Agostina Segatori

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Agostina Segatori Sitting in the Café du Tambourin
Vincent van Gogh, La femme au tambourin, huile sur toile, 1887, Rijskmuseum Van Gogh, Amsterdam.

Agostina Segatori (Ancône 1841 - Paris 1910) est une femme du XIXe siècle, connue pour avoir été un célèbre modèle parisien ayant posé pour des peintres célèbres comme Édouard Dantan, Jean-Baptiste Corot, Vincent van Gogh ou encore Édouard Manet. Elle est aussi connue pour avoir été la tenancière du Café Tambourin à Paris.

Biographie[modifier | modifier le code]

Agostina Segatori est née en 1841 dans la ville d'Ancone qui se trouve en Italie. Nous n'avons pas vraiment de trace d'elle avant qu'elle n'atteigne l'âge de 32 ans quand elle rencontre un peintre parisien. En 1873, elle rencontre le peintre parisien Édouard Dantan avec qui elle vit une relation houleuse jusqu'en 1884. En 1860, elle pose pour Édouard Manet et en 1873 pour Jean-Baptiste Corot.

Suite à sa rencontre avec Édouard Dantan, Agostina Segatori a un enfant de lui, Jean-Pierre Segatori[1],[2]. En 1874, elle devient l'égérie d'Édouard Dantan à l'occasion de sa première œuvre exposée au Salon. Édouard Dantan présente au Salon de 1874 un médaillon de cire représentant sa maîtresse. Durant les étés des années 1874, 1875 et 1877, lors de ses séjours avec Édouard Dantant et leur fils, Agostina Segatori pose de multiples fois pour son compagnon peintre.

Agostina Segatori n'est pas connue seulement pour avoir été la maîtresse du peintre Édouard Dantan dont elle se sépare en 1875 suite au mariage de celui-ci avec une femme de sa condition. Elle fut la tenancière du Café Tambourin qui prenait place au 62 boulevard de Clichy à Paris.

En 1884, Édouard Dantan désigne son ancienne compagne sous le nom de « Madame Segatori-Morière » : il semble qu'Agostina Segatori ait épousé un certain Monsieur Morière. Son fils Jean-Pierre est lui aussi appelé Morière, aussi a-t-il peut-être été reconnu ou adopté par son époux.

Agostina Segatori se rend célèbre pour sa relation au printemps 1887 avec Vincent van Gogh qui s'installe à Paris en 1886 jusqu'en 1888. Nous avons peu d'informations sur cette relation car Vincent van Gogh vit à l'époque avec son frère du fait, il nous reste très peu de sa correspondance de cette période. Cependant Agostina Segatori fut citée dans deux lettres par le peintre[3]. Des informations sur cette relation sont relatées par l'un des amis les plus intimes de Vincent van Gogh qui est le peintre Émile Bernard dans un article qu'il écrit sur le Père Tanguy, un personnage parisien important du XIXe[4]. Il semble que Vincent van Gogh et Agostina Segatori sont alors très épris l'un de l'autre et qu'elle inspire le peintre, qui réalise deux portraits d'elle et plusieurs nus à l'huile. Agostina Segatori aurait suscité la première exposition de Vincent Van Gogh au Café Tambourin qu'elle tient. Leur relation devient vite orageuse et ils décident d'un commun accord de se séparer en juillet 1887. Après cette séparation, Agostina Segatori conserve indûment des œuvres de Van Gogh au sein de son café.

Agostina Segatori s'est éteinte en 1910 à Paris après avoir connu des revers de fortune dont la perte de son café[5].

Le Café Tambourin[modifier | modifier le code]

Henri de Toulouse-Lautrec
Portrait de Vincent Van Gogh, Henri de Toulouse-Lautrec, 1887

Le Café du Tambourin tenu par Agostina Segatori prenait place dans un premier temps au 27 rue de Richelieu à Paris puis en mars 1885, il rouvrira au 62 boulevard de Clichy à Paris. Nous avons une affiche de Jules Chéret qui fait la réclame du Cabaret pour sa réouverture[6].
C'était un établissement décoré de façon originale, car Agostina Segatori va y accrocher des œuvres que va lui offrir Édouard Dantan pour cette raison. En 1882, Édouard Dantan lui offre un tableau pour décorer son café qui représente un bouc peint sur un tambourin. Cette image est visible en cliquant sur le lien ci-dessus au côté de l'affiche de Jules Chéret.

