Puerto del Hambre

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Puerto del Hambre
Port Famine
La rive du détroit de Magellan vue de Puerto del Hambre.
La rive du détroit de Magellan vue de Puerto del Hambre.
Localisation
Pays Drapeau du Chili Chili
Région Région de Magallanes et de l'Antarctique chilien
Coordonnées 53° 38′ S 70° 55′ O / -53.633, -70.917 ()53° 38′ Sud 70° 55′ Ouest / -53.633, -70.917 ()  

Géolocalisation sur la carte : Chili

(Voir situation sur carte : Chili)
Puerto del Hambre
Puerto del Hambre

Géolocalisation sur la carte : Terre de Feu

(Voir situation sur carte : Terre de Feu)
Puerto del Hambre
Puerto del Hambre

Puerto del Hambre ou Puerto Hambre (en français : Port de la Faim ou Port Famine) est un site historique situé sur la péninsule de Brunswick, dans la région de Magallanes et de l'Antarctique chilien, au Chili. Le site est au sud de Punta Arenas et à 2 km de Fort Bulnes sur la rive occidentale du détroit de Magellan. Le site se compose de ruines d'un fort construit en 1584 et qui fut la première tentative de colonisation de la région. Il a été déclaré monument national en février 1968.

Histoire[modifier | modifier le code]

Expéditions espagnoles[modifier | modifier le code]

Stèle sur le site de Puerto del Hambre.
Campement d'observations à Port Famine lors de l'expédition Dumont d'Urville.

L'amiral Pedro Sarmiento de Gamboa, parti du Pérou le 11 octobre 1579, a pour objectif de se rendre à Séville par le détroit de Magellan. Il sera le premier à le parcourir d'ouest en est. Puis sur les ordres de Philippe II, P. S. de Gamboa repart de Cadix avec 15 navires et 3 000 militaires et civils vers le détroit afin de le fortifier et d'y installer une colonie. Suite à de nombreux déboires (naufrages, mutinerie, pertes humaines, …) il arrive avec seulement 8 navires le 2 février 1584. Il installe un campement qu'il nomme la Colonia del nombre de Jesús situé près du cap Virgenes, à la pointe nord de l'entrée orientale du détroit, avec 183 soldats, 68 hommes, 13 femmes et 11 enfants. Mais l'endroit est estimé peu sûr et P. S. de Gamboa décide d'un nouveau camp fortifié, la Ciudad del Rey Don Felipe, situé plus à l'ouest dans le détroit, au sud de l'actuelle ville de Punta Arenas. Mais quelque temps plus tard cette colonie ne put survivre à la rigueur du climat inhospitalier, à la malnutrition, à l'impossibilité de cultiver la terre. Le désespoir, les maladies et le manque d'appui de la métropole espagnole ont achevé la ruine du peuplement.

« Nul ne s'avisera plus jamais d'y élever une ville. »

— op. cit. Jean Raspail , 1986, p. 109

Ruines de l'église construite par les colons en 1584
Carte de situation du site de Port-Famine

Expéditions et explorations[modifier | modifier le code]

En 1586, le navigateur anglais Thomas Cavendish découvrit trois survivants dans les restes du fort qu'il renomma Puerto del Hambre[1]. Un seul survivant, Tomé Hernandez, put témoigner de la fin tragique de la colonie, à son retour à Santiago de Chile.

C'est lors de l'expédition hydrographique de la Royal Navy qui parcourt les côtes de la Patagonie et de la Terre de Feu avec le navire HMS Beagle que son capitaine Pringle Stokes tombe dans une profonde dépression psychologique et se suicide dans sa cabine en août 1828 à Puerto del Hambre. Le commandement provisoire de HMS Beagle est repris par les lieutenants W.G. Skyring et Robert FitzRoy. Ce dernier deviendra le capitaine du HMS Beagle lors de la deuxième expédition avec le jeune naturaliste Charles Darwin. Ils visiteront Puerto del Hambre à plusieurs reprises entre 1832 et 1834.

Explorations scientifiques[modifier | modifier le code]

Le 2 mai 1843 les vingt premiers immigrants allemands atteignent Puerto del Hambre. Le site fut visité par Jules Dumont d'Urville lors de son expédition au Pôle Sud et dans l'Océanie sur les corvettes L'Astrolabe et La Zélée.

Sources[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (es) Susana Bandieri, Historia de la Patagonia, 2e édition, Buenos Aires, Sudamerica, 2009, (ISBN 978-950-07-3074-7)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (es) Mateo Martinic Beros, Cronica de las tierras del sur del canal Beagle, Lakutaia, 2005, (ISBN 956-299-826-6)
  • Jean Raspail, Qui se souvient des hommes : roman, Paris, Robert Laffont,‎ 1986, 135 x 21, 288 p. (ISBN 2-221-04559-9)

Webographie[modifier | modifier le code]