Épouses de Mahomet

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Les épouses de Mahomet sont les onze ou treize femmes[1] épousées par Mahomet, le prophète de l'islam. Les musulmans les appellent les mères des croyants (en arabe : Ummahāt ul-Muʾminīn). Les musulmans utilisent ce qualificatif avant ou après leur nom en signe de respect, d'après le verset du Coran suivant (33:6) : le Prophète a plus de droit sur les croyants qu’ils n’en ont sur eux-mêmes; et ses épouses sont leurs mères[2].

Tous les mariages furent contractés après l'Hégire, excepté deux, dont celui avec Khadidja bint Khuwaylid, première épouse de Mahomet et qui eut un rôle très important pour son époux.

Aperçu global de Mahomet et de ses femmes[modifier | modifier le code]

Pendant sa vie, Mahomet a épousé quinze femmes, selon les décomptes. Sont présentées ici les onze qui sont reconnues par tous les musulmans.

Dans la culture arabe, le mariage était généralement conclu en fonction de l'intérêt de la tribu, et était fondé sur la nécessité d'alliances au sein de la tribu et entre tribus. La virginité au mariage était un point d'honneur pour la tribu[3]. William Montgomery Watt affirme que tous les mariages de Mahomet avaient un aspect politique d'alliance entre tribus, selon la coutume arabe[réf. nécessaire]. John Louis Esposito note que certains des mariages de Mahomet avaient pour dessein de prendre soin de veuves. Francis Edwards Peters, quant à lui, dit qu'il est délicat de faire des généralisations sur les mariages de Mahomet : beaucoup étaient politiques, certains étaient motivés par la compassion, et d'autres peut-être par le sentiment amoureux.

Mahomet et sa famille vivaient dans des appartements mitoyens à la mosquée de Médine. Ces appartements étaient très petits : environ 1,7 mètres sur 2,3 mètres. La hauteur du plafond était de la taille moyenne d'un homme. Les couvertures servaient de rideau pour fermer les portes. Anas bin Malik affirme selon un hadith que « le prophète avait l'habitude de visiter toutes ses femmes au cours d'une tournée, le jour et la nuit ; elles étaient onze »[4]. Bien que les épouses de Mahomet eussent un statut spécial de mères des croyants, il ne leur permettait pas d'user de ce statut pour obtenir un traitement de faveur en public.

Des hadiths rapportent des disputes entre Mahomet et ses femmes. Il y eut notamment une altercation[5]un jour où elles lui demandèrent de l'argent. Mahomet ne céda pas, mais dans son exaspération, il refusa de les voir pendant un mois. Il leur proposa à chacune de divorcer, mais finalement elles préférèrent rester avec lui.

Par ailleurs, Mahomet avait également deux esclaves femmes ( maria et rayhana)[6] avec qui il a pu avoir des relations conjugales. Ibn Khatir[7] cite 25 esclaves femmes, appelées milkelimen. Les esclaves féminines non prises comme concubines seront toutes affranchit par le Prophète[8].

Mariage et vie de chacune des épouses de Mahomet[modifier | modifier le code]

Khadidja bint Khuwaylid[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Khadidja bint Khuwaylid.

À 25 ans, Mahomet épousa la femme la plus riche et la plus puissante de la Mecque, Khadidja, dont il était un caravanier. Il l'avait impressionnée par son talent de caravanier et de marchand. Elle avait plus de 40 ans, et déjà plusieurs enfants. Elle avait aussi divorcé quatre fois. Ce mariage, le premier de Mahomet, semble avoir été heureux, même si les deux familles semblent avoir eu du mal à accepter cette union[réf. nécessaire]. C'est le premier cousin de Khadidja, Waraqa ibn Nawfal, qui soutint ce mariage. Il eut un rôle important dans la vie de Mahomet. Mahomet pouvait compter sur Khadidja à plusieurs titres, jusqu'à sa mort 25 ans plus tard[9]. Ils eurent six enfants : deux garçons, Qasim et Abd-Allah (surnommés respectivement al-Ṭahir et al-Ṭayyib), et quatre filles, Zaynab, Ruqaiya, Umm Kulthum et Fatimah. Les deux garçons moururent tous deux très jeunes. Les chiites ne sont toutefois pas d'accord sur la paternité des filles. Ils estiment que les trois premières sont le fruit de mariages précédents, et que Fatimah est la seule fille de Mahomet et de Khadidja[10]. Pendant sa vie commune avec Mahomet, Khadidja acheta l'esclave Zayd ibn Harithah, qui fut ensuite adopté par Mahomet[11].

