Élisabeth Jacquet de La Guerre

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Élisabeth Jacquet de La Guerre

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Élisabeth Jacquet de La Guerre
par François de Troy

Nom de naissance Élisabeth Jacquet
Naissance 17 mars 1665
Paris, Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Décès 27 juin 1729 (à 64 ans)
Paris, Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Activité principale Compositrice, claveciniste

Élisabeth Jacquet de La Guerre ou Élisabeth-Claude Jacquet de La Guerre (née Élisabeth Jacquet, 17 mars 1665, paroisse Saint-Louis-en-l'Île de Paris27 juin 1729, Paris) est une compositrice et claveciniste française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fille d'un facteur de clavecins et enfant prodige, Élisabeth Jacquet joue du clavecin à cinq ans devant Louis XIV, inaugurant sa carrière de virtuose. Elle épouse l'organiste Marin de La Guerre (1658-1704) en 1684. Elle est une des rares femmes compositeurs de cette époque; son œuvre comprend :

Avec ceux de Chambonnières, Lebègue et d'Anglebert, le recueil de 1687 fait partie des seuls livres de pièces de clavecin imprimés en France au XVIIe siècle; les autres nous sont parvenus dans des manuscrits.

« On peut dire que jamais personne de son sexe n'a eu d'aussi grands talents qu'elle pour la composition de la musique et pour la manière admirable dont elle l’exécutait sur le Clavecin et sur l'Orgue[1]. »

— Évrard Titon du Tillet

Sa contribution au monde de la musique[modifier | modifier le code]

Il n'était pas méconnu, à l'époque, qu'une jeune femme pratiquât un instrument de musique en tant qu'amateur du fait de son éducation. Ce qui était plus rare, par contre, était qu'une femme pût se bâtir une carrière indépendante. Outre son éducation au foyer, Jacquet épousa également Marin de La Guerre, issu également d'un milieu musical. C'est ainsi qu'elle put, comme le mentionne Catherine Cessac, se forger une « double identité »[2] en utilisant le renom de deux familles musicales afin de se tisser des liens dans la communauté musicale. De plus, cette musicienne est considérée comme une des premières femmes en France à avoir composé un opéra-ballet[3] et est reconnue pour sa musique pour le clavecin.

Ses œuvres[modifier | modifier le code]

En plus d'enseigner et de jouer en concert, cette musicienne composa plusieurs œuvres. Elle ne composa qu'une seule tragédie lyrique, Céphale et Procris, qui fut interprétée à l'Académie Royale de Musique. Malheureusement, l'accueil fut moins que chaleureux. Certains musicologues diront que la raison n'était pas tant la qualité de la musique que son sexe. Par la suite, il est important de noter qu'elle travailla parfois de pair avec Sébastien de Brossard[4]. Par la suite, elle publia six sonates pour violon et pour le clavecin en 1707, ainsi que ses Pièces de clavecin. C'est à la même époque qu'elle publia également deux collections de cantates françaises tirées de textes d'Antoine Houdar de La Motte. De ces cantates vint l'histoire de Judith. Sébastien de Brossard en fit également sa propre version, et, comme l'explique Cabrini, le compositeur suit de près la narration en mettant l'accent sur les mouvements et l'action, plutôt que sur les personnages et leur développement au fil de la pièce. Jacquet de La Guerre, pour sa part, toujours d'après Cabrini[5], préféra un accompagnement instrumental et symphonique afin de laisser de la place mélodique à Judith, quoique le texte minimise son rôle. Un fait intéressant de la vie musicale de cette artiste est qu'elle dédia toujours ses œuvres au roi Louis XIV. Toutes sauf ses trois cantates françaises qu'elle dédia à Maximilien II Emmanuel de Bavière.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Oxford Journals, Early Music, Élisabeth-Claude Jacquet de la Guerre and the secular cantate françoise
  2. Claire Bernard, « Catherine CESSAC, Elisabeth Jacquet De La Guerre, Une femme compositeur sous le règne de Louis XIV, Arles, Actes Sud, 1995, 213 p. », CLIO. Histoire, femmes et sociétés [En ligne], 25 | 2007, mis en ligne le 03 octobre 2007, consulté le 19 novembre 2012. URL : http://clio.revues.org/5032
  3. La Médiathèque - Festival de Wallonie.
  4. Oxford Music Online http://www.oxfordmusiconline.com.proxy.bib.uottawa.ca/subscriber/article/grove/music/14084?q=elisabeth+jacquet+de+la+guerre&search=quick&pos=1&_start=1#firsthit
  5. Michele Cabrini, The Composer’s Eye : focalizing Judith in the Cantatas by Jacquet de la Guerre and Brossard, Eighteenth Century Music (Janurau 2012), 9 (1), p. 9-45.

Annexes[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Catherine Cessac, Élisabeth Jacquet de La Guerre — Une femme compositeur sous le règne de Louis XIV, Paris, Éditions Actes Sud, coll. « Musique »,‎ 1995, 216 p. (ISBN 2-7427-0599-6)