8e bataillon de chasseurs à pied

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8e bataillon de chasseurs
Insigne régimentaire du 8e bataillon de chasseurs
Insigne régimentaire du 8e bataillon de chasseurs

Période 28 septembre 1840 – 7 mai 1999
Pays Drapeau de la France France
Branche Armée de terre
Type Bataillon de Chasseurs
Rôle Infanterie
Inscriptions
sur l’emblème
Voir étendard unique des chasseurs
Anniversaire Sidi-Brahim 1845
Batailles Algérie 1841-1857 - Italie 1859 - France 1870-1871 - Grande Guerre 1914-1918 – France 1939-1940 - Libération 1944-1945 - Allemagne 1945
Fourragères A la couleur du ruban de la Légion d'honneur
Décorations Croix de guerre 1914-1918
six palmes
une étoile de vermeil

Le 8e bataillon de chasseurs est une unité d'infanterie, de l'armée française. Suite au comportement exemplaire de ses chasseurs dans la bataille de Sidi-Brahim en 1845, il en a pris le nom et est connu comme le « bataillon de Sidi-Brahim ». Le 8e groupe de chasseurs mécanisé, ainsi que les autres corps de même arme, fut créé par ordonnance royale du 28 septembre 1840, par une ordonnance du même jour, l'organisation de ces bataillons fut confiée au duc d'Orléans, lieutenant général du royaume de France, d'où le nom de « Chasseurs d'Orléans» qui servit, pendant un certain temps, à désigner les bataillons de chasseurs à pied. Formé le 1er novembre 1840 au camp de Saint-Omer, et commandé par le chef de bataillon Uhrich, le 8e assista, le 12 mai 1841, au camp de Romainville, à la revue du roi et à la remise du drapeau confié à la garde des chasseurs à pied. Il a notamment stationné à Wittlich (Rhénanie-Palatinat) jusqu'à sa dissolution en 1999[1].

Création et différentes dénominations[modifier | modifier le code]

  • 1840: 8e bataillon de chasseurs à pied
  • 1842: 8e bataillon de chasseurs d’Orléans
  • 1848: 8e bataillon de chasseurs à pied
  • 1945: 8e bataillon de chasseurs portés
  • 1960: 8e groupe de chasseurs portés
  • 1968: 8e groupe de chasseurs mécanisés
  • 1975: 8e groupe de chasseurs

Chefs de corps[modifier | modifier le code]

