Pardailhan

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Pardailhan
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Languedoc-Roussillon
Département Hérault
Arrondissement Béziers
Canton Saint-Pons-de-Thomières
Intercommunalité Communauté de communes du Pays Saint-Ponais
Maire
Mandat
Pierre Donnadieu
2014-2020
Code postal 34360
Code commune 34193
Démographie
Gentilé Pardailhanais
Population
municipale
187 hab. (2011)
Densité 4,5 hab./km2
Géographie
Coordonnées 43° 27′ 06″ N 2° 50′ 50″ E / 43.4516666667, 2.8472222222243° 27′ 06″ Nord 2° 50′ 50″ Est / 43.4516666667, 2.84722222222  
Altitude 473 m (min. : 275 m) (max. : 820 m)
Superficie 41,18 km2
Localisation

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Pardailhan (en occitan Pardalhan) est une commune française située dans le département de l'Hérault et la région Languedoc-Roussillon.

Le Pardailhan désigne un territoire plus vaste qui comprend historiquement la commune actuelle et celle de Saint-Jean-de-Minervois.

Géographie[modifier | modifier le code]

Carte

Le Pardailhan est situé à l'extrémité occidentale du département de l'Hérault, dans la chaine montagneuse des Avants Monts.
Prolongeant la Montagne Noire, ces sommets forment les premiers contreforts de l'extrémité méridionale du Massif central.

La commune culmine au Pech Mage à 822 m. Le relief du Pardailhan est particulièrement tourmenté, avec un fort dénivelé jusqu'au Minervois et au Saint-Chinianais descendant à une altitude minimum de 276 m.

Sur le plan géologique la zone constitue un ensemble homogène : les Monts du Pardailhan, qui s'étendent jusqu'à la moyenne vallée de l'Orb et que limitent au nord et au sud les failles du Jaur et de Saint-Chinian. L'étude de la stratigraphie du Cambrien dans la nappe du Pardailhan constitue une référence pour les géologues.

Deux importantes sources karstiques[1] sont issues des Monts du Pardailhan : les sources de Malibert et Poussarou assurent en effet la pérennité du Vernazobres, affluent de l'Orb, et permettent l'alimentation en eau potable de la région de Saint-Chinian.

La commune, d'une superficie de 4 118 ha, compte dix hameaux Pardailhan (le chef-lieu), Rodomouls, Coulouma, Rieussec, Pez, Catalo, Copujol, La Garrigue, La Louvière et Pardailho.

Climat[modifier | modifier le code]

L'hiver à Pardailhan.

Le climat est de type méditerranéen montagneux : il subit l'influence de l'altitude et de la proximité de la Montagne Noire et des Monts de l'Espinouse.

Ces particularités se traduisent par une pluviométrie annuelle élevée (1 040 mm en 1982 - relevés de G. Rodriguez) par rapport à la plaine méditerranéenne (moins de 600 mm).
La répartition annuelle de ces précipitations fait apparaître un maximum à la fin de l'automne, suivi d'un maximum secondaire à la fin de l'hiver, le mois de juillet étant le plus sec.

La durée annuelle moyenne d’ensoleillement est inférieure à 2000 heures (supérieure à 2500 heures dans la région de Béziers).

Les températures à Pardailhan sont en moyenne légèrement inférieures de 3 à 4 degrés par rapport à la plaine méditerranéenne.

Pardailhan est situé dans la zone la plus ventée du département de l'Hérault, exposée à la Tramontane et au vent Marin.

Quelques jours d'enneigement en hiver ne sont pas exceptionnels, contribuant à différencier définitivement le climat des Monts de Pardailhan de celui du Biterrois.

Histoire[modifier | modifier le code]

Dépendant de la famille du vicomte de Minerve lors de la Croisade des Albigeois, Le Pardailhan est annexé par le domaine royal, pour crime d'hérésie cathare.

Hameau de Pardailhan ou Pontguiraud.