Sauda bint Zemaʿa el Amawiya[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Sawda bint Zama.

À la mort de Khadidja, Mahomet devint veuf. Avant qu'il quitte la Mecque pour Médine, Khawlah bint Hakim lui suggéra d'épouser Sauda bint Zemaʿa, qui fut très éprouvée après qu'elle devint musulmane. Avant sa conversion, Sauda était mariée à un cousin paternel nommé As-Sakran bin ‘Amr, et avait cinq ou six enfants de ce mariage. Il y a des désaccords dans la tradition musulmane si Mahomet épousa d'abord Sauda ou Aïcha. Selon un décompte, il épousa Sauda au mois de chawwal alors qu'elle avait 55 ans, dans la dixième année de son activité prophétique, après la mort de Khadidja. À peu près à la même période, Aïcha se fiança à lui[12].

Sauda vieillissant (peut-être aussi après le mariage avec Umm Salama[13]), certaines sources affirment que Mahomet voulut divorcer d'elle[14]. D'autres traditions affirment que Mahomet n'a jamais voulu divorcer d'elle, mais qu'elle le craignait à tort[15]. Toujours est-il que pour éviter le divorce ou à cause de son grand âge, Sauda offrit de donner sa nuit à Aïcha, expliquant qu'elle « était âgée, et qu'elle ne s'occupait pas des hommes; son seul désir était de voir le Jour du Jugement comme une des femmes de Mahomet ». Certains historiens islamiques disent que cette histoire est à l'origine du verset 128 de la sourate 4[16]. Mais d'autres comme Rachid Rida estiment au contraire que ce lien ne repose pas sur des éléments fiables.

Arbre généalogique de Mahomet

Aïcha bint Abu Bakr[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Aïcha.

Aïcha était la fille d'un ami très cher de Mahomet, Abu Bakr. Elle était initialement fiancée à Jubayr ibn Mut'im, un musulman dont le père, bien que païen, était proche des musulmans. Quand Khawlah bint Hakim suggéra à Mahomet d'épouser Aïcha après la mort de Khadidja, sa première épouse, l'engagement précédent de marier Aïcha à Jubayr Ibn Mut'im fut rompu par commun accord. Aïcha avait alors 6 ans. Elle resta chez ses parents. Elle était la plus jeune et la préférée des épouses de Mahomet. Certains auteurs avancent qu'elle était jalouse et que cela a créé des difficultés[17]. Par ailleurs, Aïcha et Sauda avaient toutes deux des appartements mitoyens avec la mosquée Al-Masjid al-Nabawi.

L'âge de consommation du mariage avec Aïcha est unanimement estimé à 9 ans, à l'exception d'Al-Tabari qui rapporte qu'elle avait 10 ans. Des intellectuels islamiques contemporains récusent les sources qui établissent l'âge du mariage et de sa consommation, comme le chef Ahmadiyya Maulana Muhammad Ali. Il écrivit dans la première moitié du XXe siècle qu'« il n'y a pas le moindre doute qu'Aïcha avait au moins 9 ou 10 ans lors de ses fiançailles, et 14 ou 15 ans à l'époque du mariage ».

Aïcha est aussi connue pour l'incident du collier : ayant accompagné Mahomet à une petite bataille contre les Banu Mustaliq, Aïcha avait perdu sur le chemin du retour pour la seconde fois son collier de mariage, qui lui était très cher. Cette fois-ci, ne voulant pas importuner le groupe, elle s'esquiva discrètement pour le rechercher, mais quand elle le retrouva, la caravane s'était déplacée. Finalement, elle fut ramenée chez elle par Safouan bin Mu'attal. Des rumeurs se répandirent que quelque chose de fâcheux s'était passé, bien qu'il n'y eut aucun témoin de cela[18]. Il y eut des discussions tendues au sein de la communauté. Entre temps, Aïcha était tombée malade, et elle n'était pas au courant de ce qui se passait. Au début, Mahomet lui-même ne savait que penser, mais il finit par croire les protestations d'innocence d'Aïcha. Finalement, des versets furent révélés qui établirent l'innocence d'Aïcha et condamnèrent les calomnies[19]. Bien que cet épisode fût désagréable pour Aïcha et Mahomet, il renforça plus tard leur amour et leur confiance[20].

