Colombières-sur-Orb

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Colombières-sur-Orb
Tour carrée
Tour carrée
Blason de Colombières-sur-Orb
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Languedoc-Roussillon
Département Hérault
Arrondissement Béziers
Canton Olargues
Intercommunalité Communauté de communes Orb et Jaur
Maire
Mandat
André Teysseire
2014-2020
Code postal 34390
Code commune 34080
Démographie
Gentilé Colombiérois
Population
municipale
471 hab. (2011)
Densité 58 hab./km2
Géographie
Coordonnées 43° 34′ 52″ N 3° 00′ 38″ E / 43.58111, 3.01055 ()43° 34′ 52″ Nord 3° 00′ 38″ Est / 43.58111, 3.01055 ()  
Altitude 172 m (min. : 132 m) (max. : 1 008 m)
Superficie 8,11 km2
Localisation

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Colombières-sur-Orb (en occitan Colombièiras d'Òrb) est une commune française située dans le département de l'Hérault et la région Languedoc-Roussillon. La commune se situe dans le canton d'Olargues.

Géographie[modifier | modifier le code]

Carte

Colombières-sur-Orb se situe en rive droite de l'Orb, au pied du Caroux. Ce dernier est entaillé à l'ouest du village par le ruisseau d'Albine et, à l'est, par le ruisseau d'Arles creusant les Gorges de Colombières et se jetant tous deux dans l'Orb. Le territoire de la commune se trouve dans le périmètre du parc naturel régional du Haut-Languedoc[1].

Hameaux[modifier | modifier le code]

  • Aire vieille
  • Barrière (la)
  • Borie (la)
  • Boulade(la)
  • Claps (les)
  • Coste (la)
  • Madalet
  • Martinet (le)
  • Rodié (ancien moulin)
  • Roussas
  • Seilhols (les) (las Seillots)
  • Sévirac
  • Théron (le)

Histoire[modifier | modifier le code]

Tour carrée.

Dans une zone fréquentée au moins depuis la Préhistoire, notamment au néolithique final (tombes mégalithiques[2],[3] et gravures rupestres au-dessus du ruisseau de Madale[4]), le territoire de Colombières a livré plusieurs indices archéologiques intéressants. Entre autres, un castrum du haut Moyen Âge a pu être identifié, connu sous le nom d'oppidum de Saucani (du roman 'Sommet et cascade'), au-dessus du hameau des Seilhols. Dans le village même, un remarquable fanum précoce et rare en Narbonnaise, a été mis au jour, en 1954, sur la rive gauche du ruisseau d'Arles, sous le chemin conduisant au hameau des Seilhols, et fouillé sous la direction de Claude Pascal[5].

Vue générale du château.

Composé de plusieurs états successifs (depuis un sanctuaire indigène du premier siècle précédant notre ère jusqu'à la fin du IVe siècle)[6],[7],[8], il a livré un très grand nombre de mobiliers cultuels (déposés toujours dans le village) : fragments de statue tutélaire, monnaies, verreries, céramiques communes, céramiques de la Graufesenque, vaisselles et gobelets à engobe blanche type « buveurs de Vichy », fragments d'amphore à enduit coloré, perles, lampes et de nombreuses figurines votives dont la signature du potier arverne Nattus est attestée (NATTI ARVE M ref. Nattus Arvernus [9]. Parmi ces dernières, on note des animaux (colombes, coqs, poules, chats, chiens, chevaux, taureaux) et des statuettes féminines (notamment une Mater, plusieurs Venus et une Epona à cheval) modelés par coroplathie. La période gallo-romaine est aussi attestée par la présence d'un établissement rural sur le Pech d'en Calle, au tènement de Sainte-Colombe, face à la petite chapelle, un autre au Roussas[10], et par une voie dite romaine conduisant de l'oppidum de Saucani au hameau de La Fage (commune de Rosis).

Tour du château.