Durant l'Ancien Régime, la seigneurie est en paréage entre le roi et un co-seigneur. Dès 1381, le roi Charles VI accorde des libertés et franchises au Pardailhan, et notamment le droit pour les habitants d'élire des consuls pour les représenter.
Le château de Pardailho est occupé jusqu'au début du XVe siècle par un châtelain royal, représentant le roi (le château est ruiné au XVIe siècle).

Plusieurs familles nobles se succèdent pendant près de trois siècles, détenant une part de la seigneurie, sans résider à Pardailhan.
Vers 1650, un nouveau château est construit au hameau de Pontguiraud, par la famille seigneuriale de Brugairoux.

L'église Sainte-Marie (surnommée également Sainte-Euphémie) est transférée au hameau de Pontguiraud en 1752, qui prend alors indifféremment le nom de Pardailhan.
En 1789, le seigneur baron Thomas de Treil de Pardailhan prend parti en faveur de la Révolution et est élu député de Paris à l'Assemblée législative en 1791-92.

Le Pardailhan était réputé pour sa race de mouton, et sa production de navets (relancée depuis quelques années).

Depuis 1908, le territoire du Pardailhan est divisé entre les communes de Pardailhan et Saint-Jean-de-Pardailhan (puis Saint-Jean-de-Minervois).

Entre 1960 et 1963, une expérience originale de vie communautaire, le "kibboutz de Pardailhan" (unique kibboutz français) regroupe 20 familles parisiennes judaïsantes (89 hommes, femmes et enfants détachés d'une église parisienne « janséniste » et menés par Vincent Thibout, ingénieur ayant séjourné deux ans dans un kibboutz en Israël et s'étant converti au judaïsme[2]), venus s'installer dans la commune alors presque abandonnée pour vivre du travail agricole. L'expérience se solde par un échec : ayant investi toutes leurs économies pour cultiver une terre ingrate, les familles retournent au bout de trois ans sur Paris[3].

Héraldique[modifier | modifier le code]

Blason à dessiner Blason De gueules à la bande d'or chargée de 3 navets de sable feuillés de sinople, et accompagnée en chef d'un alérion d'argent et en pointe d'une tour du même
Détails délibération municipale du 8 juillet 2011

Environnement[modifier | modifier le code]

L'environnement naturel de Pardailhan est particulièrement riche mais fragile en raison du contexte géologique.

La plus grande partie de la commune se situe sur un aquifère (réserve d’eau souterraine). Cet aquifère karstique est identifié par le SDAGE comme étant un milieu aquatique remarquable à forte valeur patrimoniale, très vulnérable, à préserver pour les générations futures[4].

Le projet d’un aménagement touristique démesuré[5] a conduit dans les années 1980-85 à la réalisation de plusieurs études, concernant notamment l’assainissement. Désormais une grande partie de la commune est soumise à la réglementation du «périmètre rapproché de protection de la source de Malibert»[6]. Cette source alimente en eau potable une grande partie du canton de Saint-Chinian. Les règles concernant l’assainissement sont très strictes dans ce périmètre de protection, et interdisent de fait l’installation d’aménagements touristiques importants dans la commune[7].

La commune de Pardailhan comprend trois secteurs particulièrement intéressants sur le plan écologique et classés par le ministère de l’environnement (classement ZNIEFF de type I). Il s’agit du «plateau de La Garrigue de Pardailhan» (55 ha), du «bois de Pardailhan» (370 ha), de la «vallée de Coulouma» (85 ha). L’intérêt de ces «ZNIEFF de type I» est de participer au maintien des grands équilibres naturels et de contenir des espèces botaniques rares. Les décideurs doivent respecter ces zones : «l'absence de prise en compte d'une ZNIEFF lors d'une opération d'aménagement relèverait d'une erreur manifeste d'appréciation susceptible de faire l'objet d'un recours.»[8]

Pardailhan fait partie du Parc Naturel Régional du Haut-Languedoc[9]. Un des objectifs proclamés du Parc Naturel est «de protéger le patrimoine, notamment par une gestion adaptée des milieux naturels et des paysages»[10] La charte du parc insiste sur la priorité «de préserver et enrichir la diversité naturelle et paysagère, gérer les ressources en eau» et indique par ailleurs que «les communes adhérentes à la charte, s'engagent à mettre en œuvre les orientations et les mesures développées dans la charte, en faveur de la préservation des milieux naturels et des espèces».