De plus, Vincent van Gogh va lui aussi décorer le café grâce à un échange commercial avec Agostina Segatori. Il est dit que Vincent van Gogh mangeait gratuitement au Café en échange de toiles représentant des Natures Mortes.

Le Café était fréquenté par des peintres comme Édouard Dantan ou Vincent van Gogh mais aussi par leurs amis artistes. Nous savons que c'est au Café du Tambourin que Henri de Toulouse-Lautrec réalisa en 1887 son portrait de Vincent Van Gogh.

Ce café sera fréquenté aussi par des écrivains et des peintres et des critiques d'art selon l'auteur Sophie de Juvigny[7].

Le Café Tambourin fut aussi le lieu de la première exposition de Vincent Van Gogh à Paris sous la forme de natures mortes qu'il échangeait avec la tenancière contre des repas gratuits. Agostina Segatori et Vincent van Gogh ont présenté ensemble en mars 1887 une collection d'estampes japonaises acquises par le peintre chez Bing.

Puis en juillet 1887, Vincent van Gogh réalisa un accrochage de ses œuvres et celles de ses amis Paul Gauguin, Guillaume Anquetin et Emile Bernard. Cette exposition rencontrera plus de succès car c'est à cette occasion que Emile Bernard et Guillaume Anquetin vont vendre leurs œuvres pour la première fois. Le Café du Tambourin géré par Agostina Segatori fait faillite et devient le Cabaret de la Butte en 1893 puis devient le Cabaret des Quat'Z'Arts à la fin du siècle.

Les représentations de la Segatori dans l'art français du XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Agostina est un célèbre modèle. En 1860, elle pose pour Edouard Manet qui réalise son portrait sous le nom de L'italienne. Cette œuvre est maintenant placée dans une collection privée de New York, l'œuvre est vendue par le marchand Alphonse Portier à Alexandre Cassatt, le frère de Mary Cassatt. Elle pose ensuite deux fois pour le peintre Jean-Baptiste Corot. La première œuvre se nomme Le portrait d'Agostina et la seconde la Bacchante aux tambourins. Elle sera peinte aussi par Jean-Léon Gérôme. Vincent van Gogh réalise deux portraits d'Agostina Segatori un nommé La femme au tambourin et l'autre L'italienne.

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Jean-Pierre Segatori est né le 17 juin 1873 à 9ème, son acte de naissance est visible en ligne sur le site des Archives départementales de Paris, vue 23, acte 1197.
  2. Jean-Pierre Segatori a été légitimé par jugement du tribunal de la Seine le 18 mars 1884. Il est le fils de Pierre Gustave Julien Morière et de son épouse Augusta Segatori
  3. Correspondance complète de Vincent Van Gogh, 1960, Paris, lettres 461 et 462.
  4. Julien Tanguy dans Mercure de France, LXXXIV, le 16 décembre 1908 à la page 606
  5. Archives familiales de la famille Ségatori aux archives de la ville de Paris.
  6. Site Autour du père Tanguy
  7. Impressionnisme et son époque de Sophie de Juvigny

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • S. de Sauvigny, Édouard Dantan 1848-1897 : Les ateliers parisiens aux marines normandes,‎ 2002, Somogny éditions d'art, Paris
  • Aurélie Dessain, La figure féminine dans l'œuvre de Vincent van Gogh,‎ 2010, sous la direction de Claire Barbillon, Université Paris Ouest Nanterre-La Défense
  • F. Cachin (dir), Van Gogh à Paris,‎ 1988, édition du musée d'Orasy, Paris
  • Vincent van Gogh, Correspondance complète de Vincent Van Gogh,‎ 1960, Paris