Hafsa bint Omar ibn al-Khattab[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Hafsa bint Omar.

Pendant la guerre des musulmans contre la Mecque, de nombreux musulmans furent tués, laissant derrière eux des veuves et des orphelins. Hafsa bint Omar était la fille d‘Umar bin Al-Khattab, l'un des plus redoutables soldats de Mahomet. Elle devint veuve à la bataille de Badr, puisque son mari mourut au combat[21]. Mahomet l'épousa en l'an 3 de l'Hégire[22](625 apr. J.-C.). Comme elle était proche en âge d'Aïcha, la jeune épouse Hafsa fut accueillie dans sa maisonnée. Sauda, qui était beaucoup plus âgée, avait pour elle ainsi que pour Zaynab (voir section suivante) une bienveillance maternelle[réf. nécessaire].

Zaynab bint Khuzayma[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Zaynab bint Khouzayma.

Zaynab bint Khuzayma devint veuve lors de la bataille contre la Mecque, comme Hafza. Elle était mariée à 'Ubaydah bin al-Hārith de la tribu de al-Muttalib, frère de lait de Mahomet[23]. Il l'épousa en l'an 4 de l'Hégire (626 apr. J.-C.). Elle était surnommée Umm al-Masakin (traduisible par mère des pauvres), à cause de sa grande charité et de sa grande gentillesse[24]. Zaynab étant à peu près du même âge qu'Aïcha, comme Hafza, elle fut aussi accueillie dans sa maisonnée. Zaynab tomba malade et mourut 8 mois après son mariage[25]. Elle avait 30 ans à cette époque, et Mahomet 56 ans.

Umm Salama Hend bint Abu Ummayah[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Umm Salama.

La mort de Zaynab coïncida avec celle d'Abu Salamah, un musulman fervent, à la suite de ses blessures à la bataille de Uhud[26]. La veuve d'Abu Salamah, Umm Salama Hend, elle aussi musulmane fervente, n'avait rien hormis un jeune enfant à charge. Cette situation critique aurait affligé les musulmans, et après la période prescrite (iddah), certains se proposèrent pour l'épouser[réf. nécessaire]. Mais elle refusa. Quand Mahomet lui proposa de l'épouser, elle était réticente pour trois raisons. Elle redoutait de souffrir de jalousie à cause des autres épouses, ce qui aurait pu compromettre la réussite du mariage. Elle se trouvait également trop âgée, et sa jeune famille avait besoin de soutien. Mais Mahomet répondit qu'il prierait Allah de la délivrer de la jalousie, qu'il était lui aussi âgé, et que sa famille était comme la sienne. Finalement il l'épousa[27].

Rayhana bint Zaid[modifier | modifier le code]

En l'an 4 de l'Hégire (626 apr. J.-C.), Rayhana bint Zaid faisait partie du butin de la victoire contre la tribu de Banu Qurayza. Sa relation avec Mahomet est controversée. Les sources concernant son statut diffèrent, et l'on ne parvient pas à trancher si elle était une simple concubine ou si elle finit par être épousée. Il est rapporté qu'elle finit par se convertir à l'islam[28].

Zaynab bint Jahsh[modifier | modifier le code]

