William Somerset Maugham

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Somerset Maugham

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William Somerset Maugham

Naissance 25 janvier 1874
Paris
Décès 16 décembre 1965 (à 91 ans)
Cap Ferrat
Langue d'écriture anglais
Mouvement Modern Movement
Distinctions Compagnon d’Honneur

Œuvres principales

L’Envoûté (1919)
Le Voile des Illusions (1925)
Le Sortilège malais (1926)

William Somerset Maugham [ˈsʌməsɪt mɔːm] CH (Paris, 25 janvier 1874 - Nice, 16 décembre 1965) est un dramaturge et romancier britannique. On a dit de lui qu’il fut l’auteur le mieux payé des années 1930[1].

Naissance[modifier | modifier le code]

Il naît à Paris, quatrième fils de parents britanniques vivant en France et qui avaient organisé la naissance de leur enfant pour qu’elle ait lieu à l’ambassade britannique, de telle façon que – si ce n’est pour la géographie, du moins pour la loi – il soit né au Royaume-Uni, ce qui par ailleurs lui permettrait de ne pas être soumis au service militaire français.

Son père, Robert Ormond Maugham, âgé alors de cinquante ans, était un juriste anglais chargé des affaires juridiques de l'ambassade britannique à Paris. Son grand-père, également prénommé Robert, était également un juriste de renom et l'un des fondateurs de l’English Law Society. On s'attendait donc à ce que l’enfant marche sur leurs traces. Ce fut en fait son frère aîné Frederic Herbert Maugham qui embrassa la carrière juridique et devint Lord Chancellor entre 1938 et 1939.

Âgée de 35 ans à la naissance de William, sa mère Edith Mary (née Snell), fille d’un commandant de l'armée coloniale britannique aux Indes, souffrait de tuberculose pulmonaire et les médecins lui prescrivirent les accouchements comme remède. William avait trois frères plus âgés, qui étaient tous déjà pensionnaires au Dover College en Angleterre lorsqu'il atteignit l’âge de trois ans ; il fut donc élevé comme un enfant unique.

Enfance[modifier | modifier le code]

L’enfant grandit au cœur de Paris, dans un monde « proustien[2] » de bourgeois fortunés et cosmopolites. Le salon familial accueillait écrivains et peintres, l'appartement était riche en livres et objets d'art. Confié à des gouvernantes françaises, il ne fréquente que des enfants parisiens huppés, passe l'été à Trouville, l'hiver à Pau avec sa mère, beauté[3] et modèle de piété, qu'il vénère. Le premier auteur qu’il lut fut Jean de La Fontaine, dont il récitait les fables à sa mère à l’heure du thé[4]. « It was France that educated me, France that taught me to value beauty, distinction, wit and good sense, France that taught me to write[5]. »

Il a huit ans quand sa mère meurt à quarante-et-un-ans de tuberculose, après l’accouchement d’un fils mort-né. Traumatisé par cette disparition, Somerset gardera la photo de sa mère dans sa chambre toute sa vie. Deux ans plus tard, son père meurt d'un cancer. Ces morts précoces auraient déclenché son bégaiement.

Bien que ne parlant que français[6], il est recueilli par un oncle paternel, Henry MacDonald Maugham, vicaire anglican de Whitstable, un petit port du Kent dans le sud de l’Angleterre. Son oncle, quinquagénaire snob marié à une aristocrate allemande, sans enfant sera, semble-t-il, le modèle du missionnaire de la célèbre nouvelle Rain[7].

De 1885 à 1889, il étudie à la King’s School de Cantorbéry. En hiver 1888, à la suite d'une pleurésie, il fait un séjour à Hyères (Côte d'azur), puis un second séjour l’hiver suivant, et part pour Heidelberg, où il étudie l’allemand de 1890 à 1892.

Carrière[modifier | modifier le code]

En 1892, il entreprend des études de médecine.

En 1894, il effectue un voyage en Italie, avec escale à Paris lors de vacances universitaires. Il aimera toujours la liberté tant artistique que sexuelle qu'il y découvre.

En 1895, âgé de vingt et un ans, vivant à Londres et y étudiant la médecine, il voit Oscar Wilde, qu’il admire, qui vient de rencontrer le succès avec sa brillante comédie The Importance of Being Earnest, affronter le scandale public de son homosexualité. Dès lors, Maugham décide de vivre sa vie affective hors de ce pays si rigoureux.

Toute sa vie, il sera un errant, linguistique comme sexuel, en quête d’ancrage[8].

En 1897, il obtient son diplôme de médecine, mais tente de vivre de sa plume.

