;
  • section multitechniques ;
  • section maintenance spécifique assurant le soutien du SDTI.
Ses missions[modifier | modifier le code]

La batterie de maintenance assure le soutien du régiment dans les spécialités armement, transmissions, NBC, mobilité terrestre et le soutien du drone tactique SDTI de niveau NTI1 et NTI2.

Elle assure également sa fonction approvisionnement dans l’ensemble de ses spécialités.

Enfin, elle assure le reversement du drone tactique rapide CL-289 aujourd’hui retiré du service.

Ses moyens[modifier | modifier le code]

La batterie de maintenance dispose d’une infrastructure étendue sur le quartier Général d’Aboville de Chaumont-Semoutiers.

Elle est en mesure d’effectuer l’évacuation, les opérations de levage, le diagnostic et le dépannage du système de drones tactiques SDTI.

Son histoire[modifier | modifier le code]


La batterie de maintenance est héritière de la 9e batterie de parc du 61e régiment d’artillerie de campagne.
La 9e batterie de parc a participé à de nombreux combats durant la Première Guerre mondiale :

  • 21 août 1914 : engagement à Xivry-Circourt ;
  • 22 août 1914 : combat de Pierrepont ;
  • 23 août 1914 : combat de Muzeray ;
  • 24 août 1914 : combat de Billy-sous-Mangiennes ;
  • 24 au 27 octobre 1914 : combat de Ramscapelle ;
  • 4 novembre 1914 : combat de Dixmude ;
  • 7 novembre 1914 : combat de Nieuwkapelle ;
  • 17-20 novembre 1914 : combat d’Elverdinghe ;
  • 12-17 décembre 1914 : combat d’Ypres ;
  • 22-24 janvier 1915 : combats de Bagatelle, La Harazée ;
  • 8 février 1915 au 11 août 1915 : combats de l’Argonne, Four de Paris, La Chalade, Bagatelle La Harazée.


Le journal de marche et des opérations de la batterie fait mention de 13 blessés et 4 morts au combat au cours de l’année 1915 pour l’unité :

  • 25 janvier 1915 : le canonnier de deuxième classe Jueri est blessé dans les reins par éclat d’obus.
  • 3 février 1915 : le canonnier de deuxième classe Luce est également blessé.
  • 7 mars 1915 : la 1re pièce de la batterie éclate tuant Lafergue, Backès, Camatte et blessant Huart, Baudier, Debrabant. Il n’est pas fait mention de leur grade.
  • 30 avril 1915 : Le brigadier Marcel reçoit une blessure mortelle.
  • 12 mai 1915 : le canonnier de deuxième classe Canot est blessé à la tête par recul du canon.
  • 7 juillet 1915 : Blessure grave U L Prevost. Légère Dessain U L.
  • 31 juillet 1915 : Deux blessés sont évacués.
  • 1er août 1915 : l’adjudant-chef Louche est évacué.
  • 2 août 1915 : Schneider et Jacquelin sont blessés, le second n’est pas évacué.

Depuis 1999 et l'arrivée du régiment de drones à Chaumont, la batterie de maintenance est sous son organisation actuelle. Elle assure le soutien des matériels organiques du régiment. Son activité est rythmée par les missions du régiment, et ainsi à chacune des projections du 61e RA, l'unité projette plusieurs de ses soldats. L'unité a ainsi participé aux missions suivantes :

  • Kosovo 1999, puis 2001 à 2003
  • Liban 2006
  • Tchad 2008
  • Afghanistan, puis 2008 à chaque mandat

De plus, la batterie a également participé aux missions effectuées par le régiment en Polynésie, Martinique, Guadeloupe ou encore à Mayotte.
Enfin le fait d'être composée d'un effectif aux compétences diverses et multiples, lui permet également d'être présente sur tous les théâtres.

Ses traditions[modifier | modifier le code]

Unité de maintenance régimentaire, la batterie de maintenance participe aux traditions de l’artillerie (sainte Barbe) et aux traditions de la brigade du renseignement (saint Raphaël).

Elle n’en reste pas moins une unité de maintenance et à ce titre fête également la saint Éloi.

Les Amicales[modifier | modifier le code]

L'Amicale des Officiers[modifier | modifier le code]

L'Amicale des Sous-Officiers[modifier | modifier le code]

L'Amicale des EVAT[modifier | modifier le code]

Le mot des Présidents de Catégories[modifier | modifier le code]

Le Club des Lieutenants[modifier | modifier le code]


Depuis la mise en place du 61eRA à Chaumont, en 1999, les lieutenants se rassemblent traditionnellement au moins une fois par semaine au "club des lieutenants". Mais il n'aura pas fallu attendre 1999 pour que ce club existe en tant que tel. En effet les origines du club des lieutenants remontent au XVIIIe siècle[3] . Les lieutenants d'alors étaient particulièrement jeunes, à peine onze ou douze ans en sortant d'école. Lorsque l'âge des épaulettes a reculé, la tradition elle, s'est perpétuée.
Ce lieu réservé, où seul le galon de lieutenant garantit l'accès, permet à tous les "lieut's" de réunir pour discuter, échanger et programmer des activités de cohésion.
Symbole de la jeunesse du régiment, les lieutenants transmettent leur joie de vivre à l'ensemble du régiment dès que l'occasion se présente. Ils sont ainsi les initiateurs des jeux de la Sainte Barbe chaque année, se permettant d'accueillir le chef de corps afin de le mettre dans l'ambiance de la journée. Pour cela un thème est choisi relatif à un fait marquant ou à la personnalité du chef de corps. Parfois légèrement insolents, les lieutenants sont excusés pour leurs légers débordements par leur jeunesse.


Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Histoire de l'armée française, Pierre Montagnon.
  • Historique de l'artillerie française, H. Kauffert.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Décision n°12350/SGA/DPMA/SHD/DAT du 14 septembre 2007 relative aux inscriptions de noms de batailles sur les drapeaux et étendards des corps de troupe de l'armée de terre, du service de santé des armées et du service des essences des armées, Bulletin officiel des armées, n°27, 9 novembre 2007
  2. Arrêté relatif à l'attribution de l'inscription AFN 1952-1962 sur les drapeaux et étendards des formations des armées et services, du 19 novembre 2004 (A) NORDEF0452926A Michèle Alliot-Marie
  3. Terre Info Magazine avril 2010
  4. Jean-Dominique Merchet, « Le drone SDTI a fait son dernier vol en Afghanistan », sur Secret Défense (blog sur Marianne),‎ (consulté le 28 décembre 2012)

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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