Sarah (Bible)

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Sarah et Abraham (illustration dans une Bible pour enfants).

Sarah ou Sara (en hébreu : שָׂרָה - Princesse ; en arabe : Śāra - سارة) est un personnage de la Genèse, le premier livre de la Bible et du Pentateuque. Elle est l'épouse d’Abraham et la mère d’Isaac.

Récit biblique[modifier | modifier le code]

Sarah, qui est d'abord nommée Saraï (שָׂרַי / שָׂרָי « ma princesse »), épouse Abraham, qui est d'abord nommé Abram. Un jour, elle quitte la ville de Ur avec Abram, ainsi que Terah et Loth, qui sont respectivement le père et le neveu d'Abram[1]. Ils s'installent dans la ville de Harran. Terah meurt, puis Saraï et Loth accompagnent Abram lorsqu'il quitte Harran sur l’ordre du dieu YHWH.

Ils arrivent au pays de Canaan qui est frappé par la famine, et se réfugient en Égypte. Craignant que la beauté de Saraï mette sa propre vie en danger, Abram lui demande de dire qu'elle est sa sœur. Les Égyptiens la trouvent très belle et chantent ses louanges au Pharaon, qui se l'attribue pour femme et couvre Abram de cadeaux. Dieu inflige alors de grands maux au Pharaon, qui renvoie Saraï et Abram qu'il a deviné être son époux. Loth se sépare d'Abram et part pour Sodome.

Saraï, qui est stérile, offre sa servante égyptienne Agar comme femme à Abram, pour avoir par elle des enfants. Lorsqu'Agar tombe enceinte, elle méprise et dédaigne Saraï, qui s'en plaint à Abram. Sara est exaucée par Dieu et Isaac est né. Ismael a passé son enfance à railler israël, et à l'affliger de moqueries. C'est de cela que Sara se plaint à Abraham qui en concoit de l'amertume mais accepte que Sarah chasse Agar avec son fils dans le désert.

Alors que Saraï a 90 ans, Dieu établit son alliance avec Abram qui a 99 ans. Il le nomme Abraham, car il lui promet de nombreux descendants[2] parmi lesquels des rois qui régneront sur le pays de Canaan. Dieu change le nom de Saraï en « Sarah » - ou « Sara »[3] - et promet qu'elle enfantera dans un an Isaac, par lequel passera l'alliance.

Dieu réapparaît pendant la visite de trois hommes passant près des chênes de Mambré, à qui Abraham offre l'hospitalité. Abraham demande à Sarah de préparer des gâteaux. L'un des étrangers réitère l'annonciation de la grossesse de Sarah, qui est ménopausée et en rit à cause de son âge, ce que Dieu reproche à Abraham. Sarah, prise de peur, ment à Dieu en niant avoir ri. Dieu réaffirme simplement le contraire[4].

Un jour, Abraham va dans la ville de Guérar, et présente Sarah comme sa sœur au roi Abimelech. Le roi enlève Sarah, mais avant qu'il la touche, Dieu lui apparaît en songe et le menace de mort s'il ne la rend pas à son époux. Le lendemain, Abraham déclare que Sarah est sa demi-sœur par son père, et qu'il pensait être tué à cause de sa femme dans cette ville impie. Abimelech rend Sarah, et lui offre de l'argent pour la réhabiliter.

Isaac naît. Alors qu'on fête le sevrage d'Isaac, Sarah demande à Abraham de chasser Ismaël, le fils d'Agar, pour qu'Isaac n'ait pas à partager l'héritage avec Ismaël. Abraham en est contrarié, mais Dieu lui dit de toujours écouter Sarah car l'alliance passe par Isaac, alors il chasse Agar et Ismaël.

Lorsque Sarah décède à Hébron à 127 ans, Abraham la pleure à ses funérailles. Il achète la grotte de Makpéla, près de Mambré, pour l'enterrer. Plus tard, Abraham, Isaac et sa femme Rébecca, ainsi que leur fils Jacob et sa première épouse Léa, y sont enterrés.

Interprétation[modifier | modifier le code]

Selon une interprétation contestée par Thomas Römer[5] qui n'y voit qu'une variante orthographique, le renommage de Saraï en Sarah correspondrait à un glissement sémantique depuis « ma princesse » vers « Princesse ».