Pendant la Première Guerre mondiale, il est membre du British Secret Service en Europe.

En 1915, année de la naissance de sa fille Liza, il entame une liaison avec Gerald Haxton, jeune Américain de vingt-trois ans, qui se poursuivra jusqu'à la mort de ce dernier en 1944. Il passera la seconde partie de sa vie avec Alan Searle, surnommé le bronzino boy (rencontré en 1928), qui veillera sur lui avec beaucoup de tendresse jusqu'à la fin. Pour le remercier, Maugham l'adoptera. Gerald restera cependant le grand amour de sa vie.

Maugham est nommé dans l'Ordre des compagnons d'honneur CH le 10 juin 1954 (London Gazette du 10 juin)[9] .

En 1954, dans un essai, il établit une liste de dix romanciers et des dix romans qui, selon lui, appartiennent à la catégorie des plus grands (5 en anglais, 3 en français, 2 en russe). Ce sont : Histoire de Tom Jones, enfant trouvé, de Henry Fielding ; Orgueil et Préjugés, de Jane Austen ; Le Rouge et le Noir, de Stendhal ; Le Père Goriot, d'Honoré de Balzac ; David Copperfield, de Charles Dickens ; Madame Bovary, de Gustave Flaubert ; Moby-Dick, d'Herman Melville ; Les Hauts de Hurlevent, d'Emily Brontë ; Les Frères Karamazov, de Fiodor Dostoïevski ; Guerre et paix, de Léon Tolstoï.

Il est l'oncle de Robin Maugham, auteur de The Servant.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Maugham écrivit des comédies, des romans psychologiques et des histoires d'espionnage.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

L'auteur de cette page ne s'est pas fatigué...en recopiant les titres anglais et non en français des ouvrages de Somerset Maugham !

Romans, critiques littéraires, livres de voyage[modifier | modifier le code]

  • 1897 : Liza of Lambeth : Liza ;
  • 1898 : The Making of a Saint ;
  • 1899 : Orientations ;
  • 1901 : The Hero ;
  • 1902 : Mrs Craddock ;
  • 1904 : The Merry-go-round : Mademoiselle Ley. Manèges ;
  • 1905 : The Land of the Blessed Virgin: Sketches and Impressions in Andalusia ;
  • 1906 : The Bishop's Apron. Thème repris de la pièce Loaves and Fishes ;
  • 1908 : The Explorer ;
  • 1908 : The Magician;
  • 1915 : Of Human Bondage : Servitude Humaine ;
  • 1919 : The Moon and Sixpence : L’Envoûté ;
  • 1921 : The Trembling of a Leaf ;
  • 1922 : On A Chinese Screen : Le Paravent chinois;
  • 1925 : The Painted Veil : La Passe dangereuse ;
  • 1926 : The Casuarina Tree : Le Sortilège malais ; une des 100 Key Books of The Modern Movement 1880-1950 de Cyril Connolly ;
  • 1930 : The Letter (Stories of Crime) ;
  • 1928 : Ashenden: Or the British Agent : Mr Ashenden, agent secret ;
  • 1930 : The Gentleman In The Parlour: A Record of a Journey From Rangoon to Haiphong : Un gentleman en Asie ;
  • 1930 : Cakes and Ale: or, the Skeleton in the Cupboard : La Ronde de l'Amour ;
  • 1932 : The Book Bag ;
  • 1932 : The Narrow Corner : Le Fugitif ;
  • 1933 : Ah King ;
  • 1934 : The Judgement Seat ;
  • 1935 : Don Fernando ;
  • 1936 : Cosmopolitans - Very Short Stories ;
  • 1936 : My South Sea Island ;
  • 1937 : Theatre : La Comédienne ;
  • 1938 :The Summing Up : Mémoires ;
  • 1939 : Christmas Holiday : Vacances de Noël ;
  • 1939 : Princess September and The Nightingale;
  • 1940 : France At War : La France sous les armes ;
  • 1940 : Books and You ;
  • 1940 : The Mixture As Before ;
  • 1941 : Up at the Villa : Il suffit d'une nuit ;
  • 1941 : Strictly Personal;
  • 1942 : The Hour Before Dawn ;
  • 1944 : The Unconquered ;
  • 1944 : The Razor's Edge : Le Fil du rasoir ;
  • 1946 : Then and Now : Plus ça change. La Mandragore ;
  • 1946 : Of Human Bondage - An Address ;
  • 1947 : Creatures of Circumstance ;
  • 1948 : Catalina ;
  • 1948 : Quartet ;
  • 1948 : Great Novelists and Their Novels ;
  • 1949 : A Writer’s Notebook : Et mon fantôme en rit encore ;
  • 1950 : Trio ;
  • 1951 : The Writer’s Point of View ;
  • 1951 : The Complete Short Stories ;
  • 1952 : Encore ;
  • 1952 : The Vagrant Mood ;
  • 1953 : The Noble Spaniard ;
  • 1954 : Ten Novels and Their Authors ;
  • 1958 : Points of View ;
  • 1962 : Purely For My Pleasure.

