Service interarmées des munitions

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Service interarmées des munitions
Image illustrative de l'article Service interarmées des munitions
Insigne du SIMu

Création
Pays Drapeau de la France France
Allégeance État-major des armées
Branche forces armées françaises
Type Organisme interarmées
Rôle Assurer le soutien munitions des armées
Effectif 1 289 (31 octobre 2 015)
Garnison Versailles
Commandant Général de brigade aérienne Philippe Toubin

Le service interarmées des munitions (SIMu) est un organisme interarmées des forces armées françaises créé par un arrêté le [1]. Il est constitué de pyrotechniciens (ex artificiers) de l'Armée de Terre, des mécaniciens armements de l'Armée de l'Air, de pyrotechniciens de la Marine et de personnel civil de la Défense, dont des ouvriers d'État en pyrotechnie.

Mission[modifier | modifier le code]

L'objectif opérationnel du SIMu est :

  • de mettre à disposition des forces, en tous lieux et en tout temps, des munitions de toutes natures en quantité et en qualité requises ;
  • de projeter des pyrotechniciens militaires qualifiés et entraînés appartenant au SIMu.

Ce service participe à l'acquisition des munitions et des dispositifs pyrotechniques au profit des armées. Il en assure la gestion, le stockage, la maintenance, ainsi que le ravitaillement des forces et l'élimination des munitions déclassées. Il contribue à la réglementation concernant les munitions et représente le ministère français de la Défense dans les accords dans le domaine des munitions de l’OTAN[2].

Les marchés relevant de la responsabilité de la direction générale de l'Armement ainsi que les armes nucléaires et leurs vecteurs sont exclus de sa compétence.

Le SIMu est aussi chargé de l'exploitation des sites pyrotechniques en métropole, en Outre Mer et à l'étranger. Les dépôts et groupements munitions sont des Zone de Défense Hautement Sensible, des sites SEVESO ainsi que des Installations Classées pour la Protection de l’Environnement (ICPE). Leurs défenses et leurs gardes sont assurés par les trois armées et principalement par les sections cynophiles de l'Armée de Terre appartenant au 132e BCAT et aux fusiliers-commandos de l'Armée de l'Air.

En 2015, il gère 120 000 tonnes de munitions, dont plus de 20 000 à éliminer, pour une valeur totale de 8,5 milliards d’euros[3].

Au sein de chaque emprise, les munitions sont stockées selon les règles de sécurité pyrotechniques en vigueur[4] et l’étude de sécurité pyrotechnique approuvée par l'IPE, prenant en compte les données techniques de chaque munition, en particulier, leur classe de stockage, leur division de risque et leurs effets en cas d’explosion. Les bâtiments sont séparés par des merlons et comportent une partie soufflable en cas d’explosion.

Structure[modifier | modifier le code]

Ce service dont l'échelon central se situe à l'allée des Matelots à Versailles[5] est rattaché à l'état-major des armées.

Comptant environ 1 800 employés à sa création, son premier directeur était le général de division Stéphane Ovaere. Son actuel directeur est le général de brigade aérienne Philippe Toubin. Depuis sa création et, en vertu du plan « SIMu 2019 », le service verra ses effectifs réduits de 22 %, soit environ 500 pyrotechniciens en moins de 2008 à 2019, alors que ses missions sont restées identiques, avec un très lourd surcroît d’activité dû au regroupement des dépôts. Le référentiel des effectifs en organisation (REO) 2015 décrit 1 390 postes, dont 85 officiers, 298 sous-officiers, 149 militaires du rang et 858 civils (51 de catégorie A, 49 de catégorie B, 122 de catégorie C et 636 ouvriers de l’État). Au 31 octobre 2015, les effectifs réalisés sont de 1 289 personnes composés à hauteur de 40 % par du personnel militaire et de 60 % par du personnel civil

L'échelon central est composé du bureau pilotage, de la division technique, de la division ressources, de la division maîtrise des risques et du bureau emploi opérationnel.