  • 1840-1841 CBA URICH
  • 1841-1842 CNE LATOUR
  • 1842-1845 CBA Auguste Laurent FROMENT-COSTE
  • 1845 CNE DELMAS
  • 1845-1847 CBA de LOURMEL
  • 1847-1849 CBA DONAY
  • 1849-1853 CBA DU BRAS-DE-FER
  • 1853-1856 CBA de BRAUER
  • 1856-1857 CBA BRINCOURT
  • 1857 CNE MANGIN
  • 1857 CNE DOLEAC
  • 1857-1860 CBA MERLE
  • 1860-1864 CBA LOCHNER
  • 1864-1864 Commandant DUCREST de VILLENEUVE (16 octobre 1864 au 28 décembre 1864)
  • 1864-1867 Commandant VINCENDON
  • 1867-1870 Commandant POYET + FROESCHWILLER
  • 1870 Commandant VIENOT
  • 1870 Commandant ANTONINI (Il fut arrêté et déporté)
  • 1870-1871 Commandant BERTRAND (Il prend le commandement le 3 novembre)
  • 1871 Commandant ANTONINI (Il rentre de captivité est prend le commandement les 26 et 27 mars 1871)
  • 1871-1872 Commandant VIENOT
  • 1872-1876 Commandant ANTONINI
  • 1876-1882 Commandant CHAUFFEUR
  • 1882-1887 Commandant CIROU
  • 1887 CNE DESROZIERS
  • 1887-1890 Commandant MAUX
  • 1890-1892 Commandant SOYER
  • 1892-1895 Commandant BUNOUST
  • 1895-1898 Commandant FEUCHERE
  • 1899-1902 Commandant MOISSENET
  • 1902-1908 Commandant BEROT
  • 1909-1911 Commandant VALENTIN
  • 1911-1913 Commandant GIBON GUILHEM
  • 1913-1914 Commandant CLAVEL
  • 1914-1915 Commandant DEVINCET
  • 1915-1916 Commandant LEMOINE
  • 1916 Commandant SAVORNIN
  • 1916-1919 Commandant Michel de GRILLEAU
  • 1919-1923 Commandant MATHIEU
  • 1923-1925 Commandant DAQUIN
  • 1926-1930 Commandant BEUCLER
  • 1930-1936 Commandant GUY
  • 1936-1938 Commandant CARRIAS
  • 1938-1941 Commandant PAUTY
  • 1941-1942 Commandant CADORET
  • 1944 LCL POCHARD
  • 1944-1946 Commandant PUGLIESI-CONTI
  • 1946-1948 LCL BIE
  • 1948-1949 LCL TABOUIS
  • 1949-1951 LCL ROLLET
  • 1951-1953 LCL de PENFENTENYO de KERVEREGUEN
  • 1953-1955 LCL SANDRESCHI
  • 1955-1957 LCL DELCROS
  • 1957-1960 LCL JEANPIERRE
  • 1960-1961 LCL METZLER
  • 1962-1964 COL ETCHEVERRY
  • 1964-1965 COL. LESCAN
  • 1965-1967 COL SOURIEAU
  • 1967-1969 COL VERGUET
  • 1969-1971 COL de LA HAYE SAINT HILAIRE
  • 1971-1973 COL GRASSER
  • 1973-1975 COL BORG
  • 1975-1977 COL LABBE
  • 1977-1979 COL LAMANT
  • 1979-1981 COL SICARD
  • 1981-1983 COL JOLIBOIS 3*
  • 1983-1985 COL RENIER
  • 1985-1987 COL DAGIRAL
  • 1987-1989 COL ROLLAND
  • 1989-1992 COL TEYSSIER
  • 1992-1994 COL MALBEC 4*
  • 1994-1996 COL LOMBARD
  • 1996-1998 COL GALLET
  • 2*GBR Général de Brigade, 3*GDI Général de Division, 4*GCA Général de Corps d'Armée, 5*GAR Général d'Armée.

Historique des garnisons, combats et bataille[modifier | modifier le code]

1815 à 1852[modifier | modifier le code]

  • Première campagne d'Algérie. Le 10 juin 1841, le bataillon, avec son état-major, s'embarquait à Toulon, à destination de l'Afrique. Débarqué le 14 à Mostaganem, il prit part, le 21 mars 1842, au combat de la Sikack, sous les ordres du général Bedeau. Il était bataillon d'avant-garde à la bataille d'Isly, gagnée par le Maréchal Bugeaud, le 14 août 1844.

Le 23 septembre 1845, sous les ordres du lieutenant-colonel de Montagnac, le 8e bataillon de chasseurs à pied commandé par le commandant Froment-Coste, renforcé des hussards de Courby de Cognord, réalisait ces prodigieux exploits qui ont immortalisé le nom de Sidi-Brahim. Le commandant, 8 officiers et 152 sous-officiers et chasseurs y furent tués.

Le 26 septembre, mourant de faim, les chasseurs tentèrent d'atteindre la redoute de Djemmaa, mais assaillis par des milliers d'Arabes, ils furent tués avant d'y arriver, Quinze d'entre eux seulement purent y parvenir, deux moururent aussitôt d'épuisement.

C'est à Sidi-Brahim que s'est fondée la tradition glorieuse du 8e et de tous les chasseurs, qui est de « MOURIR EN COMBATTANT SANS SE RENDRE JAMAIS ».


Au 1er janvier 1849, le 8e BCP, sous le commandement du chef de bataillon Du Bras De Fer, est en garnison à Oran en Algérie.
Reformé par l'arrivée de 400 volontaires pris dans les Bataillons de Chasseurs d'Orléans en garnison en France, le 8e était à l'assaut et à la prise de Zaatcha, le 26 novembre 1849.
Il prenait part, sous les ordres du colonel Canrobert, à l'attaque de Naarha le 5 janvier 1850. Cette dernière victoire marque la fin de son séjour en Algérie.
Le 6 mai suivant, le 8e était de retour en France. Il tient garnison à Lyon, Besançon, Paris, Douai et Vincennes.

