Bois des Caures

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Bataille du Bois des Caures
Description de cette image, également commentée ci-après
Bataille de Verdun, Flambas se trouve au nord de la zone.
Informations générales
Date
Lieu Verdun, France
Issue défaite allemande
Belligérants
Commandants
Émile Driant
Étienne André Bapst
Paul Chrétien
Erich von Falkenhayn
Forces en présence
143e brigade
72e division d'infanterie
30e corps d'armée.
42e brigade
21e division d'infanterie

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Coordonnées 49° 16′ 27″ nord, 5° 24′ 16″ est

Géolocalisation sur la carte : Lorraine

(Voir situation sur carte : Lorraine)
Bataille du Bois des Caures

Géolocalisation sur la carte : France

(Voir situation sur carte : France)
Bataille du Bois des Caures

Le bois des Caures se trouve sur le territoire de la commune de Moirey-Flabas-Crépion (ancienne commune de Flabas), dans le département de la Meuse, au nord de Verdun. En février 1916, le bois est traversé par la ligne de front. Cette partie du front mal protégée est défendue par les bataillons de chasseurs du lieutenant-colonel Driant. Le 21 février 1916, au premier jour de la bataille de Verdun, le bois est détruit par une des plus impressionnantes préparations d'artillerie, les survivants des deux bataillons ont tenu tête pendant presque deux jours aux troupes allemandes en surnombre avant d'être détruits ou capturés. Cette résistance a permis de limiter la progression allemande et d'acheminer des renforts pour colmater le front.

Contexte historique[modifier | modifier le code]

Première ligne au Bois des Caures.

Le bois des Caures était la position la plus au nord du front de Verdun sur la rive droite de la Meuse entre les communes de Flabas, Haumont et Beaumont, la zone de repos était à Samogneux. Depuis la stabilisation du front, fin 1914, cette zone était considérée comme secondaire. Malgré les mises en garde du lieutenant-colonel Driant aucun effort de renforcement ne fut ordonné par le GQG. À partir du mois de janvier 1916, devant les avancées des préparatifs allemands en vue d'une offensive, Driant renforça les défenses dans le bois des Caures de son propre chef. Alternativement les 56e et 59e bataillons de chasseurs à pied occupaient les premières lignes.
Le 21 février 1916, face à eux se trouvait la 21e division allemande, formée de trois régiments soit neuf bataillons. Cette division était soutenue par 40 batteries d'artillerie lourde, sept batteries de campagne et 50 Minenwerfer (mortier de tranchée) soit 230 pièces.

La bataille[modifier | modifier le code]

Combats des chasseurs.

Le 21 février, le bois des Caures est défendu en première ligne par le 59e bataillon de chasseurs à pied et le 56e bataillon de chasseurs à pied en seconde ligne, soit environ 1 200 hommes, sous le commandement du lieutenant-colonel Émile Driant. À partir de 7h30, le bois et toute la ligne de front sont soumis à un bombardement particulièrement intense, jusqu'à 16h. On estime qu'environ 80 000 obus sont déversés sur le bois - soit un secteur de 1 300 mètres sur 800 mètres pendant cette journée.

On ne saura jamais avec certitude combien de défenseurs ont survécu à cet ouragan d'acier, mais lorsque le bombardement cesse, à 4 heures de l'après-midi, une poignée de fantassins émerge de ses abris et s'apprête à combattre. Ils ont les yeux rougis, les explosions les ont rendus sourd, beaucoup sont blessés ; la plupart de leurs mitrailleuses sont hors d'usage, certains n'ont plus que des grenades et leur baïonnette. Alors que les canons continuent à pilonner la zone située derrière le bois, les colonnes d'assaut allemandes, lance-flammes en tête, entreprennent leur progression parmi les souches lacérées du bois des Caures. Ce sont des éléments de la 42e brigade de la 21e division, emmenés par cinq détachements de pionniers et des équipes de lance-flammes. Le jour baisse et il commence à neiger. Pas plus d'un quart des chasseurs ont survécu au bombardement, mais ils s'accrochent au terrain et contre-attaquent même pendant la nuit pour reprendre un poste perdu. Le sergent Léger et cinq chasseurs tirent jusqu'à ce qu'ils n'aient plus de munitions ; Léger parvient encore à épuiser son stock de 40 grenades à main avant d'être blessé et de perdre conscience. Non loin de là, le sergent Legrand et six chasseurs n'ont plus que deux fusils en état de tirer, mais ils se battent jusqu'à la mort. Il n'y aura qu'un seul survivant, le caporal Hutin, blessé, est capturé[Note 1]. Le 22 février, les Allemands bombardent à nouveau la position, puis attaquent en force, emportant l'un après l'autre les postes et les abris. Driant brûle ses documents et évacue son poste de commandement. Il est tué peu après.