Les vingt dépôts de munitions des trois armées en service en 2010 (dix de l’Armée de terre, six de l’Armée de l’Air et quatre de la Marine) et sept dépôts outre-mer et à l’étranger sont regroupés au sein de sept établissements principaux des munitions (EPMu) dans les années 2010[6] et cinq dépôts outre-mer. Dans le cadre du plan « SIMu 2019 », la fusion des échelons de direction des Établissements principaux des munitions (EPMu) a lieu pour permettre de de passer de sept EPMu à quatre[7].

Plusieurs types d’infrastructures de stockage sont mises en œuvre par le SIMu pour conserver les munitions. En 2015, on compte 613 igloos, la structure idéale[note 1]. Le site de Brienne-le-Château en compte 241, ce qui représente la moitié du stock national en termes de capacité. Il existe par ailleurs d’autres types d’infrastructures parmi lesquelles 104 magasins enterrés ou semi-enterrés, 525 magasins aériens ou bien encore 51 d’une autre nature : cavernes, shelters, poudrières ou structures métallo-textiles. Trois ateliers sont chargés de la fabrication de munitions pour le NEDEX tandis que 107 autres sont consacrés à la maintenance de munitions de différente nature, qu’il s’agisse de missiles ou de petites munitions

Le SIMu dispose d’un budget de fonctionnement de 9,5 millions d’euros en 2015. Ce budget lui permet de répondre aux besoins principaux suivants : la fabrication d’éléments NEDEX, les fournitures nécessaires aux opérations de MCO réalisées en interne, l’acquisition et l’entretien des équipements nécessaires à l’exécution de ses tâches, ses frais de déplacements et frais divers, les éliminations de munitions (soit 3,6 millions d’euros par an), les visites détaillées effectuées par la DGA/T (soit environ un million d’euros par an)[3].

Établissements principaux des munitions (EPMu) avant la restructuration de SIMu 2019[modifier | modifier le code]

Dépôt de munitions : igloo de stockage modèle américain.

Établissement principal des munitions « Alsace-Lorraine »[modifier | modifier le code]

Créé le , il est situé au Rozelier à Sommedieue (Meuse)[8], sur la base de Défense de Verdun. L'effectif à sa création était de 102 militaires et de 80 civils[9].

Il comprennait :

  1. Une direction situé au Rozelier (BdD de Verdun).
  2. le Groupement Munitions du Rozelier (BdD de Verdun). Construit par les forces américaines en 1959-1960, repris par les forces françaises en 1967. Il porta les noms suivants : 14e compagnie munitions du 9e régiment du matériel puis 5e compagnie munitions du 1er RMAT[10].
  3. le Groupement Munitions de Neubourg (BdD de Strasbourg-Haguenau). Construit en 1932 pour stocker les munitions de la ligne Maginot. Il porta le nom suivant : 7e compagnie munitions du 1er RMAT[10].

Lors des annonces du 15 octobre 2014, est annoncé la fusion des EPMu « Champagne-Picardie » et « Alsace-Lorraine » entre 2015 et 2019[11].

La section de munitions (SMu) 33-870 de Crépey, dissoute le 21 mai 2014, était rattachée à l’Établissement principal des munitions Alsace-Lorraine depuis 2011. Son insigne de tradition ainsi qu’une maquette de missile air-air Matra R.511 sont conservés au Rozelier.

L’établissement principal des munitions Alsace-Lorraine a été dissous le 22 juin 2017. Les groupements munitions Le Rozelier et Neubourg sont désormais rattachés à l’établissement principal des munitions Champagne-Lorraine, dont le commandement est situé à Brienne-le-château.

Établissement principal des munitions « Aquitaine »[modifier | modifier le code]

Créé le 19 mai 2011, il est situé sur le site de la base aérienne no 120. Il emploie, en 2011, 54 militaires et 38 civils[9].

