Siran (Hérault)

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Siran
Chapelle de Centeilles
Chapelle de Centeilles
Blason de Siran
Héraldique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Languedoc-Roussillon
Département Hérault
Arrondissement Béziers
Canton Olonzac
Intercommunalité Communauté de communes le Minervois
Maire Sébastien Olivares
Code postal 34210
Code commune 34302
Démographie
Gentilé Siranais
Population
municipale
685 hab. (2011)
Densité 32 hab./km2
Géographie
Coordonnées 43° 18′ 51″ N 2° 39′ 43″ E / 43.3141666667, 2.6619444444443° 18′ 51″ Nord 2° 39′ 43″ Est / 43.3141666667, 2.66194444444  
Altitude Min. 77 m – Max. 491 m
Superficie 21,25 km2
Localisation

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Siran

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Siran

Siran (en occitan Sira) est une commune française située dans le département de l'Hérault et la région Languedoc-Roussillon.

Géographie[modifier | modifier le code]

Carte

Siran, village au cœur du Minervois, à 7 km au Nord d'Olonzac, à 15 km de l'ancienne cité de Minerve, village entouré de vignobles.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Siran, Siranum, Sinran, Villa Sirii, ou Villa Siriana : voici les divers noms qui reviennent dans l’histoire de ce village. Siran peut paraître d’origine sémitique, puisque les phéniciens s’établirent sur le littoral celtique, plus tard envahi par les Phocéens. Tout près de Siran se trouvent un dolmen sur le coteau dit des Fées (Le dolmen des fades) et une nécropole voisine, ils marquent l’emplacement d’une agglomération d’une certaine importance avant l’ère chrétienne. Siran, dans d’anciens documents[Lesquels ?], est appelé tantôt Villa, tantôt Castellum.

Histoire[modifier | modifier le code]

La forme ancienne du village correspond bien au Castellum, village en circulade, ramassé autour d’un monticule, et très certainement environné d’épaisses murailles et de fossés. À l’époque romaine, Siran eût son « Castrum » (camp militaire), au Pic Saint Martin qui était un remarquable poste d’observation. L’actuel château de Siran fut édifié au XVIe siècle, mais un autre édifice seigneurial existait depuis au minimum le IXe siècle.

Au Xe siècle, Siran a le privilège de devenir terre royale ; cela se retrouve encore aujourd’hui dans les armoiries du village frappées à trois fleurs de lys d’argent sur fond d’azur. La justice de cette petite région que dominait la châtellenie de Minerve, était rendue à Siran avait son siège à Siran, où elle était exercée par le viguier de Carcassonne, Cabarède appartenant au diocèse de Castres dépendait de Siran pour la justice. Bernard-Guillaume était seigneur de Siran à la fin du XIe siècle, Hugo de Siran lui succéda, puis Pons de Siran fut dépouillé de son château après la prise de Minerve en 1210, lors des croisades contre les cathares. Les exactions des « barons du Nord », menés par Simon de Montfort marquent encore très profondément la mémoire de ce terroir.

En 1696, le roi Louis XIV vendit la seigneurie de Siran à Philippe de Juin et la racheta peu de temps après[Quand ?]. En 1101, Bernard-Guillaume de Siran donna à Don Gérard, abbé de Caunes et à son fils Pierre de Siran, moine de cette même abbaye, la part qui lui revenait sur la villa Juvaline. De 1224 à 1244, Pierre I de Siran est abbé de Caunes, son frère Hugues qui désire avoir sa sépulture dans l’église abbatiale, lui lègue cinquante sols de ses revenus sur la villa Marcol. Dans le texte du serment[réf. souhaitée] de fidélité au roi de 1229 conservé aux archives de Saint-Paul de Narbonne on relève le nom d’Arnald-Raymond de Siran.

Sous Saint Louis, en 1261, une charte mentionne Raymond de Siran comme « tenancier des leudes de Béziers », c’est-à-dire, approximativement, chef des hommes ayant prêté serment de fidélité au roi. En 1290, Bernard de Siran devient seigneur de Cassagnoles. En 1309, Philippe le Bel donne le château de Siran à Amaury II de Narbonne en échange du fief de Leucate, afin d’y ouvrir un port. Siran possédait une abbaye aujourd’hui disparue, Saint-Michel-de-Montflammez, consacrée en 973 par l’archevêque Aymeric de Narbonne. Le fleuron du patrimoine siranais est Notre-Dame de Centeilles, ou de Ceinteilles.