Bilan[modifier | modifier le code]

Au cours de ces combats les chasseurs des deux bataillons perdent 90 % de leurs effectifs, leur résistance a cependant retardé de façon décisive la progression allemande. Elle a également permis aux renforts français d'arriver à temps pour éviter la percée vers Verdun. Ces combats marquent le début de la bataille de Verdun qui durera jusqu'en octobre 1916.

Le bois des Caures, lieu de mémoire[modifier | modifier le code]

Monument à la mémoire des soldats des 56e et 59e bataillons de chasseurs à pied

Un circuit pédestre de plein-air balisé permet de découvrir le site du bois des Caures. Des panneaux informatifs jalonnent le parcours de 800 m. On peut ainsi découvrir le PC, la tombe du lieutenant-colonel Driant et le monument commémoratif des 56e et 59e bataillons de chasseurs à pied.

Le monument au colonel Driant et aux soldats des 56e et 59e bataillons de chasseurs à pied[modifier | modifier le code]

Historique[modifier | modifier le code]

En 1922, Le Souvenir français décida de rendre hommage, sur le champ de bataille, aux soldats des 56e et 59e bataillons de chasseurs à pied et dà leur chef le lieutenant-colonel Driant.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Un monument fut érigé a la fourche de la route de Flabas et de celle de Ville-devant-Chaumont, à 20 km au Nord de Verdun. Ce monument a été sculpté par Grégoire Calvet. Un imposant monolithe taillé dans la pierre calcaire de la Meuse se dresse au dessus d'un bloc de roche. Au sommet émerge une croix latine auréolée. En dessous, on peut voir un ensemble de croix mortuaires. La première croix est entourée d’un corps de chasse, symbole des chasseurs à pied. Sur le socle a été gravée cette dédicace :

« Au Colonel Driant et à ses chasseurs. »

Autour du monument, se trouvent les tombes de treize soldats restés anonymes[1].

Du monument, on peut atteindre le village détruit de Beaumont-en-Verdunois situé à 2,5 km environ.

Commémorations[modifier | modifier le code]

Une cérémonie du souvenir est organisée tous les 21 février devant le monument commémoratif des chasseurs.
La 12e promotion (1965-1966) de sous-officiers d'active de l'ENSOA de Saint-Maixent et de l'EAENSOA de L'EMI de Montpellier porte le nom de VERDUN-BOIS DES CAURES.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Tragiquement, Hutin fut déporté et exécuté en 1944 pour ses activités dans la Résistance

Références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • 59e Bataillon de Chasseurs à pied, Historique 1914 - 1918, Paris, Librairie Chapelot
  • Historique du 56e bataillon de Chasseurs à pied, Metz, Imprimerie Lorraine
  • Jacques-Henri Lefebvre, Verdun, la plus grande bataille de l’Histoire racontée par les survivants, Éditions du Mémorial. (ISBN 2-901186-10-6)
  • Pierre Miquel, Le Serment de Verdun, tome 3 de la suite romanesque Les enfants de la patrie, Paris, Fayard, 2002
  • Pierre Mari, Les Grands Jours, Paris, Éditions Fayard, 2013 (ISBN 978-2-213-67065-2),

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]