Gustav Klimt
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| Gustav Klimt | |
| Naissance | 14 juillet 1862 Baumgarten, Empire autrichien |
|---|---|
| Décès | 6 février 1918 (à 55 ans) Vienne |
| Nationalité | |
| Activité(s) | Artiste-peintre |
| Maître | Ferdinand Laufberger |
| Élèves | Egon Schiele |
| Mouvement artistique | Art nouveau Symbolisme |
| Œuvres réputées | Judith I, Le Baiser, Portrait d'Adele Bloch-Bauer I, Danaë |
| Récompenses | Croix d'or du mérite artistique 1888 Médaille d'or de l'exposition universelle de Paris de 1900. |
Gustav Klimt (14 juillet 1862 - 6 février 1918) est un peintre symboliste autrichien, et l'un des membres les plus en vue du mouvement Art nouveau de Vienne.
[modifier] Jeunesse et début de parcours
Deuxième enfant d'une famille de sept, Gustav Klimt est né à Baumgarten le 14 juillet 1862, à côté de Vienne, Autriche. Fils d'Ernst Klimt, orfèvre ciseleur, et Anna Finster, il suit les cours de l'École des arts décoratifs de Vienne (de) dans les années 1876-1883, où il est l'élève de Ferdinand Laufberger (de).
En 1879, il débute sa carrière comme décorateur dans l'équipe de Hans Makart, en participant à l'organisation du Festzug (noces d'argent du couple impérial). En 1880, Gustav Klimt adhère au Künstlerhaus (la Compagnie des artistes). L'évènement le plus important dans ces années là est l'achèvement de la décoration des pendentifs du grand escalier du Kunsthistorisches Museum, qu'il mène à bien malgré le décès du maître d'œuvre de ce travail conduit par le maître Hans Mackart, lequel travail consolide encore sa réputation.
En 1883, il crée un atelier avec son frère Ernst (de), qui est orfèvre ciseleur, et Franz Matsch (de), jusqu'en 1891. Il réalise en particulier de nombreuses fresques, allégories et emblèmes dans un style néo-classique académique (comme pour l'escalier du Burgtheater de 1886 à 1888 à Vienne) et la précision de ses portraits est renommée. Il se voit confier la décoration de murs et plafonds de villas mais aussi de théâtres et édifices publics. Il décore les plafonds du théâtre de Fiume en 1893, la villa Herms à Laiz, le théâtre de Carlsbad en 1886 Les qualités artistiques de Klimt sont reconnues officiellement, et il reçoit en 1888 la Croix d'or du mérite artistique de la part de l'empereur François-Joseph 1er. Quatre ans plus tard, la mort de Matsch provoque la dissolution de la Compagnie. Ainsi jusqu'en 1890, Gustav Klimt aura eu un début de carrière fait d'une solide réputation de peintre décorateur répondant à des demandes officielles de peintures architecturales, mais sans réelle originalité, car éloignée au fond de lui de ses goûts personnels pour un art moderne dans lequel il a envie de s'exprimer totalement.
[modifier] Année 1890: Rencontre d'Émilie Flöge et rupture avec le "style Académique"
À l'occasion de ses premières commandes personnelles (les pendentifs du grand escalier du Kunsthistorisches Museum), il se dégage des modèles académiques, inspiré par les estampes japonaises, et le symbolisme.
Il prend pour compagne Émilie Flöge qui tient une maison de couture, et se rapproche en ces débuts des années 1890 des écrivains Arthur Schniltzer, Hofmaansthal et Hermann Bahr tout en s'intéressant au symbolisme et à l'impressionnisme français. En 1895, lors d'une exposition à Vienne, il découvre les œuvres de Liebermann, de Félicien Rops, mais aussi de Klinger, Böcklin et Rodin.
En 1892, à la mort de son frère, il doit assurer la sécurité financière de sa famille. Il amorce sa rupture avec l'académisme. Par ailleurs, le ministère refuse sa nomination à la chaire de peinture d'histoire des Beaux-Arts.
Avec certains de ses amis dont Koloman Moser, Joseph Maria Olbrich, Carl Mol, Josef Hoffmann, Max Kurzweil (de), Josef Engelhart (de) et Ernst Stöhr (de), il crée le 3 avril 1897 un journal intitulé "Ver Sacrum" (Printemps Sacré), avec l'ambition de créer un édifice consacré aux arts. Il participe la même année à la fondation de l'Union des artistes Figuratifs, appelée la "Sécession viennoise" avec dix neuf artistes de la Küntlerhauss de Vienne. Il devient le président de cette association, dont l'objectif est de réformer la vie artistique de l'époque et de réaliser des œuvres d'art qui élèvent "l'art autrichien à une reconnaissance internationale à laquelle il aspire". Il s'agit aussi de combler le fossé entre les arts dit "mineurs", de rapprocher les objets utilitaires et les objets d'art, de transformer le monde au moyen des arts. Les arts doivent éveiller les consciences et s'éloigner de toute compromission avec l'art et l'académisme établis.