On pourrait penser que la première trace écrite de Colombières (villa columbaria), avec ses églises Saint-Pierre (Sanctus Petrus) (L'église Saint Pierre de Colombières dont la construction actuelle daterait du XIVe siècle ou bien Saint Pierre de Rhèdes datant de 961, située entre Lamalou-les-Bains et le [Poujol]?) et Sainte-Colombe (Sancta Columba), dûment mentionnées en limites de la villa, date du 1er juillet 957[11], quand les exécuteurs testamentaires d'un certain 'Golfin' donnent à Saint-Nazaire de Béziers et aux églises de Saint-Pierre et de Sainte-Colombe de 'Colombières', une part de l'alleu du testateur (en l'occurrence des vignes). On pourrait remarquer encore qu'il est fait référence dans ce même folio à une église Saint-Michel (Saint Michel de Mourcayrol [Les Aires]?) d'une villa de Sclaciano, et qu'Esclatianum, Esclattanum (racines communes aux 'Claps', nom d'un hameau actuel de Colombières et lieu de la demeure des seigneurs de Colombières entre le XIVe et le XVIIe siècles) apparaissent encore en 1069 et en 1189 dans le même livre noir[12]. On pourrait encore pouvoir retrouver références écrites à Colombières en 978, quand Adélaïde de Carcassonne, vicomtesse de Narbonne, dans son premier testament, la lègue à son fils Raymond I (voir Liste des vicomtes de Narbonne): villa columbaria cum ipsa eclesia Sancti Petri[13].

Cascade « le voile de la mariée ».

Bien que ces deux églises de "Saint-Pierre" et de "Sainte-Colombe" soient clairement mentionnées dans ces sources tout comme sont connues, d'une part, l'influence des vicomtes de Narbonne allant jusqu'à Villemagne-l'Argentière et la position particulière de Colombières, comme un verrou-frontière sur le chemin de Lodève à Narbonne, entre les diocèses de Narbonne (plus tardivement de Saint-Pons) et de Béziers, d'autre part, les historiens identifieraient pourtant la villa columbaria à la commune de Colombiers (Hérault) avec ses églises Saint-Bauzille d'Esclatian, Saint-Albin[14] et Saint-Jacques datant du début du XIIe siècle puis Saint-Sylvestre (1671-1673), près de Vendres situé en limites bitteroises, et non à Colombières, surement trouvée bien plus éloignée et localisée aux confins du diocèse. Une lecture plus approfondie de ces documents et des bulles papales postérieures comme celles d'Eugène III ou d'Alexandre III permettraient, peut-être, d'en préciser plus précisément l'histoire.

Le village de Colombières est toutefois bien reconnu par les sources écrites au début du XIe siècle par son enchâtellement (château dit de 'Caroz', Le 'Carous' alors possession, au XIIe siècle, des vicomtes de Carcassonne (voir Liste des vicomtes de Carcassonne[15]). Cet enchâtellement est précoce et daté d'environ 1036[16], et seule la « Tour carrée » (donjon du XIVe siècle au lieu-dit le Battut[17]), toujours debout au-dessus du ruisseau d'Albine, en témoigne actuellement en rive droite. Ce vestige médiéval surplombe un joli manoir du XVIIe siècle, appelé « Le Château », situé un peu plus bas, en rive gauche. Le locus de Columberiis, s'il s'agit encore de Colombières et non pas de Colombiers, serait encore cité au début du XIVe siècle, en 1323, par Raymond d'Andabre, trésorier du seigneur évêque de Béziers par la perception d'une décime sur la rectorie du lieu pour le roi Charles IV[18]. Sous l'ancien régime, la paroisse de Saint-Pierre était rattachée au diocèse de Béziers. Un peu plus tard, dans les ordonnances du roi Charles V, 'Columben la Galharda' est citée en juillet 1377[19], puis on note 'Comberiae de Gaillarde' en 1518, 'Coulombières la Gailharde' en 1529, devenue 'Colombières la Gailharde' en 1680[20]. La commune prend son nom actuel de Colombières-sur-Orb par le décret du 8 octobre 1958. Autant la toponymie de Colombières, de ses sources les plus anciennes, semble donc bien indiquer le pigeonnier, la colombe, l'oiseau, tout autant la patronymie issue de la famille Colomb (Colomby) (voir plus bas) et son hagiotoponymie (voir plus loin Légende de Sainte-Colombe) s'y réfèrent encore. De plus et surtout, on notera que le droit de "colombier" était strictement réservé à la noblesse depuis Charlemagne (capitulaire de 800[21]) avec la possession de pigeonniers et fut aboli seulement le 6 août 1789[22], bien qu'en Languedoc les roturiers aient pu posséder des pigeonniers, « sans créneaux ni meurtrières ».

