Création (théologie)

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La création fait référence à l'idée d'un commencement du monde selon l'œuvre d'une divinité créatrice, dans les traditions religieuses ou spirituelles.

Plus précisément, la création est l'idée voulant que l'univers, à chaque moment de son existence et de son évolution, soit posé et maintenu dans l'être par l'influx divin. Cet influx lui communique l'être, lui confère sa consistance et le dote de ses lois et de ses dynamismes propres. Contrairement à une idée reçue, c'est le fixisme qui s'oppose aux théories évolutionnistes et non pas la notion de création proprement dite.

Cet article se propose de présenter les conceptions de la création du monde dans les traditions du judaïsme et du christianisme.

Introduction[modifier | modifier le code]

Les évolutions scientifiques intervenues depuis plusieurs siècles (cosmologie, théories de l'évolution) ainsi que les nouveaux rapports entre l'homme et la nature induits par la crise écologique obligeraient les religions à repenser la théologie de la création, dans les cas où ces religions voudraient décrire la réalité.

Dans la tradition judéo-chrétienne, la création se réfère au livre de la Genèse, chapitres 1 à 5.

Voir Résumé du Livre de la Genèse :

Les perceptions de la Genèse dans les traditions abrahamiques ont donné lieu depuis le XVIIe siècle à un grand nombre d'études académiques.

Dans la tradition juive, ainsi que, pendant la période du Moyen Âge, dans la tradition chrétienne, on a coutume d'interpréter les passages de la Bible selon des sens spirituels (allégoriques...)

L'historicité de la Bible a fait l'objet de nombreux débats. Une lecture exclusivement au sens littéral ne permet pas de comprendre le sens de certains passages. Les exégètes de la tradition judéochrétienne ont apporté des réponses. Les méthodes d'exégèse et d'herméneutique modernes, tout en tenant compte des résultats des recherches scientifiques, permettent d'apporter de nouveaux éclairages.

Tradition juive[modifier | modifier le code]

Dans le judaïsme, les relations entre l'homme et Dieu, en rapport avec la création du monde dans son sens mystique, sont étudiées par la Kabbale. Celle-ci trouve son origine dans la loi orale donnée par Dieu à Moïse au mont Sinaï (certains la font remonter à Adam).

Les études kabbalistiques cherchent le sens mystique des Saintes Écritures juives, c'est-à-dire le sod (ce que le christianisme appelle le sens anagogique). Il s'appuie pour cela sur une méthodologie ancestrale, basée sur les dix Sephirot.

On trouve l'idée de création chez Ezéchiel, dans le concept métaphysique juif de Merkabah, qui, symboliquement bien sûr, représente un char céleste.

Dans la Tradition chrétienne[modifier | modifier le code]

Origène[modifier | modifier le code]

Origène a écrit des homélies sur la Genèse. Il connaissait le prophète Ezéchiel et, d'autre part, il a repris la tradition juive d'interprétation des Saintes Écritures selon quatre sens, pour la lecture des textes sacrés.

Augustin d'Hippone[modifier | modifier le code]

« La création et le temps » font l'objet de la partie XI des Confessions de Saint Augustin. Saint Augustin voit dans les créatures deux natures possibles : l'essence et la substance.

François d'Assise[modifier | modifier le code]

François d'Assise faisait des sermons aux oiseaux. Il a composé le Cantique des Créatures. Il a été nommé par Jean-Paul II patron céleste de l'écologie en 1979.

Thomas d'Aquin[modifier | modifier le code]

L'affirmation de la création est au centre de la pensée de saint Thomas d'Aquin. Dieu et la création font l'objet de la première partie de la somme théologique.

Renaissance et période moderne[modifier | modifier le code]

À la Renaissance, la Kabbale juive eut un équivalent chrétien : la Kabbale chrétienne. Celle-ci, considérée comme « ésotérique » par certains chrétiens, fut violemment critiquée par Marin Mersenne (correspondant de Descartes) dans Questions sur la Genèse.