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1989 2014 Pierre Donnadieu    
1954 1989 Maurice Robert    
1953 1954 Pierre Cauquil    
1945 1953 Antoine Landes    
1929 1944 Paul Roque    
1894 1929 Jacques Décor    
1894 1894 Clovis Armingaud    
1881 1894 François Fraïsse    
1878 1881 Joseph Landes    
1876 1878 Pierre Landes    
1871 1876 Louis Décor    
1840 1870 Joseph Cathala    
1830 1840 Pierre Landes    
1823 1830 Jean Pierre Miquel    
1822 1823 Joseph Décor    
1815 1822 Thomas de Treil de Pardailhan    
1800 1815 Jean Miquel    
1798 1800 Joseph Décor    
1797 1798 Jean Laurens    
1795 1797 Antoine Cathala    
1792 1795 François Cathala    
1790 1792 Joseph Décor    

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2011, la commune comptait 187 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
794 1 310 1 161 1 169 1 159 1 230 1 190 1 165 1 140
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 110 1 027 965 918 855 823 851 790 778
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
713 629 357 325 263 240 254 196 151
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2006 2009
206 93 83 102 126 164 175 176 180
2011 - - - - - - - -
187 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[11] puis Insee à partir de 2004[12].)
Histogramme de l'évolution démographique


Économie[modifier | modifier le code]

L'économie de la commune repose jusqu'au milieu du XXe siècle sur la polyculture, l'élevage, ainsi que de rares activités d'artisanat et de commerce.

De nos jours, l'activité agricole s'est beaucoup réduite. La polyculture ne concerne plus que quelques dizaines d'hectares, avec notamment une petite production de navets noirs (pour lesquels une demande de classement en AOC est à l'étude). La commune compte une dizaine d'élevages d'ovins et de chevaux.
Les activités de commerce et de service sont limitées à un unique restaurant, une petite entreprise d'élagage, et quelques artisans.
L'environnement naturel préservé de la commune permet le développement d'un tourisme de qualité, avec de nombreux gîtes ruraux, apportant un complément, voire une source de revenus aux habitants.
Le grand nombre de résidences secondaires constitue également, par les impôts locaux, un financement communal, mais il représente aussi un coût, en matière d'infrastructures (eau et assainissement).

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Ruines du Château de Pardailho

L'ancien château fortifié, déjà abandonné au XVIe siècle, est totalement ruiné de nos jours. En contrebas, se trouvent les restes de l'église Sainte-Marie et sa chapelle Ste-Euphémie.

L'ancien château seigneurial, bâti vers 1650, a été remanié au cours des siècles; il a conservé ses deux tours du XVIIe siècle.

  • Tombe du baron de Pardailhan

Il s'agit de la tombe de Thomas de Treil de Pardailhan, dernier seigneur du lieu, favorable aux idées de progrès de la Révolution de 1789, député de Paris à l'Assemblée législative. Le monument, qui porte l'épitaphe "Charlotte à son époux", a été récemment restauré.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Moine de l'abbaye de Saint-Pons-de-Thomières, sous l'autorité de son oncle l'abbé Pierre Roger, il est nommé prieur de Pardailhan[13]. Son frère, le pape Clément VI le fait évêque de Tulle, puis cardinal en 1342. Lors du conclave de 1362, il est élu pape, mais refuse la charge.