Colombières fut, entre autres, un fief historique de la famille de Carous, entre le XIe et le XIVe siècle. En 1338, Guillaume de Carous se fit reconnaître de 13 masades : Del Théron Soleiran, Del Théron Haut, La Coste, La Barrière, La Praderie, La Laurie, Les Seilhols, Le Verdier, Le Rouzier, La Martinade, les Claps, Le Puech, Larbofarié. Le village fut aussi un fief de la famille de Caylus (Castlus) dont est issu Déodat de Caylus, dans sa branche dite "Caylus de Blanes ou Blanc (diocèse de Vabres-l'Abbaye) de Colombières-la-Gaillarde (diocèse de Béziers) et de Rouairoux (diocèse de Castres)", entre la fin du XIVe siècle et la fin du XVIIIe siècle[23]. Ces Caylus étaient déjà présents dans la région depuis au moins la fin du XIIIe siècle, pour témoignage la sépulture de Béatrix de Caylus, épouse du chevalier Pons de Thézan, dans le cimetière de Saint-Pierre de Rhèdes. Le 25 novembre 1389, Marguerite de 'Carombes', fille de Pierre de Brusques (Château de Blanc, Peux-et-Couffouleux) et d'une noble dame 'de Sauve' ou 'de Saure' ou 'de Faure' (en ce cas, peut être la famille Faure, inscrits gentilshommes de Fougeirolles et du Pont, diocèse de Béziers effectivement rattachée à celle des Colomb (voir plus loin), des seigneuries de 'Carombes' (= Carous?) et de Colombières, épousa Raymond de Caylus, quatrième du nom, fils de Déodat IIe. Un acte d'accord montre que Raymond s'installa effectivement sur les terres de ces seigneuries, en 1408, dans la maison des Claps, dont il prit alors possession[24]. Le château actuel, dont la construction remonterait à la première moitié du XVIIe siècle, fut probablement un projet de Pierre Caylus IIIe du nom et dont le fils, François, fut certainement le premier à y habiter. Cette branche familiale de Caylus, seigneurs de Colombières et aussi de Madalet, possédant entre autres la seigneurie d'Olargues est, aujourd'hui, définitivement éteinte. Au cours du XVIIIe siècle, la terre de Colombières fut acquise par la famille d'Astruc, devenue citoyenne au cours de la Révolution.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason Blasonnement :
D'azur à trois colombes d'argent.

La figure de la colombe[25], symbole de paix et symbole chrétien, bien qu'elle fût ornement de la plupart des ordres de la chevalerie et principal ornement de France, a été très rarement chargée sur écus d'armes. Seules les armoiries des Colomb (Languedoc, voir plus bas), Colombet (Bourgogne), Cousinot (Ile de France) et Montesquieu (Languedoc) les portent d'Azur à trois colombes d'argent[26].

L’emblème héraldique actuel de Colombières-sur-Orb figure trois colombes d’argent sur écu azur, le même que celui de la famille Colomb (= Colombs = Colom = Colon = Colomb = Colomby), originaire du Rouergue, dès le XIVe siècle[27] et de la famille catalane de Santa-Coloma toujours au XIVe siècle, emblème que l'on retrouve, pour partie au début du XVe siècle, dans l'armorial des Caylus[28] et dans celui des verriers du Languedoc[29]. Cette dernière famille de gentilshommes verriers, les Colomb, est apparentée à celles des Robert et Grenier et est répertoriée en albigeois dès le début du XVe siècle, en 1409, (canton de Saint-Antonin et de Cordes) autour de la verrerie de la Guepie (commune de Laguépie). On la retrouve plus tardivement dans la montagne de Saint-Amans, alors pourchassée pour abjurer au XVIIe siècle, ainsi qu'autour des fameuses verreries de Moussans (Verreries-de-Moussans, Saint-Ponais, Montagne noire), près de Sainte-Colombe (col de Balagou) ou bien encore à Caylus (Tarn-et-Garonne) et à Albine (Sauveterre, Rouayroux, Castres), patronymie et homonymie colombiéroises réalisées (cabanes de Caylus et ruisseau d'Albine). On note que ce patronyme de Colomb est retrouvé originairement dans le nord de l'Espagne jusque dans le sud-ouest[30]. L'emblème héraldique de la branche du sud-ouest se transforme au cours du temps avec un chêne vert et deux ours ou sangliers remplaçant les colombes, caractéristiques de la branche catalane.

