Lycée militaire d'Autun

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Lycée militaire d'Autun
Image illustrative de l'article Lycée militaire d'Autun
Généralités
Pays France
Coordonnées 46° 57′ 01″ nord, 4° 18′ 24″ est
Site internet lyc71-militaire.ac-dijon.frVoir et modifier les données sur Wikidata
Cadre éducatif
Type Lycée public
Lycée de la Défense
Niveau Lycée
Protection  Inscrit MH (1932)
Localisation

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Situé dans la commune d'Autun (Saône-et-Loire), le lycée militaire d'Autun, est l'un des six lycées de la Défense (anciens lycées militaires), du ministère de la Défense français. Il se situe dans un cadre historique particulièrement riche : en effet, ont précédé le lycée un séminaire, l'École Militaire Préparatoire de Cavalerie et École militaire préparatoire.

Historique du lycée[modifier | modifier le code]

Le séminaire[modifier | modifier le code]

Le séminaire, qui correspond aujourd'hui à une partie du lycée, l'ancien cloître, date du XVIIe siècle. C'est à l'origine un grand séminaire, qui est fondé en 1675 par l'évêque d'Autun, monseigneur Gabriel de Roquette. Il est achevé en 1679. Les plans du séminaire sont l'œuvre de l'architecte Daniel Gittard. Les jardins, qui ont profondément été remaniés depuis leur création, sont dessinés par André Le Nôtre. Pour diminuer les frais de construction, l'évêque n'hésite pas à utiliser largement les pierres de l'ancien théâtre romain de la ville. Cette construction est considérée à l'époque par Bussy-Rabutin, comme le plus beau séminaire de France[1].

Parmi les religieux qui y furent formés, on compte Blaise Bégon (1737-1795).

L'hôpital, la réserve et la prison[modifier | modifier le code]

La Révolution de 1789 provoque le départ des séminaristes. Le séminaire devient alors un hôpital pour galeux puis un magasin à grains et à fourrage. Les locaux sont pillés et abritèrent entre autres, des prisonniers autrichiens puis espagnols.

La Maison d'éducation et le nouveau séminaire[modifier | modifier le code]

En 1809, la mère Anne Marie Javouhey y installe des classes mixtes afin de pourvoir à l'éducation des enfants issus du milieu pauvre.

Mais c'est en 1813 que le bâtiment, rendu à l'évêque, redevient petit séminaire. Parmi les élèves qui le fréquentent le plus connu est sans conteste Patrice de Mac-Mahon, futur président de la République, élève de 1827 à 1829.

L'École militaire préparatoire de cavalerie[modifier | modifier le code]

En 1885, à leur tour, les jeunes séminaristes sont chassés des lieux : le gouvernement français décide de créer l'École Militaire Préparatoire de Cavalerie. Ainsi commence l'histoire des Enfants de troupe. Ces garçons, âgés de 13 à 18 ans, le plus souvent fils de militaires (de sous-officiers de cavalerie), sont, à l'origine, essentiellement formés pour être dirigés vers une carrière militaire. Avec le temps et l'évolution de l'institution, ces jeunes fournissent de nombreux cadres au pays. Les premiers élèves font leur entrée le 14 octobre 1886.

Durant la Première Guerre mondiale tous les enfants de troupe partent, dès l'âge de 17 ans, relever leurs aînés sur le front. 154 d'entre eux tombent au champ d'honneur.

L'École militaire préparatoire d'Autun[modifier | modifier le code]

À partir de 1921, l'École perd son particularisme d'École de cavalerie en élargissant son enseignement militaire. Elle obtient alors son label d'école secondaire. Dès 1924, elle opte définitivement pour l'enseignement secondaire et prépare les élèves à la première partie du baccalauréat. Le but est alors de les préparer aux concours d'admission des écoles de sous-officiers et d'officiers.

Le 16 juin 1940, l'École militaire préparatoire d'Autun doit se replier et quitter la ville d'Autun. C'est alors qu'un détachement d'élèves, arrivés en fin de seconde, inscrit l'une des premières pages de l'histoire de la Résistance. Sous les ordres de l'adjudant-chef Grangeret, surnommé "le Lion", les enfants de troupe s'illustrent à Toulon-sur-Arroux, avant de rejoindre leur École, repliée à proximité de Tulle. Le 26 août, l'école quitte Chameyrat (Corrèze) pour s'installer à Valence (Drôme). Elle devient "École d'Autun" et fonctionne sur ce site jusqu'au 1er septembre 1943, date à laquelle elle déménage vers le camp de Thol (Ain).

