Montagne Noire (France)

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Montagne Noire
Localisation de la montagne Noire sur la carte du Massif Central.
Localisation de la montagne Noire sur la carte du Massif Central.
Géographie
Altitude 1 210 m, Pic de Nore
Massif Massif central
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Midi-Pyrénées
Languedoc-Roussillon
Départements Tarn, Haute-Garonne
Hérault, Aude
Géologie
Âge 360 à 300 millions d'années
Roches Roches métamorphiques et sédimentaires

La montagne Noire, qui abrite à ses pieds la ville de Mazamet dans le Tarn, est un massif montagneux situé à l'extrémité sud-ouest du Massif central, en France. Il sépare les départements du Tarn, de l'Hérault, de l'Aude et de la Haute-Garonne.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation, topographie[modifier | modifier le code]

Limites géographiques (en rouge) et géologique (en magenta) de la montagne Noire

La montagne Noire est partagée entre quatre départements, l'Aude et le Tarn en sont les principaux tandis que la Haute-Garonne et l'Hérault en sont les bordures. Le massif, orienté est-ouest présente deux visages : le versant nord abrupt est couvert de forêts sombres de chênes, de hêtres, de sapins et d'épicéas. La ville de Mazamet est située au pied de ce versant. Le versant sud est moins abrupt et comprend deux principaux pays : le Cabardès au sud qui s'étend jusqu'à Carcassonne, le Minervois à l'est et une partie du Lauragais à l'ouest. De nombreux endroits de ce versant permettent d'observer de beaux panoramas de la chaîne pyrénéenne (Pradelles-Cabardès, Saissac, Cuxac-Cabardès).

Son point culminant est le pic de Nore, à 1 210 mètres d'altitude dans le département de l'Aude ; le sommet est couronné d'une importante antenne TDF de 100 mètres. La montagne Noire est incluse pour partie dans le parc naturel régional du Haut-Languedoc.

Géologie[modifier | modifier le code]

Pic de Nore, le point culminant de la montagne Noire

Mise en place du relief[modifier | modifier le code]

La montagne Noire au sens strict, s'érige à la fin de l'Éocène, à cause de la compression due au rapprochement de l'Ibérie et la formation des Pyrénées. C'est la faille de Mazamet qui permet cette érection sur 1200 mètres.

Roches et terrains[modifier | modifier le code]

Les roches constituaient un ancien massif hercynien (-360 millions d'années à -300 millions d'années). Les nappes de charriage inversées (les roches les plus anciennes se trouvent au-dessus des roches les plus jeunes) au sud-ouest du massif sont très célèbres.

La montagne Noire au sens large (des géologues)[modifier | modifier le code]

La montagne Noire des géologues est nettement plus large que celle des géographes. Elle s'étend presque jusqu'à Castres et Camarès et incorpore ainsi les Monts de Lacaune, le Sidobre et les Monts de l'Espinouse[1].

Ce massif montagneux se décompose en trois zones. Un versant septentrional, constitué d'écailles déversées vers le sud-est. Un versant méridional composé d'un empilement de nappes-plis couchés très complexe. Et enfin une zone axiale constituée de dômes gneissiques (ortho et paragneiss) et de granites encadrés par des métasédiments (sédiments métamorphisés).

Climat[modifier | modifier le code]

La montagne Noire enneigée.

Le climat est assez doux dans l'ensemble, de type Atlantique sur le versant nord et méditerranéen au sud-est, mais assez venteux. Cependant, dans le Cabardès et le versant nord, il y est plus frais. L'été est moins chaud que dans la plaine grâce aux forêts humides et l'hiver est souvent frais avec des chutes de neige régulières sur les hauteurs. Dans le Minervois, le vent est plus présent (Cers et Marin se relaient) mais le soleil également.

Végétation[modifier | modifier le code]

Côté versant nord et Cabardès, la densité de la forêt de la montagne pourrait être à l'origine de son nom. Elle comporte environ 55 % de feuillus et beaucoup de résineux.

Le Cabardès est avant tout une région forestière et sauvage, tout comme le versant nord. La nature y est préservée et les épicéas, sapins, hêtres, et autres châtaigniers constituent les principales essences d'arbres. La dense forêt de la Loubatière est un bon exemple de cette diversité avec également de nombreuses espèces végétales et animales. Il est d'ailleurs fréquent de croiser des chevreuils et sangliers au détour d'un chemin. Plus bas en altitude, sur les coteaux, poussent les vignes de l'AOC Cabardès jusqu'aux portes de Carcassonne.