La légende de sainte Colombe[modifier | modifier le code]

L'histoire locale fait d’abord référence à une jeune vierge gallo-romaine née dans la région qui, devenue chrétienne, aurait été poursuivie des ardeurs païennes de soldats romains la forçant à renoncer à sa foi. Elle aurait péri martyre, symbolisée alors par une colombe blanche. Une statue la représente soutenant dans ses mains une colombe, comme symbole de pureté, dans l'église Saint-Pierre. Elle a été sculptée dans les années 1960 par l'artiste-peintre Pierre Blayac qui résidait dans la commune, alors inspiré par les traits de certaines jeunes filles du village. Parmi l'iconographie remarquable on peut citer l'église de Santa Coloma d'Andorre qui présente un retable du XVIIIe siècle figurant une Sainte-Colombe. On peut voir encore à Milan, (Pinacoteca di Brera) une Sainte-Colombe sauvée par un ours, par Giovanni Baronzio (vers 1340), et au Louvre, une Sainte-Colombe peinte par le Maître de la vie de Marie (article en allemand) de Cologne (vers 1430). Au moins deux légendes se réfèrent à une 'Sainte-Colombe' antique : une à Rome, en Italie, et une à Sainte-Colombe-lès-Vienne et à Sens, en France.

À Rome, née sous l'empereur Dioclétien, une jeune fille, alors âgée de douze ans (âge légal du mariage), aurait été martyrisée pour sa foi en 304. Son surnom de columba, raconte l'histoire, lui avait été donné par ses parents car « son visage reflétait la candeur et la simplicité d'une colombe ». Emprisonnée et ne voulant pas renier sa foi, elle serait morte bafouée, livrée dans les fornices de l'ancien stade de Domitien (actuelle place Navone) et violemment tourmentée tout en pardonnant à ses bourreaux stupéfaits d'une telle certitude. Ses restes auraient été déposés dans une niche dans la Catacombe de Saint-Calixte, fermée par une plaque de marbre dédicatoire indiquant puella columba.... Le prieur archéologue Marco Antonio Boldetti[31] aurait mis au jour cette sépulture au cours du XVIIIe siècle et ses reliques auraient été déposées auprès des cisterciens d'Anagni en Italie, puis transférées alors au début du vingtième siècle (le 20 janvier 1912) à la basilique de San Jose de Flores[32], à Buenos Aires en Argentine. On notera, d'une part que cette « colombe martyre » pourrait correspondre alors à Sainte Agnès, partageant la même légende[33], qu'un très grand nombre de colombes gravées ou peintes dans ces catacombes peuvent faire référence au symbole chrétien, qu'une seule épitaphe PALVMBA SINE FEL, désignant la sépulture d'une certaine Dasumia Ciriaca a été mise au jour[34] et qu'une niche renfermant des restes à l'antiquité participe à un columbarium