Zaynab bint Jahsh était la septième femme de Mahomet mais aussi sa cousine, la fille de l'une de ses tantes. À Médine, Mahomet arrangea le mariage de Zaynab, veuve, avec Zayd ibn Harithah qui était le fils adoptif de Mahomet[29]. Zaynab était opposée au mariage et ses frères le rejetaient aussi parce qu'elle était de lignée aristocratique, et Zayd était un ancien esclave en plus d'être un fils adoptif, même de Mahomet[30]. Selon Maududi, le verset du Coran 33:36 fut révélé pour obliger Zaynab à accepter le mariage avec Zayd, qui eut finalement lieu. Mais comme la vie commune devint rapidement dure à supporter, Zayd proposa à Zaynab de divorcer, ce avec quoi Mahomet n'était pas d'accord. Mais il semble que Mahomet fut alors séduit par la beauté de Zaynab, et finalement, il l'épousa après la période prescrite. Ce nouveau mariage a été perçu comme incestueux par les gens de l'époque car Mahomet avait épousé l'ancienne femme de son fils adoptif, et les enfants adoptifs avaient le même statut que les enfants biologiques. Selon William Montgomery Watt [31], « cette conception de l'inceste était étroitement liée à d'anciennes pratiques appartenant au niveau de communauté des institutions familiales où la paternité d'un enfant n'était pas connue avec certitude. Lors de son mariage Zaynab a 35[32] ans tandis que Mahomet en a 57. Après 6 ans[29] de mariage Zaynab divorce de Mahomet. Ce niveau de communauté était en cours d'élimination par l'islam ». La décision de Mahomet d'épouser Zaynab aurait été un moyen de briser les idées pré-islamiques sur la conduite de l'homme en société. D'ailleurs, Mahomet aurait été initialement réticent à épouser Zaynab, à cause de l'opinion publique. Le Coran[33] indique néanmoins que ce mariage était un devoir qu'Allah lui imposa.

Un groupe influent parmi les citoyens de Médine, appelé « les hypocrites » dans le Coran et la tradition islamique, critiqua ce mariage et l'accusa d'être incestueux du fait que Mahomet épouse la femme de son fils adoptif. Il semble que ce groupe propagea des rumeurs en vue de diviser les musulmans, dans une stratégie plus vaste d'attaquer Mahomet par le biais de ses femmes. Selon Ibn Kathir, le verset 37 de la sourate 33 (Voir note 27 supra) fut une récusation divine des objections des hypocrites. Selon Rodinson, Ce groupe qualifié d'"hypocrites" dans le Coran arguait que les versets étaient en opposition exacte avec les tabous sociaux et favorisaient trop Mahomet. La révélation de ces versets n'a donc pas mis fin à la contestation.

Juwayriya bint al-Harith[modifier | modifier le code]

Juwayriya bint al-Harith est devenue la huitième femme de Mahomet après avoir été capturée lors de la bataille de Banu Mustaliq. Son mari, Mustafa bin Safawan, fut tué dans la bataille. Elle fut d'abord dans le butin de Thabit ibn Qyas Al-Shammas, un compagnon de Mahomet. Bouleversée par sa nouvelle situation, Juwayriya demanda à Mahomet de faire preuve de mansuétude. Mahomet lui proposa de l'épouser, et en conséquence l'affranchit de l'esclavage de Thabit ibn Qyas. Cela améliora les conditions de la tribu capturée[34].

Rumleh bint Abi-Sufyan[modifier | modifier le code]

Mahomet signa avec ses ennemis de la Mecque, les Quraïch, un traité de paix mettant fin à l'état de guerre entre les deux parties. Il épousa donc bientôt la fille du chef des Quraïch, Abu Sufyan ibn Harb, dans le but d'une réconciliation avec ses anciens opposants. Il envoya une proposition de mariage avec Rumleh bint Abi-Sufyan, qui était à l'époque en Abyssinie, car il avait appris qu'elle était devenue veuve. Elle était déjà convertie à l'islam contre l'avis de son père. Après sa migration en Abyssinie, son mari s'était converti au christianisme, mais elle, était restée musulmane. Mahomet dépêcha 'Amr bin Omaiyah Ad-Damri avec une lettre pour le Negus (le roi), lui demandant la main d'Umm Habibah. C'était au mois de Muharram, la septième année de l'Hégire.

Safiya bint Ho-Yay[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Safiya bint Houyay.

En 629, lors de l'attaque de Khaybar, Safiya bint Ho-Yay fut capturée par Dihya. C'était une noble de la tribu juive de Banu Nadir[35]. Mahomet l'affranchit et lui proposa de l'épouser ; elle accepta. Des érudits pensent qu'il l'épousa comme gage de réconciliation avec cette tribu juive et en signe de bonne volonté[36]. Safiya avait été auparavant l'épouse de Kinana ibn al-Rabi, un commandant qui fut exécuté, et avant encore du poète Salaam ibn Mashkam, qui la répudia. Mahomet convainquit Safiya de se convertir à l'islam et l'épousa[37]. Après son entrée dans la maisonnée de Mahomet, Safiya se lia d'amitié avec Aïcha et Hafsa. Mais quand les autres femmes de Mahomet dirent du mal des origines juives de Safiya, Mahomet intervint, et dit à tout le monde que « le mari de Safiya est Mahomet, son père est Aaron, et son oncle est Moïse »[38], en référence à des prophètes révérés par l'islam.