Second Empire[modifier | modifier le code]

Le 14 août 1853, il reçoit l'ordre de se rendre à Dieppe, pour y faire le service d'honneur pendant le séjour de l'empereur et de l'impératrice des Français dans cette ville.

  • Deuxième campagne d'Algérie. Le 1er avril 1856, le 8e embarque à Toulon. Il participe à la pacification de la Grande Kabylie et se distingue aux combats de Tamezrit d'ain Yacoub et à celui du village de Tarsouth, le 11 juillet 1857, qui vit la défaite totale des Kabyles et « où tout le corps expéditionnaire, fort de 25 000 hommes, avait pris part sur une étendue de près de 10 lieues carrées.» « Les pertes des Kabyles furent énormes. Aussi étaient-ils dans la stupeur et vinrent-ils en foule offrir de se soumettre sans condition ». Dans les premiers jours de février 1859, la division RENAULT à laquelle appartient le 8e, employée depuis octobre 1858 à la construction du chemin de fer allant d'Alger à Blida, reçût l'ordre de se tenir prête à rentrer en France. Le 10 février, le 8e embarque pour Marseille.
  • Campagne d'Italie. Le 2 mai 1859, le 8e franchit le col du Mont-Cenis. Le 17, il traverse Marengo, le 4 juin avec la Garde Impériale, il soutient le choc des Autrichiens à la redoute de Buffalora, épisode de la bataille de Magenta. Le chasseur Zimmermann de la 7e compagnie y eut une très belle conduite. Le 26 août, il rentre dans son ancienne garnison : Besançon, qu'il quittera en 1859 pour Rennes, Boulogne, Metz, Vincennes, Paris, Toulouse. Le 25 juillet 1870, il rejoint l'Armée du Rhin à Strasbourg.
  • La campagne de 1870. Il quitte Strasbourg le 3 août, sous les ordres du commandant Poyer. Faisant partie du corps d'armée commandé par le Maréchal de Mac Mahon, il prend part le 6 août à la bataille de Frœschwiller. Pendant cette journée, il eut à soutenir des chocs très violents, si l'on en juge par énormes pertes qu'il subit. Réorganisé à Chalons, le 8e était de nouveau en ligne le 1er septembre 1870, pour la bataille de Sedan. Il fut mêlé à des actions sérieuses ce jour-là et perdit une partie de son effectif. Le reste avec toute l’armée de Sedan, fut fait prisonnier et interné en Allemagne. Après Sedan, un Huitième de Marche est créé. Il combat sous les ordres du Général de LAMOTTE ROUGE dans la région d'Orléans, sous ceux du colonel Rousseau à Landelles et à Retoncelle. Il prend part à la bataille d'Orléans et du Mans. Il reprend son appellation de : « 8e Bataillon de Chasseurs à pied » en rentrant à Toulouse, où il est reformé avec les 2 compagnies de dépôt du 8e Bataillon de Chasseurs à pied qui n'étaient pas à Sedan.

1871 à 1914[modifier | modifier le code]

  • Troisième campagne d'Algérie. Le 19 avril 1875, le 8e débarque à Alger. Il est désigné pour tenir garnison à Fort National qu’il quitte en octobre pour Dellys puis le 2 mai 1876 pour Millianah. Le 11 octobre, il débarque à Toulon et va rejoindre sa nouvelle garnison : Amiens. En France 1878 : Le 2 octobre, le bataillon fête l'anniversaire du combat de Sidi Brahim d'après un programme arrêté entre les commandants des 30 bataillons au moment de leur réunion au camp de Chalons (juillet 78). Certains anciens de septembre 1845 y assistent (Rolland - Lavayssiere et probablement Pegues). 1898 : Le 11 décembre, une délégation du 8e part d'Amiens pour assister à l'inauguration du monument à la gloire des Héros de Sidi Brahim. En 1899 : Le Bataillon compte parmi ses officiers le capitaine adjudant major Pétain et le lieutenant Gouraud.