La légende religieuse de Sainte-Colombe (Colombe de Sens) en France [35] est partagée par les villes de Sainte-Colombe-lès-Vienne et de Sens. Ainsi, le récit, rédigé sous Charles Martel, puis recomposé tardivement avec ajouts successifs, se réfèrerait confusément à une jeune « ibère », (du nom de la villa où Colombe aurait été interrogée à Sens, la villa Erdona [36]), née en 258 et soi-disant fille d'un prince païen de Saragosse en Espagne, qui désirait consacrer sa vie à la foi chrétienne. Soutenue par quelques fidèles, elle serait partie depuis le sud de la Gaule pour rejoindre la ville de Vienne. La légende voudrait qu'assoiffée, elle obtenait par la prière que des sources jaillissent sur son parcours[37]. Arrivée à Sainte-Colombe-lès-Vienne près de Vienne, elle aurait reçu alors le baptême à 16 ans, en 274, sous le nom de Colombe. En 1997, un mausolée-martyrium du IVe siècle a été mis au jour dans la commune de Sainte-Colombe-lès-Vienne (Rhône), sous le parvis de l'église paroissiale détruite, rattachée au couvent bénédictin des dames de Sainte-Colombe [38]. De là, elle se serait rendue au pays de Sens, en cette fin de IIIe siècle. L'empereur Aurélien, alors présent dans la ville, et sachant qu'une jeune princesse chrétienne y résidait, l'aurait faite conduire auprès de lui. Ils eurent une longue conversation durant laquelle il lui demanda de renoncer à sa foi, alors que ses compagnons non nobles (saint Sactien, sainte Béate et saint Augustin) subissaient le martyre, en lui proposant un mariage avec son propre fils. Refusant cette idée, elle aurait été cyniquement isolée dans une cella meretricia (loge de courtisane) ou lupanar[39], et Colombe aurait subi alors les avances charnelles d’un certain Barusas (Barruch, Barusa, Baruca). Sur cette prison aurait été édifiée l'église de Sainte-Colombe-la-Petite, à Sens même. L'histoire dit qu'une ourse, réservée aux jeux et échappée de l'amphithéâtre proche, vint aussitôt défendre Colombe du jeune vaurien et que ce dernier se convertit. Quand des soldats envoyés par l'empereur vinrent la chercher par la suite, Colombe et son ourse résistèrent encore. Il fut décidé ensuite que la maison refuge subisse un incendie afin de les en déloger. Une pluie soudaine éteignit les flammes et l'ourse recouvra la liberté. Impressionné, l'empereur interrogea une nouvelle fois sa prisonnière, cette dernière ne reconnaissant finalement que son attachement au Christ. Courroucé - "Par mon dieu le Soleil... consens à sacrifier!!"- aurait-il prononcé, l'empereur ordonna qu’elle fut décapitée (traitement réservé aux nobles) en dehors de la ville, le 31 décembre 274, sur le chemin conduisant à Saligny, à la fontaine dite d’Azon. En échange d’un manteau au bourreau, la future sainte aurait prié avant son supplice, une voix 'divine' se faisant entendre – Viens ma colombe, l’hiver a passé pour toi, viens jouir auprès de moi du printemps éternel ! (texte proche du Cantique des cantiques; possible référence à l'épigraphe latine chrétienne fréquente avec colombe veni si amas)– et Aurélien aurait assisté à son martyre, selon la légende. Son corps aurait été alors abandonné dans un champ aux bêtes sauvages. Un peu plus tard, des ossements auraient été découverts par les esclaves d'un riche propriétaire aveugle, Aubertus, signalés par un bœuf aux cornes lumineuses. L'homme s'en frotta les yeux et recouvra la vue. Le fameux Aubertus fonda alors une chapelle sur les lieux du supplice, au lieu-dit 'le pré Aubert', proche de la fontaine et lieu de la décollation. Les reliques de la sainte reposèrent alors à Sens, dans l'Abbaye Sainte-Colombe de Saint-Denis-lès-Sens, fondée un peu plus loin par Clotaire II sur son domaine de Cusiacum en 620 et signalée sous Clovis II[40] et détruite au XVIIIe siècle. Cette dernière abbaye connut une histoire longue et fut très souvent invoquée par les rois comme Dagobert Ier, Louis le Pieux, Charles II le Chauve, Raoul de France, Henri V d'Angleterre, Charles VI de France, Louis XI de France, François Ier de France, Charles IX de France. Une autre légende dit que l'Ordre du Temple, resté très attaché au culte de Sainte-Colombe de Saint-Denis-lès-Sens (Theobaldus Thibaut de Payns, fils du fondateur de l'ordre, Hugues de Payns, fut abbé de Sainte-Colombe de Saint-Denis-lès-Sens en 1139), aurait participé à la protection d'une partie des reliques en les transférant vers l'Italie en accompagnant l'évêque de Rimini,en 1581.

Symbole de pureté et de courage, en affirmant sa foi face aux soldats tout en conservant sa virginité, Sainte-Colombe est aussi invoquée pour faire pleuvoir en pleine sécheresse. Elle est devenue tutelle contre les incendies, ayant survécu au supplice de l'immolation. Les attributs iconographiques de la sainte sont une colombe et/ou une ourse enchaînée, et la palme classique du martyr.

