Alexej von Jawlensky

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Alexej von Jawlensky

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Autoportrait

Naissance 13 mars 1864
Torjok, Drapeau de la Russie Russie
Décès 15 mars 1941
Wiesbaden, Drapeau de l'Allemagne Allemagne
Nationalité Russe
Activités Peintre
Mouvement artistique Expressionnisme

Alexej von Jawlensky (en russe : Алексей Георгиевич Явленский, transcription française : Alexeï Gueorguievitch Iavlenski, translittération : Aleksej Georgievič Âvlenskij), né le 13 mars 1864 à Torjok (Russie) et mort le 15 mars 1941 à Wiesbaden (Allemagne), est un peintre russe expressionniste.

Biographie[modifier | modifier le code]

Signature de Jawlensky

Il est issu d'une famille de la petite noblesse militaire. La famille habite successivement plusieurs villes de la Russie Blanche et de l'actuelle Pologne au gré des affectations du père colonel dans l'armée impériale. Dans une église polonaise il connaîtra sa première expérience religieuse significative en découvrant une icône aux vertus miraculeuses.

De 1877 à 1882 il étudia à l'École des Cadets de Moscou et voit pour la première fois une exposition de peinture en 1880 à l' Exposition mondiale, événement qui bouleverse sa vie. Il commence à peindre et visite régulièrement la Galerie Tretiakov.

Son père meurt en 1872, il entre à l'École militaire Alexandre, est nommé lieutenant en 1884 en poste à Moscou. Il habite en ville et fréquente les artistes et collectionneurs ; cet environnement stimule son intérêt pour la peinture. Il peint des paysages et la steppe tatare et en 1898, il obtient son transfert pour Saint-Pétersbourg où se trouve l'Académie impériale des beaux-arts dont il suit les cours.

En 1890 il rencontre Ilya Repine, le grand peintre russe réaliste et romantique de l'époque. L'une des élèves de Repine est Marianne von Werefkin, fille du général commandant la forteresse Pierre et Paul et qui a déjà un certain nom comme peintre. En 1895, invité dans la propriété de famille des Werefkin, il rencontre Hélène Neznakomova qui deviendra sa femme en 1922 après lui avoir donné un fils, Andréas, en 1902. Jawlensky quitte l'armée en 1896 avec le grade de capitaine et, accompagné de Werefkin, part pour Munich suivre les cours d'Anton Azbé, artiste et professeur reconnu à l'époque. Il rencontre Kandinsky qui a quitté la Russie un an auparavant. En 1898 il part pour l'été en Russie en compagnie de Werefkin et d'Hélène, puis visite Venise et quitte l'école d'Azbé peu après son retour à Munich. Sa production picturale d'alors est essentiellement des natures mortes. Il part en Lituanie et, malade, retrouve Werefkin en 1901, en Crimée pour sa convalescence, en 1902 Hélène Neznakomova met au monde leur fils unique Andréas.

En 1905, il travaille à Carantec, en Bretagne et grâce à l'intervention de Diaghilev, Jawlensky envoya six toiles au Salon d'automne, qui furent exposées dans la section russe et fait la connaissance de Matisse. De retour à Munich il fait la connaissance du « Nabi », le peintre-moine et mystique Jan Verkade[1] et de Paul Sérusier. Il achète en 1908 un tableau de Van Gogh[2] et rencontre le danseur russe Alexandre Sakharoff qui devient son ami intime. Il passe les étés à Murnau, dans le sud de la Bavière en compagnie de Werefkin, Kandinsky, et Gabriele Münter, ils font partie des fondateurs de la Nouvelle Association des Artistes de Munich (Neue Künstlervereinigung München) ou NKVM, qui tint sa première exposition à la galerie Thannhauser de Munich en décembre[3] et qui donna naissance en 1912 au groupe nommé « Der Blaue Reiter » (Le Cavalier Bleu). Il rencontre Franz Marc, Emil Nolde participe aux expositions du Sonderbund et à Neue Kunst chez Golz à Munich. En 1914, première exposition de la Sécession munichoise (Neue Münchner Sezession), puis après la déclaration de la guerre, se réfugie en Suisse à Saint-Prex avec Hélène et Marianne. Dans un grand isolement, il commence à peindre la vue qu'il a de sa fenêtre : c'est la série des Variations, le peintre s'engage sur une voie qui le mènera au dépouillement[4], puis à Zurich qui est devenu un lieu de rencontre pour les artistes et écrivains européens fuyant la guerre et fait la connaissance de Jean Arp, Wilhelm Lehmbruck, et Marie Laurencin. Commence ses séries des Têtes mystiques et Visions du Messie, et de 1918 à 1921 il s'installe à Ascona et commence la série des Têtes Abstraites. Rencontre avec le poète Rainer Maria Rilke et le sculpteur Archipenko. En 1921 il quitte Ascona et s'installa à Wiesbaden.

Après sa séparation d'avec Werefkin, il épousera Hélène Nesnakomoff[5] en 1922. En 1924 Emmy Scheyer crée le groupe des « Quatre bleus » comprenant Jawlensky, Lyonel Feininger, Paul Klee et Kandinsky pour promouvoir leurs œuvres aux États-Unis sur la Côte Ouest. Il rencontre Lisa Kümmel en 1927 qui va l'aider à classer et cataloguer son œuvre pendant les dernières années de sa vie.

Dès 1929, Jawlensky est de plus en plus affecté par l'arthrite qui finit par le paralyser[6]. En 1938, il cesse de peindre ; il finit de dicter ses mémoires à Lisa Kümmel. Marianne von Werefkin meurt le 6 février 1938 à Ascona. Jawlensky meurt à Wiesbaden le 15 mars 1941, à l'âge de soixante-dix-sept ans. Il est inhumé au cimetière russe de Wiesbaden.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Sources[modifier | modifier le code]

  • Alexej von Jawlensky,catalogue de l'exposition à Arles à l'Espace Van Gogh en 1993, éditeur Actes Sud, ISBN 2-7427-0024-2.
  • Jawlensky / Werefkin, Catalogue de l'Exposition au Musée-Galerie de la Seita à Paris, 2000, ISBN 2-906524-74-3.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Surnommé le « nabi obéliscal » en raison de sa stature, Jan Verkade se retira dans la communauté des moines de Beuron et fut ordonné prêtre en 1897 sous le nom de Dom Willibrod Verkade.
  2. Dans une exposition à Munich, La maison du père Pilon, de la période d'Auvers-sur-Oise, oublié à Munich à la déclaration de la guerre c'est Cuno Amiet qui lui rapportera en Suisse où il s'est réfugié, ainsi qu'un tableau de Robert Delaunay(probablement La ville de Paris no 3).
  3. Braque, Vlaminck, Derain, Kees van Dongen et Georges Rouault feront partie de la seconde exposition de la NKVM
  4. Le point de départ en est Le Chemin de 1914, qui offre la représentation figurative d'une vue par la fenêtre. Mais bientôt, le paysage devient beaucoup plus stylisé et certaines parties du tableau sont très proches d'un traitement abstrait.
  5. Que Werefkin dans Lettres à un inconnu appelle invariablement: « la servante », « la cuisinière », et que Jawlensky finalement préférera à la « baronne ».
  6. Hanna Bekker vom Rath, collectionneuse et mécène, crée une « Association Jawlensky » qui verse à l'artiste une allocation mensuelle modeste en échange de quelques tableaux.