Cette fondation est en quelque sorte la réponse au mouvement "Art Nouveau" en France et au "Jugendstil" qui se développe en Allemagne. Le magazine "Ver Sacrum" devient le moyen d'expression de la "Sécession", et le porte-parole de cette volonté de changer le monde, tandis que Joseph M. Olrich parvient à réaliser cet édifice dédié aux arts et souhaité par Klimt, pour donner aux jeunes artistes figuratifs un lieu permanent d'exposition pour leurs œuvres.
[modifier] Pallas Athéna
Il peint, en 1898, le célèbre tableau Pallas Athéna qui marque en quelque sorte cette émancipation de Gustav Klimt par rapport à l'art officiel.
Sous un mode ironique, il détourne la représentation traditionnelle du sujet en montrant sous le visage de la déesse aux traits d'une femme fatale, une gorgone tirant la langue. Cette toile fut l'objet de l'affiche de la première exposition de la "Sécession" en 1898.
[modifier] 1900-1907: La Philosophie, La Médecine et La Jurisprudence
Ces toiles commandées par l'Université de Vienne pour décorer le hall d'entrée seront détruites par les nazis en 1945.
[modifier] La Philosophie: Analyse
Au cours de l'année 1900, lors de la septième exposition de la "Sécession", Klimt présente sa toile intitulée La Philosophie, qui est la première des trois toiles préparatoires avec La Médecine et La Jurisprudence qui lui avaient été commandées en 1886 pour illustrer les voûtes du plafond de l'Aula Magna, le hall d'accueil de l'Université de Vienne. Il choisit de représenter la philosophie sous la forme d'une sphinge aux contours flous, la tête perdue dans les étoiles, tandis qu'autour d'elle se déroulent tous les cycles de la vie, de la naissance à la vieillesse, en passant par les étreintes de l'amour. À gauche, à l'avant-plan, la connaissance revêt les traits d'une femme fatale fixant de ses yeux froids et sombres le spectateur.
Cette toile fait l'objet d'une critique sévère des autorités universitaires qui s'attendaient à une représentation classique du sujet et qui considèrent alors cette allégorie comme une provocation au libertinage et une atteinte aux bonnes mœurs. La critique violente de la presse accuse Klimt d'outrager l'enseignement et de vouloir pervertir la jeunesse. On lui reproche ses peintures trop érotiques, et on s'interroge sur sa santé mentale et sur ses crises de dépression. « Il est trapu, écrit-on, un peu lourd, athlétique... pour allonger son visage sans doute, il porte ses cheveux en arrière et rejetés très haut au-dessus des tempes. C'est le seul signe qui pourrait penser que cet homme est un artiste ». Mais elle est couronné de la médaille d'or de l'exposition universelle de Paris de 1900.
[modifier] La Médecine et La Jurisprudence
Les compositions qui suivent, La Médecine et La Jurisprudence déchaînent et amplifient les critiques. La médecine est représentée par une femme qui offre son corps, au côté des représentations de la souffrance et de la mort. La jurisprudence quant à elle est représentée par un criminel en proie à ses instincts, tandis que la justice reste figée et impassible enchâssée dans une mosaïque d'inspiration byzantine. Klimt doit renoncer à voir se peintures décorer l'Aula Magna, sans pourtant renoncer à son invention esthétique.
[modifier] "La Fresque de Beethoven"
Lors de la quatorzième exposition de la "Sécession" en 1902 consacrée à la musique de Beethoven, Klimt présente une fresque en sept panneaux représentant la Neuvième Symphonie, destinée à illustrer un décor pour l'architecte Josef Hoffman chargé de réaliser un monument en mémoire du musicien. Cette œuvre d'art est encouragée par Gustav Mahler lui même, qui représente une aspiration au bonheur de la part de l'humanité souffrant en cherchant son apaisement dans les arts. Cette œuvre fait de nouveau l'objet de critiques violentes au nom de la morale. Mais elle est appréciée par Auguste Rodin. En 1907, il rencontre le jeune peintre Egon Schiele qu'il va beaucoup influencer ; Klimt sera pour Schiele un modèle et un maître.