Né à Paris, en 1754, il poursuit une carrière militaire sous l'Ancien régime, jusqu'au grade de lieutenant-colonel dans les gardes suisses de Monsieur, il est également maître d'hôtel du roi à la Cour de Versailles. Pendant la Révolution, il est partisan d'une profonde réforme de la Monarchie et de la suppression des privilèges; d'abord administrateur du département de Paris (1791), il est élu député de Paris à l'Assemblée législative (1791-1792). À la Restauration, il est nommé maire de Pardailhan (1815-1821). Il est décédé au château de Pardailhan en 1822.

  • Jean Miquel, géologue et érudit local

Né en 1859, d'une très ancienne famille du Pardailhan, il est un naturaliste pluridisciplinaire. Il est connu pour ses recherches géologiques, mais il s'est aussi intéressé à l'archéologie et l'histoire locale. Il est décédé à Barroubio, dans l'actuelle commune de Saint-Jean-de-Minervois en 1940.

  • Armand Beaulieu, philosophe et historien[14]

Né en 1909 au château de Pardailhan, issu de la famille seigneuriale de Treil de Pardailhan, et lointain descendant[15] des Miquel de Barroubio, il fait ses études à Alger et Paris. Après avoir été professeur d'archéologie à l'Université Saint-Joseph de Beyrouth, il dirige à Paris au CNRS le Bulletin signalétique (Sciences humaines). En 1972, il est chargé par le CNRS et l'Académie des Sciences de poursuivre la publication de la correspondance de Mersenne. Il a publié de nombreux articles en histoire des sciences dans des revues spécialisées. Il est décédé le 13 juin 2005, à Antibes (Alpes-Maritimes).

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, et afin de permettre une comparaison correcte entre des recensements espacés d’une période de cinq ans, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant aux années 2006, 2011, 2016, etc., ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Les monts de Pardailhan, "Étude hydrodynamique et hydrochimique des sources karstiques de Poussarou et Malibert (Montagne Noire - Hérault)" Karstologia, 1986, par Jean-Louis Guyot
  2. Andréas Freund, « Un kibboutz à Pardailhan », L'Arche,‎ octobre 1960, p. 22-27
  3. Séverine Liatard et Séverine Cassar, documentaire « Le mystérieux kibboutz de Pardailhan » sur France Culture, 11 décembre 2012
  4. Classement par le SDAGE : Schéma Directeur d’Aménagement et de Gestion des Eaux du Bassin Rhône Méditerranée Corse)
  5. Projet de village de vacances dont le permis de construire est annulé par le Tribunal Administratif de Montpellier (6 mars 1987), annulation confirmée par le Conseil d'État (décision no 87678, rendue publique le 15 avril 1996).
  6. Arrêté préfectoral no 93-II-1103
  7. De plus l'adduction d’eau de la source de Camboussels, qui alimente une partie de la commune a conduit à la mise en place d’un périmètre de protection concernant le hameau de Coulouma (ce périmètre de protection est toujours provisoire, suite à un rapport géologique de 1979, malgré la pollution actuelle de la source)
  8. Site du ministère de l'écologie
  9. Décret du 13 juillet 1999
  10. Décret d'application de la loi "Paysage" du 8 janvier 1993
  11. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  12. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2004, 2006, 2009, 2011
  13. Chronologie des abbez du monastère et des évesques de l'église de Saint-Pons-de-Thomières, par Trottet-Le-Gentil
  14. Dictionnaire des philosophes, de Denis Huisman, Jean-François Braunstein, Ferdinand Alquié, Angèle Kremer-Marietti, Marcel Conche, PUF, 1984
  15. Histoire de Saint-Chinian-de-la-Corne, Delouvier, 1896


Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Essai sur l'arrondissement de Saint-Pons, Jean Miquel, Bulletin de la Société Languedocienne de Géographie, 1884
  • Dictionnaire topographique et historique de l'arrondissement de Saint-Pons - Me Joseph Sahuc, 1910
  • Notes sur la seigneurie de Pardailhan - Dr Vincent Joecker, Bulletin de la Société Archéologique de Béziers, 2005