Graissessac

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Graissessac
Vue générale, prise en descendant du Col du Layrac.
Vue générale, prise en descendant du Col du Layrac.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Languedoc-Roussillon
Département Hérault
Arrondissement Béziers
Canton Bédarieux
Intercommunalité Communauté de communes des Monts d'Orb
Maire
Mandat
Roland Bascoul
2014-2020
Code postal 34260
Code commune 34117
Démographie
Population
municipale
721 hab. (2011)
Densité 72 hab./km2
Géographie
Coordonnées 43° 40′ 54″ N 3° 05′ 36″ E / 43.6817, 3.0933 ()43° 40′ 54″ Nord 3° 05′ 36″ Est / 43.6817, 3.0933 ()  
Altitude Min. 270 m – Max. 1 001 m
Superficie 10,03 km2
Localisation

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Graissessac

Graissessac (en occitan Graisseçac) est une commune française située dans le département de l'Hérault en région Languedoc-Roussillon.

Géographie[modifier | modifier le code]

Carte

Située au cœur des monts d'Orb à 49 km de Béziers. Les monts de Marcou (1 093 m.), Cabanes (954 m.) et Agut (1 022 m.) forment le massif qui domine le village.

Communes limitrophes[modifier | modifier le code]

Mairie.
Communes limitrophes de Graissessac
Mélagues (Aveyron) Avène (Hérault)
Saint-Gervais-sur-Mare (Hérault) Silly-en-Gouffern Camplong (Hérault)
Saint-Étienne-Estréchoux (Hérault)

Histoire[modifier | modifier le code]

  • Depuis l'an de grâce 806, la donation faite par le Comte Guillaume à l'abbaye de Gellone (Saint-Guilhem-le-Désert) : « Allum villarem quem vocant Graixamarias » atteste que le lieu était habité.
  • 1141 (1ère citation) : « Raimundus de Graissensac » (cartulaire de Sylvanès p. 136).
  • 1142 "Raimundus de Graissenciaco" (ibid p 57).
  • 1154 : "Raimundus de Graisenzac (ibid., p 61) is.
  • 1200 : Raimundus de Graissenciaco, cartulaire de Valmagne n� 740).
  • En 1204, Raymondus de Graissenciaco.
  • En 1516, Rutor de Gressiaco.

Graissessac, dont l'Église réformée est fille de celle de Bédarieux, est plongée dans la tourmente des Guerres de Religion dans la deuxième moitié du XVIe siècle. L'industrie drapière y est alors prospère, ainsi que des activités comme la fabrication des clous ; elles représentent l'essentiel de l'activité de la petite bourgade. Les relations économiques avec l'extérieur, en liaison avec ces activités, sont importantes. Les marchands et les industriels, en grande majorité protestants (du simple fait des interdictions de l'Église catholique visant notamment le prêt à gages) circulent dans les vallées en participant ainsi à la propagation des idées de la Réforme. Richelieu dut faire face à un soulèvement des protestants et il leur livra une véritable guerre d'État. Les troubles avaient repris dès 1622 dans les Cévennes. Le fort de Graissessac est pris d'assaut par M. Rignac. La place tombée, la vie sauve est accordée aux villageois en récompense de leur grand courage. Richelieu, après avoir pris La Rochelle, principale place forte des insurgés, accorda aux réformés l'édit de grâce d'Alès (juin 1629) par lequel le roi de France Louis XIII garantissait l'application de l'édit de Nantes. Le régime de tolérance religieuse instauré par Henri IV en 1598 était ainsi consolidé de même que l'obéissance des protestants.

Temple.

Un demi siècle plus tard, en 1685, la promulgation de l'édit de Fontainebleau par Louis XIV, qui officialise la révocation de l'édit de Nantes, inaugure pour les réformés le temps du « Désert ». Deux sites où se tenaient ces assemblées clandestines ont été repérés à Graissessac : tout d'abord le Prat long au fond de la vallée de Riols et une zone située le long du ruisseau de Provères « Croyant », la toponymie est là pour nous le rappeler. Ils n'accueillaient pas seulement des graissessacois mais aussi des gens venus des environs voire de plus loin. On dénombre, en effet, 100 à 200 fidèles extérieurs à la commune (de Camarès notamment). Toutefois, la population étant à très forte majorité protestante, les adeptes de la Réforme ne se cachaient pas. En 1751, des amendes très lourdes (500 livres) obligent les Réformés à faire baptiser leurs enfants. En 1792, on trouve encore trace de l'activité de la religion réformée. L'église dans sa forme actuelle fut construite en 1837 (auparavant était en ce lieu un temple protestant érigé à la place du fort détruit par Mr de Rignac ou par le Duc Henri II de Montmorency, le temple actuel est de 1840 et rénové dans les années 1920. Il ne faut pas oublier que Graissessac faisait partie de la commune de Camplong et n'était que la réunion de plusieurs hameaux et quartiers (Le Castan, Provères, Riols, La Roque, La Place (Vieille?! souvenir du fort?), L'ayrolle et La Fournaque). C'est le 30 juillet 1859 que Graissessac fut constitué en commune sur des emprises des territoires des communes de Camplong et de Boussagues.