Siran dépendra de l’illustre archevêché de Narbonne jusqu’au 18 février 1318, en effet Jean XXII, pape d’Avignon érige à cette date là le petit évêché de Saint-Pons-de-Thomières, et pour ce faire, dépouille l’archevêché de Narbonne, Siran entre dans le diocèse de Saint-Pons jusqu’en 1801, date à laquelle il est supprimé pour être adjoint à l’évêché de Montpellier. En 1421, Raymond de Siran par son union avec Aspaïs de la Roque acquiert le marquisat de Cavenac. Au cours des guerres de la Fronde et de la Ligue (fin XVIe siècle) Siran fut tantôt au pouvoir de Joyeuse, tantôt en celui de Montmorency. Robert de Juin épouse sous la pression de Louis XV la marquise Anne Roman d’Avignon qui offrit à l’église paroissiale actuelle de Siran la magnifique table de communion en fer forgé.

Pendant les guerres de religion, Siran ne resta protestant qu’un mois, de mars à avril 1598. En 1790, se forme les départements, La Livinière devient chef-lieu d’un canton comprenant Cassagnoles, Félines, Ferrals et Siran. Ce canton ne dura guère plus de 10 ans et durant le consulat il fut rattaché au canton d’Olonzac. Aujourd’hui, Siran, à la frontière de l’Aude et de l’Hérault, compte presque 700 habitants, commune essentiellement viticole ; elle se distingue dans le Minervois, avec La Livinière, par un excellent terroir qui produit des vins de grande qualité.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
Les données manquantes sont à compléter.
1959 1981 Emile Cazenave PS Conseiller général du canton d'Olonzac (1970-1981)
1981 août 2014 (élections de 2014 annulées) René Chabbert PS Conseiller général du canton d'Olonzac (1981-2001)

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 685 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
727 718 789 811 875 879 878 853 850
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
857 878 923 852 943 1 022 982 928 955
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
959 960 943 1 049 906 916 910 680 659
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2008 2011
707 641 549 520 544 568 626 642 685
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[1] puis Insee à partir de 2004[2].)
Histogramme de l'évolution démographique


Manifestations culturelles et festivités[modifier | modifier le code]

Fêtes très suivies :

  • 26 mars : grande foire et repas de tripes (ou le dimanche qui précède ou qui suit).
  • 1er week-end de juillet : fête votive, repas traditionnel, messe en occitan, grand bar à vins.
  • Sain- Vincent en janvier, fête des vignerons, messe occitane, procession, apéritif dégustation des crus, repas, promotion des vins par les producteurs, l'après-midi se termine par un concert à l'église.

Culture locale et patrimoine[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • 16 dolmens et 2 menhirs sur le causse (sites de Fournes, Lauriole, Mousse, la Forêt, Calamiac, Peyro Rousso...)
  • Chapelle de Centeilles, fresques du XVe siècle, mosaïque romaine du IVe siècle, restes de la Villa Sirana, qui donna le nom à Siran.
  • Église St-Baudile reconstruite au XVIe siècle, belles statues en bois doré de saint Roch et de la Vierge, très beaux tableaux dont un remarquable de saint Michel, bustes reliquaires en bois doré, baptistère ayant gardé la descente vers une piscine, avec une très originale statue du baptême du Christ par M. Vidal.
  • Les rues de cet ancien village en circulade recèlent d'anciens hôtels particuliers qui témoignent d'un passé riche.
  • La curiosité de Lauriole : la fameuse « côte qui descend », près du hameau de Fournes.
  • L'ancien château de Siran abrite un superbe hôtel-restaurant ainsi que la Maison du Minervois, haut lieu de la viticulture minervoise.

Curiosité de Lauriole ou la « route qui monte et qui descend »[modifier | modifier le code]

À quelques kilomètres au nord du village au milieu de la garrigue, se trouve une curiosité qui ne cesse d'attirer chaque année les curieux et les sceptiques.

Au lieu dit de Lauriole une route semble monter alors qu'elle descend ou l'inverse ! Cette « côte qui descend » est signalée par le panneau Curiosité de Lauriole. Une configuration spéciale du terrain environnant donne une mauvaise impression du sens de la pente de la route. Le résultat n'est pas spectaculaire, mais cependant très curieux. On peut faire l'expérience avec une balle, une bouteille, ou une voiture au point mort. En fait, tout se joue sur une dénivellation de quelques décimètres. L'effet provient donc d'une erreur visuelle par rapport aux alentours : une illusion d'optique. Le sens constaté de la descente (en laissant descendre un objet cylindrique ou sphérique par exemple) correspond bien au sens déterminé par un relevé de niveaux[3],[4] . Cette curiosité fait l'objet d'un récit humoristique dans un livre intitulé « La Côte qui descend » (Patrice Cartier, Éditions Pimientos), récit repris dans l'anthologie littéraire « Nouvelles du Minervois ». Une émission diffusée sur TF1 a contribué à rendre célèbre cette « côte qui descend ». : Les 30 Histoires Les Plus Mystérieuses.