En 1913, le bataillon est désigné le 5 mai 1913 pour aller tenir garnison à Etain près de Verdun C'est là que la déclaration de guerre le trouve, c'est de là qu'il gagne ses positions de couverture. Il appartient à la 83e Brigade, 42e Division d'infanterie, VIeCorps d'armée.

Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

1914[modifier | modifier le code]

Après les premiers engagements à la limite Nord du département de la Meuse à BEUVEILLES et au Bois de Tappes, c'est la défense héroïque d'Arrancy, le 23 août 1914, contre des forces ennemies dix fois supérieures en nombre. Le bataillon, après douze heures de lutte ardente, sa mission remplie, se replie sur ordre et reçoit du général Rocques la promesse d'une citation à l'ordre de l'Armée qui ne sera pas suivie d'effet, le Général ayant été tué quelques instants plus tard.

  • BATAILLE DE LA MARNE

Le 5 septembre au soir, le demi-tour est ordonné. Le bataillon tient d'abord les passages de Broussy et de Saint-Gond puis combat vers La Villeneuve et Soizy-aux-Bois. Il apporte son aide aux héroïques défenseurs de Mondement et, le 8 septembre, soutient un violent combat dans le bois de Botrait. La poursuite de l'ennemi vaincu commence ; le Bataillon passe la Marne le 12, tient le secteur d'Auberive-sur-Suippes, puis celui de Reims.

  • LES FLANDRES

Fin octobre, il part pour la Belgique avec la 42e D.I. dont il fait partie et prend part à la bataille de l'Yser. Il se distingue avec les fusiliers-marins à l'assaut du château de Dixmude puis, après un dernier combat à Vousten où il perd son chef, le Commandant Clavel, il rentre en France.

1915[modifier | modifier le code]

  • L'ARGONNE - LA CHAMPAGNE

Il monte en ligne en Argonne. Son héroïque défense à Bagatelle les 30 juin et 1er juillet lui vaut sa première citation à l'ordre de l'armée. Le 25 septembre, il est de l'offensive en Champagne.

1916[modifier | modifier le code]

  • VERDUN

Février voit s'allumer la bataille de Verdun. Dans la nuit du 11 au 12 mars, le Bataillon monte en ligne à Douaumont et y reste jusqu'au 31.

  • LE MORT-HOMME

Il remonte en ligne au Mort-Homme qu'il défend les 9 et 10 avril contre des attaques désespérées de l’ennemi. Il subit de très lourdes pertes. Son chef, le commandant Savornin est au nombre des morts. En mai, le Bataillon prend le secteur des Caurettes avant d'aller au repos dans la région de Toul.

  • LA PICARDIE

Pour soulager le front de Verdun, le Maréchal Joffre monte l’offensive de la Somme. Le 8e y participe sous le commandement du commandant De Grilleau, il s'empare du village de Rancourt le 25 septembre 1916 et gagne une nouvelle citation à l'ordre de l'armée avant de se distinguer à nouveau, à Sailly-Saillisel, le 5 novembre.

1917[modifier | modifier le code]

  • L'AISNE

Le 8e reçoit la Fourragère aux couleurs du ruban de la Croix de Guerre. Pendant l'offensive de l’Aisne, le 8e s'illustre à Berry-au-Bac où, après avoir enlevé tous ses objectifs dans la journée du 16 avril 1917, il tient ce secteur très dur pendant 21 jours. En novembre, il reçoit la Fourragère aux couleurs du ruban de la Médaille militaire.

1918[modifier | modifier le code]

  • LA SOMME

Au début du mois d'août 1918, le bataillon participe à la grande offensive de la Somme puis à l'attaque de Vouziers. Le 11 novembre, il est à Saint-Germain où il apprend la signature de l'armistice.

Le 19 décembre 1918, titulaire de six citations à l'ordre de l'armée, il reçoit la fourragère aux couleurs du ruban de la Légion d'honneur.

Le Bataillon a perdu durant cette période 2281 Officiers, sous-officiers, caporaux et chasseurs, soit environ deux fois son effectif.

Entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

Le 8e Bataillon fait partie, pendant les premiers mois de l’année 1919, des troupes d’occupation en Allemagne. Il cantonne à Haguenau puis à Sultz. Le bataillon tient successivement garnison à Metz, Forbach et Toul.
Le 8e a donc changé huit fois de garnison entre 1919 et 1934. Les mutations nombreuses ne sont pas l’apanage de quelques corps. Les hésitations du ministère de la guerre pendant l’entre-deux-guerres provoquent des va et vient incessants qui sont préjudiciables à l’entrainement de la troupe. À Toul, le 8e forme 1/2 Brigade avec le 16° (Toul) et le 30° (Saint-Nicolas-de-Port). 3 Bataillons à fourragère rouge.

Il garde le drapeau des chasseurs à pied du 9 septembre 1931 au 1er septembre 1939.
Le 13 août 1939, en présence du général Gamelin, le 6e remet au 8e, sur les pentes du Schratz, le drapeau des Chasseurs à pied.

Lorsqu’en septembre 1938, Hitler envahit la Tchécoslovaquie, la tension internationale ne cesse de monter. Paris rappelle alors une partie de réservistes. Le Bataillon se porte à la frontière pour tenir le secteur confié à sa garde.

Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Le 23 août 1939, le 8e quitte Toul pour son secteur de couverture. En septembre, dans la région de Sarreguemines, avec la 1re Demi brigade de Chasseurs (11e DI.) dont il fait partie, il participe au franchissement de la Sarre, s'empare du Bois de Vorderwald et occupe le village de Klein Blittersdorf, il maintient le contact pendant plusieurs semaines. Il va tenir la position de Cadenbronn et y demeure jusqu’au 13 novembre. Il rend les honneurs au Roi d'Angleterre qui visite le front. Il est sur la ligne Maginot à Lixing et y reste jusqu'au 10 mai 1940. Le 11 mai il occupe le secteur de Cocheren-Rossebruck-Morsbach au sud de Forbach. Le 12, l'Allemand attaque, Du 12 au 16, le 8e tient tête à l’ennemi. Le 16 au soir, la 11e DI. est retirée du front de Lorraine pour être jetée devant l’envahisseur qui a rompu le front dans la région de Sedan. Le 25 mai, le 8e occupe le carrefour de la Faisanderie dans Compiègne. Le 2 juin, il s'organise défensivement sur la rive gauche de l’Aisne mais le 8 juin, les Allemands, qui ont franchi dans un autre secteur, obligent toute la 11e DI à reculer. La 3e Cie se distingue à Ormoy-Villers. Le-repli se poursuit en ordre, tout en conservant le contact de l’ennemi que le 8e ralentit notamment à Trilbardou sur la Marne. Replié par voie routière puis par voie ferrée le 8e atteint la Loire. Le 17 juin, il s'installe sur la rive gauche et, le 18, contient l’Allemand. Le 19 juin, c'est le repli sur Mennetou-sur-Cher. Le 8e en défend l’accès appuyé par un canon de 75, en batterie près du pont sauté et tirant à vue directe. Le soir, l'ordre de repli arrive. Le Bataillon embarque en camion à destination de Buzançais, puis du Château de Lacombe. Il s’organise dans la journée du 23 à Pouillac, puis est transporté à nouveau à Aumont où il apprend, par radio, l'armistice le 24 juin 1940. Le 8e est reformé à la même date en unité d’armée d’armistice. Il stationne à Marthon (Charente), ou plutôt, il est disséminé sur 25 kilomètres du front pour assurer la surveillance de la ligne de démarcation.(Son P.C est à Marthon, la 1re Cie à Tapont, la 2e à Vouzan puis à Saint-Somain, la 3e à Grassac, les engins à Feuillade). Au printemps 1941, le 8e séjourne au complet pendant quelques semaines au camp de Bourg-lastic, puis il part pour le camp de la Fontaine du Berger, près de Clermont-Ferrand, où le commandant Pauty lui fait ses adieux le 10 septembre 1941 après l’avoir commandé depuis le 24 juin 1938, il est remplacé le 15 septembre par le commandant Cadoret. Le 3 octobre, le Bataillon rallie Marthon qu’il quitte le 21 pour Magnac-Laval en Haute-Vienne. Après un séjour au camp de la Courtine de juin à juillet 1942, le 8e est dissous le 27 novembre 1942 lorsque l’armée d’armistice est désarmée lors de la riposte allemande au débarquement en Afrique du Nord.


