Marcel Lefebvre

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Marcel Lefebvre
Image illustrative de l'article Marcel Lefebvre
Mgr Lefebvre après une messe à Veldhoven,
le 19 juillet 1981.
Biographie
Nom de naissance Marcel François Lefebvre
Naissance 29 novembre 1905
Tourcoing (France)
Ordination sacerdotale 21 septembre 1929
Décès 25 mars 1991 (à 85 ans)
Martigny (Suisse)
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale 18 septembre 1947 par
Mgr Achille Liénart
Archevêque-évêque de Tulle
23 janvier 19627 août 1962
Précédent Aimable Chassaigne Henri Donze Suivant
Archevêque de Dakar
14 septembre 195523 janvier 1962
Hyacinthe Thiandoum Suivant
Délégué apostolique(Sénégal)
Autres fonctions
Fonction religieuse
Assistant au trône Pontifical
Supérieur général des Pères du Saint-Esprit

Blason
Et nos Credidimus Caritati
« Et nous avons cru à l'Amour »
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Marcel Lefebvre, né le 29 novembre 1905 à Tourcoing (Nord) et mort le 25 mars 1991 à Martigny (Valais), est un homme d'église français. Archevêque catholique de Dakar et délégué apostolique pour l'Afrique française, il devient en 1962 évêque de Tulle puis supérieur général de la Congrégation du Saint-Esprit. Figure de l'opposition au concile de Vatican II, il fonde en 1970 la Fraternité Saint-Pie-X et le séminaire international d'Écône, créés pour « former des séminaristes en vue de la prêtrise ». En 1988, il est excommunié latæ sententiæ pour avoir sacré quatre évêques traditionalistes sans l'aval de Rome.

Biographie[modifier | modifier le code]

Photo de famille du jeune Marcel Lefebvre (1908).

Marcel Lefebvre, né le 29 novembre 1905, est issu d'une famille d'industriels catholiques du Nord, dont cinq enfants sur huit deviennent prêtres ou religieux (dont Mère Marie-Christiane du Saint-Esprit, fondatrice du carmel de Quiévrain). Son père est René Charles Joseph Marie Lefebvre né le 23 février 1879 à Tourcoing, d'une famille qui donnera quinze enfants à l'Église. Il meurt le 4 mars 1944, d'une hémiplégie suite aux coups donnés par son gardien, au camp de Sonnenburg[1] où il était interné pour faits de résistance, ce qui lui avait valu deux condamnations à mort à Berlin le 28 mai 1942, pour intelligence avec l'ennemi et recrutement de jeunes gens pouvant porter les armes contre le Grand Reich allemand. Il fut décoré de la Médaille militaire à titre posthume, le 16 juillet 1953. Il est le cousin de Mgr Joseph-Charles Lefèbvre.

Élève de l’Institution libre du Sacré-Cœur, entré au séminaire français de Rome en 1923 (ses études lui inspirent une fascination pour les papes[2]), il est ordonné prêtre en 1929 par l'archevêque de Lille Mgr Liénart. Déjà docteur en philosophie, il devint docteur en théologie l'année suivante. Disciple et admirateur de P. Henri Le Floch, son professeur[3], il lui reste fidèle bien que celui-ci ait été contraint de quitter son poste de recteur au séminaire français pour ses sympathies maurrassiennes (l'Action française venait d'être condamnée par Pie XI en 1926). Après un an comme second vicaire de la paroisse ouvrière de Marais-de-Lomme et de son église, Notre-Dame de Lourdes, à Lomme (la paroisse actuelle Saint-Benoît-des-Marais étant sa continuité), il entre au noviciat de la congrégation du Saint-Esprit (congrégation missionnaire dont les membres sont plus connus sous le nom de spiritains). Il fait profession religieuse en septembre 1932.

Missionnaire[modifier | modifier le code]

Articles détaillés : Archidiocèse de Dakar et Cathédrale de Dakar.

Il devient missionnaire au Gabon. Il s'y implique dans des postes de brousse et dirige le séminaire. À la Seconde Guerre mondiale, il est encore mobilisable et est affecté à la colonie. Il est rappelé en France, en 1945 et est nommé supérieur du scolasticat des spiritains à Mortain.