Théâtre[modifier | modifier le code]

  • 1903 : A Man of Honour ;
  • 1912 : Lady Frederick ;
  • 1912 : Jack Straw ;
  • 1912 : Mrs Dot ;
  • 1912 : Penelope ;
  • 1912 : The Explorer ;
  • 1913 : The Tenth Man ;
  • 1913 : Landed Gentry ;
  • 1913 : Smith ;
  • 1913 : The Land Of Promise ;
  • 1920 : The Unknown ;
  • 1921 : The Circle ;
  • 1922 : Caesar's Wife ;
  • 1922 : East Of Suez ;
  • 1923 : Our Betters ;
  • 1923 : Home And Beauty ;
  • 1923 : The Unattainable, d'après son roman The Bishop's Apron (1906) ;
  • 1924 : Loaves And Fishes ;
  • 1927 : The Constant Wife;
  • 1927 : The Letter;
  • 1928 : The Sacred Flame;
  • 1930 : The Bread-Winner
  • 1932 : For Services Rendered;
  • 1933 : Sheppey.

Nouvelles[modifier | modifier le code]

  • 1. A Bad Example (1899) ;
  • 2. A Casual Affair (1934) ;
  • 3. A Chance Acquaintance (ultérieurement intégrée à la nouvelle Mr Harrington's Washing) ;
  • 4. A Domiciliary Visit (ultérieurement intégrée à la nouvelle Miss King) ;
  • 5. A Friend in Need (1925) ;
  • 6. A Man from Glasgow (1947) ;
  • 7. A Man with a Conscience (1939) ;
  • 8. A Marriage of Convenience (1906) ;
  • 9. A Point of Law (1903) ;
  • 10. A String of Beads (1927) ;
  • 11. A Traveller in Romance (1909) ;
  • 12. A Trip to Paris (ultérieurement intégrée à la nouvelle Giulia Lazzari) ;
  • 13. A Woman of Fifty (1946) ;
  • 14. An Irish Gentleman (1904) ;
  • 15. An Official Position (1937) ;
  • 16. Appearance and Reality (1934) ;
  • 17. Before the Party (1923) ;
  • 18. Behind the Scenes (ultérieurement intégrée à la nouvelle His Excellency) ;
  • 19. Cousin Amy (1908, réécrite plus tard sous le titre The Luncheon) ;
  • 20. Cupid and The Vicar of Swale (1900) ;
  • 21. Daisy (1899) ;
  • 22. De Amicitia (1899) ;
  • 23. Episode (1947) ;
  • 24. Faith (1899) ;
  • 25. Flirtation (1906, écrit en 1904);
  • 26. Flotsam and Jetsam (1940) ;
  • 27. Footprints in the Jungle (1927) ;
  • 28. French Joe (1926) ;
  • 29. German Harry (1924) ;
  • 30. Gigolo and Gigolette (1935) ;
  • 31. Giulia Lazzari (1928) ;
  • 32. Good Manners (1907) ;
  • 33. Gustav (ultérieurement intégrée à la nouvelle The Traitor) ;
  • 34. His Excellency (1927) ;
  • 35. Home (1924) ;
  • 36. Honolulu (1921) ;
  • 37. In a Strange Land (1924) ;
  • 38. Jane (1923) ;
  • 39. Lady Habart (1900) ;
  • 40. Lord Mountdrago (1939) ;
  • 41. Louise (1925) ;
  • 42. Love and Russian Literature (ultérieurement intégrée à la nouvelle Mr Harrington's Washing) ;
  • 43. Mabel (1924) ;
  • 44. Mackintosh (1920) ;
  • 45. Masterson (1929) ;
  • 46. Mayhew (1923) ;
  • 47. Mirage (1929) ;
  • 48. Miss King (1928) ;
  • 49. Mr Harrington’s Washing (1928) ;
  • 50. Mr Know-All (1925) ;
  • 51. Neil MacAdam (1932) ;
  • 52. P & O (1923) ;
  • 53. Princess September (1922) ;
  • 54. Pro Patria (1903) ;
  • 55. R. (ultérieurement intégrée à la nouvelle Miss King) ;
  • 56. Rain (1921) ;
  • 57. Raw Material (1923) ;
  • 58. Red (1921) ;
  • 59. Salvatore (1924) ;
  • 60. Sanatorium (1938) ;
  • 61. Straight Flush (1929) ;
  • 62. The Alien Corn (1931) ;
  • 63. The Ant and the Grasshopper (1924) ;
  • 64. The Back of Beyond (1931) ;
  • 65. The Book Bag (1932) ;
  • 66. The Bum (1929) ;
  • 67. The Buried Talent (1934) ;
  • 68. The Choice of Amyntas (1899) ;
