Musée des beaux-arts de Strasbourg

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Musée des beaux-arts de Strasbourg
Le Palais des Rohan, qui abrite le musée
Le Palais des Rohan, qui abrite le musée
Informations géographiques
Pays Drapeau de la France France
Ville Strasbourg
Adresse Palais des Rohan
Coordonnées 48° 34′ 52″ N 7° 45′ 08″ E / 48.581111, 7.75222248° 34′ 52″ Nord 7° 45′ 08″ Est / 48.581111, 7.752222  
Informations générales
Date d’inauguration 1890
Collections peinture
sculpture
Nombre d’œuvres environ 865 (dont 250 exposées en permanence)
Informations visiteurs
Site web Site officiel

Géolocalisation sur la carte : Strasbourg

(Voir situation sur carte : Strasbourg)
Musée des beaux-arts de Strasbourg

Le musée des beaux-arts de Strasbourg est un musée situé au palais des Rohan à Strasbourg, consacré aux beaux-arts.

Historique[modifier | modifier le code]

Le premier musée municipal de peinture, fondé en 1801, est détruit durant la guerre franco-prussienne de 1870, le 24 août 1870, alors qu'il se situait à l'Aubette. La collection de tableaux du musée est alors entièrement anéantie[1]. Une nouvelle collection est constituée à partir de 1889 par Wilhelm von Bode, historien de l'Art et directeur des musées impériaux de Berlin. Après le retour de l'Alsace à la France, en 1918, l’œuvre de Bode est continuée par son successeur Hans Haug. Le 13 août 1947, un incendie accidentel détruit une partie des collections (qui avaient déjà souffert du bombardement de la ville le 11 août 1944 ), dont des peintures de Francesco Guardi, Thomas de Keyser, Antonio Pollaiuolo et Lucas Cranach l’Ancien, mais l’argent de l'assurance permet de racheter d'autres tableaux de valeur.

Collections[modifier | modifier le code]

Face avant du Polyptyque de la vanité terrestre et de la rédemption divine représentant la vanité terrestre de Hans Memling.
Portrait d'un homme barbu du Tintoret.
La belle Strasbourgeoise de Nicolas de Largillière.

Peinture[modifier | modifier le code]

Enrichi grâce à des achats et des donations nombreuses (1987 et 1994 : donations François Kaufmann et Othon Schlageter de peinture italienne ; 2004 : donation Roger et Elisabeth Eisenbeth de peinture flamande et hollandaise[2] ; 2009 : donation Ann L. Oppenheimer de peinture italienne, flamande et hollandaise[3]), le musée présente aujourd'hui une collection fournie et homogène qui comprend des peintures couvrant une période s'étendant du XIVe au XIXe siècle d'artistes italiens, flamands, hollandais, français et espagnols. La peinture allemande et alsacienne jusqu'en 1681, date de l'annexion de l'Alsace par la France (c'est-à-dire des artistes comme Konrad Witz, Hans Baldung, Sébastien Stoskopff...), est exposée au musée de l'Œuvre Notre-Dame voisin, mais la peinture postérieure à 1681 se trouve bien, par contre, au musée des beaux-arts.

Peinture italienne[modifier | modifier le code]

La peinture italienne est représentée à partir des primitifs du XIVe siècle jusqu'aux peintres du XVIIIe siècle. La collection comprend des œuvres de peintres majeurs et parfois rares avec notamment des œuvres de Giotto (Crucifixion), Sano di Pietro, Olivuccio di Ciccarello, Carlo Crivelli, Filippino Lippi (Buste d'ange), Sandro Botticelli (Vierge à l’enfant et deux anges), Cima da Conegliano, Piero di Cosimo, Raphaël (Portrait de jeune femme, vers 1520), Lorenzo Lotto, Giovanni Cariani (Le joueur de Luth), Palma l'Ancien, Le Corrège, Paris Bordone, Paul Véronèse (Céphale et Procris, vers 1584) et Le Tintoret. Le XVIIe siècle est notamment représenté par Le Guerchin, Bernardo Strozzi, Jacopo Vignali, Francesco Cairo, Valerio Castello, Salvatore Rosa (Paysage avec Tobie et l’Ange, vers 1670), Andrea Vaccaro et Luca Giordano. Pour le XVIIIe, on trouve des tableaux d'Alessandro Magnasco, de Giuseppe Maria Crespi (quatre toiles dont L'Amour vainqueur dit aussi L'Ingegno, vers 1695-1700), Sebastiano Ricci (La Glorification de saint Sébastien, étude pour un plafond), Canaletto (Vue de l’église de la Salute depuis l’entrée de Grand Canal, vers 1727), Giovanni Battista Tiepolo (Zéphir et Flore, vers 1750), Giandomenico Tiepolo (La Vierge apparaissant à saint-Laurent et à saint-François-de-Paule) et Carlo Magini.