En 1947, il retourne en Afrique comme évêque et vicaire apostolique de Dakar (dans un pays, le Sénégal, de 1,7 million d'habitants et 54 000 catholiques), où il fonde l'année suivante le Cours Sainte-Marie de Hann, un établissement privé ambitieux, destiné à accueillir des élèves venus de toute l'AOF. Pie XII lui donne la charge de délégué apostolique pour l'Afrique francophone (plus de 40 diocèses), avec la mission d'africaniser l'Église en Afrique : pour cela, il crée des séminaires et confie des responsabilités au clergé local ; il doit aussi rechercher les personnes aptes à devenir évêques ; il est remplacé à cette charge le 9 juillet 1959 par Mgr Émile Maury. En 1955, il est le premier archevêque de Dakar. À la demande du président sénégalais, Léopold Senghor, Jean XXIII le retire de Dakar où il est remplacé en janvier 1962 par Mgr Hyacinthe Thiandoum[4] qu'il avait ordonné prêtre en 1949.

Il est alors nommé évêque de Tulle (France), tout en restant archevêque à titre personnel. La même année, et dans des conditions très tendues[5], il est élu supérieur général des missionnaires spiritains. Il renonce alors au diocèse de Tulle et est nommé par Rome en août 1962, archevêque In partibus de Synnada en Phrygie[6].

Participation à Vatican II[modifier | modifier le code]

C'est à titre d'évêque-archevêque emeritus, et supérieur général religieux que Mgr Lefebvre participe au concile Vatican II.

Au sein de la commission préparatoire il fait de sérieuses critiques contre le schéma sur la liturgie. En séance plénière cependant il n'intervient qu'une seule fois : contre la collégialité (notamment les pouvoirs accordés aux conférences épiscopales en matière liturgique). Le 4 décembre 1963, au vote final sur la constitution Sacrosanctum Concilium (sur la liturgie), il vote avec la majorité qui est très largement en faveur du document.

Il tente, en vain, d'introduire la condamnation expresse du communisme dans la constitution Gaudium et Spes sur l'activité pastorale de l'Église.

Mais c'est surtout lors des débats sur la liberté religieuse qu'il se fait remarquer. Il rejoint le groupe informel Coetus Internationalis Patrum. Ce groupe de travail critique notamment les textes proposés à l'assemblée des évêques sur la liberté religieuse, les jugeant non conformes à la Tradition de l'Église. Après de longs débats, le texte de Dignitatis Humanae est cependant adopté par 2 308 voix contre 70. Durant le concile, au sein du Coetus, il cherche à faire entendre la voix traditionaliste. Il a notamment voté contre la déclaration Dignitatis humanae sur la liberté religieuse, et a cependant apposé sa signature sur le document final, alors même que d'autres prélats présents ne le faisaient pas[7],[8].

Après le concile[modifier | modifier le code]

Mgr Lefebvre prêchant, revêtu des ornements pontificaux.

Le concile terminé, il aborde la question de l'« aggiornamento » au sein de la congrégation des spiritains. En 1968, à la suite de la modification de la règle établie par leur fondateur, le vénérable Père François Libermann à laquelle il se refusait, il se démet de sa charge de supérieur général.

Peu à peu, d'abord en privé puis ouvertement après la publication du nouveau Missel romain en 1969, il s'associe à la critique des « traditionalistes » à l'encontre du concile Vatican II et des réformes issues de l'« esprit du concile ».

Il est un critique de la nouvelle liberté religieuse (pour toutes les religions), du nouvel œcuménisme (sans conversion), de la subsidiarité (consultation constante du pape avec les évêques), de la nouvelle conception de la collégialité et de la réforme générale de la liturgie, et tout particulièrement du rite de la messe promulgué par Paul VI — le nouvel Ordo Missae — qui vient se substituer au rite dit tridentin, codifié par le Pape saint Pie V. De manière générale, il dénonce la dérive de l'Église vers le modernisme qui privilégie l'Homme tel qu'il fut dénoncé auparavant par les Papes Léon XIII, Pie IX (Syllabus) et Saint Pie X (enc.Pascendi).

La Fraternité Saint-Pie-X[modifier | modifier le code]

Mgr Marcel Lefebvre, lors d'une messe de rite tridentin à Veldhoven (Pays-Bas), le 19 juillet 1981.