Il comprend :

  1. le Groupement Munitions de Cazaux. Construit en 1974, il porta les noms suivants : DMu no 04/653, ESMu 04/653 et comprend 9 groupes de munitions de l'armée de l'air française[12].
  2. le Groupement Munitions de Sedzere. Construit en 1954, il fut reconstruit en 2003. Il porta les noms suivants : 5e compagnie munitions de Sedzère du 3e régiment du matériel[9].

Établissement principal des munitions « Bretagne »[modifier | modifier le code]

Créé le , il est situé à l'ex pyrotechnie Saint-Nicolas à Guipavas. Il emploie, en 2011, 11 militaires et 179 civils[9].

Il comprend :

  1. la Section Munitions de Coëtquidan. Il porta les noms suivants : 14e compagnie munitions du 2e régiment du matériel[9].
  2. le Groupement munitions de Saint-Nicolas. Créé en 1860, il fut occupée par l'armée allemande de 1940 à 1944, il fut sous la responsabilité de la DGA à partir de 1997 puis sous la responsabilité du service de soutien de la flotte de l'arsenal de Brest[13] à partir de 2000.

Établissement principal des munitions « Centre »[modifier | modifier le code]

Créé le , il est situé à Savigny-en-Septaine sur le site de la base aérienne 702 Avord. Il emploie, en 2011, 94 militaires et 90 civils et il est réparti sur 400 hectares[9].

Il comprend :

  1. le Groupement Munitions de Savigny-en-Septaine. Construit en 1957, il porta les noms suivants : entrepôt de munitions no 605, Entrepôt de l'Armée de l'Air no 605, équipe technique armements munitions 63.600, section de transit et de contrôle no 11.605.
  2. le Groupement Munitions de Salbris issue de l'ex-détachement munitions Terre à Salbris[14].

Lors des annonces du 15 octobre 2014, est annoncé la fermeture à l'été 2017 du Groupement Munitions de Salbris[11].

Établissement principal des munitions « Champagne-Picardie »[modifier | modifier le code]

Créé le 19 juin 2011, il est situé à Brienne-le-Château (Aube), il emploie, en 2011, 170 militaires et 134 employés civils[15],[9].

Il comprend :

  • le Groupement Munitions de Brienne-le-Château, issue de l'ETAMAT de Brienne-le-Château. Celui-ci abrite la zone d’entraînement « métier munitions » du SIMu [16].

Lors des annonces du , est annoncé la fermeture à l'été 2016 du Groupement Munitions de Connantray. Ainsi que le regroupement des EPMu « Champagne-Picardie » et « Alsace-Lorraine » entre 2015 et 2019[11].

Établissement principal des munitions « Méditerranée »[modifier | modifier le code]

Crée le , il est situé dans la pyrotechnie de Toulon. Il emploie, en 2011, 3 ingénieurs de l’armement, 64 militaires des trois armées et 238 civils[17].

Il comprend :

  1. le Groupement Munitions de Toulon dans l'emprise du port militaire de Toulon. Il est aussi nommée Pyrotechnie de Toulon. Son emprise est de 90 hectares et, en 2008, environ 2 000 t de munitions y sont entreposées[18].
  2. le Groupement Munitions de Tourris.
  3. le Groupement Munitions de Canjuers (installé dans le camp de Canjuers). Il porta les noms de : 5e compagnie munitions de Canjuers du 4e régiment du matériel et de ERGMu de Canjuers.
  4. le Groupement Munitions de Solenzara issue de la base aérienne 126 Solenzara.

Établissement principal des munitions « Provence »[modifier | modifier le code]

Créé le , il est situé à Miramas (Bouches-du-Rhône). Il emploie, en 2011, environ 120 militaires et 101 personnels civils[9].