  • La renaissance:

Par décision du général de Gaulle en date du 11 août 1944, il était procédé, dans la région de Paris, à la renaissance du 8e Bataillon de Chasseurs. Le lieutenant-colonel Pochard était désigné pour en prendre le commandement. Le 8e était constitué du personnel de la Sidi-Brahim, société de préparation militaire, qui, sous le commandement du Lieutenant de réserve De Menteguiaga, s'était réformée sous l'occupation et avait combattu pour la libération de Paris, dans le XIV arrondissement. Il devait être complété par d'autres éléments F.F.I. de la région parisienne. Mis à la disposition du XX C.A.U.S., le 8e participe à la Libération de Metz, puis à des opérations en Sarre. Le 11 juin l’armistice surprend le 8e en manœuvre de chars avec l’armée américaine. Le bataillon est porté fin septembre dans la région de Trèves. Le Bataillon de Chasseurs à pied, fut l’une des premières unités régulières reformées sur le territoire libéré. De ce fait, il a été stationné dans la zone des combats du 21 octobre 1944 au 28 avril 1945. Le 8e B.C.P. a eu 8 morts et de nombreux blessés. Le général Walker Commandant le 20e Corps d’Armée US lui a fait décerner 14 bronzes Stars (4e médaille dans l’ordre américain). Ramené à Souppes-sur-Loing, il passe à la 3e D.B.

1945 à nos jours[modifier | modifier le code]

Il quitte Épernay en 1951 pour retourner en Allemagne où il séjourne en garnison à Wittlich jusqu’à sa dissolution.
Porté sur half track, il passe sur VTT AMX-13 en 1959. Il est alors sur le type de la division.
En 1967 de structures modernes, il se compose essentiellement de deux escadrons de chars AMX-13 (canon de 90 mm) et de deux compagnies mécanisées dotées de VTT, sans compter la compagnie d'éclairage de brigade qui lui est rattachée, et qui comporte une section « Rasura ». Il doit donc disposer de nombreux spécialistes de haute technicité dont il assure la formation et de cadres dynamiques animés d'un esprit entreprenant et manœuvrier.
En 1968, il prend l'appellation du 8e Groupe de Chasseurs Mécanisé.
Membre des Forces Françaises en Allemagne, appartenant à la 1re brigade mécanisée de la 1re Division, le 8e groupe de Chasseurs Mécanisé est stationné à Wittlich et jumelé depuis 1962 avec le Panzer Grenadier Bataillon 152 et depuis 1971 avec le 2eBataillon de Carabiniers Cyclistes Belges.
Sa vie à Wittlich est consacrée, comme toutes les unités en temps de paix, à l'instruction. Le terrain de manœuvre du Mesenberg permet l'évolution des chars et des VTT et l’installation du tir « Genshow » affermit les chefs de chars dans le choix des objectifs et dans leurs commandements de chef d'engin blindé. L'équipe de tir s'est classée troisième au championnat de France 1969. Les tireurs canon et missiles vont fréquemment aux camps de Mailly et de Mourmelon, alors que Baumholder est le camp d'entraînement des tireurs à la mitrailleuse, au LRAC et au canon de 106 mm. En moyenne, le 8e effectue deux séjours en camps, chaque année.
En 1975 il prend l'appellation du 8e Groupe de Chasseurs en tant qu’unité de la 1er division blindée, va participer à l’aventure européenne en devenant l’un des corps d’infanterie du Corps Européen.
( Le drapeau qui, aujourd'hui, symbolise la patrie dans les rangs des groupes mécanisés et bataillons alpins est donc le douzième depuis la création des Chasseurs à pied. II a été remis au 8e Groupe de Chasseurs en 1975, alors que ce Corps était stationné en Allemagne à Wittlich.)
En 1995, il est en Ex-Yougoslavie (Razaslje en Bosnie) avec la 1re compagnie du Capitaine Noviant. En 1996 il est en Ex-Yougoslavie (Sarajevo en Bosnie) avec la 1er compagnie du Capitaine Jeand’Heur. En 1997, il est en Ex-Yougoslavie (Trnovo en Bosnie) avec la 1er compagnie du Capitaine Jeand’Heur. Le Bataillon voit sa dissolution à Wittlich, le 7 mai 1999. De nos jours, la caserne du 8e bataillon de chasseurs (8e G.C.) a été entièrement rasé ainsi que celle du 51e R.A. voisine. Elles ont fait place à un grand centre commercial.