Luther trouve dans la lecture que fait saint Paul de la vie d'Abraham une réponse à ses questions : c'est par la foi que l'homme devient juste, plus que par le strict respect de la loi.

Jean-Paul II[modifier | modifier le code]

Jean-Paul II a écrit plusieurs textes sur l'écologie, publiés en 2006.

Selon l’Église de Jésus-Christ des saints des derniers jours[modifier | modifier le code]

Selon la doctrine mormone, quand les êtres humains en tant qu’enfants d’esprit vivaient avec leurs parents célestes (vie prémortelle). Dieu leur a parlé de son plan de salut à leur égard, afin qu’ils deviennent tel qu’il est. Le but était de quitter sa présence et de recevoir un corps physique. Il fallait un autre endroit pour vivre. Cet endroit fut appelé ‘terre’.

Auteur[modifier | modifier le code]

Selon la doctrine mormone, Jésus-Christ a créé ce monde et tout ce qu’il contient. Il a également créé beaucoup d’autres mondes. Il l’a fait par le pouvoir de la prêtrise, sous la direction de Dieu le Père. (« Dieu a dit : j’ai créé des mondes sans nombre…et je les ai créés par le Fils, qui est mon fils unique » (Perle de Grand Prix, (Livre de Moïse 1 :33) et Bible Hébreux 1 :1-2).

Processus[modifier | modifier le code]

La terre et tout ce qui est à la surface furent créés spirituellement avant d’être créés physiquement (Livre de Moïse 3 :5). En préparant la création physique de la terre, le Christ a dit à ceux qui étaient avec lui : Nous descendrons car il y a de l’espace là-bas…et nous ferons une terre sur laquelle ceux-ci (les enfants d’esprit de Dieu le Père) pourront habiter » (Livre d'Abraham 3:24)

Sous la direction du Père, le Christ forma et organisa la terre. Il sépara la lumière de l’obscurité pour faire le jour et la nuit. Il forma le soleil, la lune et les étoiles. Il sépara les eaux de la terre pour faire des mers, des rivières et des lacs. Le Christ fit la terre belle et productive. Il fit l’herbe, les arbres, les fleurs et d’autres plantes de toutes espèces. Ces plantes contenaient des graines qui feraient croître de nouvelles plantes, pour qu’il y ait toujours de la végétation sur la terre. Puis il créa les animaux : les poissons, les bestiaux, les insectes, les oiseaux de toutes espèces. Ces animaux étaient capables de perpétrer leur propre espèce (Genèse).

À ce moment, la terre était prête pour la plus grande création : l’homme. Les esprits des hommes recevraient un corps de chair et d’os, afin qu’ils puissent vivre sur cette terre. "Et moi, Dieu, je dis à mon Fils unique, qui était avec moi depuis le commencement : faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance ; et il en fut ainsi..." (Livre de Moïse 2 :26). Donc le premier homme, Adam, et la première femme, Eve, furent formés et reçurent un corps qui ressemblait à celui de leurs parents célestes… il le créa à l’image de Dieu, il créa l’homme et la femme (gen 1. 27).

Créateur et créature[modifier | modifier le code]

Le créateur[1]

La Parole de Dieu et son Souffle sont à l'origine de la vie de toute créature (Gn 1. 2 ; Gn 2. 7 ; Ps 33. 6 ; Ps 104. 30 ; Qo 3. 20-21 ; Ez 37. 10)[2].

« Au Saint Esprit, il convient de régner, de sanctifier et d'animer la Création, car il est Dieu consubstantiel au Père et au Fils (...). À lui revient le pouvoir sur la vie, car étant Dieu, il garde la création dans le Père par le Fils. » [3]

La créature

Elle diffère du créateur par son existence par rapport à son essence.

En théologie, il est admis qu'en Dieu (créateur), l'essence et l'existence sont une seule et même chose ; Dieu est de par sa propre essence. En revanche, l'essence de l'homme n'implique pas l'existence. L'homme est donc un existant qui tient son être d'autre chose.