Il comprend :

  1. le Groupement Munitions de Billard. Créé le 7 août 1935, il a été évacué en 1966 puis reconstruit en 1985. Il a été rattachée à l'ETAMAT de St Egrève puis de Lyon et enfin devient une section munitions du 7e RMAT[note 2].
  2. le Groupement Munitions de Fontvielle issue du dépôt Marine de Fontvieille.
  3. le Groupement Munitions de Miramas. Créé en 1923 en tant que parc d'artillerie d'Istres-Miramas. Il porta les noms suivants : détachement du 4e régiment du matériel[19] et ERGMu de Miramas[9].

Lors des annonces du 15 octobre 2014, est annoncé la fermeture à l'été 2015 du Groupement Munitions de Billard ainsi que la fermeture du Groupement Munitions de Fontvieille à l'été 2019[11]. En juillet 2016, la fermeture de Fontvielle est reporté en attente de la fin des travaux de modernisation à Miramas[7].

Dépôts de munitions outre-mer[modifier | modifier le code]

Un dépôt de munitions de théâtre en opérations extérieures.

Rattachés à l'échelon central du SIMu, les dépôts de munitions outre-mer sont placés sous le commandement des commandants supérieurs dans la France d'outre-mer (COMSUP). Ils sont au nombre de neuf :

  • Zone Pacifique :

Le dépôt de munitions de Nandaï, Nouméa, Nouvelle-Calédonie. Il s’agit d’un casernement du Régiment d'infanterie de marine du Pacifique - Nouvelle-Calédonie servant depuis 2010 principalement comme dépôt.

Le dépôt de munitions de Papeari, Teva I Uta, Tahiti.

  • Zone Sud de l'Océan Indien :

Le dépôt de munitions de la plaine des Cafres, Bourg-Murat, Le Tampon, La Réunion[20].

Le dépôt de munitions des Badamiers de Mayotte[9]

  • Zone Antilles-Guyane :

Le dépôt de munitions de la Pointe des Sables, Fort-de-France, Martinique[21] inaugurait le 6 juin 2014[22].

Le dépôt de munitions de la Montagne des Serpents, Roura, Guyane.

  • Zone Afrique :

Le dépôt de La Doudah à Djibouti.

Le dépôt du Camp de Gaule au Gabon.

Le dépôt de munitions d'armée au Émirats arabes unis[23].

Dépôts de munitions en opérations[modifier | modifier le code]

Rattachés à l'échelon central du SIMu, les dépôts de munitions en opérations extérieures sont placés sous le commandement des commandants des forces françaises à l'étranger (COMFOR).

Histoire[modifier | modifier le code]

Le service des Poudres[modifier | modifier le code]

Planche 54 du tome IV des « Uniformes de l'armée française », par le docteur Constant Lienhart et le professeur René Humbert : Services des poudres et salpêtres en 1853.
Obus de calibre 105 mm en 1916 dans un dépôt d'artillerie à Cuperly (Marne), possiblement au camp de Châlons.
Dépôt d'obus d’artillerie durant la bataille de Verdun.

Le Service des Poudres est le premier service qui s'occupe des poudres et explosifs en France dès le XIVe siècle.

  • 1338 : le Grand Maître des Arbalétriers est chargé de développer une nouvelle arme, l'artillerie, ainsi que les moyens de fabriquer les canons et la poudre noire nécessaire à son utilisation.
  • 1420 : Le roi nomme un "Général Maître de l'Artillerie", toujours subordonné au Grand Maître des Arbalétriers, mais le développement de la nouvelle arme conduit à la fin du siècle à la création d'une "Grande Maîtrise" indépendante.

Divers textes, dont notamment des édits ou ordonnances d'Henri II (1547), Charles IX (1566, 1572), Henri III (1582), Henri IV (1601), Louis XIII (1628)… réglementent la collecte du salpêtre, les conditions de son raffinage et de sa conservation, le contrôle de sa qualité, à partir de cette période. La récolte du salpêtre destiné aux "maîtres poudriers", petits industriels indépendants exploitant les nombreux moulins à poudres établis sur l'ensemble du territoire.