Les Mines[modifier | modifier le code]

Exploitation à ciel ouvert

Pas de traces de mines antiques ; on croit savoir que les Romains ou Gallo-romains présents dans la région exploitaient uniquement des minerais de fer, argent, cuivre, plomb du côté du Pradal, de Clairac (Grogues) et de Ceilhes (Lascours) où des traces sont toujours visibles de nos jours. Les premières tentatives pour exploiter « le carbo de peyra » remonteraient au XIIe siècle. Aux XIVe et XVe siècles, lors de la Guerre de Cent Ans (1336 à 1453), les anglais envahissent la France et arrivent dans le Languedoc vers 1346 et s'emparent de Roqueredonde, Cabrières et le Bousquet de la Balme (près du mas blanc) où encore leur repaire fortifié est visible dans la falaise dominant le village, c'est le « Castel de l'Inglès ». Tout près de Graissessac, au col de Liache (Lieuse), se trouvait « la mine des Anglais » souvenir de cette époque (la Baoumo de Sarlou). Les premières concessions minières furent données en 1769 mais depuis longtemps ces affleurements de houille étaient connus des habitants qui s'en servaient pour l'industrie locale précédant la mine : les clouteries. (En 1827, il y avait 100 ateliers et 150 ouvriers qui fabriquaient 8 millions de clous, cette industrie s'éteignit au tout début du XXe siècle). En 1776, on atteste de la présence d'exploitations de cuivre sur la montagne de Saint-Sauveur du Puy. En 1785, ces mines qui étaient propriété de la baronnie de Boussagues furent concédées à Mr Giral, propriétaire de la verrerie du château d'Hérépian (église actuelle, une autre était présente dans l'ancien manoir des Mourcairols au Pouget datant de 1414) qui dut faire établir ou rénover un chemin vers Villemagne et donc de faire construire le fameux « Pont du Diable » qui date de 1779 et servant aux convois de charbon de pierre (houille) et de charbon de terre (terme désignant les différents charbons : houille, lignite, tourbe etc.) pour le distinguer au charbon de bois.

En 1789, la concession de Graissessac était délimitée ainsi :

« Cette concession est limitée, ainsi qu'il suit, savoir : Au nord, à partir des montagnes qui divisent le territoire de Graissessac d'avec celui de Rials par une ligne droite tirée du pic de Montahut (mont-agut), figuré sur la carte de Cassini, à la source du ruisseau du Claidou (Clédou) ; puis descendant jusqu'à son embouchure dans la rivière de Mare près de Saint-Étienne-de-Mursan (Estréchoux) ; de ce point par une ligne sinueuse passant par le sommet de la chaîne de montagne qui forment les limites du territoire de Graissessac, d'avec celui de Saint-Gervais-Terre, et qui partagent les eaux en 2 pentes, l'une vers le Devois de Graissessac qui fait partie de cette concession, l'autre vers Saint-Laurent-des-Nières et les mines qui font partie de la concession accordée au Sieur Delzeuze par arrêt du ci-devant Conseil d'État, du 31 janvier 1789 ; ladite chaîne de montagne venant se joindre au pic de Montahut, point de départ. »

La plus marquante des catastrophes minières fut le coup de grisou du puits Sainte-Barbe en février 1877 où beaucoup de mineurs furent tués (45) et qui fit la une du « Monde illustré » célèbre journal de l'époque. En 1946, fut nationalisée la compagnie des mines, ce qui donna les Charbonnages de France et son entité les HBCM (houillères bassin Cévennes Midi). En 1962, c'est la fin des mines et le début de la « Découverte » jusqu'en 1994. Le 1er janvier 2008 fin de Charbonnages de France.