À partir du 3 mai 1944 la dissolution de l'École est décidée : les plus jeunes élèves quittent les lieux afin de retrouver leur famille. Les plus anciens vont alors rejoindre les maquis de l'Ain et constituent le camp d'Autun. Les enfants de troupe vont participer aux combats de la Libération, en particulier à Ambérieu-en-Bugey, à la Valbonne, à Neuville-sur-Ain. Au cours de ces combats, le jeune Bernard Gangloff est grièvement blessé et décède le 14 juillet 1944 des suites de ses blessures. En 1985, son nom est donné à l'École militaire préparatoire d'Autun qui retrouve ses murs le 20 décembre 1944

À l'issue de la Seconde Guerre mondiale, l'École retrouve Autun et se développe en ouvrant de nouvelles classes de terminales et, en 1951, en créant la "corniche Mac-Mahon" assurant la préparation du concours à l'ESM de St-Cyr Coëtquidan (avec l'option histoire-géographie). Cette corniche est supprimée en 1965, puis réactivée en 1970. En 1999, elle perd l'appellation de "corniche" et devient "compagnie des classes préparatoires".

Le collège puis le lycée militaire[modifier | modifier le code]

L'École militaire préparatoire d'Autun prend la dénomination de "collège militaire" en 1971, puis de "lycée militaire" en 1983. Le lycée militaire d'Autun assure l'enseignement à plusieurs centaines d'élèves chaque année.

Il est réparti en deux quartiers :

Architecture du lycée[modifier | modifier le code]

Au-dessus du porche, une tête de lion rappelle ce qu'était la vocation première de l'école. Des galeries formant le cloître entourent la grande cour au milieu de laquelle se trouve une statue de la Vierge Marie et l'Enfant Jésus, datant de 1861. Chaque année, un concert y est donné dans le cadre du festival de musique "Musique en Morvan". Au fronton de l'aile gauche du cloître, au-dessus de l'horloge, se trouve le sceau de monseigneur de Roquette sculpté peu avant la guerre franco-prussienne de 1870.

En 1955, le général Kœnig, ministre des armées, inaugure le monument aux morts dédié à la mémoire de tous les anciens, morts pour la France, avant de remettre la croix de guerre des TOE au drapeau déjà titulaire de plusieurs décorations.

En 1985, le général René Imbot, chef d'état-major de l'armée de Terre et ancien élève d'Autun, inaugure un musée de tradition qui devient par la suite national et qui est installé dans la crypte de l'ancienne chapelle du séminaire.

Le cloître est constitué d'un toit bourguignon.

Organisation du lycée[modifier | modifier le code]

Le lycée militaire d'Autun est un lycée dépendant du ministère de la Défense, où les enfants de militaires ou de fonctionnaires sont acceptés, après une vérification du bulletin scolaire et l’obtention d'un concours national commun aux lycées de la Défense, du début de collège jusqu'à la classe où l'élève se trouve actuellement (uniquement pour les élèves collégiens et lycéens). En 2012, 15 % des places en lycée étaient attribués à des élèves boursiers, sans considération de l'origine professionnelle de leurs parents[2].

Pour les classes préparatoires aux grandes écoles, le recrutement est différent. Il n'y a pas besoin d'être un enfant de fonctionnaire ou de militaire. Le recrutement se fait uniquement sur dossier, auquel est joint une lettre de motivation. Ces élèves étudient donc pour préparer les concours des grandes écoles militaires (cf. la liste en bas de page).

Galerie de photos[modifier | modifier le code]

Les élèves[modifier | modifier le code]

Au cours du XXe siècle, plus de cinq cent élèves, ou anciens élèves, sont "tombés au Champ d'honneur" justifiant pleinement la devise de l'école. Aujourd'hui, les élèves font partie de la grande famille des "AET", pour Ancien Enfant de Troupe. Ce terme existe depuis 1762, mentionné dans un décret de Louis XV et consacré en 1800 par Napoléon Bonaparte.

Anciens élèves célèbres[modifier | modifier le code]

Élèves de l'École Militaire Préparatoire de Cavalerie
Élèves de l'École militaire préparatoire d'Autun
Élève du collège militaire

Devise du lycée[modifier | modifier le code]

La devise du lycée est « Pour la Patrie, toujours présents ».

Décorations du drapeau[modifier | modifier le code]

Sources, bibliographie[modifier | modifier le code]

BNF notice FRBNF 32970236, André Coupireau, Histoire de l’École militaire d'Autun, Bourges, impr Tardy, 1962.

BERTHIER DE GRANDRY (Frédéric de), Des premières écoles militaires au lycées de la Défense, 2010, édité par les AET.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]