Chapelle de Centeilles[modifier | modifier le code]

Histoire de la chapelle[modifier | modifier le code]

Notre-Dame de Centeilles, sur la commune de Siran, est située sur les coteaux, à environ 3 km au nord de Siran. Pour des raisons de sécurité bien compréhensibles de nos jours, la chapelle est normalement fermée. Toutefois l’association des amis de Centeilles assure une permanence les dimanches après-midis de 15 h à 18 h et le samedi durant les mois d’été aux mêmes heures.

La chapelle actuelle date du XIIIe siècle, avec des ajouts de la fin du XIVe siècle et du XVe siècle. Mais l’édifice est construit sur le site d’une chapelle antérieure du XIe siècle. Est-elle édifiée sur une église wisigothique et une villa romaine ? Ou bien a-t'on, vers le XeXIe siècle construit cette chapelle en lieu et place de l’édifice wisigothique qui existait près du site du Pic Saint-Martin ? Une étude de 1999[Laquelle ?] des Monuments historiques penche pour cette thèse[réf. souhaitée]. En allant encore plus loin dans le passé, certains pensent que les grandes pierres que l’on trouve sur l’allée qui conduit au côté sud de l’église indiqueraient un lieu d’inhumation néolithique.

Tout au long du Moyen Âge, Centeilles fut le centre d’une communauté prospère et d’une foire qui se tenait les 25 et 26 mars. Cette foire est devenue l’actuelle foire de Siran.

La Révolution française laissera Centeilles sans vie. La chapelle devient bâtiment agricole pour loger des animaux et abriter de l’outillage. Qui fut propriétaire, on sait par un acte passé en 1871 à l’étude de Me Cathala notaire à Siran, qu’elle appartenait à M. Sylvain Miquel qui la lègue à son fils Éloi, la chapelle restera dans cette famille jusqu’au 20 juin 1960, date à laquelle, Mme Reine Miquel, épouse Paul Raymond, « vend » ce bien pour la somme de 500 F. à M. l’abbé Joseph Giry qui jouit alors dans le diocèse de Montpellier d’une réputation fondée : une passion pour le patrimoine religieux. La chapelle est déjà classée monument historique malgré son état désastreux depuis 1954. Il est difficile pour un particulier d’obtenir des subventions, en 1961, l’abbé Giry passe le relais au diocèse, l’association diocésaine de Montpellier devient donc propriétaire. L’abbé Giry ne s’en désintéressera pas pour autant. Grâce à de nombreuses subventions et à de nombreux dons, la chapelle sera réaffectée au culte. En 2005, l’archevêque de Montpellier, Mgr Gui Thomazeau, et son économe diocésain aliènent de nombreux biens immobiliers. Le site sera cédé à l’association des amis de Centeilles qui s’occupe de l’édifice avec beaucoup de dévouement, une réhabilitation des fresques s’est d’ailleurs terminée en février 2007. Cette chapelle est attestée dans l’archidiocèse de Narbonne dès 1208, sous le vocable de « Beata Mariae de Sintillis ».

Fresques[modifier | modifier le code]

Au XIVe siècle et XVe siècle, l’édifice est entièrement peint et empli de fresques. L’église est composée d’une nef unique de trois travées couvertes d’une voûte en berceau brisé sur arcs doubleaux. La dernière travée de la nef est bordée de deux chapelles voûtées d’ogives. L’abside pentagonale de même facture est plus basse. La façade occidentale est surmontée d’un clocheton. Les murs de cette église étaient entièrement peints, ces peintures étaient certainement inspirées d’un cycle christologique. Aujourd’hui on retrouve :

  • L’arbre de Jessé en entrant face à la porte
  • L’Annonciation est peinte sur le registre supérieur du premier plan sud de l’abside.
  • Le registre inférieur est occupé par saint Bruno, abbé, tenant une crosse, sur sa gauche St Michel Archange terrassant le dragon.
  • La Résurrection occupe le pan nord de la chapelle nord.
  • St Jean et la Vierge, affligés s’appuient sur le tombeau et Marie-Madeleine est représentée en arrière.
  • Le registre inférieur est occupé par les âmes dans les limbes, au-dessus, des anges s’élèvent dans le ciel en tenant un phylactère
  • On trouve dans la chapelle nord une mosaïque du IVe siècle provenant de la villa Sirana.