Le mariage avec Safiyah avait probablement une signification politique, puisqu'il contribua à réduire les hostilités entre tribus. John Louis Esposito note que « comme il était de coutume parmi les chefs arabes, beaucoup de mariages étaient politiques et servaient à consolider des alliances. Les autres étaient des mariages avec des veuves de ses compagnons qui étaient morts au combat. Elles avaient besoin d'une protection »[39]. La décision de Mahomet d'épouser Safiyah était un grand honneur pour elle, selon ce que dit Muhammad Husayn Haykal : « le prophète lui accorda la liberté et l'épousa, suivant les exemples de grands conquérants qui épousèrent les filles et les épouses des rois qu'ils avaient déposés, en partie pour atténuer leur tragédie, et en partie pour préserver leur dignité »[40]. En épousant Safiyah, Mahomet avait sans doute en vue de mettre fin à l'inimitié que les Juifs avaient à son encontre et à leur hostilité contre l'islam. Pourtant, l'hostilité perdura, du fait que Mahomet n'était pas du peuple juif au contraire des prophètes précédents.

Il est rapporté que Safiya était intelligente, cultivée, et de bonnes manières. La douceur et la patience étaient ses principales qualités. Elle avait de nombreuses qualités morales. Safiyah fit don à d'autres femmes de Mahomet de certains de ses bijoux qu'elle avait pris avec elle de Khaybar[41]. Safiyah était une humble et pieuse croyante. Ibn Kathir dit d'elle : « Elle était une des meilleures femmes dans son adoration, sa piété, son ascétisme, sa dévotion et sa charité »[42]. Safiyah était une femme très charitable et généreuse. Elle avait l'habitude de distribuer tout ce qu'elle avait pour l'amour d'Allah, au point qu'elle donna une maison qu'elle possédait alors qu'elle vivait encore[43].

Maymouna bint al-Harith[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Maymouna bint al-Harith.

Un des éléments du traité d'al-Houdaybiyya était que Mahomet visite la Mecque pour un petit pèlerinage. Lors de ce pèlerinage, Barra bint al-Harith se proposa de l'épouser[44]. Mahomet accepta, et épousa donc Barra, la belle sœur d'Abbas, un allié de longue date. En l'épousant, Mahomet put se sentir plus proche les Makhzum, qui étaient jusqu'à lors ses adversaires[45]. Comme les mecquois ne lui permirent pas de rester plus longtemps, Mahomet quitta la ville, prenant Barra avec lui. Il l'appela maymouna, c'est-à-dire bénie, car son mariage avec elle eut lieu alors que pour la première fois depuis sept ans il put rentrer dans sa ville natale, la Mecque[46].

Maria al-Qibtiyya[modifier | modifier le code]

Maria al-Qibtiyya était une esclave copte égyptienne envoyée à Mahomet en cadeau de la part de Muqawqis, un officier byzantin[47]. Elle tomba enceinte, et donna à Mahomet un fils, Ibrahim, qui mourut en bas-âge (16, 17 ou 18 mois). Pour certains, elle était une concubine de Mahomet. Pour d'autres, Mahomet l'épousa dès qu'il la reçut. Selon le second point de vue, elle est considérée comme une mère des croyants.

Les veuves de Mahomet[modifier | modifier le code]

Selon le Coran[48], Allah a interdit à tout homme d'épouser les veuves de Mahomet pour veiller à leur respect et à leur honneur après sa mort. L'importance des propriétés de Mahomet à sa mort n'est pas claire[réf. nécessaire]. Bien que le Coran[49] indique explicitement comment régler les questions d'héritage, le nouveau chef de l'Oumma, Abu Bakr, refusa de répartir la propriété de Mahomet entre ses veuves et ses héritiers, avançant qu'il avait entendu Mahomet dire : « Nous (Prophètes) n'avons aucun héritier ; ce que nous laissons doit être donné par charité »[50].