En 1970, à la demande de plusieurs séminaristes français, il fonde à Écône (Suisse) la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X. Les buts de cette fraternité sacerdotale sont « le sacerdoce et tout ce qui s’y rapporte et rien que ce qui le concerne ». L'institution est érigée canoniquement par Mgr Charrière, évêque du diocèse de Lausanne, Genève et Fribourg en tant que « pieuse union » pour une durée de 3 ans ad experimentum renouvelables. De son côté, l'évêque de Sion l'autorise à fonder un séminaire à Écône.

D'abord relativement discret dans sa critique du concile Vatican II, Mgr Lefebvre en vient à prendre publiquement position. Alors que Rome lui enjoint d'adopter le rite de Paul VI, Mgr Lefebvre publie le 21 novembre 1974 un manifeste résumant ses positions :

« Nous adhérons de tout cœur, de toute notre âme à la Rome catholique, gardienne de la Foi catholique et des traditions nécessaires au maintien de cette foi, à la Rome éternelle, maîtresse de sagesse et de vérité. Nous refusons par contre et avons toujours refusé de suivre la Rome de tendance néo-moderniste et néo-protestante qui s'est manifestée clairement dans le concile Vatican II et après le concile dans toutes les réformes qui en sont issues. (…)
Aucune autorité, même la plus élevée dans la hiérarchie, ne peut nous contraindre à abandonner ou à diminuer notre foi catholique clairement exprimée et professée par le magistère de l'Église depuis dix-neuf siècles. S'il arrivait, dit saint Paul, que nous-mêmes ou un Ange venu du ciel vous enseigne autre chose que ce que je vous ai enseigné, qu'il soit anathème (Gal. 1:8). N'est-ce pas ce que nous répète le Saint-Père aujourd'hui ? Et si une certaine contradiction se manifestait dans ses paroles et ses actes ainsi que dans les actes des dicastères, alors nous choisissons ce qui a toujours été enseigné et nous faisons la sourde oreille aux nouveautés destructrices de l'Église.(…)
Cette Réforme étant issue du libéralisme, du modernisme, est tout entière empoisonnée ; elle sort de l'hérésie et aboutit à l'hérésie, même si tous ses actes ne sont pas formellement hérétiques. Il est donc impossible à tout catholique conscient et fidèle d'adopter cette Réforme et de s'y soumettre de quelque manière que ce soit. (…)
C'est pourquoi sans aucune rébellion, aucune amertume, aucun ressentiment nous poursuivons notre œuvre de formation sacerdotale sous l'étoile du magistère de toujours, persuadés que nous ne pouvons rendre un service plus grand à la Sainte Église catholique, au Souverain Pontife et aux générations futures. C'est pourquoi nous nous en tenons fermement à tout ce qui a été cru et pratiqué dans la foi, les mœurs, le culte, l'enseignement du catéchisme, la formation du prêtre, l'institution de l'Église, par l'Église de toujours et codifié dans les livres parus avant l'influence moderniste du concile en attendant que la vraie lumière de la Tradition dissipe les ténèbres qui obscurcissent le ciel de la Rome éternelle[9]. »

Le 11 novembre 1974, la Congrégation des séminaires envoie à Ecône un groupe de trois « visiteurs apostoliques » pour examiner le fonctionnement du séminaire, dont Mgr Albert Descamps[10]. À la suite du rapport critique des visiteurs apostoliques, une Commission composée de trois cardinaux est constituée et convoque Mgr Lefebvre, le 13 février 1975, pour clarifier la situation. Face aux préfets des Études, du Clergé et des Religieux, il maintient ses critiques de l'« Église conciliaire ».

En conséquence, le 6 mai 1975[10], l'évêque de Fribourg, Mgr Mamie, retire son autorisation à la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X[11].

Mgr Lefebvre à Córdoba en Argentine.

Malgré cela, Mgr Lefebvre décide de continuer son action de formation de prêtres, et, en juin 1976, il ordonne treize prêtres sans lettres dimissoires[12].

Le 22 juillet 1976, Paul VI frappe Marcel Lefebvre d'une suspense a divinis[13], pour ordinations sans lettres dimissoriales[14] et la Fraternité est dissoute.