  • 69. The Closed Shop (1926) ;
  • 70. The Colonel’s Lady (1946) ;
  • 71. The Consul (1922) ;
  • 72. The Creative Impulse (1926) ;
  • 72a. The Criminal (1904)
  • 73. The Dark Woman (ultérieurement intégrée à la nouvelle The Hairless Mexican) ;
  • 74. The Door of Opportunity (1931) ;
  • 75. The Dream (1924) ;
  • 76. The End of the Flight (1926) ;
  • 77. The Escape (1925) ;
  • 78. The Facts of Life (1939) ;
  • 79. The Fall of Edward Barnard (1921) ;
  • 80. The Flip of a Coin (ultérieurement intégrée à la nouvelle His Excellency) ;
  • 81. The Force of Circumstance ;
  • 82. The Fortunate Painter (1908) ;
  • 83. The Four Dutchmen (1928) ;
  • 84. The French Governor ;
  • 85. The Greek (ultérieurement intégrée à la nouvelle The Hairless Mexican) ;
  • 86. The Hairless Mexican (1927) ;
  • 87. The Happy Couple (1908) ;
  • 88. The Happy Man (1924) ;
  • 89. The Human Element (1930) ;
  • 90. The Judgement Seat (1934) ;
  • 91. The Kite (1947) ;
  • 92. The Letter (1924) ;
  • 93. The Lion’s Skin (1937) ;
  • 94. The Lotus Eater (1935) ;
  • 95. The Luncheon (1924) ;
  • 96. The Making of a Millionaire (1906) ;
  • 97. The Man with the Scar (1925) ;
  • 98. The Mother (1909) ;
  • 99. The Noblest Act ;
  • 100. The Opium Addict ;
  • 101. The Outstation (1924) ;
  • 102. The Poet (1925) ;
  • 103. The Point of Honour (1947) ;
  • 104. The Pool (1921) ;
  • 105. The Portrait of a Gentleman (1925) ;
  • 106. The Promise (1925) ;
  • 107. The Punctiliousness of Don Sebastian (1899) ;
  • 108. The Romantic Young Lady (1947) ;
  • 109. The Round Dozen (1923) ;
  • 110. The Social Sense (1929) ;
  • 111. The Spanish Priest (1906) ;
  • 112. The Taipan (1922) ;
  • 113. The Three Fat Women of Antibes (1933) ;
  • 114. The Traitor (1927) ;
  • 115. The Treasure (1934) ;
  • 116. The Unconquered (1943) ;
  • 117. The Verger (1929) ;
  • 118. The Vessel of Wrath (1931) ;
  • 119. The Voice of the Turtle (1935) ;
  • 120. The Wash-Tub (1929) ;
  • 121. The Yellow Streak (1925) ;
  • 122. Virtue (1931) ;
  • 123. Winter Cruise (1943).

Adaptations au cinéma[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • (en) W. Somerset Maugham, Collected Stories, Everyman's Library, 2004
  • W. Somerset Maugham, Les Nouvelles complètes, préface de Robert Merle, Omnibus, Presses de la cité, 1992

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Nicholas Shakespeare, Introduction aux Collected Stories', p. ix
  2. Nicholas Shakespeare
  3. Sa mère était surnommée Beauty et son père The Beast
  4. Collected Stories, p. xvii
  5. « C'est la France qui m'a éduqué, la France qui m'a appris à aimer la beauté, la distinction, l'esprit et le bon sens ; c'est la France qui m'a appris à écrire. » W. Somerset Maugham, Collected Stories, p. xvii.
  6. « Parlant mieux le français que l’anglais », selon Nicholas Shakespeare. Une allégation que l’on retrouve également dans la notice biographique des Nouvelles complètes Omnibus, p. 1409
  7. Collected Stories, p. xviii
  8. Cf. la nouvelle In a Strange Land : « I am of a roving disposition; but I travel not to see imposing monuments, which indeed somewhat bore me, nor beautiful scenery, of which I soon tire; I travel to see men. ».
  9. [1]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]