Peinture flamande et hollandaise[modifier | modifier le code]

Les flamands sont présents avec des peintures datant du XVe siècle pour les plus anciennes - avec Hans Memling (Polyptyque de la vanité terrestre et de la rédemption divine, vers 1485), Simon Marmion, ou Gérard David - et surtout avec un ensemble de peintures des XVIe et XVIIe siècles comprenant, entre autres, des œuvres de Joachim Beuckelaer, Peter Paul Rubens, Antoine van Dyck et Jacob Jordaens. La peinture hollandaise, elle, est illustrée dès ses développements du XVIe siècle avec Lucas de Leyde (Les Fiancés, vers 1525), Maarten van Heemskerck et Cornelis Cornelisz van Haarlem et se poursuit au XVIIe siècle, son siècle d’or, où elle s’individualise de la peinture flamande catholique, avec un bel ensemble d’œuvres, notamment de Pieter de Hooch (Départ pour la promenade), Emanuel de Witte, Meindert Hobbema, Willem Kalf, Pieter Claesz, Aelbert Cuyp, Allaert van Everdingen.

Le musée possède par ailleurs un important tableau de Cornelis Engelsz., acquis en 1895, le portrait de La Garde civique de Saint-Adrien qui fût gravement endommagé lors du bombardement de Strasbourg par l’aviation américaine le 11 août 1944 au cours duquel la cathédrale, l’Œuvre Notre-Dame et le Palais Rohan furent touchés. Le tableau n’avait pu être mis à l’abri en raison de sa très grande taille (178x510 cm). Après quatre années de restauration, et grâce au mécénat de la Fondation BNP Paribas, il est à nouveau exposé depuis mars 2014[4].

Cornelis Engelsz., La Garde civique de Saint-Adrien, 1612.

Peinture espagnole[modifier | modifier le code]

La peinture espagnole est riche de noms rares et importants comme El Greco (Mater dolorosa, 1590-1600), José de Ribera, Francisco de Zurbarán et Francisco de Goya (Portrait de Bernardo Yriarte).

Peinture française[modifier | modifier le code]

La peinture française est présente avec Valentin de Boulogne (Musiciens et Soldats, vers 1620-1622), Philippe de Champaigne, Simon Vouet (Loth et ses filles, 1633), Jacques Linard (Les cinq Sens, 1638), Claude Lorrain, Nicolas de Largillière, Antoine Watteau (L’écureuse de cuivres, vers 1709-10), François Boucher (Rebecca recevant les présents d'Abraham, 1725), Jean-Baptiste Chardin, Jean-Baptiste Marie Pierre, Jean Barbault, Claude Joseph Vernet, François-André Vincent (Portrait d’artiste, acquis en 2011), Eugène Delacroix, Théodore Chassériau, Jean-Baptiste Corot, Théodore Rousseau, Gustave Courbet, Gustave Doré, Edgar Degas, Paul Signac.

Autres écoles[modifier | modifier le code]

La peinture allemande et alsacienne entre 1681 et 1871 est représentée par des artistes comme Philippe-Jacques de Loutherbourg, Jean-Frédéric Schall, Martin Drölling.

À cela, il faut rajouter une œuvre du peintre anglais Dante Gabriel Rossetti.

Sculpture[modifier | modifier le code]

La collection de sculpture du musée comprend des œuvres de Baccio Bandinelli (Autoportrait, vers 1550), d'Alessandro Vittoria, Alessandro Algardi (Buste en marbre de Donna Felice Zacchia Rondanini, vers 1650), François Girardon, François Joseph Bosio (Buste de Vivant-Denon, vers 1810), Jean-Baptiste Carpeaux ou encore de Théodore-Charles Gruyère.

Galerie d'œuvres[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Tanja Baensch, « Wilhelm von Bode et l'origine des collections du musée des beaux-arts », in Strasbourg 1900 : naissance d'une capitale (actes du colloque, musée d'art moderne et contemporain de Strasbourg, 1-4 décembre 1999), Somogy, Paris ; Musées de Strasbourg, Strasbourg, 2000, p. 38-43 (ISBN 2-85056-387-0)
  • Le musée des Beaux-Arts de Strasbourg - Cinq siècles de peinture, Éditions des Musées de Strasbourg, mai 2006, (ISBN 2-901833-78-0)
  • Peintures flamandes et hollandaises du musée des beaux-arts de Strasbourg, Éditions des Musées de Strasbourg, février 2009, (ISBN 978-2-35125-030-3)
  • Les Peintures italiennes du musée des beaux-arts, XVIe, XVIIe et XVIIIe siècles, Éditions Le Seuil, 1996, (ISBN 978-2-901833-30-7)
  • Les Primitifs italiens du musée des beaux-arts de Strasbourg, Éditions Le Seuil, 1993, (ISBN 978-2-901833-14-7)

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.musees-strasbourg.org/F/musees/bbaa/beauxarts_histo.html
  2. « Agrandissement du musée des beaux-arts de Strasbourg »", La Tribune de l'Art, 21 février 2007
  3. "Plusieurs tableaux légués au musée des beaux-arts de Strasbourg", La Tribune de l'Art, 14 avril 2009
  4. Présentation d’une restauration, La Garde civique de Saint-Adrien de Cornelis Engelsz. Musées de la Ville de Strasbourg, mars 2014.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]