En réponse, dans une interview au Figaro, Mgr Lefebvre décrit Vatican II comme « un concile schismatique » et s'interroge publiquement sur la légitimité de Paul VI[15]. Et le 29 août, Mgr Lefebvre célèbre la « messe de Lille »[16] au cours de laquelle il déclarera qu'« on ne peut dialoguer ni avec les francs-maçons, ni avec les communistes, car on ne dialogue pas avec le diable ! »[17] Le 27 février 1977, des fidèles traditionalistes, menés par Mgr François Ducaud-Bourget, soutenant le rite Tridentin, occupent par la force l'église parisienne Saint-Nicolas-du-Chardonnet.

Sur le plan politique, il soutient des mouvements conservateurs ainsi que certains régimes dictatoriaux se revendiquant du catholicisme. Ainsi en 1976, il exprime un soutien indirect au régime du général Videla, en Argentine. De même, en 1985, il déclare admirer les régimes qu'ont mis en place Franco et Salazar, saluant notamment le fait que ces deux pays avaient su rester neutres pendant la Seconde Guerre mondiale, épargnant non seulement leur population, mais aussi les Juifs qui y résidaient. Enfin, la même année, il accorde son soutien, dans le quotidien Présent, à Jean-Marie Le Pen, président du Front national, en tant que seul homme politique clairement opposé à l'avortement. Il sera d'ailleurs admiré par différentes personnalités classées à l'extrême droite comme François Brigneau et Roland Gaucher.[réf. nécessaire]

Malgré les tensions entre Mgr Lefebvre et Rome, les relations ne sont jamais rompues et nombre de courriers sont échangés afin de trouver une solution apaisée[18],[19],[20].

La rupture[modifier | modifier le code]

Le conflit entre Mgr Lefebvre et Rome s'exacerbe en 1986. En effet en cette année-là, le Pape Jean-Paul II organise à Assise, une rencontre inter-religieuse où les représentants de toutes les religions sont invités à une journée de prière pour la paix. Le pape prend soin d'écarter toute idée de syncrétisme dans son adresse d'accueil, et insiste sur l'idée de « se retrouver ensemble pour prier, mais non pas prier ensemble »[21].

Le pape demande que tous les évêques suivent son exemple, ce qui se produit peu après à Varsovie, Bari, Malte, Bruxelles, Canberra, Einsiedeln, etc.[réf. nécessaire]

Mgr Lefebvre juge ces pratiques incompatibles avec la tradition de l'Église et contraires au premier commandement de Dieu : « un seul Dieu tu adoreras ! … Je suis un Dieu jaloux ». Il envoie au pape[réf. nécessaire] une image avec le texte du psaume 95 de la Vulgate des Écritures saintes : « Les dieux des gentils sont des démons ».

Mgr Lefebvre considère que [réf. nécessaire] Rome ne veut pas faire l'« expérience de la Tradition » et décide en conséquence de sacrer des évêques, avec ou sans l'approbation de Rome, « pour faire survivre la Tradition de l'Église »[22].

Pourtant ni Mgr Lefebvre ni le pape Jean-Paul II ne veulent une rupture et tentent de maintenir le dialogue. En 1987, le pape nomme le cardinal Gagnon médiateur[23]. Celui-ci rend visite à de nombreuses maisons de la Fraternité Saint Pie X ; il conclut sa tournée sur des propos très louangeurs[24] et remet au pape Jean-Paul II un rapport sur ces visites.

Un accord est signé le 5 mai 1988[25] par le cardinal Ratzinger et Mgr Lefebvre, approuvant notamment le principe de la nomination d'un évêque pour que l'œuvre de la Fraternité se maintienne. Mais la tentative de réconciliation échoue et le lendemain, Mgr Lefebvre rétracte sa signature[26].

Le 30 juin 1988, Mgr Lefebvre, assisté de Mgr Antônio de Castro Mayer, sacre évêques Bernard Fellay, Bernard Tissier de Mallerais, Richard Williamson et Alfonso de Galarreta, Le lendemain, le cardinal Gantin, préfet de la Congrégation des évêques, déclare les quatre nouveaux évêques, ainsi que Mgr Lefebvre et son cocélébrant, excommuniés latæ sententiæ au titre des canons 1364-1 et 1382 du Code de droit canonique[27].