C'est cette relation de dépendance qui fonde le lien religieux de la créature à son créateur.

Iconographie[modifier | modifier le code]

Michel-Ange, Dieu crée la terre et le soleil

L'épisode biblique de la Création qui apparaît dans la Genèse a donné lieu à des œuvres célèbres de la peinture et de la sculpture occidentale, notamment le plafond de la Chapelle Sixtine de Michel-Ange.


Citation[modifier | modifier le code]

« Lorsqu’il s’écarte du dessein de Dieu créateur, l’homme provoque un désordre qui se répercute inévitablement sur le reste de la Création. Si l’homme n’est pas en paix avec Dieu, la Terre elle-même n’est pas en paix ».

Jean-Paul II, Message pour la Journée de la Paix de 1990

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Catéchisme de l'Église catholique, pages 68 à 76, numéros 279 à 324.
  2. Catéchisme de l'Église catholique, page 156, no 703
  3. Liturgie byzantine, tropaire des matines des dimanches du second mode. Cité dans le catéchisme de l'Église catholique.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Marc Rouvière, Adam ou l'innocence en personne, Édition L'Harmattan, 2009. Voir http://actu-philosophia.com/spip.php?article151
  • Origène. Homélies sur la Genèse. Introduction par Henri de Lubac, s.j. et Louis Doutreleau, s.j., Traduction et notes par Louis Doutreleau, s.j., éditions du Cerf, édition en 1944, réédition en 2003. 448 pages.
  • Augustin d'Hippone, Les Confessions de Saint Augustin
  • Thomas d'Aquin, Somme théologique
  • Jean-Marie Vernier, Théologie et métaphysique de la Création chez Saint Thomas d'Aquin, Pierre Téqui Ed., Coll. Croire et savoir, ISBN 2740303106
  • Luther, commentaire sur la Genèse, tome 17 des œuvres choisies, éditions Labor et Fides, Genève
  • Alexandre Ganoczy, Homme créateur, Dieu créateur, Cerf, 1979, 224 pages.
  • Jürgen Moltmann, Dieu dans la Création, Traité écologique de la Création, Cerf, 1988, 424 pages. Présentation d'une théologie de la création, par un des meilleurs penseurs de la Réforme.
  • Catéchisme de l'Église catholique, 1992.
  • Alexandre Ganoczy, Dieu, l'homme et la nature, Cerf, 1995, 352 pages, théologien catholique.
  • André Beauchamp, Devant la création, éditions Fides, 1997
  • Jacques Arnould, la théologie après Darwin : éléments pour une théologie de la création dans une perspective évolutionniste, Éditions du Cerf, coll. « Théologies », Paris, 1998, 302 p. (ISBN 2-204-05848-3)
  • Jean-Paul II, Les gémissements de la Création. Vingt textes sur l'écologie, rédigés de 1979 à 2003, choisis et présentés par Jean Bastaire. Parole et Silence. 2006.
  • Document du rassemblement œcuménique européen Paix et Justice : Paix et Justice pour la création entière. Cerf, 15-21 mai 1989, 496 pp. DREWERMANN E.
  • Raphaël Draï : Abraham, ou la recréation du monde, Fayard, 592 p., 2006 : une interprétation dans un sens surtout spirituel, qui mérite d'être complétée par les résultats des études archéologiques récentes.
  • Jean-Marc Rouvière, Brèves méditations sur la création du monde, Ed. L'Harmattan, Paris, 2006.
  • Les principes de l'Evangile, p. 21-25, Corporation of the Church of Jesus-Christ of Latter-Days Saints, ref PB IC 0245 FR
  • Bernard Forthomme, Le chant de la création, éditions franciscaines, mai 2006
  • Conférence des évêques de France, Conseil pour les questions familiales et sociales, La Création au risque de l'environnement, Bayard Cerf Fleurus Mame, 2008
  • Jean Philopon, De la création du monde, Trad. fr. MC. Rosset et MH. Congourdeau; « La Création du monde », Paris, Migne, 2004.