Il est remarquable de noter que les références à Sainte-Colombe, au travers des lieux, des symboles, des textes, des légendes et des histoires qui s'y rapportent, traitent très fréquemment de l'eau.

Il en est de même à Colombières-sur-Orb. Dès l'époque gallo-romaine, le fanum situé dans les gorges de Colombières semble étroitement lié aux eaux du ruisseau d'Arles. Dans ce dernier, sous le « rocher pointu », des résurgences d'eaux gazeuses radioactives, des sources d'eau ferrugineuse peuvent encore être observées et dans quelques bassins (les colymbes antiques), des eaux soufrées temporaires. Le symbole de la colombe fut très tôt adopté comme un symbole chrétien de l'âme baptisée (oiseau du déluge, oiseau du baptême) et de l'âme au repos (délivrée charnellement) puis comme symbole du Saint-Esprit sous la forme d'une colombe sans fiel, avec la colombe eucharistique et la colombe baptismale[41] ou de « réserve », (vase-custode renfermant les osties consacrées) [42] déposée au-dessus des fonts baptismaux[43], Le rapport entre cet oiseau et l'eau vive est donc très sensible. Au Moyen Âge, le culte de Sainte-Colombe était généralisé et elle était vénérée à Paris, notamment à Chevilly-Larue. On retrouve de nombreuses références à Sainte-Colombe notamment en France (28 occurrences) et en Catalogne comme à Santa Coloma à Andorre-la-Vieille (dont elle est patronne), à Barcelone, à Gérone, etc.; en Espagne à Cordoue, au Portugal, en Italie à Rimini, en Sicile, en Corse, en Flandres, en Allemagne et en Angleterre. Dans le royaume de Galice, au nord de Coimbre, on fêtait au haut Moyen Âge, une certaine sainte Comba, patronne des sorcières, agissant alors comme médiatrice à leurs noms mais aussi contre elles.

Ainsi, la Sainte-Colombe, vénérée à Colombières pourrait partager avec d'autres villes et villages des racines très anciennes par son nom. En effet Columba peut certes provenir de columba, l'oiseau-symbole mais aussi du latin issu du grec colymbus « bassin, piscine » dans lesquels on plonge, en si grand nombre dans le ruisseau d'Arles. Le nom de ce dernier peut évoquer, lui, le celte are-late pouvant être traduit par « à côté de » ou « en face de » « la plaine » , mais aussi 'arulas, petits autels, en référence au lieu de culte indigène. Ainsi, le culte de « Sainte-Colombe » pourrait bien être le témoin de rites et de pratiques liés aux eaux vives, et plus tardivement (peut-être dès la période carolingienne) celui d'un syncrétisme nomade, alliant une histoire véhiculée de la « colombe », comme symbole noble et chrétien du baptême, aux colymbes des eaux curatives, depuis le sud du Royaume franc jusqu'au nord de la Catalogne, par d'anciens emprunts du chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle, notamment la Via Tolosane.

Sainte Colombe
Sainte Colombe

En référence colombiéroise, la petite chapelle de Sainte-Colombe, dont la construction date de 1836 sur un emplacement d'une plus ancienne chapelle[44], déjà vouée à la sainte, et située au bord de la D 908 (avant le ruisseau de Madale), présente dans le bas de son autel un gisant du XIXe siècle. Elle est décorée de fresques murales modernes (1949 & 1993), réalisées par l'artiste peintre colombiérois Bringuier (Notre-dame-de-la-Salette à Sète). Cette ancienne chapelle est installée tout près de la villa gallo-romaine (découverte par l'abbé Giry) dans les années 1950, et fut le lieu d'un pèlerinage encore vivace jusqu'à la fin des années 1970, fin juillet (à la même période que celui organisé à Sens).