Certains proches de Mgr Lefebvre et de sa Fraternité refusent le terme de schisme en citant le Père Jone O.M.Cap[28]. qui écrit en 1934 : « Est schismatique celui qui, par principe, ne veut pas être soumis au pape… mais n'est pas schismatique celui qui refuse simplement d'obéir au pape, alors même que ce serait pendant longtemps. » ou encore en citant cette belle prose de saint Augustin « 11. Souvent aussi la divine providence permet que, victimes des agitations séditieuses excitées par les hommes sensuels, des justes même soient exclus de l'assemblée des chrétiens. S'ils endurent patiemment ces outrages et ces injustices, sans vouloir troubler la paix de l'Église par les nouveautés du schisme ou de l'hérésie, ils montrent à tous avec quel dévouement véritable, quel amour sincère l'homme doit servir son Dieu. Ces chrétiens dévoués ont dessein de rentrer au port, quand le calme aura succédé à la tempête. S'ils ne le peuvent, soit parce que l'orage continue à gronder, soit parce qu'ils craignent que leur retour n'entretienne la tempête ou n'en excite de plus terrible, ils préfèrent pourvoir au salut des agitateurs qui les ont chassés: et sans réunir des assemblées secrètes, ils soutiennent jusqu'à la mort et confirment par leur témoignage la foi qu'ils savent prêchée dans l'Église catholique. Celui qui voit leurs secrets combats sait en secret couronner leur victoire. Cette situation semble rare dans l'Église, mais elle n'est pas sans exemple, elle se présente même plus fréquemment qu'on ne pourrait le croire. Ainsi tous les hommes et toutes leurs actions servent à l'accomplissement des desseins de la divine providence pour la sanctification des âmes et l'édification du peuple de Dieu. » (De la vrai religion, 6,11). Il est seulement question d'une vive discussion et une désobéissance systématique concernant certains textes du concile Vatican II et de ses réformes.

Mgr Lefebvre meurt le 25 mars 1991 (fête de l'Annonciation), laissant derrière lui la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X, implantée dans plus de cinquante pays sur les cinq continents. Malgré l'acte de rupture posé formellement en 1988, les relations entre Rome et les héritiers de Mgr Lefebvre se maintiennent encore aujourd'hui.

Son corps repose au séminaire international d'Écône.

L'excommunication portant sur les quatre évêques sacrés a été levée le 21 janvier 2009 par décret de la Congrégation des évêques[29],[30].

Œuvres[modifier | modifier le code]

Liste non exhaustive

Livres
  • 1976 : J'accuse le Concile (recueil de textes et documents traduits pour la plupart du latin, 1962-1966), Éd. Saint-Gabriel, Martigny, 116 p.
  • 1976 : La Messe de Luther. Éd. Saint-Gabriel, Martigny, 20 p. (réunit De la Messe évangélique de Luther au nouvel Ordo missæ et De la Messe et du sacerdoce catholique, conférences prononcées à Florence, le 15 février 1975, et à Mariazell, le 8 septembre 1975)
  • 1977 : Non : mais oui à l'Église catholique et romaine (entretiens de José Hanu avec Mgr Marcel Lefebvre), Éd. Stock, Paris, 251 p.
  • 1979 : Un évêque parle Éd. DMM
  • 1985 : Lettre ouverte aux catholiques perplexes, Paris, Albin Michel, coll. « Lettre ouverte ». 216 p.
  • 1987 : Ils l'ont découronné : du libéralisme à l'apostasie, la tragédie conciliaire (recueil de conférences faites aux séminaires d'Écône), Éd. Fideliter, Broût-Vernet
  • 1989 : Lettres pastorales et écrits : [1948-1968], Éd. Fideliter, Broût-Vernet, 336 p.
  • 2006: Bilan de quinze années de réformes conciliaires, éd. SEL, 9782916139432
Articles
  • mai 1979 : Mgr Lefebvre et le Saint-Office, revue Itinéraires no 233

Citations[modifier | modifier le code]

  • Sur le Concile Vatican II : « Ce qui est conforme à l’enseignement pérenne nous l’acceptons, ce qui est ambigu nous le recevons selon cet enseignement pérenne, ce qui est opposé nous le rejetons. »[31]
  • Sur la dictature de Pinochet, le 13 avril 1987 : « Dès qu'un homme se lève pour sauver son pays du communisme et qu'il rétablit l'ordre chrétien, on fait tout pour le discréditer. Il n'y a pas un pays où l'on puisse circuler aussi librement qu'au Chili. »[32]
  • « Voter socialiste, c'est voter contre Dieu. Le programme socialiste fait frémir pour l'âme des enfants. », le 21 juin 1981[32]

Annexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. JO n° 83 du 9 avril 1994, page 5292
  2. Philippe Levillain, op. cité
  3. Il dit de son professeur : « C'est lui qui nous a appris ce qu'étaient l'antilibéralisme, l'antimodernisme, l'anticommunisme. »
  4. succession apostolique de Dakar
  5. Le livre de Philippe Béguerie: Vers Ecône; Mgr Lefebvre et les pères du Saint-Esprit (DDB, 2010), est particulièrement éclairant sur cette période moins connue de la vie de Mgr Lefebvre
  6. Un évêque parle, éditions Dominique Martin Morin, 1977
  7. (en) Marcel Lefebvre: Signatory to Dignitatis Humanae
  8. [...] "Il résulte de ces faits irrécusables que Mgr Lefebvre, comme Mgr de Castro Mayer, après avoir voté jusqu'au bout contre la liberté religieuse, signa finalement la promulgation de la déclaration Dignitatis humanæ". In Marcel Lefebvre, une vie, Bernard Tissier de Mallerais, Clovis, 2002
  9. Déclaration de Mgr Lefebvre aux journalistes le 21 octobre 1974
  10. a et b Pierre Grelot, « Mgr Lefebvre et la foi catholique », Études, janvier 1988 (Tome 368, n° 1), p.97
  11. Lettre de l'évêque de Fribourg à Mgr Lefebvre
  12. « En principe, on ne doit recevoir les ordres que de son propre Évêque ; si on s'adresse à un autre, il faut lui présenter des lettres dimissoires de son propre Évêque [canon 955, § 1] [...] Une lettre dimissoriale est l'autorisation donnée à un ordinand de recevoir les ordres, même la tonsure, d'un autre que son propre Évêque. Nul ne peut ordonner un sujet étranger si celui-ci ne présente des lettres dimissoriales de son propre Ordinaire ; il y a suspense ipso facto pour un an de la collation des ordres, réservée au Saint-Siège, contre ceux qui violent cette prescription canonique [canon 1383]. Il y a aussi suspense ipso facto de l'ordre reçu contre celui qui reçoit les ordres sans lettres dimissoriales [canon 1383] » A. Cance, Le Code de droit canon : commentaire succinct et pratique, tome II, p. 417-419"
  13. Notification de la suspense, Site de la Fraternité Sacerdotale Saint-Pie X
  14. Documentation catholique; 1976, n° 1704, p. 781
  15. Entrevue au Figaro, 4 août 1976
  16. Journal télévisé d'A2, le 29 août 1976
  17. Georges Virabeau, Prélats et francs-maçons, Publications Henry Coston, 1978, p. 16
  18. Lettre de Mgr Lefebvre au Souverain Pontife Jean-Paul II - 16 octobre 1980
  19. Lettre du cardinal Seper à Mgr Lefebvre - février 1981
  20. Lettre du cardinal Ratzinger à Mgr Lefebvre - 20 juillet 1983
  21. Roger Etchegaray, Quelques traits majeurs de la "Journée de prière d'Assise"
  22. Lettre de Mgr Marcel Lefebvre aux futurs évêques - 29 août 1987, rendue publique au mois de juin 1988
  23. Communiqué de l'Osservatore Romano - 18 octobre 1987
  24. Réponse de Son Éminence le cardinal Gagnon au Supérieur général de la FSSXP, à l'issue de sa visite canonique - décembre 1987
  25. Protocole d'accord du 5 mai 1988 entre le Saint-Siège et la Fraternité sacerdotale Saint-Pie-X
  26. Lettre de Mgr Lefebvre au cardinal Ratzinger - 6 mai 1988
  27. Décret d'excommunication
  28. Dr Jone O.M. Cap Précis de théologie morale catholique, n° 432, 1
  29. Annonce par le service de presse du Vatican
  30. « Le pape lève l'excommunication des évêques intégristes », La Croix, 24 janvier 2009.
  31. Monseigneur Fellay s'exprime sur Vatican II - Famille Chrétienne du 14 février 2009.
  32. a et b Le Monde 2, numéro 274, p.59

Bibliographie[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Lien externe[modifier | modifier le code]