La veuve de Mahomet Hafsa joua un rôle important dans la collecte des premiers manuscrits du Coran. Après qu'Abu Bakr eut collecté la copie, il la donna à Hafsa, qui la préserva jusqu'à ce que Uthman la récupère. Il la fit alors copier et la distribua dans les territoires musulmans. Certaines des veuves de Mahomet eurent un rôle important dans la politique de l'état islamique à la mort de Mahomet. Safiya, par exemple, assista le calife Uthman pendant qu'il était assiégé[51]. Pendant la première fitna, certaines veuves prirent position. Umm Salama, par exemple, soutint Ali, et envoya son fils Omar pour l'aider[52]. La dernière veuve de Mahomet, Umm Salama, vécut assez longtemps pour entendre parler de la tragédie de Kerbala en 680. Elle mourut cette année-là.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Il y a incertitude sur leur nombre exact
  2. Voir sourate 33 sur Wikisource
  3. Rise of Islam: 6th to 9th century, Encyclopedia of Women and Islamic Cultures, d'Amira Sonbol
  4. Voir l'authentique de Boukhari, 1:5:268, Ici en anglais
  5. Voir l'authentique de Mouslim, livre 9, n°3498 et n°3506, ici en anglais
  6. "Chronique de Tabari, histoires des prophètes et des rois", éd. De la ruche, 2009, p.593
  7. Voir the beginning and the end, Beyrouth, The Revival of the Arabic Tradition Publishing House, 2001
  8. Muhammad Hamidullah, "Le Prophète Muhammad", éd. El-Najah, p.635
  9. Islam: The Straight Path, p. 18, de John Esposito, Oxford University Press, 1998, (ISBN 0-19-511233-4)
  10. The Shi'a: The Real Followers of the Sunnah, de Muhammad al-Tijani
  11. The Life of Muhammad, de Muhammad Husayn Haykal, American Trust Publication, 1933
  12. Voir l'article ‘Aisha bint Abu Bakr’, dans Encyclopaedia of Islam, de Watt
  13. The wives of the Prophet, p. 52, de D. Nicholas Ranson. Gorgias Press LLC, (ISBN 978-15-93-33398-0)
  14. Voir l'article ‘Sawda BT. Zamʿa B. Ḳayyis B. ʿAbd Shams’, pp. 89–90 dans Encyclopaedia of Islam, v. 9 (2nde éd.). Brill Academic Publishers, (ISBN 90-04-10422-4)
  15. A modern Arabic biography of Muḥammad: a critical study of Muḥammad Ḥusayn Haykal's Ḥayāt Muḥammad, pp. 105–106, d'Antonie Wessels, 1972, Brill Archive. (ISBN 978-90-04-03415-0)
  16. Voici la traduction de Kazimirski, disponible sur Wikisource : « Vous ne pourrez jamais traiter également toutes vos femmes, quand même vous le désireriez ardemment. Gardez-vous donc de suivre entièrement la pente, et d’en laisser une comme en suspens ; mais si vous êtes généreux et si vous craignez Dieu, il est indulgent et miséricordieux. »
  17. Jésus et Mahomet, p. 238, de Mark A. Gabriel, Éd. Ourania, 2007, (ISBN 978-2-940335-31-1[à vérifier : isbn invalide])
  18. Politics, Gender, and the Islamic Past: the Legacy of A'isha bint Abi Bakr, p. 40, de D. A. Spellberg, Columbia University Press, 1994
  19. Le Coran, « La Lumière », XXIV, 11 à 20, (ar) النور
  20. In the Footsteps of the Prophet: Lessons from the Life of Muhammad, de Tariq Ramadan, Oxford University Press, 2007, (ISBN 0-195308-80-8)
  21. Muhammad at Medina, p. 393, de William Montgomery Watt, Clarendon Press, 1956, (ISBN 0-195772-86-5)
  22. Sirat Al-Nabi, p. 360, de Shibli Nomani, Pakistan Historical Society, 1970
  23. Le livret de famille du prophète Mouhammad, Damas-Syrie, MR Antique Groupe, page 12
  24. Muhammad: his life based on the earliest sources, p. 201, de Martin Lings, Inner traditions international, 1983