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001   Jean-Luc Barthes DVG  
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 471 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
540 523 631 687 800 794 765 730 668
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
675 622 595 570 509 504 599 506 503
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
404 406 423 349 351 308 320 292 251
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 2011
273 266 270 339 397 417 444 452 471
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[45] puis Insee à partir de 2004[46].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Gorges de Colombières dont le « Rocher pointu »
  • La tour Carrée (donjon du XIVe siècle du castrum de Carous) et sa cascade appelée « le voile de la mariée »
  • Château de Colombières (XVIIe siècle)
Église Saint-Pierre.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « situation géographique », sur maps.google.fr (consulté en 29 août 2010)
  2. Guiraud, R. & Dressaire C., 1993. Un nouveau dolmen à Colombières-sur- Orb (Hérault). Bull. Soc. Arch. des Hauts Cantons de l'Hérault N°16, p. 33-42.
  3. Dressaire C., 2004. Une construction mégalithique atypique à Colombières-sur-Orb, Bull. de la Soc. Arch. des Hauts Cantons de l'Hérault, N° 27, pp. 9-14.
  4. Guiraud, R., 2000. L’art schématique préhistorique dans le massif du Caroux, Bull. de la Soc. Arch. des Hauts Cantons de l'Hérault, N° 23; Guiraud, R., 2001. L’art schématique préhistorique dans le massif du Caroux (suite), Bull. de la Soc. Arch. des Hauts Cantons de l'Hérault, N° 24.
  5. Jannoray J., 1956. XIe circonscription. Gallia, t. 14, fasc. 2, p. 203-218.
  6. Clavel, M. 1970. Béziers et son territoire dans l'Antiquité. Centre de Recherches d'Histoire Ancienne, vol.2, Les Belles Lettres, Paris, pp. 554-564..
  7. Guiraud, R., 1992. Le Fanum de Colombières-sur Orb (Hérault), dieux guérisseurs en Gaule romaine. C. Landes (Ed.), Musée Archéologique, Lattes, pp. 47-56.
  8. Bellan, D., 1994. Projet de reconstitution du fanum de Colombières-sur-orb, Bull. Soc. Arch. des Hauts Cantons de l'Hérault, N° 17, p. 1-11.
  9. C.I.L., XIII, 10001, 220; 10010, 1411; 10015, 32 et 82
  10. Barruol, G. (Dir.), 1981. Circonscription du Languedoc-Roussillon. Gallia, vol. 39, N°39-2, p. 508.
  11. folio 226, Anonyme. Cartulaire de Béziers : Livre noir [du Chapitre de Saint-Nazaire] : [816-1209]. 1918. BnF
  12. op. cité, fol.170, 127
  13. H.G.L. t.V. col. 278 ou 130-CXIV, Histoire générale de Languedoc, Archives de Saint-Paul de Narbonne
  14. Cartulaire d'Agde, G Christ. VI. inst., c. 327
  15. Débax, H. 2003. La Féodalité languedocienne. XIe ‑ XIIe siècles. Serments, hommages et fiefs dans le Languedoc des Trencavel. Coll. Tempus, Presses Universitaires du Mirail, Toulouse, 409 p.
  16. B.N. Doat vol. 166 f°52 et H.G.L. t.V col. 426
  17. Class. Monuments historiques, PA 00103443, Site 34 080 6 AH, (1939/06/28 : arrêté).
  18. Carou, E., 1866. Comptes et répartition des décimes perçues sur le clergé du diocèse de Béziers, en 1322 et 1323. Bull. Soc. Arch. Scient. et lit. de Béziers, Tom IV, Ser. 2, pp.113-142
  19. Diminution des feux, Viguerie de Béziers voir : Secousse, 1741. Ordonnances des roys de France de la troisième race. Vol VI, Impr. royale, Paris, p. 291.
  20. divers pouillés diocésains bitterois
  21. Capit. reg. franc. Ut unus quisque judex per villas nostras singulares etlehas, pavones, fasianos, enetas, columbas, perdices, turtures, pro dignitatis causa, omnimodis semper habeant
  22. voir Moniteurs du 5 et 7 août 1789, séances très orageuses des Etats Généraux sur le sujet entre colombophiles et colombophobes....