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Commandants d'unité[modifier | modifier le code]

1re compagnie

  • 1978-1980 Cne LE GUEN
  • 1980-1982 Cne QUIVRON
  • 1982-1984 Cne KLEIN
  • 1987-1989 Cne NEYROLLE
  • 1989-1990 Cne FOURNIER
  • 1990-1992 Cne MIGADEL
  • 1992-1993 Cne MASSENA
  • 1993-1995 Cne HAUTECHAUD

2e escadron

  • 1964-1966 Cne LAFFONT
  • 1966-1968 Cne PAULIN
  • 1968-1970 Cne DE CASTET
  • 1970-1972 Cne COSMAO DUMANOIR
  • 1972-1974 Cne BERNETIERE
  • 1986-1988 Cne CHENET
  • 1988-1990 Cne MINJOULAT-REY
  • 1990-1992 Cne HUGUENIN
  • 1992-1994 Cne ANTONNA
  • 1994-1996 Cne NOVIANT
  • 1996-1998 Cne ARNAL

3e compagnie

  • 1959-1964 Cne BERTHET
  • 1971-1972 Cne CROS
  • 1976-1977 Cne AUMONIER
  • 1977-1979 Cne OLLIER
  • Cne MARY
  • 1979-1980 Cne ROCHUT
  • 1982-1984 Cne ESPINOZA
  • 1984-1986 Cne PETER
  • 1986-1987 Cne LEGALL DUTERTRE
  • 1987-1989 Cne SOULIER
  • 1989-1991 Cne LE RET
  • 1991-1993 Cne CHARLUT
  • 1993-1995 Cne FATZ
  • 1995-1997 Cne BRILL

4e escadron-

  • 1968-1971 Cne THAITE
  • 1971-1973 Cne JUDEAUX
  • 1973-1975 Cne BAUDOIN
  • 1975-1978 Cne LAFFORGUE
  • 1978-1980 Cne TRICOIRE


  • 1976-1978 Cne HARDOUIN
  • 1978-1980 Cne ALLOUCHE
  • 1980-1982 Cne…
  • 1982-1984 Cne CHOSSAT
  • 1984-1986 Cne LUTZ
  • 1986-1988 Cne LAPACE
  • 1988-1990 Cne THOMAS
  • 1990-1992 Cne ROQUES
  • 1992-1994 Cne ROLLAND
  • 1994-1996 Cne RIETSCH
  • 1996-1998 Cne RONDEAU

CCAS (Compagnie de Commandement, d'Appui et de Services)

  • 1983-1985 Cne FERRARA
  • SML (section mortier lourd)
  • 1979 1981 Cne Lacaze

11e compagnie

  • 1985- Cne CLERC

Refrain[modifier | modifier le code]

T'as beau courir tu n'me rattrap'ras pas !

Chaque bataillon possède son refrain et le 8e GC ne déroge pas à la règle. Le sien semble être l'un des moins paillards et ne concerne que le domaine militaire : les chasseurs à pied sont réputés marcher rapidement et avancer énergiquement au front.

Décorations[modifier | modifier le code]

Le bataillon porte la fourragère a la couleur du ruban de la Légion d'honneur obtenue le 19 décembre 1918. En réalité, le Groupe a(vait) les trois fourragères (Légion d'Honneur, Médaille militaire et Croix de guerre 1914-1918) mais par humilité (comme tout chasseur), il n'a porté que la plus élevée… Sa cravate est décorée de la Croix de guerre 1914-1918 avec six citations à l’ordre de l’Armée, une citation à l’ordre du Corps d’Armée.