[modifier] "Cycle d'or" de Klimt
Les années 1902-1903 constituent un tournant dans l'œuvre de Klimt, et une période d'intense créativité. Il entame la réalisation de son "Cycle d'Or" avec les Serpents d'Eau, le Portrait d'Adèle Bloch-Bauer et Danaé. En 1904, un riche banquier belge Adolphe Stoclet lui commande la réalisation des mosaïques murales de la salle à manger d'un luxueux palais qu'il construit à Bruxelles sur les plans de l'architecte Hoffman. La richesse décorative de Klimt éclate dans L'Attente et dans L'Accomplissement qu'il réalise pour Adolphe Stoclet.
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L'Accomplissment (détail), carton provenant de la fresque du Palais Stoclet, 1905-1909, 194,6 × 120,3 cm, Musée d'Osterreichisches |
L'Attente (détail), carton provenant de la fresque du Palais Stoclet, 193,5 × 115 cm,1905-1909, Musée d'Osterreichisches |
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[modifier] Le Baiser et fin de la "Sécession"
Le tableau Le Baiser qui est le tableau le plus représentatif du génie de Gustav Klimt et qu'il peint en 1906 sera reproduit dans le thème de L'Accomplissement pour la fresque d'Aldolphe Stoclet.
À partir de 1908, devant les désaccords avec de nombreux artistes du groupe, il quitte, avec plusieurs de ses amis, la "Sécession" qui, selon lui, tend à se scléroser. Il la quitte en 1908, accompagné par Koloman Moser, Carl Moll, Otto Wagner et d'autres. Il épure son style, évitant l'or à partir de 1909. Il se consacre à la peinture de paysages ou des scènes allégoriques très ornementées, de plus en plus stylisées et aux couleurs vives qui le rapproche du pointillisme de Seurat, mais aussi Van Gogh et de Bonnard.
[modifier] Fin de carrière: Décorateur "fin de siècle"
Il s'intéresse davantage à la peinture intimiste et aux portraits. Il réalise des portraits de femmes de grandes dimensions avec des compositions richement décorées pour flatter une clientèle riche et bourgeoise qui lui fait des commandes, et il réalise aussi de nombreuses scènes de femmes nues ou aux poses langoureuses et érotiques, en tenues extravagantes dans des compositions asymétriques, sans relief et sans perspectives, riches d'une ornementation chatoyante, envahissante et sensuelle. En 1910, Klimt participe à la Biennale de Venise où il retrouve le succès et la notoriété d'avant l'Aula Magna. Il reprend le titre de décorateur "fin de siècle", de peintre de l'intelligentsia autrichienne et d'inventeur de l'art décoratif.
En 1917, l'Académie des Arts de Vienne et celle de Munich le nomment membre honoraire.
Il décède le 6 février 1918 à Vienne d'une attaque d'apoplexie et est enterré dans cette même ville au cimetière Hietzing (de). Il laisse de nombreuses toiles inachevées.
Célibataire endurci, il vit avec sa mère et ses sœurs. Il a cependant de nombreuses maîtresses, notamment Emilie Flöge qu'il rencontre au début des années 1890. Elle sera sa principale compagne jusqu'à la fin de sa vie. De ses nombreuses conquêtes naîtront 14 enfants illégitimes officiels.
[modifier] Style et thèmes récurrents
Son œuvre comprend 230 tableaux dont 54 tableaux représentant des paysages. Ses principaux travaux incluent les peintures, les fresques, les croquis et autres objets d'art, dont plusieurs sont exposés à la galerie Vienna Secession. La profusion des détails, la richesse des décors et de la coloration en sont caractéristiques, ainsi que la précision des portraits. Il utilise souvent les formes phalliques dans ces œuvres notamment dans Judith 2 (1909), dans Le Baiser (1907-1908) mais surtout dans Danaë (1907). Un des thèmes récurrents du travail de Klimt est la femme dominatrice personnifiée par la femme fatale.
Klimt est connu pour son utilisation de l'or dans les peintures, qu'il découvre après avoir vu des mosaïques byzantines de Ravenne : voir le tableau de droite, Judith I, peint en 1901. Mais ses inspirations sont éclectiques. Les historiens de l'art répertorient des inspirations aussi diverses que celles de la Grèce classique, minoenne et égyptienne. Il est aussi inspiré par les ciselures d'Albrecht Dürer, les peintures européennes de la fin du Moyen-Age et de l'école Japonaise de Rimpa.