  25. ibid. p. 165 et p. 206
  26. Muhammad: his life based on the earliest sources, p. 206, de Martin Lings, Inner traditions international, 1983
  27. Voir en anglais, Umm Salamah. Courtesy of ISL Software, de University of Southern California
  28. Tabaqat, vol VIII, p. 92–93, de al-Baghdadi, Ibn Sa'd
  29. a et b Le livret de famille du prophète Mouhammad, Damas-Syrie, MR Antique Groupe, page 14
  30. Caesar Farah affirme que Mahomet était pourtant déterminé à établir la légitimité du mariage et une égalité de traitement pour les personnes adoptées (Voir Islam: Beliefs and Observances, p.69)
  31. Voir Muhammad: Prophet and Statesman, p.233
  32. Le livret de famille du prophète Mouhammad, Damas-Syrie, MR Antique Groupe, page 20
  33. Il est question du verset 37 de la sourate 33. Voici la traduction de Kazimirski, disponible sur Wikisource : « O Mohammed ! tu as dit un jour à cet homme envers lequel Dieu a été plein de bonté, et qu’il a comblé de ses faveurs : Garde ta femme et crains Dieu ; et tu cachais dans ton cœur ce que Dieu devait bientôt mettre au grand jour. Tu as craint les hommes, il était cependant plus juste de craindre Dieu. Mais lorsque Zeïd prit un parti, et résolut de répudier sa femme, nous l’unîmes à toi par le mariage, afin que ce ne soit pas pour les croyants un crime d’épouser les femmes de leurs fils adoptifs, après leur répudiation. Et l’arrêt de Dieu s’accomplit. »
  34. The Life of Muhammad: a translation of Ibn Ishaq's Sirat Rasul Allah, p. 490-493, d'Alfred Guillaume, 1955, Oxford, (ISBN 0-196360-34-X)
  35. The wives of the Prophet. Matti Moosa, p. 171
  36. Sirat Al-Nabi, p. 424
  37. Rodinson, Maxime (1971). Muhammad, p. 254, de Maxime Rodinson, the Penguin Press, 1971, (ISBN 978-1-860648-27-4).
  38. The wives of the Prophet. Matti Moosa, p. 178
  39. Islam: The Straight Path, pp. 19-20, de John Louis Esposito
  40. The Life of Muhammad, p. 373, de Muhammad Husayn Haykal, North American Trust Publications, 1976
  41. The Wives of the Prophet Muhammad: Their Strives and Their Lives, p.172, de Muhammad Fathi Mus'ad
  42. The Wives of the Prophet Muhammad: Their Strives and Their Lives, p. 178
  43. Voir le hadith l'authentique de Bukhari, 5:59:524
  44. The wives of the Prophet, p. 222, de Al-Shati, trans. de D. Nicholas Ranson, Gorgias Press LLC, 1971, (ISBN 978-1-593333-98-0)
  45. In the Footsteps of the Prophet: Lessons from the Life of Muhammad, p. 1701
  46. The wives of the Prophet, p. 224
  47. The Life of Muhammad: A Translation of Ibn Ishaq's Sirat Rasul Allah, p. 653
  48. Sourate 33, verset 53. Voir sur Wikisource.
  49. Le Coran Sourate 4 "Les femmes"/versets 11-12
  50. The Book of Jihad and Expedition (Kitab Al-Jihad wa'l-Siyar), USC-MSA Compendium of Muslim Texts, de University of Southern California. chapitre 16, livre 019, n° 4351, 2007.
  51. The wives of the Prophet, pp. 178 à 181.
  52. The wives of the Prophet, p. 135

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Le harem politique. Mahomet et les femmes, de Fatma Mernissi, Albin Michel, 1987, (EAN 9782226191489),
  • Les femmes du Prophète, de Magali Morsy, Mercure de France, Paris, 1989, (EAN 9782715215986),
  • La vie des Sahâbiyât, femmes condisciples du Prophète, de Fadal Haja, 2005, (EAN 9782911546228).

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Le prophète Mahomet et les femmes, documentaire de Lila Salmi et Malek Chebel, 45 min, passé sur Arte le 28 août 2007.