Selon certains commentateurs dont Rachi, Sarah est morte sur le coup après avoir été informée de l’intention d’Abraham de sacrifier leur fils sur ordre de Dieu.

Rachi dit de Sarah qu'elle est « aussi belle à 100 ans qu’à 20 ans et qu’à 7 ans ».

Selon la tradition juive, la grotte de Makpéla où Sarah est enterrée, est en fait située au Tombeau des Patriarches qui est un lieu saint du judaïsme.

Dans l'islam[modifier | modifier le code]

Dans l'islam, Sarah (arabe : سارة, Sarah) est la première femme du prophète Ibrahim (Abraham) et la mère d'Ishaq (Isaac). C'est une femme honorée par sa foi ; mais comme pour Agar, son nom n'est pas mentionné directement dans le Coran, qui y fait référence via l'histoire d'Abraham. Elle vécut avec Abraham pendant toute sa vie et, bien qu'elle fût stérile, Dieu lui promit la naissance prophétique d'un fils Ishaq et d'un petit-fils du nom de Ya`qoûb (Jacob).

Sarah et Abraham n'avaient eu encore aucun enfant car Sarah était stérile. Abraham pria constamment Dieu pour avoir un fils. Sarah lui donna sa servante égyptienne[6], Agar (en arabe : Hagar) afin qu'Abraham la prenne comme seconde épouse. Agar porta Ismaël (en arabe : Isma`îl) alors qu'Abraham avait 86 ans, enfant destiné à devenir également prophète.

Treize ans plus tard, Dieu annonça à Abraham, maintenant centenaire, que Sarah, malgré sa stérilité, allait donner naissance à un deuxième fils, du nom d'Isaac, qui deviendrait également un prophète de Dieu. De même, le Coran cite le moment où Sarah rit lorsque des anges lui annoncent la naissance d'Isaac dont le nom arabe (Ishaq) peut être tiré de la racine "rire" et signifierait elle a ri.

« 69. Et Nos émissaires sont, certes, venus à Abraham avec la bonne nouvelle, en disant : “ Salam ! ”. Il dit : “ Salam ! ”, et il ne tarda pas à apporter un veau rôti. 70. Puis, lorsqu’il vit que leurs mains ne l’approchaient pas, il fut pris de suspicion à leur égard et ressentit de la peur vis-à-vis d’eux. Ils dirent : “N’aie pas peur, nous sommes envoyés au peuple de Lot”. 71. Sa femme était debout, et elle rit alors ; Nous lui annonçâmes donc (la naissance d’) Isaac, et après Isaac, Jacob. 72. Elle dit : “Malheur à moi ! Vais-je enfanter alors que je suis vieille et que mon mari, que voici, est un vieillard ? C’est là vraiment une chose étrange ! ” »

— Coran 11:69-72

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Genèse 11,31
  2. en hébreu, « foule » se dit hamon, et ham est la fin du mot Abraham et le début du mot hamon
  3. Pauline Bebe, Isha : Dictionnaire des femmes et du judaïsme, Calmann-Lévy,‎ 2001, p. 301
  4. Gn 18,1-15
  5. Thomas Römer, « Le cycle d'Abraham (suite) : alliances, sacrifices et guerres scandaleuses », sur Collège de France,‎ 18 février 2010
  6. Muhammad, Martin Lings, Chapter 1. The House of God, Suhail Academy Publishing

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens vers le récit biblique[modifier | modifier le code]

Livre de la Genèse

  • Pharaon enlève Saraï à Abram Ge 12. 10-20
  • Naissance d’Ismaël, fils d’Abram et d’Agar Ge 16
  • Renouvellement de l’alliance, Abram devient Abraham, Saraï devient Sarah, circoncision des mâles Ge 17
  • Chênes de Mamré, annonce de la naissance d’Isaac, annonce de la destruction de Sodome et Gomorrhe Ge 18
  • Sodome, sauvetage de Loth, statue de sel, Inceste de Loth et de ses filles Ge 19
  • Abimélec roi de Guérar, Abraham fait à nouveau passer Sarah pour sa sœur Ge 20
  • Naissance d’Isaac, conflit de Sarah avec Agar et Ismaël, promesses de Dieu envers Ismaël Ge 21
  • Sacrifice d’Isaac, renouvellement de l’alliance Ge 22
  • Mort et sépulture de Sarah Ge 23

Liens vers les sections bibliques[modifier | modifier le code]