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason à dessiner Blason De gueules à la machine à fabriquer les clous d'argent, en pointe, surmontée d'une grappe de raisin à dextre et d'une lampe de mineur à senestre, le tout d'or ; au chef cousu d'azur.
Détails Le statut officiel du blason reste à déterminer.

Le chemin de fer[modifier | modifier le code]

Au XIXe siècle, la richesse en charbon de son sous-sol permet sa transformation en bassin minier. Graissessac entre de plain pied dans la Révolution industrielle. Son exploitation débute en 1845 avec la création de la société « Compagnie des mines de Graissessac » qui disparaît en 1857 avant de reparaître trois ans plus tard (1860) sous le nom de « Compagnie-Usquin-mines » (voir Philippe-François-Didier Usquin). En 1863, cette dernière est remplacée par la « Compagnie des quatre mines réunies de Graissessac » (émission d'un jeton en argent limitée à 500 exemplaires) qui sera finalement nationalisée en 1946. Ce développement industriel n'aurait pu avoir lieu sans le développement de moyens de transport rapide et moderne. À l'origine, c'est la compagnie du GB (Graissessac-Béziers) au départ de Béziers qui obtient la concession. Les premières années sont marquées par des erreurs de gestion, des magouilles, des inondations qui conduisent la compagnie à demander sa mise sous séquestres et qui entraînent sa faillite dès 1861. L'État va alors pousser la compagnie des Chemins de fer du Midi à racheter la ligne (la transaction est finalisée en 1865). Le « Midi » en profite pour demander une nouvelle concession sur Millau au départ de la Tour d'Orb. De Graissessac, le « Midi » pousse vers Plaisance-Andabre avec un rebroussement pour les trains en provenance de Bédarieux. Cette ligne, dite « des Causses » (Béziers-Sévérac-Neussargues), est aussi celle de l'acheminement des vins vers Paris. Le chemin de fer reliant Graissessac à Bédarieux, et par là au reste du département, est achevé en 1865. Le désenclavement du site d'extraction de Graissessac est ainsi réalisé. La ligne est finalement électrifiée en 1931-1932. La ligne La Tour-sur-Orb-Graissessac est fermée en 1954 pour les voyageurs et le 30 septembre 1978 après 120 ans et 10 jours d'exploitation, la ligne Latour-Graissessac fut définitivement fermée à tout trafic. Le 31 août 1989, cette ligne était déclassée par arrêté ministériel et déferrée quelque temps après.

En 1999, M. Gérard Delfau, sénateur, s'adressant lors d'une séance au Sénat à Mme Voynet alors Ministre de l'aménagement et de l'environnement, s'alarme de la « grande misère budgétaire et morale du bassin minier de Graissessac ». Le village connaît alors une crise de reconversion sans précédent. Toutefois, le recensement de la population qui est effectué la même année donne quelques signes d'espoirs. En effet, il met en évidence, pour la première fois depuis longtemps, la stabilisation du nombre d'habitants permanents et surtout un taux migratoire positif. Les nombreuses maisons en vente sont progressivement rachetées par des ressortissants de l'Union Européenne et par des français originaires des autres régions.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2008   Francine Saisi    
mars 2001 mars 2008 Bernard Rodier    
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 721 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1861. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896 1901
1 320 2 311 2 134 2 880 3 089 2 738 2 936 2 282 2 093
1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954 1962
2 092 2 042 2 200 2 322 2 548 2 416 2 318 2 404 1 962
1968 1975 1982 1990 1999 2005 2006 2010 2011
1 510 1 134 924 687 632 686 685 708 721
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[1] puis Insee à partir de 2004[2].)
Histogramme de l'évolution démographique

Économie[modifier | modifier le code]

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

Croix du XVIIe siècle
  • Croix du XVIIe siècle (rue de Barry)
  • Vestiges miniers (extraction du charbon à ciel ouvert)
  • Puits Padène (1925) dernier des dix puits de fond du bassin houiller de Graissessac
  • Mine Grand-champ 1872
  • Mine Simon Supérieur 1862 (vestiges de galerie, cheminée et machinerie)
  • Château des Mines
  • Ancienne Fonderie (Anciennement Ateliers des Mines)
  • Tunnel Saint-Joseph
  • Gare de GRAISSESSAC-ESTRECHOUX classée par la Fondation du Patrimoine
  • Ancien Café Mounis de 1879

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • En 1894, le 8 juin, Jean Jaurès y fit un discours de soutien aux mineurs en grève.
  • Michel Maffesoli (né le 14 novembre 1944), sociologue français.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  2. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2005, 2006, 2010, 2011


Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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