Insigne[modifier | modifier le code]

Cor ovale, pavillon à droite, au centre marabout de sidi brahim et croix de lorraine. Création vers 1925 fabricant Arthus-Bertrand Paris Déposé.

Traditions[modifier | modifier le code]

Chez les chasseurs, on ne dit pas "jaune" mais "jonquille". On ne dit pas "Rouge" mais "Bleu-cerise" sauf pour le rouge du drapeau national, du rouge de la fourragère, et du rouge des lèvres de la femme aimée. Un Chasseur ne porte pas un "uniforme" mais une "Tenue". Le sang d'un chasseur n'est pas rouge mais "Vert" car c'est de tradition de dire "Le sang vert, c'est pour la France" (Le sang versé pour la France).

Unités de chasseurs à pied[modifier | modifier le code]

Personnalités ayant servi au 8e BCP[modifier | modifier le code]

En 1899, le Bataillon compte parmi ses officiers :

De 1940 à sa dissolution :

  • Capitaine Gérard de Cathelineau qui donnera son nom à une promotion d'officiers de l'E.M.I.C. de Cherchell.
  • le Général Patton, commandant la 3e Armée américaine, est nommée sergent honoraire au 8e Bataillon de Chasseurs à Pied.
  • Le Colonel François Raoul comme sous-lieutenant : pendant la guerre d' Algérie il sera l'un des plus célèbres instructeurs à l'E.M.I.C. de Cherchell, après avoir servi en Indochine : un livre lui est personnellement dédié : (Ceux de Cherchell)
  • le Colonel Monneveu, actuel vice-président de la F.N.A.C.
  • le Lieutenant Arnaud de Vial, chef de poste pendant la guerre d'Algérie, avant d'être affecté au célèbre "huitième", historien et écrivain, auteur de deux livres sur Cherchell et sur les chasseurs à pied, engagés sur le terrain en Algérie et en Allemagne de 1960 à 1962.
  • Raphaël Lavaud, joueur international de rugby à XV

Le Colonel Grasser, chef de corps de 1971 à 1973, a été affecté ensuite comme attaché militaire en afrique, et c'est lui qui a planifié l'intervention militaire de la légion étrangère à Kolwezi où de nombreux français et européens étaient menacés par des rebelles sanguinaires.

  • Éric Woerth : À la fin de ses études, en 1980, il effectue son service militaire comme soldat de 2e classe au 8e régiment de chasseurs à Wittlich, en Allemagne.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Extrait du livret remis à chaque nouvelle recrue à son arrivée au quartier Foch à Wittlich.

Sources et bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Arnaud de Vial, La Guerre d'Algérie, Éditions Jeanne d'Arc, EJA, 2010.
  • Tome 1 "Ceux de Cherchell", sur la prestigieuse École où ont été formés tous les officiers de réserve qui ont été affectés dans les bataillons de Chasseurs, dont le 8e G.C.P. pendant la guerre d' Algérie. (ISBN 2-911794-83-4)

A) L'histoire vécue de 31 eBCP en Algérie 1959-1962.
B) L'histoire vécue du huitième Groupe de Chasseurs Portés en 1962 au moment de l'affaire des missiles de Cuba, Éditions Jeanne d'Arc, 2010.

  • Arnaud de Vial, De Cherchell aux Djebels, Éditions Jeanne d'Arc, 2012,(ISBN 9782362620102)
  • Historique du 8e Bataillon de Chasseurs à Pied pendant la guerre 1914-1918, imprimerie Berger-Levrault, 1934, 56 pages.
  • Bataillon de Sidi-Brahim, 8e Groupe de Chasseurs, d’Helfaut à Wittlich, 1840-1995, Le Point d’Impression, Metz, 1995, 187 pages.

Annuaire de l'état militaire de la France 1845, ches Vve LEVRAULT Historique du 8° Groupe de Chasseurs, septembre 1995, SHAT

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Chasseurs

Liens externes[modifier | modifier le code]