Manifestations[modifier | modifier le code]

Chaque année deux fêtes religieuses réunissent la population de Siran et des environs :

  • Le jeudi de l’Ascension pour la procession des rogations
  • Le dimanche qui suit la fête de l’Assomption (15 août), où à la suite du pèlerinage les festivités se prolongent par un apéritif et un repas sous la chênaie, accompagnées des excellents crus du Minervois.

Église Saint-Baudile[modifier | modifier le code]

Histoire de l'église et de la paroisse[modifier | modifier le code]

L’église est dédiée à saint Baudile, elle était entourée par le cimetière, c’est un beau vaisseau qui appuie son arc triomphal sur deux piliers massifs, l’église a été quasi reconstruite au début du XVIIe siècle après le saccage protestant. Son autel majeur en marbre de Caunes-Minervois du XVIIIe siècle est flanqué de deux autels latéraux surmontés de deux magnifiques tableaux, l’un de l’archange saint Michel rappelle l’antique dévotion des Siranais à l’archange, dont une antique église, Saint-Michel de Montflanès était sous le patronage et vers laquelle convergeait une procession pour la Saint-Michel de printemps (8 mai) jusqu’à la ruine définitive de l'église à la Révolution, mais on doit à la vérité de dire que cette église qui se trouve à moins de 2 km au N.E. de Siran, avait déjà été abandonnée par les chartreux de Castres, les ruines se trouvent un peu avant la métairie en ruines de La Martelle mais les pierres ont été prises pour faire autre chose. Le second autel (de l'église paroissiale) est dédié à la compassion de saint Jean pour Jésus.

De la Réforme à la Révolution[modifier | modifier le code]

Siran outre le curé ou recteur a le privilège d’avoir deux vicaires et deux chapelains. Il faut dire que les charges sont lourdes jusqu’à la Révolution, grand messe tous les jours, catéchisme tous les dimanches, service des malades, œuvres de bienfaisance… en plus la paroisse entretient un « clerc », étudiant en théologie qui se prépare au sacerdoce et aide au service de l’autel, de la sacristie et aux œuvres.

La paroisse comptera jusqu’à 13 marguilliers, laïcs s’occupant de l’administration des œuvres, ils se réunissent en présence du 1er consul avec le curé pour traiter des affaires de la paroisse. Parmi les œuvres il est à noter celle de Notre-Dame de Centeilles qui en quelque sorte perdure aujourd’hui à travers une association loi de 1901. Celle des Quinze-Vingts qui s’occupe des blessés de guerre et en particulier des aveugles, et celle de Notre-Dame de La Merci qui s’occupe du rachat des captifs. La paroisse forme les sages-femmes, il y a aussi une confrérie des dames de charité et les Servantes des pauvres. On trouve autour de Siran des ermites qui vivent dans des grottes ou proche d’une chapelle isolée dont ils prennent soin. Il y a aussi dans la paroisse des Vierges Consacrées, religieuses dans le monde qui aident au service des malades et des pauvres.

Cimetière et sépulture[modifier | modifier le code]

Le cimetière entourait l’église des trois côtés, il y avait un lieu réservé aux enfants morts sans baptême. Les nobles se font de préférence ensevelir dans l’église, pour l’instant une est au moins précisée, celle d’Anne de Berlan inhumée en 1632 près de la porte.

Pèlerinages[modifier | modifier le code]

Outre celui à sain Michel, il y a également le pèlerinage à Notre-Dame de Centeilles, ce dernier existe encore de nos jours, au moins deux fois par an, le jour de l’Ascension pour les « rogations » (demandes de bienfaits pour les récoltes), et le dimanche qui suit le 15 août. Le pèlerinage à Notre-Dame du Spasme à La Livinière continue lui aussi, mais de manière individuelle pour des fêtes de la Vierge. La paroisse ne s’y rend plus en tant que telle.

Confrérie de Pénitents Bleus[modifier | modifier le code]

Une confrérie de pénitents bleus, du nom de leur habit, existera à Siran jusqu’à la fin du XIXe siècle, en 1617 la confrérie construit une chapelle en face du Moulin à Huile, ils participent en habits aux différentes manifestations religieuses, et s’occupent des défunts. La confrérie possède des terres.