  • 1601 : La charge de grand maître de l'artillerie apparaît en remplacement de celle de grand maître des arbalétriers. Elle est érigée en grand office de la couronne en 1601 par Henri IV en faveur du duc de Sully.
  • 1633 : Louis XIV confie l'ensemble de la production des poudres et salpêtres à un Fermier Général unique, dont le premier fut François Berthelot. Il crée aussi des offices de surintendant et de commissaire général des poudres et salpêtres, membres du Conseil d'État.
  • 1775 : création de la "Régie Royale des Poudres et Salpêtres", organisme à financement privé ayant à sa tête quatre Régisseurs nommés par le Roi, parmi lesquels Antoine Lavoisier tenait un rôle primordial pour l'organisation technique des productions[24].
  • 1791 : La Révolution "nationalise" la Régie, les employés deviennent fonctionnaire de l'administration des Finances.
  • 1794 : création en deux temps de l'"Agence des Poudres et Salpêtres" ( Une agence publique et une agence privée qui seront fusionnée la même année ).
  • 13 fructidor an V : Loi sur le régime des Poudres et Explosifs.
  • 1800 : Le Consulat recrée une Régie.
  • 1819 : Recréation du Services des Poudres et Salpêtres[note 3].
  • 1970 : Suppression du monopole d'état.
  • 1971 : Transmission des activités industrielles à la Société nationale des poudres et des explosifs.

Il subsista cependant jusque dans les années 1990 un "Service technique des Poudres et explosifs" chargé de la gestion des tâches restant à la charge des Armées (études long terme, gestion de personnels sous statut et de sites non apportés à la SNPE, etc.)

Les unités ancêtres du SIMu[modifier | modifier le code]

2e Compagnie de Munitions stationnée en Indochine française.
3e Cie de Munitions stationnée au Tonkin.
Centre Pyrotechnique de Thanh-Tuy-Ha.
Centre Pyrotechnique de Thanh-Tuy-Ha.
730e Cie de Munitions.
733e Cie de Munitions.
736e Cie de Munitions.
Insigne du Dépôt de Munitions 647 de Lamanon.
750e Cie de Munitions stationnée en Algérie française.
Établissement Régional des Munitions de Salbris.
Établissement de Réserve Générale de Munitions de Leyment (1918-2004)[25].
Établissement de Réserve Générale de Munitions de Miramas.
Établissement de Réserve Générale de Munitions de Aubigné-Racan.
Établissement de Réserve Générale de Munitions de Thouars.
Établissement de Réserve Générale de Munitions de Chemilly-sur-Yonne.
Établissement de Réserve Générale de Munitions de Chemilly sur Yonne.

De 1971 à 2010, les dépôts munitions ainsi que les sections munitions sont rattachés par armée.

  • L'Armée de Terre rattachera ses artificiers à l'Arme du Matériel et les compagnies et sections de munitions feront partie intégrante des Régiments du Matériel. Ceux-ci sont principalement spécialisés en gestion de stockage, en désobusage et en destruction de munitions conventionnelles ne pouvant plus être délivrées aux unités de par leurs instabilités ou leurs état.
  • L'Armée de l'Air rattachera ses pétaf. aux bases aériennes. Ceux-ci sont principalement spécialisés en montage de bombes et missiles et en approvisionnement en munitions des aéronefs.
  • La Marine n'utilisera quasiment que des personnels civils ouvriers d'État spécialisés en pyrotechnie qui seront principalement employés sur les pyrotechnies de Brest et Toulon. Ceux-ci ne sont pas des personnels navigants ni des personnels projetables en opérations du fait de leurs statuts.

Les dépôts de l'Armée de l'Air et de l'Armée de Terre sont constitués pour moitié de personnels militaires et pour moitié de personnels civils aux statuts de fonctionnaires ou d'ouvriers d'État.