  23. de la Chenaye-desbois, Badier, 1864. Dictionnaire de la noblesse. Tome IV, Schlessinger frères (Ed.), Paris, 1000 p.
  24. de Barreau, H., 1853. Documens historiques et généalogiques sur les familles et les hommes remarquables du Rouergue dans les temps anciens et modernes. Tome I, Imp. De Ratery, 751 p.Rodez
  25. Louvan Geliot, Daret J., 1635. Indice armorial, ou, sommaire explication des mots usitez au Blason des armoiries. Billaine P. (Ed.), Paris, 371 p.
  26. Segoing c.,1656. Trésor héraldique ou Mercure armorial, Où sont démontrées toutes les choses nécessaires pour acquérir une parfaite connaissance de l'Art de blazonner. Paris, 609 p.
  27. de Barreau, H., 1853, déj.cité; de la Roque, L., 1860. Armorial de la noblesse de Languedoc. Tome 1, Séguin (Ed.), Paris, pp. 16-17
  28. Blason du chevalier Pierre de Caylus, 1537 : Ecartelé au premier d'azur à trois oiseaux d'argent, au quatrième de gueules au dauphin d'or. de Vertot (Abbé), 1726. Histoire des chevaliers de St. jean de Jérusalem, appellez depuis les chevaliers de Rhodes.Rollin, Quillau, Desaint, Tome IV, Paris
  29. Saint-Quirin, 1985. Les verriers du Languedoc 1290-1790. La Réveillée, 363 p. ISBN 2-905975-00-8
  30. et non en Angleterre, référence à Saint Colomban
  31. Boldetti, Marco Antonio, 1720. - Osservazioni sopra i cimiterj de' santi martiri ed antichi cristiani di Roma, aggiuntavi la serie di tutti quelli che sino al presente si sono scoperti e di altri simili che in varie parti del mondo si trovanocon alcune riflessioni pratiche sopra il culto delle sagre reliquie. Libro primo -terzo, Roma, presso Gio. Maria Salvioni.
  32. Basílica de San José de Flores, Av. Rivadavia 6950, Buenos Aires, Argentine
  33. Rochette D.R., 1837. Tableau des Catacombes de Rome. Bibl. Univ. Jeun., Paris, 300 p
  34. Northcote J.-S., de Rossi G.B., Brownlow W.-R., Allard P., 1874. Rome souterraine : résumé des découvertes de M. de Rossi dans les catacombes romaines. Dider (Ed.), Paris, 600 p.
  35. Brullée, Abbé, 1852. Histoire de l'abbaye royale de Sainte-Colombe-Lez-Sens précédée de la vie de Sainte Colombe. Librairie Archéologique de Victor Didron, Paris, 334 p.; Perrin, J. 1929. Le Martyrium de Saint Sanctien et de ses compagnons martyrs. La 'villa Sanceia', Sens, 219 p.
  36. selon notae senonenses, De Rossi-Duchesne, 1604. Martyr. hieron. proleg., p.XIV. 'Bibl. nat. Ms. N. A. lat.'
  37. Brullée, Abbé, 1852. déj. cité
  38. Ramspeck C.,2004. Les origines paléochrétiennes du site du couvent de Sainte-Colombe. Mémoire de DEA d’Archéologie médiévale, Université Lumière Lyon II
  39. Saint Isidore de Séville, VIe s. Liturgia mozarabica secundum regulam beati Isidori. - Cursus completus patrologiae, Tomus LXXXV.
  40. Bulteau, L., 1684. Abrégé de l'ordre de Saint Benoist, tome premier, Coignard B. (Impr.), 720 p.
  41. Martigny, Abbé, 1865. Dictionnaire des Antiquités chrétiennes. Hachette, Paris, 676 p.
  42. Guénebault L.-J., 1843. Dictionnaire iconographique des monuments de l’Antiquité chrétienne et du Moyen Âge. Leleux (Ed.), Paris, vol. I, 507 p.; Bourassé, J.J., 1851. Dictionnaire d'archéologie sacrée, Tome 1, Migne (Ed.), Paris, 1304 p.
  43. France, A., 1897. L'Orme du mail, p. 112
  44. attestée depuis 957 ( folio 226, Livre noir du Chapître de Saint-Nazaire, Cartulaire de Béziers)
  45. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  46. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2008, 2011


Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Guy Bechtel, Un village du Languedoc au XVIIIe siècle, Colombières-la-Gaillarde, thèse de doctorat sous la direction d'Emmanuel Leroy-Ladurie, 1975. (Voir aussi ses compilations déposées aux Archives départementales de l'Hérault).

Liens externes[modifier | modifier le code]