Après la Réforme protestante qui va rejeter le dogme catholique de la présence supposée du Christ dans l’hostie consacrée se font jour des confréries du Saint Sacrement, c’est la contre-réforme catholique. À Siran, la confrérie est une véritable fraternité, ses fins ne sont pas seulement religieuses, mais aussi d’aides matérielles. Tous les troisièmes dimanches du mois la confrérie organise une procession solennelle du saint Sacrement. En 1713 un hôpital est fondé par le curé Michel Lalande.

La paroisse était vivante et riche, foncièrement croyante et pratiquante, mais les prêtres devront se battre contre des superstitions et des pseudos guérisseurs. On vient des lointaines métairies même par des temps exécrables à la messe dominicale, la municipalité paye les prédicateurs de l’avent et du carême, la grand messe dominicale revêt une grande importance à cause des annonces et des nouvelles officielles… Siran a une grande dévotion à la Vierge Marie. Saint Baudile, patron de l’église, est l’objet d’une grande fête le 20 mai, les réjouissances y sont exceptionnelles, tant religieuses que profanes, la dévotion aux reliques des martyrs devient très populaire et la richesse de la paroisse permet d’acquérir six magnifiques reliquaires au XVIIIe siècle, dont nous parlerons pour la visite de l’église (4 bustes en bois doré à la feuille et 2 chasses).

Les communions pascales sont tellement nombreuses qu’elles débutent le dimanche des Rameaux et ainsi chaque jour jusqu’au jour de Pâques, sauf le Vendredi Saint.

Après la Révolution[modifier | modifier le code]

Après la période révolutionnaire et la paix religieuse retrouvée grâce au concordat de 1801, le XIXe siècle verra la paroisse reprendre de l’essor avec une grande vitalité chrétienne. En 1905, la loi de séparation des Églises et de l’État ne mettra pas le village de Siran en grand émoi, les inventaires cessent très vite, mais le village est devenu anti-clérical, on peut dire que jusqu’en 1950 la population était divisée entre le parti des « curés » et celui des « anti-cléricaux », il y eût des passions, surtout électorales. La situation s’est peu à peu pacifiée, l’ancien maire, M. Cazenave y a largement contribué en interprétant avec largesse les lois de 1905 et 1907. Sous ses mandats de grands travaux sont faits à l’église, décédé tragiquement en 1981, René Chabbert lui succède, maire actuel de Siran, il continue la politique d’ouverture de son prédécesseur. Aujourd’hui l’on peut dire que les relations sont totalement pacifiées, dans la compréhension d’une saine laïcité. Ainsi par exemple, la fête du village et la fête de Saint-Vincent s’organisent communément entre la municipalité, les associations, et le clergé. À Siran, la pratique religieuse, à l’image de la France, ne dépasse pas les 8 % de la population, cependant on atteint bien les 30 % pour les grandes fêtes. La vie caritative n’a pas disparu, et le Secours catholique est très actif dans les actions de solidarité. De jeunes couples s’installant dans le village, l’on constate aussi un renouveau des baptêmes.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Danton Cabrol, né le 9 mai 1896 à Siran, brasseur à Capestang, mort au combat le 6 juin 1944 au col de Fontjun (Saint-Chinian) ; militant socialiste de l’Hérault ; résistant à Combat. La place de la mairie à Capestang porte son nom. Notice dans le dictionnaire Maitron.
  • Emile Cazenave, Conseiller général et maire décédé en 1981
  • Léon Cordes, né le 30 mars 1913 à Siran, décédé le 9 octobre 1987, les Cordes sont issus de Mayranne ( Minerve-34). Militant et écrivain épris de la langue occitane, son œuvre est riche en pièces de théâtre, scénarios, romans et nouvelles, recueils de poésie.
  • Michel Cordes, né à Siran le 20 octobre 1945, acteur bien connu du feuilleton TV Plus belle la vie dans le rôle de Roland Marci ; c'est aussi un metteur en scène de talent au service du théâtre occitan. On se souvient notamment de Menèrba 1210, enregistré en live à Minerve en 1986 (CD ODAC n° 4), d'Espanhol d'aqui ...
  • Philippe-Gabriel de Juin, abbé de Siran (1738-1819). Vicaire général de Mgr de Castellane, son parent, à Mende (1773-1791), prieur de Saint-Jean-Chazorne, réfractaire. Son action évita le démembrement du Gévaudan, maintenu comme département de Lozère.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  2. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2008, 2011
  3. psiland.free.fr
  4. cathares.org