Klimt peint également quelques paysages, privilégiant une toile carrée (comme beaucoup d'artistes de la Sécession), avec une absence totale de personnages, ce qui donne une ambiance de particulière sérénité. Ces tableaux sont peints "sur le vif" et terminés en atelier.
[modifier] Citation
« Il n'existe pas d'autoportrait de moi. Je ne m'intéresse pas à ma propre personne comme "objet de représentation", mais aux autres êtres, surtout féminins, et plus encore aux apparitions". »
[modifier] Principales œuvres
- Les peintures murales de l'Université de Vienne
- Les mosaïques du palais Stoclet de Bruxelles
- Buchenwald ((de) Birkenwald) (1901);
- Judith I (1902);
- Émilie Flöge (1902);
- Le Chevalier d'or(1903)
- Judith II ou Salomé (1909);
- Wasserschlangen I (1904);
- Portrait d'Adele Bloch-Bauer I (1907);
- Le Baiser (1907);
- Danaë (1907);
- Adele Bloch-Bauer II (1912);
- Die Jungfrau (1913);
- La frise Beethoven de la Sécession de Vienne ;
- L'Accomplissement ;
- L'Attente ;
- Serena Pulitzer Lederer, portrait, huile sur toile, 190,8 x 85,4 cm, Metropolitan Museum of Art, New York.
[modifier] Divers
- Le générique du dessin animé tiré du manga « Elfen Lied » s'inspire grandement de ses œuvres.
- En 2005, Raoul Ruiz réalise le film Klimt, avec John Malkovich dans le rôle du peintre.
- Dans le film Dracula (film, 1992) de Francis Ford Coppola, sorti en 1992, la robe portée par Dracula dans la scène de lutte finale dans le château a été inspirée par la peinture de Gustav Klimt intitulée "Le Baiser".
[modifier] Marché de l'art
- En novembre 2003, son Landhaus am Attersee se vend pour 29,128 millions de dollars.
Le 7 août 2006, la Maison Christie's annonce qu'elle va s'occuper de la vente de quatre tableaux de Klimt qui provient de la collection de Maria Altman et des ses co-héritiers après une longue bataille juridique contre l'Autriche. Le Portrait d'Adèle Bloch Bauer II est vendu aux enchères pour 88 millions $, la troisième plus grosse vente lors d'une vente aux enchères à cette époque. Le Pommier I (1912) est vendu pour 33 millions $, La forêt de Birch (1903) est vendu pour 40,3 millions $ et Les Maisons d'Unterach sur le Lac Utter (1916) est vendu pour 31 millions $.
[modifier] Adele Bloch Bauer
En juin 2004, la Cour Suprême des États-Unis permet à Maria Altmann, nièce d'Adèle Bloch Bauer, de poursuivre l'Autriche pour obtenir la restitution de six peintures de Klimt volées par les nazis en 1938.
Gardées par l'Autriche après la guerre, les peintures étaient visibles au palais du Belvédère de Vienne. Les cinq tableaux incluaient le célèbre Adèle Bloch-Bauer I surnommée « La Joconde d'Autriche ».
Le 18 juin 2006, le tableau Adèle Bloch-Bauer I est adjugé pour 135 millions de dollars chez Christie's [1]. Il sera exposé au musée new-yorkais Neue Galerie. La vente des cinq tableaux a rapporté plus de 327 millions $.
[modifier] Galerie de Paysages
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Gustav Klimt: L'église d'Unterach am Attersee |
Le Pommier I dans la Galerie Österreichische au Belvedere, 1912 |
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Vue de Malcesine, Huile sur Toile, 1913, Collection Particulière |
[modifier] Galerie de la Mythologie
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Autel de Dionysos |
[modifier] Galerie d'allégories
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La partie basse de la Médecine, montrant la déesse Hygie |
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L'Espoir I 1903, Huile sur Toile, 181 × 67 cm, Galerie Nationale du Canada, Ottawa |
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[modifier] Galerie de portraits
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Eugénia "Mäda" Primavesi. 1912. Peinture à l'huile. 150 × 110 cm. Metropolitan Museum of Art, New York. |
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[modifier] Galerie de peintures sans style attribué
[modifier] Référence
[modifier] Liens externes
- (fr) Gustav Klimt
- (en) Web Museum Klimt page
- (en) Le procès Bloch-Bauer
- (en) Iklimt.com
- (fr) Klimt et les femmes à Vienne par Marie-Annick Sékaly, directrice du service culturel de Clio.
- (en) Gustav Klimt dans Artcyclopedia