Cette région est également parsemée de lacs, servant essentiellement comme retenues d'eau pour le canal du Midi. On peut citer par exemple le Lampy, Laprade (connu pour ses anciennes forgeries), La Galaube ou encore Saint-Ferréol qui s'ouvre sur le Lauragais. Ces lacs ont une teinte très sombre et l'eau y est minérale en raison de la géologie de la région.

Le Minervois quant à lui possède la nudité et l'aridité des zones méditerranéennes avec chênes verts, oliviers, pins et garrigue. C'est pourtant là que coulent, dans de profondes gorges, les eaux des rivières de la région. Là aussi, de nombreuses espèces animales et végétales cohabitent. Les lapins, lièvres, sangliers et autres petits gibiers peuplent cette région faite de vignes et de pinèdes.

En fin d'été et à l'automne, les forêts de la montagne Noire sont arpentées par les cueilleurs de cèpes, lactaires délicieux (ou rousillous en occitan) et châtaignes, mais aussi les chasseurs et autres promeneurs venus admirer les couleurs changeantes et les beaux panoramas que le massif offre sur les Pyrénées dans ses hauts points.

Histoire[modifier | modifier le code]

Les eaux de la montagne Noire ont servi à alimenter le canal du Midi. Sous Louis XIV, Pierre-Paul Riquet, fermier des gabelles, eut pour mission de relier Toulouse à la Méditerranée. Ce fut le début d'un long et douloureux chantier : le canal du Midi. Une grande difficulté se dressait : comment alimenter en eau cette voie fluviale ? Pierre-Paul Riquet eut l'idée de faire construire trois lacs en cascade, alimentés par des rigoles, dont le dernier fut le lac de Saint-Ferréol. Là se trouve la machinerie qui permet de réguler l'alimentation et de stabiliser le niveau d'eau dans le canal. Le creusement du canal se fit à la main avec beaucoup d'ouvriers. Il coûta cher en vies humaines. Hier voie marchande et aujourd'hui de plaisance, le canal du Midi reste une œuvre française majeure. Son nom a été donné à beaucoup d'avenues, de rues et d'établissements scolaires.

La montagne Noire a accueilli en avril 1944 des corps francs composés de jeunes de la région mais aussi de réfugiés juifs, de mineurs maghrébins, de républicains espagnols et d'autres antifascistes.

Activités[modifier | modifier le code]

Productions[modifier | modifier le code]

Mazamet s'est développée fortement à partir du XVIIIe siècle grâce à son industrie du délainage rendue possible par les eaux de l'Arnette et du Thoré qui permettaient de laver la peau et surtout la laine exploitée par l'industrie textile. Les deux dernières usines de délainage ont fermé leurs portes en 2004[2].

La dernière mine d'or de France, exploitée à Salsigne dans l'Aude, a également fermé en 2004[3]. Elle a donné jusqu'à 2 tonnes d'or par an[3], 3,4 tonnes d'argent, 1 000 tonnes de cuivre et quelques milliers de tonnes d'arsenic. L'exploitation minière de cette zone est fort ancienne : les Romains y extrayaient déjà du fer, du cuivre et du plomb.

Au village de Dourgne, qui compte 1 275 habitants, on exploite encore une ardoisière et des carrières de pierre. Des carrières de granite réputées sont exploitées dans la région du Sidobre. Le marbre rose de Caunes-Minervois est utilisé depuis longtemps (décorations du château de Versailles notamment). Mine d'or de Salsigne (fermée).

Tourisme[modifier | modifier le code]

Il est possible de visiter la grotte de Limousis, le gouffre de Cabrespine et l'oppidum de Berniquaut.

Protection environnementale[modifier | modifier le code]

Logo du parc

La région bénéficie de la protection du parc naturel régional du Haut-Languedoc.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Bernard Gèze, Languedoc méditerranéen, Montagne Noire, Guides géologiques régionaux, 191 p., Masson, Paris 1979. ISBN 2-225-64120-X.
  2. Robert Rossignol, « Industrie du délainage : c'est fini : Economie. Après l'usine de Cayenne en mai dernier, Sébastopol arrête la production », La Dépêche,‎ 12 octobre 2004 (lire en ligne)
  3. a et b Marc Bertola, « A Salsigne, la dernière mine d'or française ferme ses portes », L'Usine Nouvelle,‎ 30 juin 2004 (lire en ligne)

Liens externes[modifier | modifier le code]