Création du SIMu[modifier | modifier le code]

Dans le cadre d'une révision générale des politiques publiques lancée en 2007, il a été décidé de fusionner les services s'occupant des munitions conventionnelles des branches de l’armée française en une seule entité. Un document du 5 février 2010 indique que ce service aurait dû être créé le 1er juillet 2010, comprendre 6 sites et employer 1 763 personnes dont 725 militaires et 1 038 civils[26].

Créé par arrêté le 25 mars 2011, son fanion a été remis à son premier directeur le [27].

Historique des dépôts dissous[modifier | modifier le code]

Dépôt dissous avant la création du SIMu[modifier | modifier le code]

Dépôt dissous à la création du SIMu[modifier | modifier le code]

Le dépôt de munitions de l'armée de l'air de Crépey. Utilisé dès 1919, il sera terminé en 1936 et a fermé le 21 mai 2014. Il porta les noms suivants : Compagnie de Munitions 642, DRMu 04.651, ESMu 04.651[9]. Il faisait partie de l'EPMu AL.

Le dépôt de munitions de l'Armée de l'Air de Crépy-en-Laonnois dans l'Aisne[note 4].Construit en 1935, il porta les noms suivants : DRMu 04.652, DRMu Emile Dewoitine, ESMu 04.652[9]. Il faisait partie de l'EPMu CP.

Le dépôt de l'Allemand[note 5]. Il faisait partie de l'EPMu CP.

Restructurations 2015-2019[modifier | modifier le code]

Le 15 octobre 2014, dans le cadre des restructurations touchant le ministère de la défense, il est annoncé les fermetures des sites suivant[28] :

  • Dépôt de munitions (DMu) de Billard en 2015,
  • DMu de Connantray (2016),
  • DMu de Salbris (2017–2018),
  • DMu de Neubourg (2018),
  • DMu de Fontvieille (2019).

Dépôt dissous suite aux annonces[modifier | modifier le code]

Le Groupement Munitions de Connantray-Vaurefroy. Construit en 1960 par les forces américaines, il porta les noms suivants : en 1975, 771e Compagnie Munitions ; en 1977, 771e Groupement de Munitions ; en 1985, 4e CMu du 8e RMAT ; en 1990, 4e CMu du 4e RMAT ; en 1992, détachement de l'ETAMAT de Brienne-le-Château ; en 1996, 6e Compagnie de Munitions du 1er RMAT ; en 1999, 4e CMu du 8e RMAT puis en 2005, 6e CMu du 1er RMAT[9],[note 6],[29]. Il faisait partie de l'EPMu CP.

Faits divers[modifier | modifier le code]

Vol de munitions en 2015[modifier | modifier le code]

Le a lieu sur le site de Miramas un important vol de munitions. Celui ci a entraîné des enquêtes militaires et civiles. Durant celle-ci le CEMA, a augmenté le dispositif cuirasse au sein des établissements munitions[30].

Traditions et patrimoine[modifier | modifier le code]

Ex-insigne de l'amicale des artificiers du Matériel de l'armée de Terre (association loi 1901), devenue en 2016 APYRA (amicale des pyrotechniciens des armées).

Héraldique[modifier | modifier le code]

  • Description de l'insigne du SIMu (visible en haut de cette page) : de forme générale, écu français ancien d’or. Rempli de bleu roi. En abîme, une explosion sang et or. Au centre, les insignes du services des poudres et l'insigne interarmées fusionnés.

La forme générale rappelle la forme d'un obus, le bleu est la couleur de l'interarmées, l'insigne du services des poudres lie le service au passé et l'explosion confirme la spécificité technique du services.

