Jean Duvet

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L'Apocalypse de Jean Duvet

Jean Duvet, né en 1485 à Langres en Haute-Marne d'un père orfèvre bourguignon renommé et mort vers 1570, est un graveur et orfèvre français de Dijon (en Bourgogne). Également décorateur, en particulier à l'occasion de fêtes royales fastueuses émailleur et médailleur, il est notamment connu pour avoir été le premier maître français à se servir du burin. Il avait également un talent en matière de gravure et de ciselure des métaux précieux. Son œuvre réputée originale, très rare, où des thèmes de préciosités cohabitent avec la naïveté des primitifs, reste isolée dans l'art du XVIe siècle. Jean Duvet est aussi parfois appelé le « Dürer français ».

Biographie[modifier | modifier le code]

Formation et sources d'inspiration[modifier | modifier le code]

Fils et frère d’orfèvres, il se forma dans la première moitié du XVIe siècle en étudiant de près les œuvres de Dürer, ainsi que d'orfèvres italiens Mantegna, Marcantonio Raimondi, Agostino Veneziano, Giulio Campagnola et les sculptures romanes des portails de la cathédrale Saint-Lazare d'Autun et de la basilique Sainte-Marie-Madeleine de Vézelay. Bien qu’il ait beaucoup copié, il est devenu bien autre chose qu’un imitateur.

Dans ses premières œuvres, à l'instar du jugement de Salomon vers 1519, Jean Duvet utilise la technique de la nielle. Il travaille d'abord sur des planches de petites dimensions, des sujets bibliques signé "I.D"[1]. Il est également influencé par l'école de Fontainebleau (L'Hallali) de laquelle il s'inspire en ajoutant sa touche d'allégorie et de symbolisme[2]. Il réalise "l'Annonciation" en 1520

En 1521, il part de Dijon pour s'installer à Langres en tant qu'orfèvre tout en exerçant aussi l'activité de décorateur où il donne libre cours à son goût pour l'allégorie.

"L'orfèvre des rois"[modifier | modifier le code]

Jean Duvet devint orfèvre des rois François Ier et Henri II, et fut associé aux décors scéniques qui marquèrent les entrées triomphales du roi à Langres, en 1521 et 1533. Il est également connu pour avoir réalisé le Buste-reliquaire de Saint Mammès en 1524 à la cathédrale de Langres.

Son œuvre capitale, l'Apocalypse figurée — suite de 28 gravures conçue dès 1546, comme le montre le privilège de 1555 —, fut publiée à Lyon en 1561 ; remarquable est aussi l'Histoire de la Licorne (on a surnommé Duvet le Maître à la Licorne ), 6 planches, v. 1560, fantastiques et violemment expressives, d'une exécution particulièrement soignée, peut-être destinées à la publication. Il faut sans doute placer à la fin de sa carrière des gravures inachevées, comme le Désespoir et le suicide de Judas ; Saint Sébastien, saint Antoine et saint Roch, aux formes plus linéaires, détachées sur fonds clairs[1].

Expatriation[modifier | modifier le code]

Refuge en Suisse[modifier | modifier le code]

Il vécut à Genève de 1540 à 1546, sans doute pour échapper aux persécutions contre les réformés. Jean Duvet, reçu bourgeois de Genève en 1541, est devenu membre du conseil des Deux-Cents à Genève.

L'Apocalypse de Saint-Jean et L'Histoire de la Licorne[modifier | modifier le code]

C'est à cette époque qu'il grave les suites L'Apocalypse de Saint-Jean(1545-1556, suite de 28 estampes gravées en taille-douce, publiée à Lyon en 1561), dont la planche 10 s'intitule "Saint Jean dévorant le livre apporté par l’Ange", raconte sept visions qui font intervenir le divin et l'histoire et où l'aspect mystique est très présent[3].

Jean Duvet réalise aussi L'Histoire de la Licorne(1560)[4], composée de 6 planches, qui évoquerait les amours d'Henri II et de Diane de Poitiers, d’où il tire son surnom de « maître à la licorne ». Ces séries sont connues comme de véritables chefs-d'œuvre visionnaires uniques dans la gravure française du xvie siècle.

Travail des émaux[modifier | modifier le code]

Jean Duvet, alias Droz, est également l'auteur de fresques et de vitraux, comme le «bâton de la justice que porte le Sgr. Lieutenant », en 1555, dont les armoiries ont été réalisées en émail, et qui se trouve à l'Hôtel-de-Ville de Genève[5]. La peinture sur émail en effet, née en France, a été introduite au XVIIe siècle à Genève.

Parmi les autres œuvres de Jean Duvet, on compte aussi des gravures inachevées :"le Désespoir et le suicide de Judas", "Saint Sébastien", "saint Antoine" et "saint Roch".

Jean Duvet revint ensuite en France et mourut à Langres vers 1570.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • E. Jullien de la Boullaye, Étude sur la vie et sur l’œuvre de Jean Duvet dit le maître à la licorne, Paris, Rapilly libraire et marchand d’estampes, 1876
  • Jean-Eugène Bersier Jean Duvet : le maître à la licorne, 1485-1570 ?, préface d’Edmond Pognon, Paris, Berger-Levrault, 1977
  • Jean Duvet : le maître à la licorne, catalogue d’exposition (23 juin-15 septembre 1985), Langres, musée du Breuil de Saint-Germain, 1985
  • Jean Duvet, le maître à la licorne, catalogue d’exposition (21 mars-19 mai 1996) par Christophe Cherix, Genève, Cabinet des estampes du Musée d'art et d'histoire, 1996

Galerie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b http://www.larousse.fr/encyclopedie/peinture/Duvet/152012
  2. http://www.universalis.fr/encyclopedie/jean-duvet/
  3. http://www.assemblee-nationale.fr/histoire/7gf.asp
  4. http://www.velly.org/Jean_Duvet.html
  5. http://www.worldtempus.com/fr/encyclopedie/index-encyclopedique/histoire-de-lhorlogerie/histoire-des-montres-emaillees/anciens-emaux-de-geneve/

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