Fête d'Arme[modifier | modifier le code]

Sainte Barbe de l'église Saint-Roch - anonyme

Les personnels du SIMu sont placés sous le patronage de Sainte Barbe qui, pour avoir refusé d'abjurer sa foi fut enfermée dans une tour. Son père y mit le feu pour la punir. Sainte Barbe réussit à s'enfuir mais fut retrouvée par son père, qui lui arracha les seins puis la décapita. Le ciel aussitôt foudroya ce père indigne. Elle est célébrée le 4 décembre, et il s'agit donc de la fête de tous les artilleurs, les sapeurs, les canonniers, les artificiers, les pyrotechniciens, les ingénieurs de combat, les métallurgistes, les démineurs et autres corporations liées au feu.

Calot de tradition[modifier | modifier le code]

Les personnels issus de l'Armée de Terre portent le calot de tradition de l'arme du Matériel. Les calots, aussi appelés bonnets de police, sont de couleur bleu foncé avec un fond et un passepoil de couleur gris de plomb.

Surnoms et appellations[modifier | modifier le code]

Le personnel constituant le service est issu des différentes spécialités liées aux munitions de chaque armée. De ce fait, il porte des appellations différentes en fonction de leurs armées d'origine :

Les artificiers issus de l'Armée de Terre sont surnommés Artif., pétardiers.

Les mécaniciens armements issus de l'Armée de l'Air [note 7] sont surnommés Pétaf (Pyro Électro Technicien En Armement et Fusée).

Les pyrotechniciens sont issus de la Marine et sont surnommés Boum.

Le personnel civil issu des trois armées sont ouvriers d'État en pyrotechnie ou fonctionnaires.

Lieux de mémoire[modifier | modifier le code]

En France[modifier | modifier le code]

  • À la suite de la fermeture du dépôt de Novo Selo, la plaque apposée, le 3 septembre 2003, par le général de Kermabon, représentant les éléments français du Kosovo et baptisant ce dépôt du nom de l'adjudant Patrice Villeminot, mort en service, est revenu en France et est exposée dans le hall d'accueil de l’Échelon central du SIMu, à Versailles[22].

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Gérard Longuet, « Arrêté du 25 mars 2011 portant création, organisation et fonctionnement du service interarmées des munitions », Légifrance, (consulté le 28 juin 2011)
  2. « INSTRUCTION N° 11-830/DEF/SIMu/RES/JUR fixant les missions, l'organisation et le fonctionnement du service interarmées des munitions. », sur boc.sga.defense.gouv.fr
  3. a et b Nicolas Bays et Nicolas Dhuicq, Rapport d'information déposé en application de l’article 145 du Règlement par la commission de la défense nationale et des forces armées en conclusion des travaux d’une mission d’information sur la filière munitions, Assemblée nationale, , 86 p. (lire en ligne).
  4. Décret no 2013-973 du 29 octobre 2013 relatif à la prévention des risques particuliers
  5. « Service interarmées des munitions (SIMU) », Service-public, (consulté le 28 juin 2011)
  6. Philippe Chapleau, « La Bretagne a son EPMu, l'un des 7 établissements principaux des munitions », Ouest-France, (consulté le 28 juin 2011)
  7. a et b RESTRUCTURATIONS DU MINISTÈRE DE LA DÉFENSE Principales mesures 2017, , 15 p. (lire en ligne), p. 6.
  8. [PDF] « L'établissement principal des munitions est né. », L'Est républicain, (consulté le 28 juin 2011)
  9. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j, k, l et m L'Espolette : Spécial SIMu, vol. n° 139, Amicale des Artificiers du Matériel de l'Armée de terre, 4e trimestre 2011, 24 p.
  10. a et b « Arrêté du 24 décembre 2010 fixant la liste des opérations de restructuration ou de rationalisation des fonctions d'administration générale et de soutien commun des services et établissements du ministère de la défense ouvrant droit à certaines indemnités de restructuration », Journal Officiel, (consulté le 28 juin 2011)
  11. a, b, c et d Ministère de la Défense, « Restructurations 2015 », sur defense.gouv.fr
  12. [PDF] « Édition Chronologique n°18 du 6 mai 2011 PARTIE PERMANENTE Armée de l'air Texte n°17 », Bulletin officiel des armées, (consulté le 28 juin 2011)
  13. Ministère de la Défense, « La Bretagne a son EPMu, l'un des 7 établissements principaux des munitions », sur http://www.defense.gouv.fr
  14. « Question N° : 1204 de M. [[Patrice Martin-Lalande]] (Union pour un Mouvement Populaire - Loir-et-Cher) », Assemblée nationale française, (consulté le 28 juin 2011)
  15. « Le dépôt de munitions de Brienne-le-Château fait grève », L'Est-Éclair, (consulté le 28 juin 2011)
  16. Ministère de la Défense, « Inauguration de la nouvelle zone d’entraînement « métier munitions » », sur http://www.defense.gouv.fr
  17. « Cérémonie de création de l’Etablissement Principal Munitions Méditerranée », TV83, (consulté le 30 juin 2011)
  18. « Toulon Immersion en zone interdite », sur Var-Matin, (consulté le 8 juillet 2015)
  19. Florian Dacheux, « Le régiment de Miramas devient un établissement du service interarmée des munitions (vidéo) », Maritima-Info, (consulté le 28 juin 2011)
  20. [PDF]Ministère de la Défense, « Arrêté PPRT signé le 2 mai 2013 », sur Direction de l’environnement, de l’aménagement et du logement de La Réunion, (consulté le 15 juin 2014)
  21. [PDF]« INSTRUCTION N° 3786/DEF/SIMu/TECH/LM relative aux mesures applicables par le service interarmées des munitions lors des versements ou mises en dépôt dans ses établissements principaux des munitions de métropole et dépôts de munitions outre-mer, de munitions et d'éléments constitutifs de munitions n'appartenant pas au ministère de la défense et dites de saisie. », sur Bulletin officiel des armées, (consulté le 15 juin 2014)
  22. a et b Amicale des Artificiers du Matériel de l'Armée de Terre., L'Espolette, vol. N°150, 3e trimestre 2014, 26 p.
  23. L'Espolette, vol. n° 144, Amicale des Artificiers du Matériel de l'Armée de Terre, 1er trimestre 2013
  24. Lucien Scheler, « Lavoisier et la régie des poudres », Revue d'histoire des sciences, vol. 26, no 3,‎ , p. 192-222 (lire en ligne).
  25. « Leyment...Histoire de l'entrepôt de réserve générale de munitions (E.R.G.Mu) », sur Amicale des Artificiers (consulté le 1er février 2015).
  26. « SIMu : le fanion remis », Fédération nationale des travailleurs de l'État CGT, (consulté le 28 juin 2011)
  27. « SIMu : le fanion remis », Union nationale des syndicats autonomes-Défense du CMG de Brest, (consulté le 28 juin 2011)
  28. Henri Weill, « Restructurations 2015 », sur Ainsi va le monde, (consulté le 20 novembre 2014).
  29. www.lest-eclair.fr, « Le dépôt de munitions de Connantray dans la Marne ferme définitivement » (consulté le 22 juillet 2016)
  30. Luc Leroux (Marseille correspondant), « Double enquête sur le vol d’explosifs sur un site militaire à Miramas », Le Monde.fr,‎ (ISSN 1950-6244, lire en ligne)

Notes[modifier | modifier le code]

  1. En termes de sécurité pyrotechnique et de sécurité militaire (test effectué par les américains sur des igloo stradley)
  2. Dissous en 2015.
  3. Le rattachement administratif fluctuera entre les Armées et le Ministère des Finances jusqu'en 1971.
  4. Dissous en 2012.
  5. Dissous en 2013.
  6. Dissous le 31 juin 2016.
  7. Et n'ont pas tous été intégrés au service, une partie étant dans le CSFA.